Xavier Leclerc dont j'ai beaucoup aimé le premier roman : Un homme sans titre vient de publier "Le garçon ébloui" chez Gallimard. J'attendais avec impatience de le lire et je ne suis pas déçu. Il y a , dans ce roman à la fois une histoire intime très émouvante et l'évocation de la recherche sur la bombe atomique et, ici, notamment en Algérie.
L'histoire de ces expériences dans le désert Algérien du côté de Reggane est longuement décrite et l'auteur nous montre la façon criminelle dont on traité les populations locales mais aussi les jeunes soldats appelés que l'on a pas tenu informé des dangers qu'ils couraient. Beaucoup sont morts jeunes de cancers causés par ces expériences nucléaires. Ce roman nous montre la folie des hommes et Xavier Le Clerc qui est un fin connaisseur de l'œuvre d'Albert Camus a raison de citer son éditorial après Hiroshima. Albert Camus a été l'un des seuls commentateurs a axé son propos sur l'horreur de cette invention plus tôt que sur la prouesse scientifique et technique.
Mais "Le garçon ébloui" est surtout une magnifique histoire humaine d'adoption et l'on ne peut qu'être ému lorsque le jeune garçon adopté très jeune dans les conditions que je laisse le lecteur découvrir revient sur les lieux de son enfance et du commencement de sa vie avec son père adoptif et revoit les lieux où son père, jeune soldat à l'époque, fut une victime parmi beaucoup d'autres de ces essais nucléiares.
Xavier Le Clerc continue son approche de cette période coloniale si marquée de crimes et il le fait avec une sensibilité magnifique qui vaut mieux que toutes les études historiques et toutes les discussions idéologiques.
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