Les mal-aimés ce roman paru en 2019 chez Albin Michel nous raconte l'histoire d'un petit bourg dans la France du début du XIX° siècle, petit bourg dans lequel était installé dans un important bâtiment une colonie pénitentiaire pour enfants ,un de ces bagnes pour enfant qui furent selon l'expression souvent employée : "une honte pour la République" une de plus dirai-je puisqu'on a employé la même expression pour les prisons de nos jours sans que ,pour autant, de nécessaires progrès soient accomplis!
Le roman est noir et nous dépeint cette société rurale de l'époque avec sa pauvreté, ses travaux des champs exténuants, son absence totale de culture et d'ouverture, dominée par les curés ,où les filles se font engrosser sans même savoir comment cela arrive, où les bâtards sont rejetés, où les vies sont violentes et courtes.
Dans ce monde de misère et d'ignorance il y a encore plus pauvres et plus maltraités: les enfants envoyés par la Justice dans les colonies pénitentiaires, abusés et traités misérablement par les tenanciers de ces établissements pour qui la maltraitance est la seule forme d'éducation connue et cherchent encore a faire un maigre argent en rognant sur la nourriture de ces malheureux qui meurt très souvent peu de temps après leur arrivée. Le roman nous montre aussi que les gens du village participe a un véritable commerce d'enfants les élevant à la dure comme force de travail et des drames arrivent qui perturbent a jamais ces gens frustres qui croient au diable!
A côté de ce qui se passe dans ces bagnes le monde de Dickens paraîtrait presque plus humain.On mesure à lire ce roman l'immense progrès (certes pas achevé) qui a eu lieu dans la prise en charge de la délinquance des mineurs et on a peine a croire à cette vie rurale en France dans ces périodes dans le fond pas si lointaines.
Chaque chapitre s'ouvre avec en tête un court extrait des registres d'écrou de ces bagnes et l'on constate attéré la jeunesse des condamnés ,la lourdeur des peines pour des délits mineurs et leur mort qui survient le plus souvent une a deux années parés leur enfermement.
Pour compléter cette courte analyse de ce roman voici quelques liens sur l’histoire de ces bagnes d'enfants une honte pour l'humanité!
http://pourquoipaspoitiers.over-blog.fr/article-temoignage-l-horreur-du-bagne-pour-enfants-honte-de-la-republique-125335466.html
http://www.justice.gouv.fr/justice-des-mineurs-10042/histoire-de-la-justice-des-mineurs-12891/bagnes-denfants-30885.html
Ce blog est consacré à mes coups de coeur dans l'actualité, dans la littérature et dans mes voyages
dimanche 7 avril 2019
mercredi 27 mars 2019
Fernando Aramburu Patria
Lu ce livre paru en 2018 chez Actes Sud et qui est un gros pavé de plus de six cent pages mais qu'on lit avec intérêt et plaisir car le style de cet écrivain est original , direct et très évocateur. Les chapitres sont courts et tout est conçu comme une peinture par touches qui mélangent passé et présent. L'histoire se passe dans un petit village basque , en Espagne , tout près de San Sebastian et évoque à travers l'histoire de deux familles l'histoire récente de cette région au moment de la guerre menée par l'ETA pour l’indépendance du pays basque. Je pense que pour vraiment comprendre l'histoire il n' y a que le roman qui puisse en donner tous les aspects. Qui mieux que Léon Tolstoï nus fait comprendre la campagne de Russie dans Guerre et Paix? J'ai beaucoup appris de la guerre d'Algérie que j'ai pourtant , en partie vécu, dans les romans consacrées a cette période.
Eh bien je comprends mieux le problème basque après la lecture de ce beau roman.
C'est l'histoire de deux femmes Bitori et Miren qui se connaissent depuis l'enfance, qui ont voulu toutes deux devenir religieuses, qui toutes les deux se sont mariés et ont eu des enfants et que le conflit basque va séparer. Le mari de Bitori a refusé de payer l'impôt révolutionnaire d'ETA ( en réalité soyons clair une rançon sous la menace) et il est tué devant sa maison et alors sa famille montré du doigt regardé d'un sale œil par le reste du village. Et voilà un village paisible, deux familles heureuses et amies, séparées tout a coup par l'histoire.
Au fil de la lecture nous voyons la vie de ces deux familles, leurs bonheurs et leurs malheurs et les liens , quelques fois forts qui existaient entre eux détruis par l'attentat. Nous suivons le drame d' Arantza victime d'un accident neurologique et qui se retrouve complètement paralysée et muette avec une scène émouvante lorsque Xavier le fils de Birotti, médecin va voir cette jeune femme avec laquelle il a flirté dans a jeunesse.
On suit l'évolution des enfants devenus des adultes, leurs histoires personnelles ,leurs amours et la façon dont ils font face, chacun a sa manière, au drame qui a eu lieu et qui déchire le village.
On suit les ravages que fait le ressentiment, la division, la haine qui s'installe et les diverses façon dont chacun fait face .Certains veulent s'éloigner, quitter cette ambiance délétère, d’autres au contraire sont en plein dans la volonté de participer a la lutte pour indépendance avec des motivations quelques fois très légères et acceptent l' inacceptable de tuer sans plus avoir aucune considération pour la personne, le meurtre devenant un acte banal de lutte et les uns et les autres se montent la tête sans réelle réflexion.L'auteur décrit très bien cet sorte d'engrenage qui fait que plus personne n'a la moindre barrière morale et particulièrement les jeunes comme le fils de Miren dont on doit constater qu'il n'est pas une lumière et qu'il suit entraîné par d'autres. Et a un moment (p.398) un des protagonistes dit ce qu'il en pense : "L'ETA doit agir dans interruption. Il n' a pas le choix. Il ya belle lurette qu'il est tombé dans l'automatisme de l'activisme aveugle. S'il ne fait pas de mal,il n'est pas,il n'existe pas, il n'a plus aucun rôle. Cette façon mafieuse de fonctionner dépasse la volonté de ses membres......." et plus loin "Je ne peux pas comprendre que des types qui prétendent défendre l' euskera tuent des euskaldunes; que des gens qui veulent reconstruire Euskadi tuent des Basques....." Tout est dit de la folie de ce genre de mouvement.Le roman est émouvant en ce qu'il nous montre des vies bousculées à la fois par les événements naturels de la vie et par la folie de certaines idéologies irresponsables. A la fin de la lecture on a envie de se dire : Quel gâchis! Tant de vies meurtries et pour quoi?
Eh bien je comprends mieux le problème basque après la lecture de ce beau roman.
C'est l'histoire de deux femmes Bitori et Miren qui se connaissent depuis l'enfance, qui ont voulu toutes deux devenir religieuses, qui toutes les deux se sont mariés et ont eu des enfants et que le conflit basque va séparer. Le mari de Bitori a refusé de payer l'impôt révolutionnaire d'ETA ( en réalité soyons clair une rançon sous la menace) et il est tué devant sa maison et alors sa famille montré du doigt regardé d'un sale œil par le reste du village. Et voilà un village paisible, deux familles heureuses et amies, séparées tout a coup par l'histoire.
Au fil de la lecture nous voyons la vie de ces deux familles, leurs bonheurs et leurs malheurs et les liens , quelques fois forts qui existaient entre eux détruis par l'attentat. Nous suivons le drame d' Arantza victime d'un accident neurologique et qui se retrouve complètement paralysée et muette avec une scène émouvante lorsque Xavier le fils de Birotti, médecin va voir cette jeune femme avec laquelle il a flirté dans a jeunesse.
On suit l'évolution des enfants devenus des adultes, leurs histoires personnelles ,leurs amours et la façon dont ils font face, chacun a sa manière, au drame qui a eu lieu et qui déchire le village.
On suit les ravages que fait le ressentiment, la division, la haine qui s'installe et les diverses façon dont chacun fait face .Certains veulent s'éloigner, quitter cette ambiance délétère, d’autres au contraire sont en plein dans la volonté de participer a la lutte pour indépendance avec des motivations quelques fois très légères et acceptent l' inacceptable de tuer sans plus avoir aucune considération pour la personne, le meurtre devenant un acte banal de lutte et les uns et les autres se montent la tête sans réelle réflexion.L'auteur décrit très bien cet sorte d'engrenage qui fait que plus personne n'a la moindre barrière morale et particulièrement les jeunes comme le fils de Miren dont on doit constater qu'il n'est pas une lumière et qu'il suit entraîné par d'autres. Et a un moment (p.398) un des protagonistes dit ce qu'il en pense : "L'ETA doit agir dans interruption. Il n' a pas le choix. Il ya belle lurette qu'il est tombé dans l'automatisme de l'activisme aveugle. S'il ne fait pas de mal,il n'est pas,il n'existe pas, il n'a plus aucun rôle. Cette façon mafieuse de fonctionner dépasse la volonté de ses membres......." et plus loin "Je ne peux pas comprendre que des types qui prétendent défendre l' euskera tuent des euskaldunes; que des gens qui veulent reconstruire Euskadi tuent des Basques....." Tout est dit de la folie de ce genre de mouvement.Le roman est émouvant en ce qu'il nous montre des vies bousculées à la fois par les événements naturels de la vie et par la folie de certaines idéologies irresponsables. A la fin de la lecture on a envie de se dire : Quel gâchis! Tant de vies meurtries et pour quoi?
dimanche 17 mars 2019
Olivier Bellamy Requiem pour un chat
Un ami venu dîner m'a offert trois livres. Quelle excellente idée! Et parmi eux ce premier lu: "Requiem pour un chat". L'auteur est confronté dès le début de son récit à la maladie et à la perspective de la mort de Margot sa petite chatte. A partir de là le récit croise les événements de sa vie, les sentiments, les souvenirs familiaux et aussi sa double passion pour la musique et pour la littérature dont il dit joliment (p.171) "La musique et la littérature sont restées deux passions qui nous relient.L'une pour "désirer les choses qui n'existent pas " comme dit Gabriel Fauré, l'autre pour enrayer la disparition des choses qui 'ont peut-être existé que dans notre imagination et que nous nous employons néanmoins a faire revivre."
L'auteur qui est un grand mélomane analyse ça et là de nombreuses grandes oeuvres dont il nous donne l'essence.
Il y a bien sûr des pages émouvantes et éprouvantes sur la maladie de Margot, les soins lourds qu'elle doit supporter et sur l’inéluctable fin qui laisse l'auteur anéantie. Et bien sûr cette lecture fait écho en moi à la maladie de mon petit chien et m'annonce des perspectives inéluctables et l'on voudrait pourtant tellement écarter!
Le livre se clôt pourtant sur un chapitre heureux. L'auteur s'est vu offrir un nouveau petit chaton à La Marsa en Tunisie où il a ses habitudes et le récit de son retour en avion avec ce petit chat non encore vacciné m'a rappelé nombre de voyages avec mon petit chien.
L'auteur se livre aussi en début des chapitres qui tous contiennent dans le titre la lettre M a un petit jeu sur cette lettre de l'alphabet. C'est original.
Au final on éprouve de la peine pour Margot mais surtout on connaît assez bien Olivier Bellamy car ce livre est, dans le fond, son portrait.
L'auteur qui est un grand mélomane analyse ça et là de nombreuses grandes oeuvres dont il nous donne l'essence.
Il y a bien sûr des pages émouvantes et éprouvantes sur la maladie de Margot, les soins lourds qu'elle doit supporter et sur l’inéluctable fin qui laisse l'auteur anéantie. Et bien sûr cette lecture fait écho en moi à la maladie de mon petit chien et m'annonce des perspectives inéluctables et l'on voudrait pourtant tellement écarter!
Le livre se clôt pourtant sur un chapitre heureux. L'auteur s'est vu offrir un nouveau petit chaton à La Marsa en Tunisie où il a ses habitudes et le récit de son retour en avion avec ce petit chat non encore vacciné m'a rappelé nombre de voyages avec mon petit chien.
L'auteur se livre aussi en début des chapitres qui tous contiennent dans le titre la lettre M a un petit jeu sur cette lettre de l'alphabet. C'est original.
Au final on éprouve de la peine pour Margot mais surtout on connaît assez bien Olivier Bellamy car ce livre est, dans le fond, son portrait.
vendredi 8 mars 2019
Venise a double tour de Jean Paul Kauffman
Un ami m'a signalé la parution de ce livre sachant mon amour pour Venise. Je l'en remercie car j'ai beaucoup aimé ce livre que j'ai lu aussitôt. Un élément m'a poussé à le commander rapidement. J'ai lu , en effet, dans la présentation de cet ouvrage que Jean Paul Kauffman avait passé plusieurs mois à Venise et précisément dans le quartier de la Giudecca où je séjourne moi-même lorsque je vais à Venise.
Sur ce plan je n'ai pas été déçu et l'auteur donne des nombreuses indications sur son séjour et, tous les lieux, restaurants, cafés et commerces dont il parle je les ai fréquenté très souvent. Il montre bien aussi ce qui fait le charme de la Giudecca ,à la fois loin et toute proche de Venise, son calme, ses habitants véritables et anciens vénitiens et la vue que la Giudecca donne sur Venise qui, pour moi, est la plus belle et Jean Paul Kauffman le dit aussi.Il évoque ces promenades le soir dans le quartier et dans ce petit endroit qu'est la Giudecca je retrouve mes propres pérégrinations! Il écrit ce à quoi je souscrit entièrement : "De jour comme de nuit, le panorama depuis la Giudecca est sans égal.Je n'en connais pas de plus beau ni de plus glorieux."
Il a souvent sur cette ville des notations pertinentes et par exemple (p.57-58): " Ce que j'ai toujours apprécié dans cette ville, c'est qu'elle ne dissimule ni ses plaies, ni ses fissures, ni ses crevasses, ni ses affaissements. Ce qui est rompu, entrouvert ou lézardé est exhibé."
Il y a aussi l'évocation d'un certain nombre d'écrivains amoureux de Venise et notamment de Sartre qui aimait beaucoup cette ville et qui a même écrit-ce que j'ignorai-un livre "La Reine Albemarle"
Sur le fond le projet de l'auteur m'a, au début, paru très singulier puisqu'il était décidé a visiter toutes les Eglises de Venise qui sont fermées depuis souvent des dizaines d'années. Je me disais et il fait,lui-même la réflexion que l'on a bien assez avec les Eglises ouvertes que l'on a du mal a connaître toutes ainsi que les oeuvres qu'elles renferment. Mais je dois dire que je me suis laissé prendre a cette sorte de suspens dans lequel il nous plonge: arrivera t-il ou non a se faire ouvrir ces Eglises fermées comme des forteresses? Ces églises fermées dépendent de plusieurs institutions: le Patriarcat de Venise, l’Hôpital, les Services culturelles et les recherches ne sont pas simples et lorsque l'auteur obtient, enfin, un rendez-vous avec le Grand Vicaire il doit jouer serré avec ce personnage important pour son projet et qui est en lui-même une énigme!
C'est aussi ,pour lui, une manière de répondre à la question qu'il pose et se pose tous ceux qui veulent écrire sur Venise:"Comment écrire sur cette ville sur laquelle tant et tant a été dit?" Et bien l'auteur a trouvé un angle singulier, original que cette recherche inlassable des Eglises fermées dans une ville qui en compte tant.
L'auteur nous explique les premières émotions religieuses de sa jeunesse qui, sans doute, sont l'explication de cette quête peu ordinaire.
Beaucoup de critiques picturales et l'on voit bien que l'auteur est un amateur très éclairé, des pages intéressantes sur la cuisine à Venise pour déplorer comme je le fais moi-même que, dans l'ensemble ,on mange assez mal dans les restaurants de Venise,sur les méfaits du tourisme de masse bien connus mais difficiles a régler
Ce livre plaira aux amateurs d'art et notamment de peinture. Le projet initial me paraît toujours après lecture assez artificiel mais je répète qu'on se laisse prendre a cette recherche et qu'au fil des pages on en apprend beaucoup sur Venise.
Sur ce plan je n'ai pas été déçu et l'auteur donne des nombreuses indications sur son séjour et, tous les lieux, restaurants, cafés et commerces dont il parle je les ai fréquenté très souvent. Il montre bien aussi ce qui fait le charme de la Giudecca ,à la fois loin et toute proche de Venise, son calme, ses habitants véritables et anciens vénitiens et la vue que la Giudecca donne sur Venise qui, pour moi, est la plus belle et Jean Paul Kauffman le dit aussi.Il évoque ces promenades le soir dans le quartier et dans ce petit endroit qu'est la Giudecca je retrouve mes propres pérégrinations! Il écrit ce à quoi je souscrit entièrement : "De jour comme de nuit, le panorama depuis la Giudecca est sans égal.Je n'en connais pas de plus beau ni de plus glorieux."
Il a souvent sur cette ville des notations pertinentes et par exemple (p.57-58): " Ce que j'ai toujours apprécié dans cette ville, c'est qu'elle ne dissimule ni ses plaies, ni ses fissures, ni ses crevasses, ni ses affaissements. Ce qui est rompu, entrouvert ou lézardé est exhibé."
Il y a aussi l'évocation d'un certain nombre d'écrivains amoureux de Venise et notamment de Sartre qui aimait beaucoup cette ville et qui a même écrit-ce que j'ignorai-un livre "La Reine Albemarle"
Sur le fond le projet de l'auteur m'a, au début, paru très singulier puisqu'il était décidé a visiter toutes les Eglises de Venise qui sont fermées depuis souvent des dizaines d'années. Je me disais et il fait,lui-même la réflexion que l'on a bien assez avec les Eglises ouvertes que l'on a du mal a connaître toutes ainsi que les oeuvres qu'elles renferment. Mais je dois dire que je me suis laissé prendre a cette sorte de suspens dans lequel il nous plonge: arrivera t-il ou non a se faire ouvrir ces Eglises fermées comme des forteresses? Ces églises fermées dépendent de plusieurs institutions: le Patriarcat de Venise, l’Hôpital, les Services culturelles et les recherches ne sont pas simples et lorsque l'auteur obtient, enfin, un rendez-vous avec le Grand Vicaire il doit jouer serré avec ce personnage important pour son projet et qui est en lui-même une énigme!
C'est aussi ,pour lui, une manière de répondre à la question qu'il pose et se pose tous ceux qui veulent écrire sur Venise:"Comment écrire sur cette ville sur laquelle tant et tant a été dit?" Et bien l'auteur a trouvé un angle singulier, original que cette recherche inlassable des Eglises fermées dans une ville qui en compte tant.
L'auteur nous explique les premières émotions religieuses de sa jeunesse qui, sans doute, sont l'explication de cette quête peu ordinaire.
Beaucoup de critiques picturales et l'on voit bien que l'auteur est un amateur très éclairé, des pages intéressantes sur la cuisine à Venise pour déplorer comme je le fais moi-même que, dans l'ensemble ,on mange assez mal dans les restaurants de Venise,sur les méfaits du tourisme de masse bien connus mais difficiles a régler
Ce livre plaira aux amateurs d'art et notamment de peinture. Le projet initial me paraît toujours après lecture assez artificiel mais je répète qu'on se laisse prendre a cette recherche et qu'au fil des pages on en apprend beaucoup sur Venise.
mardi 19 février 2019
Eric Dupond-Moretti à la barre
Un ami avocat vient de m'offrir un petit livre (par la taille) paru chez Lafon en 2019 et qui est le texte du spectacle que donne ce grand avocat qu'est Eric Dupont-Moretti au théâtre. Je dirai d'abord qu'un avocat donne un spectacle dans un théâtre ne me choque absolument pas (cela n'aurait sans doute pas été le cas il y a quelques années!) puisque j'ai la faiblesse de croire qu'il y a dans l'exercice du métier d'avocat une part de théâtre , une part d'art dans l'éloquence.
Mais cela n'est pas l'essentiel. Je retrouve dans ce texte qui est à la fois le parcours d’Éric Dupont-Moretti et ce qu'il pense de la Justice et de son métier aujourd'hui, beaucoup de ce que je pense moi-même et je retrouve dans la description de ce qu'il ressent parfois dans les procès dont il s'occupe des sentiments que j'ai moi-même éprouvé dans l'exercice de ce métier qui, comme il le dit est plus qu'un métier, un sacerdoce.
Ce texte est émouvant souvent et par exemple lorsque celui qui est aujourd'hui un avocat célèbre raconte ses débuts à Lille, Marseille et Toulouse , la rencontre avec celui qu'il considère comme un second père M° Alain Furburry, avocat à Toulouse.
Mais ce texte aussi est salutaire car il pointe les dérives de notre société et de sa justice avec une volonté dangereuse de transparence qui fait que l'on bafoue tous les secrets autrefois protégés, avec la connivence dangereuse et que j'ai moi-même rencontré entre certains juges et la presse qui aboutit à ruiner des réputations, a anéantir des vies même si, après toute la durée du procès la personne est acquittée. Situation rendue encore plus grave par la diffusion dans les réseaux sociaux! Il y a quelques propos sévères mais ,hélas , tout a fait justes sur certains Juges et au total c'est un spectacle que tous les citoyens devraient voir car il est une magnifique instruction civique et pour ceux qui n’auront pas la chance de voir le spectacle,lisez ce livre. Il vous apprendra quelque chose et à mieux raisonner.
Mais cela n'est pas l'essentiel. Je retrouve dans ce texte qui est à la fois le parcours d’Éric Dupont-Moretti et ce qu'il pense de la Justice et de son métier aujourd'hui, beaucoup de ce que je pense moi-même et je retrouve dans la description de ce qu'il ressent parfois dans les procès dont il s'occupe des sentiments que j'ai moi-même éprouvé dans l'exercice de ce métier qui, comme il le dit est plus qu'un métier, un sacerdoce.
Ce texte est émouvant souvent et par exemple lorsque celui qui est aujourd'hui un avocat célèbre raconte ses débuts à Lille, Marseille et Toulouse , la rencontre avec celui qu'il considère comme un second père M° Alain Furburry, avocat à Toulouse.
Mais ce texte aussi est salutaire car il pointe les dérives de notre société et de sa justice avec une volonté dangereuse de transparence qui fait que l'on bafoue tous les secrets autrefois protégés, avec la connivence dangereuse et que j'ai moi-même rencontré entre certains juges et la presse qui aboutit à ruiner des réputations, a anéantir des vies même si, après toute la durée du procès la personne est acquittée. Situation rendue encore plus grave par la diffusion dans les réseaux sociaux! Il y a quelques propos sévères mais ,hélas , tout a fait justes sur certains Juges et au total c'est un spectacle que tous les citoyens devraient voir car il est une magnifique instruction civique et pour ceux qui n’auront pas la chance de voir le spectacle,lisez ce livre. Il vous apprendra quelque chose et à mieux raisonner.
lundi 21 janvier 2019
Pierre Thoumieux
Décidément ce mois de janvier est bien cruel. Je viens d'apprendre le décès de notre confrère Pierre Thoumieux et là encore beaucoup de souvenirs me reviennent. J'ai commencé ma vie d'avocat en 1967 par un stage chez André Thoumieux le père de Pierre et j'ai donc rencontré Pierre à cette époque car il avait un bureau jouxtant le mien place de la Libération. Il cherchait encore sa voie et est devenu ensuite avocat.
Pierre a souffert de la personnalité énorme de son père qui était, à l'époque avec Jean Darmendrail l'un des deux grands avocats de Pau: deux personnalités dissemblables. André Thoumieux ,homme cultivé ( qui aimait Pezenas et le Cap Sounion)qui soignait ses écrits et plaidait avec force de sa voix retentissante alors que Jean Darmendrail, pétri de culture latine (connaisseur de Marc Aurele) faisait dans la subtilité et la persuasion. Les deux s'affrontaient souvent.
Pierre s'est un peu coupé des ses confrères et a fini sa vie en vivant ,si je ne me trompe pas ,une partie de l'année au Maroc pays qu'il chérissait et dont sa femme était originaire.
J'ai été amené a défendre Pierre lorsque j'étais bâtonnier victime qu'il était d'un Juge , comme il en a existé quelques uns ,hélas, qui voulait se "payer" un avocat et qui n'avait rien trouvé de mieux (faisant de la justice spectacle) que de le faire arrêter sur l'autoroute.Je me souviens encore de mes interventions musclées auprés du Procureur Général de l'époque! L'affaire s'était éteinte d'elle même ne reposant sur rien que sur la mégalomanie d'un petit juge.
J'ai regretté de ne plus avoir de ses nouvelles après ma retraite. Qu'il repose en paix. Ses obsèques auront lieu au cimetière de Pau le 24 a 14 h 30. Je l'indique sans savoir s'il ne souhaitait pas la plus stricte intimité. Le voilà qui va donc rejoindre son père, sa mère Marcelle avocate également, sa soeur Colette également avocat devenu ensuite magistrat et sa soeur Françoise violoniste distinguée,premier prix du Conservatoire de Paris que j'ai eu la chance d'entendre quelques fois en concert. J'ai une pensée pour tous.
Pierre a souffert de la personnalité énorme de son père qui était, à l'époque avec Jean Darmendrail l'un des deux grands avocats de Pau: deux personnalités dissemblables. André Thoumieux ,homme cultivé ( qui aimait Pezenas et le Cap Sounion)qui soignait ses écrits et plaidait avec force de sa voix retentissante alors que Jean Darmendrail, pétri de culture latine (connaisseur de Marc Aurele) faisait dans la subtilité et la persuasion. Les deux s'affrontaient souvent.
Pierre s'est un peu coupé des ses confrères et a fini sa vie en vivant ,si je ne me trompe pas ,une partie de l'année au Maroc pays qu'il chérissait et dont sa femme était originaire.
J'ai été amené a défendre Pierre lorsque j'étais bâtonnier victime qu'il était d'un Juge , comme il en a existé quelques uns ,hélas, qui voulait se "payer" un avocat et qui n'avait rien trouvé de mieux (faisant de la justice spectacle) que de le faire arrêter sur l'autoroute.Je me souviens encore de mes interventions musclées auprés du Procureur Général de l'époque! L'affaire s'était éteinte d'elle même ne reposant sur rien que sur la mégalomanie d'un petit juge.
J'ai regretté de ne plus avoir de ses nouvelles après ma retraite. Qu'il repose en paix. Ses obsèques auront lieu au cimetière de Pau le 24 a 14 h 30. Je l'indique sans savoir s'il ne souhaitait pas la plus stricte intimité. Le voilà qui va donc rejoindre son père, sa mère Marcelle avocate également, sa soeur Colette également avocat devenu ensuite magistrat et sa soeur Françoise violoniste distinguée,premier prix du Conservatoire de Paris que j'ai eu la chance d'entendre quelques fois en concert. J'ai une pensée pour tous.
jeudi 10 janvier 2019
Helene Hanff: 84,Charing Cross Road
Voilà encore un livre que je n'aurai pas acheté et donc lu si une amie ne me l'avait signalé et j'aurai raté une sorte de petit bijou d'humour , de drôlerie et en même temps un éloge des livres et de la lecture.
Ce petit livre qui , en réalité, a connu un très grand succès est l'échange de correspondances entre une américaine, vivant assez pauvrement, auteur de scénarios pour la télévision mais avant tout passionné de littérature et de vieux livres avec les dirigeants et salariés d'une librairie à l'ancienne située à Londres et a qui elle commande, dans la mesure de ses faibles moyens des livres anciens.
La correspondance commence presque comme une correspondance officielle d'un client avec son fournisseur mais prend très vite un tour plus personnel et amical.
Cette américaine qui rêve de venir à Londres dés que ses moyens lui permettront de le faire est pleine d'humour et on se régale de ce qu'elle écrit. Elle est aussi très cultivée et connaît bien les vieux auteurs de la littérature anglaise. Elle fait part de ses exigences avec une grande drôlerie et elle rudoie ses interlocuteurs amicalement.
La postface de Thomas Simmonet nous explique comment cette correspondance de trente ans est devenu par une sorte de petit miracle un livre culte puis un très beau film. Je ne vous en dit pas plus.Allez lire ce livre et vous régaler.
Ce livre m'a rappelé dans sa forme deux autres livres passionnants : "Inconnu a cette adresse" et "Ecrivez moi Madeleine" que j'avais beaucoup aimé.
Ce petit livre qui , en réalité, a connu un très grand succès est l'échange de correspondances entre une américaine, vivant assez pauvrement, auteur de scénarios pour la télévision mais avant tout passionné de littérature et de vieux livres avec les dirigeants et salariés d'une librairie à l'ancienne située à Londres et a qui elle commande, dans la mesure de ses faibles moyens des livres anciens.
La correspondance commence presque comme une correspondance officielle d'un client avec son fournisseur mais prend très vite un tour plus personnel et amical.
Cette américaine qui rêve de venir à Londres dés que ses moyens lui permettront de le faire est pleine d'humour et on se régale de ce qu'elle écrit. Elle est aussi très cultivée et connaît bien les vieux auteurs de la littérature anglaise. Elle fait part de ses exigences avec une grande drôlerie et elle rudoie ses interlocuteurs amicalement.
La postface de Thomas Simmonet nous explique comment cette correspondance de trente ans est devenu par une sorte de petit miracle un livre culte puis un très beau film. Je ne vous en dit pas plus.Allez lire ce livre et vous régaler.
Ce livre m'a rappelé dans sa forme deux autres livres passionnants : "Inconnu a cette adresse" et "Ecrivez moi Madeleine" que j'avais beaucoup aimé.
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