mardi 11 juin 2024

Philippe Collin : Le barman du Ritz

Le barman du Ritz est un roman à partir du destin de personnages ayant existé et qui captive le lecteur du début à la fin car il veut connaître la fin et le sort des protagonistes. Ce roman donne , aussi, une bonne idée de l'atmosphère  qui régnait à Paris pendant la période de l'occupation allemande.
Le roman nous fait aussi nous poser des questions sur l'attitude que nous aurions eu nous même à cette époque compliquée.
Le rôle du barman de ce bar mythique du Ritz, fréquenté par de nombreuses personnalités, son double jeu qui le met à tous les instants en péril au milieu des officiers supérieurs allemands mais ,aussi, des opposants à la collaboration plus ou moins cachés.
Tous les caractères et les comportements des français apparaissent et montrent toute la complexité de la situation.
Ce roman est présenté par l'éditeur comme le grand roman de l'occupation et c'est très juste.

lundi 20 mai 2024

Pierre Assouline: Le dernier des Camondo.

 C'est un livre que j'ai déjà lu dans le passé et que je viens de relire après une nouvelle visite au Musée Nissim de Camondo jouxtant le Parc Monceau.

Ce livre est , en tous points ,passionnant qui retrace le destin de la famille de Camondo de l'Espagne à Paris après que leurs aïeux aient vécu à Venise et dans l'Empire Ottoman.

Est évoqué plus précisément, ici, la vie du Comte Moïse de Camondo, riche banquier qui fit édifier un Hôtel particulier Parc Monceau pour y loger une somptueuse collections de meubles, tableaux et œuvres d'art variées du XVIII° siècle.

Le début du livre nous raconte en détail cette passion pour le mobilier et l'art de vivre du XVIII° siècle que nourrissait le Comte de Camondo dont la richesse lui permit d'acquérir des œuvres d'art et ,notamment, des meubles et des tableaux de cette époque.

Après avoir lu ce livre il faut absolument visiter sa maison du Parc Monceau restée en l'Etat. J'avais déjà visité cette demeure en 2011

La dernière de couverture dit clairement ce que le lecteur trouvera dans ce livre :


"La saga des Camondo, de l'Inquisition espagnole au génocide nazi, n'est pas seulement un récit historique retraçant l'épopée de ces grands seigneurs séfarades . C'est aussi une méditation sur la solitude d'un homme abandonné par sa femme, inconsolé de la mort de son fils, qui consacra sa vie à reconstituer au cœur de la plaine Monceau une demeure aristocratique du XVIII° siècle, laissant à la France le plus éclatant témoignage d'un monde disparu"

On ne peut qu'être ému devant ce destin tragique d'une famille.

samedi 18 mai 2024

Hervé Le Tellier: Le nom sur le mur

 C'est un petit livre paru chez Gallimard dont j'ai entendu parler dans une émission de la Grande Librairie.

L'auteur, à partir d'un nom  gravé dans la pierre de la façade de sa maison, va procéder à une enquête pour en savoir plus sur  la personne dont le nom est ainsi gravé. Il va apprendre que ce nom est celui d'André Chaix un jeune résistant mort à vingt ans et il va retracer le peu de choses que l'on sait sur sa vie, bien oubliée aujourd'hui.

Le livrez évoque ainsi ,non seulement la courte de vie d'André Chaix avec les indices qu'il peut retrouver, les rencontres qu'il fait mais aussi la vie des résistants dans la France agitée de cette période.

Les deux parties sont intéressantes et l'on en apprend beaucoup sur la résistance vue au niveau des français , sa place dans l'histoire et sur la question si fondamentale du choix entre honneur et déshonneur.

Sur le plan personnel le point de départ de la recherche de l'auteur est touchant. Il reçoit un jour une petite boîte en fer  qui contient quelques maigres affaires du jeune homme: des pièces d'identité ,une photo, quelques lettres. A partir de ces quelques traces l'auteur va essayé de reconstituer la courte vie de ce jeune homme et l'auteur de nous dire en conclusion:

"Je n'avais pas l'ambition démesurée de te redonner vie, André. Tu auras à jamais vingt ans, deux mois et 30 jours et c'est bien ainsi. Je me tenais tout à l'heure devant ces lettres gravées dans le crepi grège, et je crois que j'ai voulu donner du sens à mon regard pour pouvoir sourire toujours avec fraternité face à ton nom sur le mur."

dimanche 21 avril 2024

Villas et Palais d'Alger du XVIII Siècle à nos jours: Marion Vidal-Bué

 Voilà un livre magnifique que l'on vient de m'offrir pour mon anniversaire et je le feuillette souvent avec un grand intérêt. Il y a ,à la fois du texte, des photos récentes et anciennes et des reproductions nombreuses de tableaux ce qui en fait un très beau livre.

Les textes d'introduction et ceux concernant chacune des villas et des Palais sont des textes très documentés ,nourris de références historiques et qui nous racontent les histoires quelques fois singulières de tous ces bâtiments dispersés dans Alger et aux alentours. Dans l'introduction (Alger au fil du temps) l'auteur nous montre bien comment s'est développé cet environnement d'Alger, comment les habitants de ces époques anciennes quittaient la ville pour bénéficier de la beauté des environs et y bâtissaient de superbes demeures à l'architecture particulière mais venant d'une lointaine histoire ,notamment romaine.

J'a y apprends aussi qu'Alger fut aussi ,à une époque, la résidence de riches étrangers qui venaient passer l'hiver et pour se soigner par l'effet bénéfique du soleil. Clin d'œil me rappelant Pau, destination ,elle aussi, des riches anglais et bien sûr Nice te la côte d'Azur!

Après l'introduction le livre présente une a une toutes ces maisons. Il y a ,bien sûr les Grands Palais des gens  de pouvoir et dont certains sont très connus, beaucoup sont le siège de grande administration  mais il y a ,aussi les Palais plus modestes et les villas et domaines .On y trouve les résidences luxueuses de Mustapha Supérieur, les maisons blanches d'El Biar, celles sur la pente de la Bouzarea etc...

Impossible de citer tous ces domaines et leurs histoires et je me contenterai de citer la Villa Abdel-Tif car elle fut une sorte de Villa Médicis qui accueillait et accueille toujours des artistes. Elle se situe dans un cadre idyllique au dessus du Jardin d'Essai.


                                                                           


                                                                           


                                                                                   

Ce livre est malheureusement trop volumineux pour l'emporter dans ses bagages mais  il pourrait permettre d'organiser un circuit magnifique où l'on pourrait ainsi visiter sous la conduite d'un guide toutes ces merveilles architecturales. 


samedi 20 avril 2024

Hubert Védrine : Camus, notre rempart.


 

                                 
Hubert Védrine , ancien Ministre des Affaires étrangères de Mitterrand publie chez Plon  un livre très personnel sur Albert Camus  sous le titre Camus, notre rempart et je dis d'emblée c'est un très beau livre.
Hubert Védrine est un grand lecteur depuis son plus jeune âge et il évoque dans quelques pages tous les livres qu'il a aimé .Ils sont nombreux et j'y retrouve beaucoup de livres que j'aime et d'écrivains que j'admire  comme, par exemple, la belle page qu'il consacre à Marguerite Yourcenar.
Qua t à Camus Hubert Védrine le découvre à 13 ans et c'est un coup de foudre, un choc, et d'abord les pages lyriques, cette écriture magnifique par lesquelles il célèbre la  beauté de l'Algérie son pays et Tipaza ,bien sûr..(Je signale au passage une petite erreur sur le sculpteur de la stèle qui a été dressée à  Tipaza: elle est de Benisti et non Benedetti )
L'auteur écrit (p.22) : 
"J'ai commencé mon parcours Camus par ce moment de beauté, de la langue pure et claire, de sensualité hellénique te panthéiste. Il ne m'a jamais quitté."

Hubert Védrine revient sur l'amitié avec René Char et j'ai découvert dans cette partie du livre un texte que je connaissais pas, une lettre adressée par Char à un certain "Monsieur le Professeur" et j'ai relu ,avec émotion, ce que René Char écrivit après la mort de son ami:
"Toutes les parties-presque excessives- d'une présence se sont d'un coup disloquées......Avec celui que nous aimons, nous avons cessé de parler, et ce n'est pas le silence." (p. 52)
L'auteur cite aussi cette phrase de Denis Salas qui va au cœur de ce qu'est la pensée de Camus:
"Pétri de culture grecque, Camus est porteur d'un refus indéfectible de l'hubris, de la démesure, de cette violence illimitée qui engendre un mimétisme dévastateur."
Et la conclusion : 
"Source pure et inaltérable. Camus nous protège des temps sans esprit, ceux de la morne bêtise, de l'attraction de la haine et de la vindicte, de la démesure, de la justice sommaire et expéditive, du sectarisme imbécile, du lynchage et de l'esprit de lourdeur. Camus, notre rempart."
Un beau livre ou vous retrouverez tout Camus.

mardi 16 avril 2024

Les yeux de Mona de Thomas Schlesser

 Les yeux de Mona est un roman d'éducation et d'éveil à l'art en général et surtout à la peinture. Tout commence lorsque Mona, âgée d'à peine huit ans, connaît un court épisode de cécité et l'on craint , alors, qu'elle ne perde la vue. En dehors des soins proprement oculaires, en guise de thérapie psychologique son grand père va alors avoir l'idée de l'emmener, chaque semaine dans les grands musées de Paris (Le Louvre, Orsay, Beaubourg...)pour lui faire admirer une œuvre à chaque visite, pour en discuter avec elle et pour lui apprendre le regard que l'(on peut avoir sur une toile. Le Grand Père a, aussi , le souci de lui créer une banque d'images pour ;le cas où elle deviendrait aveugle.

Ces visites s'intercalent dans le roman avec les soins médicaux, les batteries de tests mais aussi avec ses petites histoires d'écolière.

Mona et son Grand Père verrons ainsi 40 tableaux, la plus part célèbres et l'on verra, au fur et à mesure, le sens de l'observation et la capacité d'analyse de la jeune Mona se développer. ON sera étonné pare les réactions vives et intelligentes de l'enfant au point de se demander si cela est vraiment réaliste.

Le roman invite le lecteur à une réflexion globale sur l'art., sur ce qui est beau. Est évoqué le procès que fit Brancusi à l'administration des Douanes Américaines qui avaient taxé sa sculpture intitulé :"L'oiseau" comme un simple objet et non comme une œuvre d'art qui n'aurait pas dû supporter la taxe.

Le livre évoque aussi les traumas psychiques de l'enfance et il y a, aussi quelques belles pages sur l'euthanasie dont je partage totalement l'analyse..

Et le roman nous conduit pet it à petit à sa fin que je ne dévoilerai pas pour laisser aux lecteurs le plaisir de la découvrir.

Peut-être la descriptions et les discussions autour des tableaux lasseront elles certains lecteurs, mais ,même s'ils paissent un peu vite ils découvriront beaucoup de grands tableaux. la jaquette de couverture qui se déplie contient la représentation des toutes les toiles évoquées et en lisant le roman je conseillerai aux lecteurs de de regarder la reproduction du tableau au moment ou Mona et son grand-père le voient.

L'auteur  Thomas Schlesser est un historien d'art et le lecteur apprendra beaucoup tout en s'attachant à la petite Mona

.Les Yeux de Mona | Éditions Albin Michel (albin-michel.fr)


https://youtu.be/iEmNFtWesBk?si=ceg4OpLlKBI8qoHF    


Thomas Schlesser : « Les Yeux de Mona n'est pas une histoire de l'art, c'est une initiation à la vie par l'art » | Beaux Arts



jeudi 1 février 2024

Finkielkraut: Pêcheurs de perles

                                                                 


   Autant le dire tout de suite ,je n'appréciais pas beaucoup la personne de Finkielkraut et ses interventions dans les médias .Je le trouvai trop agité et, du coup, je commettais une sorte de délit de facies et je n'ai lu aucun de ses livres. Ayant entendu dire du bien de ce "Pêcheurs de perles" je viens d'en faire la lecture et cette lecture m'a beaucoup plu. Je la conseille à tous.

L'auteur part de citations empruntées à de grands écrivains , à des philosophes ou à des politiques et ,en partant de ces citations, donne son analyse des problèmes actuels de notre société
Alors ,il y a bien sûr dans tout cela du "c'était mieux avant" et certains penseront que cela fait un peu réactionnaire, ancien combattant! Ils auraient tort. De même auraient tort, selon moi, ceux qui penseraient que ce sont les analyses d'un vieux réactionnaires et que son analyse est d'un homme de droite ce qui justifierait qu'elle soit rejetée sans examen.
Pour répondre a ce grief il nous dit que le passé ne doit pas être rejeté, qu'il doit être étudié et que tout n'est pas mauvais.
L'auteur aborde de très nombreux thèmes qui, tous, concernent notre monde et son actualité, la façon dont il va ou, plutôt ce qui ne vas pas mais je ne les aborderai pas tous me contentant de quelques exemples qui ont particulièrement retenus mon attention.
Il y a d'excellentes pages sur la situation de l'éducation , de l'école sur le le mérite.
Sans doute dira t on que ce sont des propose de droite. Je ne le pense absolument pas et je dirai avec Camus "Si la vérité était à droite je se(ai de droite" mais, en réalité je pense que bien au contraire il y a dans son analyse et dans ce qu'il souhaiterait une position qui devrait être celle de la gauche. J'y vois beaucoup des idées chères à Emmanuel Macron et que j'applaudis des deux mains.
Quelques citations. dans deux domaines sur la dizaine que traite l'auteur: L'école et le néo féminisme.
Sur l'école :" Les choses ne s'améliorent pas, on peut même dire qu'elle s'aggravent. De moins en moins d'enfants d'ouvriers et d'employés accèdent aux grandes écoles et autres filières d'excellence. Mais contrairement à ce qu'affirme Bouveresse  ce n'est pas faute d'avoir pris Bourdieu au sérieux que ce malheur advient, c'est pour avoir mettre l'Ecole à son école. La politique compassionnelle et réparatrice née de la lecture des Héritiers pénalise d'abord ceux à qui elle est censée tendre la main et qui n'ont que l'école pour s'élever."
De belles pages aussi et salutaires sur l' écoféminisme et  ses abus que j'ai déjà souvent dénoncés;
Sur ces dérives il cite l'écrivain Philip Roth qui écrit : é J'entends les femmes insultées et blessées. Je n'ai que sympathie pour leur douleur et leur besoin de justice. Mais je m'inquiète aussi de la nature du Tribunal qui délibère sur  ces accusations. Je m'inquiète parce que de Tribunal, on ne voit pas la couleur. Ce que je vois à la place, c'est qu'une accusation publique est aussitôt suivie d'un châtiment péremptoire. je vois qu'on dénie à l'accusé l'Habeas corpus, le droit de faire face à son accusatrice et de la questionner, enfin le droit de se défendre au sein de ce qui pourrait ressembler à un cadre juridique authentique."
Je place à la suite de mon texte les photos des pages de conclusions.
Alors oui vous verrez que l'on a bien à faire à un vieux réactionnaire mais il a le grand mérite de faire réfléchir.