J'ai assisté, hier soir, à un spectacle du théâtre de la Grange a Angaïs comme je le fais tous les ans depuis une quinzaine d'année. C'est toujours un plaisir tant ce lieu est charmant avec sa grange transformé en petit théâtre et la possibilité qui est donné de dîner ensuite permettant aux spectateurs de discuter du spectacle qu'ils viennent de voir.
Hier soir le public, nombreux, était absolument ravi et chacun soulignait la performance réalisée par Boy Demazières, l'organisateur de ce festival qui a tenu une heure trente seul en scène a nous dire ce texte sans que jamais le public ne ressente la moindre monotonie.
J'avais lu le livre de Stefan Zweig il y a de nombreuses années et je l'avais oublié. Je l'ai redécouvert avec beaucoup de plaisir et même mieux que lors de ma première lecture.
Le recit débute le jour où un vieux professeur reçoit de ses collègues et de ses élèves des "Melanges" recueil qui est offert à un professeur d'université qui quitte ses fonctions et qui comprend des contributions de ses collègues et un recensement des ses propres écrits. Ce jour là, ce vieux professeur, se dit que tout n'est pas dans ces mélanges et qu'il y manque un événement essentiel, fondateur, qui a eu lieu dans a jeunesse.
Tout le livre est le récit de cet événement. Jeune étudiant à Berlin il était un garçon dissipé, il rejetait par une sorte d'opposition adolescente à son père la littérature et le travail de l'esprit. Son père, voyant qu'il se perdait à Berlin lui conseilla d'aller étudier dans une petite Université et c'est là qu'il fit la connaissance de celui qu'il appellera, tout au long du recit, "son maître", un professeur qui, dés le premier contact, va l'éblouir par sa passion de transmettre , par ses connaissances et par ce feu sacré qu'il met a faire ses cours. Il y a, au passage, un bel éloge de l'enseignant qui se doit d'être plus qu'un simple pédagogue, formule dont on mesure encore aujourd'hui la grande actualité.
Devenu l'intime de ce professeur et de sa femme on sent , tout au long du déroulement du récit que les rapports a entre ce professeur et lui sont particulier., fait d'élans et de rebuffades, d'admiration et de questionnement et ce sont ces relations que Stefan Zweig analyse avec beaucoup de finesse ( Freud admirait beaucoup cette oeuvre) et l'on apprendra, à la fin, que le professeur a aimé son élève et que l'élève, devenu ce vieux professeur, a aussi, d'une certaine manière aimé ce maître sans que jamais les sentiments ne soient exprimés et qu'ils demeurent dans la confusion.
Cette chute est amené par Zweig par petites touches tout au long et à la fin , on se dit, mais bien sûr, c'est évident!
Ce spectacle m'a t-on dit va se poursuivre dans le pays basque et finir en octobre a Biarritz et je ne peux que conseiller d'y aller.
Je viens aussi de constater qu'il y a eu film tiré de ce roman et qui a l'air réussi.
Ce blog est consacré à mes coups de coeur dans l'actualité, dans la littérature et dans mes voyages
mardi 3 juillet 2018
jeudi 14 juin 2018
Jules Gervais Courtellemont.
L'intérêt d'une bibliothèque importante est que l'on peut redécouvrir , par hasard, des livres que l'on avait perdu de vue.C'est ce qui vient de m'arriver. J'ai redécouvert un livre de photographie qui l'avait été offert,il y a longtemps, par une amie et consacré au photographe Jules Gervais Courtellemont et à ses photos d'Algérie.
On verra en lisant l'entrée qui lui est consacrée dans Wikipedia qu'il a eu une vie très riche, qu'il a beaucoup voyagé et qu'il était fasciné par l'Orient.
On pourra lire aussi cet article sur photographie au Maghreb paru récemment.
dimanche 27 mai 2018
Huit jours a Calais
Un ami m'a offert un petit livre édité par les éditions maiade, écrit par Françoise Dudognon :"Quelque chose dans la la lande. Huit jours à Calais.". C'est d'abord un beau petit livre avec une très belle image de couverture qui représente une plage de sable ,l'océan et au fond le ciel et par dessus tout cela un instrument de musique venu d'ailleurs, une sorte de guitare africaine.
Ce livre est le récit d'un séjour de quatre femmes à Calais, venues pour aider les migrants et il raconte, comme un journal l'activité de ces quatre femmes de bonne volonté qui veulent aider à améliorer un peu le sort de tous ces gens malheureux.
J'ai beaucoup apprécié le style à la fois simple, net et par moment émouvant. On peut à lire ce texte s'imaginer ce monde que l'on ne connaît que par des articles de presse et en comprendre l'humanité. Rien n'est appuyé et le pathos en est absent.
Après cette lecture on a rien appris sur ce qu'il faut faire. Doit-on et peut on accueillir dignement tous ces gens? La réponse n'est sans doute pas la même quand on résonne sur la question politique et quand on est confronté l’humain, à l'individu. J'admire en tous cas tous ces gens qui aident tout en ayant, sans doute conscience, qu'il s'agit d'un puit sans fond et que l’aide apportée, si elle soulage ne règle rien. Elle est , cependant, la preuve de l'humanité .
Ce livre est le récit d'un séjour de quatre femmes à Calais, venues pour aider les migrants et il raconte, comme un journal l'activité de ces quatre femmes de bonne volonté qui veulent aider à améliorer un peu le sort de tous ces gens malheureux.
J'ai beaucoup apprécié le style à la fois simple, net et par moment émouvant. On peut à lire ce texte s'imaginer ce monde que l'on ne connaît que par des articles de presse et en comprendre l'humanité. Rien n'est appuyé et le pathos en est absent.
Après cette lecture on a rien appris sur ce qu'il faut faire. Doit-on et peut on accueillir dignement tous ces gens? La réponse n'est sans doute pas la même quand on résonne sur la question politique et quand on est confronté l’humain, à l'individu. J'admire en tous cas tous ces gens qui aident tout en ayant, sans doute conscience, qu'il s'agit d'un puit sans fond et que l’aide apportée, si elle soulage ne règle rien. Elle est , cependant, la preuve de l'humanité .
mardi 22 mai 2018
André Brink : Une saison blanche et sèche
Comme souvent c'est après avoir vu le très beau film tiré du roman d'André Brink : Une saison blanche et sèche avec Suzanne Sarandon et une intervention remarquable de Marlon Brando en avocat que j'ai eu envie de lire le roman.Le livre de poche que je viens de recevoir contient une préface rédigée par Ann Wakefield et Gilbert Pestureau qui revient sur l'analyse de ce roman, sur sa place dans la lutte d'un certain nombre d'écrivains contre le régime d'apartheid (Nadine Gordimer, JM Goetze) et les auteurs nous disent qu'André Brink avait une grande admiration pour la vie et l'oeuvre d'Albert Camus et notamment sa vision de l'homme révolté.
Ce roman nous montre d'abord un homme, Ben, vivant une vie de famille tranquille en Afrique du Sud entre son métier de professeur, l'amour de ses enfants, l'amour du travail manuel et sans grande ambition (ce que lui reproche sa femme Susan) et sans ,non plus se préoccuper de la politique de son pays que , dans le fond, il ne voit pas.
Puis des drames vont survenir qui ne le touchent pas directement mais qui frappe un employé noir, un jardinier employé par l'école où il travaille et qui vient de temps en temps faire du jardinage chez lui.
Et donc ce noir, il a appris à le connaître , a connaître son histoire et sa famille et il a de l'estime pour lui. Quand le fils de ce jardinier est d'abord injustement puni et humilié par la justice. Il déconseille au père de faire quoique ce soit. C'est une erreur et elle aura de très grave conséquence car le jeune Jonathan n'a pas supporté cette humiliation et cette injustice et il va se joindre aux jeunes qui, à cette époque (les années 1970) se rebellent contre le pouvoir blanc. Jonathan va donc participer a des manifestations pacifiques mais que la police répriment avec une très grande violence et il finira par être tué, torturé et tué par cette police raciste et aux méthodes criminelles.
Cette police fera tout pour ne pas dire la vérité au père qui l'apprendra à la suite d'une longue recherche pour retrouver le corps de son fils. Ben qui aidait ce jeune a faire des études sera ,évidement bouleversé ,par ce drame et commencera a comprendre la nature du régime politique d'apartheid et de violence.
Et cette violence ne sera pas finie. Le jardinier sera aussi torturé et tué simplement parce qu’il eu la volonté de connaître la vérité et d'obtenir justice! Puis ce pouvoir haineux s'en prendra à la mère qui mourra aussi.
Ben va alors faire sa propre enquête, rechercher les témoins, reconstituer les faits pour qu'ils soient jugés. Il réussira a recueillir toutes les preuves de ces comportements criminels, à les transmettre à quelqu’un de sûr, un écrivain qui pourra en parler. En prenant ainsi le parti de la justice il sera mal vu d'une partie de sa famille, de ses collègues et amis mais rien ne l’arrêtera jusqu'au jour où,lui aussi, sera tué par cette police déshonorée.
En lisant ce roman qui est très prés de ce qui s'est réellement passé on se demande ,une nouvelle fois, comment des comportements aussi "inhumains" sont possibles comme on se le demande, hélas, trop souvent dans les guerres, les génocides, la torture. Comment des hommes en arrivent a ce niveau d'inhumanité? Il n ' ya , hélas, pas de réponses raisonnables.
Il faut lire ce livre magnifique et l'on trouvera ,ici, une analyse littéraire et historique.
Ce roman nous montre d'abord un homme, Ben, vivant une vie de famille tranquille en Afrique du Sud entre son métier de professeur, l'amour de ses enfants, l'amour du travail manuel et sans grande ambition (ce que lui reproche sa femme Susan) et sans ,non plus se préoccuper de la politique de son pays que , dans le fond, il ne voit pas.
Puis des drames vont survenir qui ne le touchent pas directement mais qui frappe un employé noir, un jardinier employé par l'école où il travaille et qui vient de temps en temps faire du jardinage chez lui.
Et donc ce noir, il a appris à le connaître , a connaître son histoire et sa famille et il a de l'estime pour lui. Quand le fils de ce jardinier est d'abord injustement puni et humilié par la justice. Il déconseille au père de faire quoique ce soit. C'est une erreur et elle aura de très grave conséquence car le jeune Jonathan n'a pas supporté cette humiliation et cette injustice et il va se joindre aux jeunes qui, à cette époque (les années 1970) se rebellent contre le pouvoir blanc. Jonathan va donc participer a des manifestations pacifiques mais que la police répriment avec une très grande violence et il finira par être tué, torturé et tué par cette police raciste et aux méthodes criminelles.
Cette police fera tout pour ne pas dire la vérité au père qui l'apprendra à la suite d'une longue recherche pour retrouver le corps de son fils. Ben qui aidait ce jeune a faire des études sera ,évidement bouleversé ,par ce drame et commencera a comprendre la nature du régime politique d'apartheid et de violence.
Et cette violence ne sera pas finie. Le jardinier sera aussi torturé et tué simplement parce qu’il eu la volonté de connaître la vérité et d'obtenir justice! Puis ce pouvoir haineux s'en prendra à la mère qui mourra aussi.
Ben va alors faire sa propre enquête, rechercher les témoins, reconstituer les faits pour qu'ils soient jugés. Il réussira a recueillir toutes les preuves de ces comportements criminels, à les transmettre à quelqu’un de sûr, un écrivain qui pourra en parler. En prenant ainsi le parti de la justice il sera mal vu d'une partie de sa famille, de ses collègues et amis mais rien ne l’arrêtera jusqu'au jour où,lui aussi, sera tué par cette police déshonorée.
En lisant ce roman qui est très prés de ce qui s'est réellement passé on se demande ,une nouvelle fois, comment des comportements aussi "inhumains" sont possibles comme on se le demande, hélas, trop souvent dans les guerres, les génocides, la torture. Comment des hommes en arrivent a ce niveau d'inhumanité? Il n ' ya , hélas, pas de réponses raisonnables.
Il faut lire ce livre magnifique et l'on trouvera ,ici, une analyse littéraire et historique.
jeudi 3 mai 2018
Vitaly Malkin: Illusions dangereuses
Je viens de recevoir le livre de Vitaly Malkin qui a pour titre : Illusions dangereuses mais surtout comme sous titre :"Quand les religions nous privent de bonheur". Ce livre est d'abord un beau livre dans sa présentation et dans les nombreuses illustrations qu'il contient a savoir des reproductions d’œuvres de peintres célèbres. Il est édité par les Editions Hermann .
Le livre est vendu avec un bandeau reproduisant une phrase de l'écrivain Frédéric Beigbeder: "Ce pamphlet ambitieux prolonge la pensée de Voltaire et du marquis de Sade, deux antireligieux célèbres."
Entre le sous-titre et ce bandeau on voit déjà , à peu prés, le but que poursuit l'auteur et ce but est clairement analysé ,par ailleurs dans la Préface de ce livre traduit du russe.
Il écrit dans cette préface: "Ma thèse est simple: les monothéismes conduisent infailliblement à la haine de soi et des autres, que ceux-ci partagent ou non la même foi. Si Dieu aimait vraiment les hommes,il devrait non pas leur interdire le plaisir, mais les aider à en obtenir davantage. Mais Dieu ne les aime pas. Comme le dit Boualem Sansal , "la religion fait peut-être aimer Dieu, mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."
Ce livre a , par ailleurs un mérite. Il n'est pas écrit comme le serait une thèse universitaire et même s'il est très documenté, érudit par moment , son style en est personnel, l'auteur mêlant a sa recherche des analyses et des expériences personnelles comme le point de départ dont il nous dit qu'il a eu lieu, au cours d'un voyage au Maroc , une expérience de mirages dans le désert.
L'auteur nous dit dans sa préface que l'on peut lire son livre sans nécessairement suivre le cheminent du livre mais en passant d'un chapitre à un autre. En ce qui me concerne je me suis efforcé de lire tout à la suite en commençant par le chapitre initial qui est fondamentale puisque l'auteur analyse les rapports de la raison et de la foi qu'il en décrit les évolutions et, en particulier le recul de la raison avec l'apparition des religions monothéistes.qui mettent la "raison en cage".
L'auteur montre aussi et c'est une idée que je partage entièrement que si Dieu était comme on le dit "bon, tout puissant et omniscient" comment alors expliquer l’existence du mal qui est partout dans le monde? et il développe beaucoup, de manière intéressante, la question de l'existence de Dieu face à la Shoah et il mène , ensuite, une longue étude de l'attitude à l’égard de la mort en partant de peuplades primitives et il en est amené a considérer que "Les religions monothéistes dans leur ensemble sont bien plus des religions de la mort que de la vie. Leur but est de transmuer la peur naturelle de la mort en un espoir et un désir d'immortalité dans une vie outre-tombe." (p.146)
Puis l'auteur nous montre l'attrait des religions pour la souffrance et logiquement la condamnation du plaisir et tout particulièrement du plaisir sexuel qui est la bâte noire de toutes les religions monothéistes. Ces chapitres captivants sont , par ailleurs , très bien illustrés avec des oeuvres très belles et très bien reproduites.
Si l'on ajoute que le livre se termine par une bibliographie qui permet au lecteur d'aller aux sources on dira qu'il s'agit à la fois d'un beau livre sur une question essentielle pour l'humanité et j'en recommande la lecture. le lecteur y apprendra beaucoup et aura l'occasion au fur et à mesure des chapitres de contempler de belles oeuvres d'art.
Voilà le site du livre qui vous permettra de lire des extraits et de voir des vidéos
Le livre est vendu avec un bandeau reproduisant une phrase de l'écrivain Frédéric Beigbeder: "Ce pamphlet ambitieux prolonge la pensée de Voltaire et du marquis de Sade, deux antireligieux célèbres."
Entre le sous-titre et ce bandeau on voit déjà , à peu prés, le but que poursuit l'auteur et ce but est clairement analysé ,par ailleurs dans la Préface de ce livre traduit du russe.
Il écrit dans cette préface: "Ma thèse est simple: les monothéismes conduisent infailliblement à la haine de soi et des autres, que ceux-ci partagent ou non la même foi. Si Dieu aimait vraiment les hommes,il devrait non pas leur interdire le plaisir, mais les aider à en obtenir davantage. Mais Dieu ne les aime pas. Comme le dit Boualem Sansal , "la religion fait peut-être aimer Dieu, mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."
Ce livre a , par ailleurs un mérite. Il n'est pas écrit comme le serait une thèse universitaire et même s'il est très documenté, érudit par moment , son style en est personnel, l'auteur mêlant a sa recherche des analyses et des expériences personnelles comme le point de départ dont il nous dit qu'il a eu lieu, au cours d'un voyage au Maroc , une expérience de mirages dans le désert.
L'auteur nous dit dans sa préface que l'on peut lire son livre sans nécessairement suivre le cheminent du livre mais en passant d'un chapitre à un autre. En ce qui me concerne je me suis efforcé de lire tout à la suite en commençant par le chapitre initial qui est fondamentale puisque l'auteur analyse les rapports de la raison et de la foi qu'il en décrit les évolutions et, en particulier le recul de la raison avec l'apparition des religions monothéistes.qui mettent la "raison en cage".
L'auteur montre aussi et c'est une idée que je partage entièrement que si Dieu était comme on le dit "bon, tout puissant et omniscient" comment alors expliquer l’existence du mal qui est partout dans le monde? et il développe beaucoup, de manière intéressante, la question de l'existence de Dieu face à la Shoah et il mène , ensuite, une longue étude de l'attitude à l’égard de la mort en partant de peuplades primitives et il en est amené a considérer que "Les religions monothéistes dans leur ensemble sont bien plus des religions de la mort que de la vie. Leur but est de transmuer la peur naturelle de la mort en un espoir et un désir d'immortalité dans une vie outre-tombe." (p.146)
Puis l'auteur nous montre l'attrait des religions pour la souffrance et logiquement la condamnation du plaisir et tout particulièrement du plaisir sexuel qui est la bâte noire de toutes les religions monothéistes. Ces chapitres captivants sont , par ailleurs , très bien illustrés avec des oeuvres très belles et très bien reproduites.
Si l'on ajoute que le livre se termine par une bibliographie qui permet au lecteur d'aller aux sources on dira qu'il s'agit à la fois d'un beau livre sur une question essentielle pour l'humanité et j'en recommande la lecture. le lecteur y apprendra beaucoup et aura l'occasion au fur et à mesure des chapitres de contempler de belles oeuvres d'art.
Voilà le site du livre qui vous permettra de lire des extraits et de voir des vidéos
lundi 2 avril 2018
Romain Gary: La promesse de l'aube
De Romain Gary je n'avais lu que ce qu'il a publié sous le nom d'Emile Ajar et son merveilleux : "La vie devant soi" dont on a tiré un film magnifique dans lequel Simone Signoret est une madame Rosa inoubliable.
Je viens de revenir à Romain Gary fort curieusement grâce à Nicolas Sarkozy qui a dit tout ce qu'il aimait en littérature dans une émission de la chaîne parlementaire :"Livres et vous" et qui a fort bien parler de Romain Gary. J'ai lu aussitôt :La promesse de l'aube et je dois dire que j'ai beaucoup aimé cette sorte autobiographie, ce récit de sa jeunesse et de ses relations avec sa mère. Ce qui domine , me semble t-il sa façon d'écrire c'est la grande place faite à l'humour. Les événements et les caractères sont peints de manière souvent drôle.
Ce livre nous montre comment une mère peut aider son fils, lui donner une assurance dans la vie, le protéger et il est vrai qu'elle est une sorte de modèle de la "mère juive". Il ya beaucoup de scènes touchantes , des moments de difficultés que la mère affronte avec une réelle énergie et du courage et avec toujours cette conviction qu'elle a et qu'elle transmet que son fils fera de grande chose au service le France, qu'il sera "ambassadeur de France, "Grand écrivain"et , de fait , il le sera. Cette mère étrangère donne a son fils une très belle image de la France et elle ressemble en cela a beaucoup de familles immigrées de toutes nationalité qui s'installant en France, souvent miséreuses, donnent a leur enfants l'amour de leur nouveau pays. Est-ce toujours le cas aujourd'hui? On peut en douter.
Il ya beaucoup de moments émouvants comme ce jour où Romain Gary ayant obtenu le Prix Goncourt,il se rend aux Editions Gallimard et là prend connaissance d'une lettre qui lui a été adressé et dans laquelle est racontée la mort de son père dans un camp de la mort, ce père qu'il n'a pas connu et voici ce qu'il écrit: "Dans sa lettre, sans doute pour me faire plaisir,il m'écrivait que mon père n'était pas arrivé jusqu'à la chambre à gaz et qu'il était tombé raide mort de peur, avant d'entrer.
Je suis resté longuement la lettre à la main; je suis ensuite sorti dans l'escalier de la NRF; je me suis appuyé à la rampe et je suis resté là,je ne sais combien de temps, avec mes vêtements coupés à Londres, mon titre de Chargé d'Affaires de France, ma croix de la Libération, ma rosette de la Légion d'honneur et mon prix Goncourt.
J'ai eu de la chance: Albert Camus est passé à ce moment-là et, voyant bien que j'étais indisposé,il m'a emmené dans son bureau.
L'homme qui est mort ainsi était pour moi un étranger; mais , ce jour-là, il devint mon père a tout jamais." p.122 collection Folio
Il y a, aussi, ce que fait cette mère pendant que son fils fait la guerre. Alors qu'elle est sur le point de mourir et pour que sa disparition ne trouble pas son fils elle met au point un stratagème. Elle écrit plusieurs lettres qu'elle fera poster par une amie a prés sa mort et a intervalles réguliers. Ainsi Romain Gary n'apprendra la mort de sa mère que trois ans et demi après sa disparition.
Il me faudra voir le film pour savoir si il est à la hauteur de ce magnifique livre.
Et enfin une très belle critique à l'occasion de le rentrée de ses oeuvres dans la Pléiade et encore cette analyse d'Eric Fottorino
Et enfin une très belle critique à l'occasion de le rentrée de ses oeuvres dans la Pléiade et encore cette analyse d'Eric Fottorino
dimanche 18 mars 2018
Mon nouveau livre: "Le vieux monsieur à Venise"
Les éditions L'Harmattan avaient accepte de publier mon nouveau livre : "Le vieux monsieur à Venise" et a,alors débutée la période de fabrication du livre. Je leur ai adressé une photographie qui pouvait bien illustrer, selon moi , la couverture. Hors je me suis aperçu que cette maison d'édition avait des pratiques singulières. D'abord le contrat prévoyait qu'elle ne rémunérait qu’après la vente des 500 premiers ouvrages. J'ai accepté cette clause exjorbitante car cette publication n'est pas ,pour moi, une question d'argent. Mais après je me suis vite rendu compte que cet éditeur ne faisait pas son travail d'éditeur et qu'ayant relevé un certain nombre de fautes d’orthographes ou de grammaire il sollicite de l'argent pour les corrections alors que c'est le travail de tout éditeur sérieux et alors surtout qu'il ne paie rien avant les 500 exemplaires. J'ai donc renoncé a ce contrat et j'ai décidé de publier moi-même sur internet.
Le livre porte un sous-titre,un peu énigmatique mais qui dit quel est le projet."Autobiographie sentimentale et romanesque" . Je reproduit ici le texte de la dernière de couverture que j'ai rédigé et qui vous en dira un peu plus (mais pas trop et pas tout) sur ce qu'est ce livre.
Certains y retrouveront (pour un tiers environ) le récit de mon voyage de retour en Algérie en 2015 mais tout le reste est nouveau.
Ce livre est disponible en version papier et en version tablette et smartphone sur Amazon.
Et voici une
Le livre porte un sous-titre,un peu énigmatique mais qui dit quel est le projet."Autobiographie sentimentale et romanesque" . Je reproduit ici le texte de la dernière de couverture que j'ai rédigé et qui vous en dira un peu plus (mais pas trop et pas tout) sur ce qu'est ce livre.
"Ce récit, autobiographie sentimentale et romanesque, aurait
pu s’intituler, si le titre n’était pas déjà pris : « Une vie »,
une vie à la fois ordinaire et extraordinaire comme le sont toutes les vies. Il
y a là une confession avec ce qu’elles ont quelques fois d’impudique et il en
résulte un autoportrait intellectuel et moral d’un homme du siècle,
probablement un exemple d’une espèce en voie de disparition, attaché aux
livres, à la réflexion et à Venise et, ici, animé par un grand amour et par le
souvenir impérieux, à la fois doux et nostalgique, de l’Algérie pays de
l’enfance, revu une dernière fois, après une très longue absence, avant la
mort.
Ce voyage de retour, sur les lieux de sa jeunesse à Sétif,
Constantine et Alger, plus de cinquante ans après avoir quitté le pays et qui,
selon l’auteur, « boucle sa vie » accentue encore chez lui le sentiment du temps
qui passe, détruisant tout et lui donne
une plus grande lucidité sur la vie.
Celui qui s’exprime, ici, essaye de donner une cohérence à
sa vie, dresse son portrait en écrivant ce qu’il aime et se rend compte qu’il
n’y a d’homme et de vie d’homme que par la mémoire. Que serions-nous sans
l’armature de notre mémoire ? Rien. C’est elle qui rassemble cet être
ondoyant et divers que l’on appelle moi."
Ce livre est disponible en version papier et en version tablette et smartphone sur Amazon.
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