lundi 16 mai 2016

Retour d'Algérie

Ce voyage en Algérie, ce pèlerinage dans ma jeunesse se termine et je vais donc clôturer cette page que j'avais ouverte spécialement pour ce voyage. Ce séjour a été très riche en émotions diverses, sentimentales et esthétiques et je ne regrette pas un instant d'avoir accompli ce périple auquel je rêve depuis si longtemps:mon premier livre Algérie, Algérie Que me veux tu publié en 1999 en témoigne!

Je peux dire que non seulement les paysages,connus déjà ou découverts m'ont comblé mais j'ai beaucoup apprécié aussi les contacts,certes bien légers et superficiels, mais qui ont été chaleureux et amicaux.Lorsque je demandai un renseignement dans la rue pour retrouver tel ou tel lieu de ma jeunesse mes interlocuteurs montraient leur joie de me voir et de m'aider. Combien de fois n'ai je pas entendu la formule,si touchante:"Bienvenu chez toi!"
Ce voyage n'aurait pas été celui qu'il a été sans l’aide que m'a apporté tout au long Hafid mon organisateur, guide et chauffeur. Qu'il en soit remercié. Je ne peux qu'inviter mes amis, ceux qui hésiteraient encore à faire ce voyage et à le faire avec Hafid.
Maintenant un vrai ami n'est pas un flatteur. Je pars avec un regret immense, celui de voir un pays aux potentialités importantes qui laisse beaucoup d'endroit et,certains parmi les plus beaux dépérir et être défigurés par des constructions anarchiques jamais terminées. Quelques paysages magnifiques quelques fois défigurés par des détritus alors qu'il serait si aisé de l'éviter!
J'ai aussi constaté une sorte de misère sur le plan des activités culturelles et de la vie sociale en générale, l'essentiel se déroulant dans les familles , à l’intérieur des maisons laissant la rue assez "pauvre".
Je ne peux qu'espérer que l'immense potentiel de ce pays se développe de jour en jour.
En fermant cette page que j'ai tenu avec grand plaisir pendant quelques mois je me dis que peut être ce séjour m'incitera t il a écrire une suite a mon premier livre. On verra. A mon retour à Pau je mettrai quelques photos choisies.



Voici donc quelques photos mais peu de chose à côté des 1600 photos faîtes sur place!

dimanche 1 mai 2016

Paris

Nous voilà installé à Paris pour deux jours avant le départ pour Alger,Setif et Constantine.Le "grand" voyage arrive!
L'appartement nous attendait en bonne état mais avec un squatter: une pigeonne est en train de nicher dans un nid qu'elle a confectionné dans l’entrebâillement des volets de la fenêtre du bureau. Bien entendu nous avons tut fait et,notamment,fermé le rideau pour qu'elle se sente à l'aise pour couver ses œufs.  Il y aura donc une naissance à l'avenue Parmentier!
L’après-midi d'hier, après une bonne sieste nous avons été visité la rénovation des Halles qui vient d’être inaugurée et qui n'est pas totalement terminée. On pouvait craindre le pire car cet endroit a été raté depuis plus de 30 ans: d'abord le trou des Halles pendant des années et après un centre commercial sinistre et devenu, au fil des années de plus en plus inhospitalier! La rénovation aujourd’hui est réussie comme le montreront les photos que je vais poster.D'abord la fameuse "Canopée" d'acier et de verre est belle et surtout crée dans tout le centre commercial des zones très éclairées avec patios et placettes. Par ailleurs et c'est même l'essentiel ce nouveau centre ouvre sur la ville alors que l'ancien n'était qu'un trou dans le sol! Là le regard passe sous la Canopée et ouvre vers Beaubourg d'une part et surtout sur un nouveau jardin Nelson Mandela avec une vue superbe sur la belle Eglise Saint Eustache et en face sur la Bourse du Commerce que vient d'acheter la fondation François Pinault et qui sera un musée  d'art moderne. Pour le moment le jardin  n'est pas terminé et il y a temporairement une exposition photographique touchante. Deux jeunes photographes ont photographié quelques uns des ouvriers,venus d'un peu partout dans le monde et qui ont travaillé sur cette réalisation.






Ce lundi matin très belle promenade le long du Quai d'Orsay jusqu'au pont de l'Alma et la Tour Eiffel avec un temps splendide ni trop chaud ni froid! Nous y allions pour voir le nouvel édifice des Russes: un centre culturel avec une Eglise orthodoxe surmontée d'un dôme à la façon russe. J'avais lu des critiques sur ce dôme volumineux. En réalité là encore le chantier n'est pas totalement terminé mais le dôme est joli et ne jure pas du tout dans le paysage.
Mardi nous avons pris le bus 75 qui part tout prés de chez nous et qui nous a conduit jusqu'au ,Pont Neuf. Là nous avons continué à faire les inspecteurs des travaux et nous avons pu voir l'avancement des importants travaux  sur le Bâtiment de la Samaritaine. Tout ne sera livré qu'en 2018! De là par les quais nous avons fait une longue promenade qui nous a conduit à la Place Dauphine qui a l'air d'une petite place de village, puis au Panthéon dont la coupole a été entièrement rénovée, au Jardin du Luxembourg, Saint Sulpice. Vers 10 h 30 nous avons pris un café dans une petite boutique de l'Ecole de Médecine qui ne paie pas de mine mais qui fait un délicieux café ou chocolat viennois avec des patisseries délicieuses!
Déjeuner dans un petit restaurant charmant touchant au Marché Saint Germain le Bergamote puis retour par le même bus 75.
L’après midi nous profitons du soleil en nous promenant le long du Canal Saint Martin et dans le Parc Villemin.
Ce petit séjour parisien se termine et demain nous nous envolons pour Alger où j'aurai également beaucoup a voir et à dire.

samedi 26 mars 2016

La Rochelle

Je viens de faire un petit séjour très agréable à La Rochelle, ville que j’ai connue il y a prés de 40 ans et qui est toujours aussi agréable.Je me souviens bien de mon premier séjour car j' y avais passé le réveillon de fin d'année en  et c'est  à cette date que mourut Charlie Chaplin.
C'était aussi l'occasion de voir le bateau de Claude "Adhara" qui est vraiment imposant et qui a subi ,lors de notre séjour, un nettoyage dans une entreprise du port. Nous n'avons donc pas navigué. Ce sera pour une autre fois.

                                 



Cette fois ci nous étions logés en plein centre ville et  une de nos fenêtres donnait sur la Tour de la chaîne et nous étions tout de suite sur le port. Après avoir déambulé pendant ces quelques jours j’ai maintenant, bien en tête, la topographie de la ville avec ses vieux quartiers, sa partie moderne autour de l’Université  et de la médiathèque,avec des immeubles colorés à la manière scandinave  et le port des minimes, plus grand port de plaisance d’Europe.
Belle promenade du mail avec au fond le jardin Delmas, le tout donnant sur l'océan.
                                    

Découvert quelques restaurants très agréables dans cette ville qui en compte beaucoup. Je mentionnerai spécialement : Le Saveur Vivre, l'Entracte et Les Quatre Sergents. La salle de ce dernier est tout à fait remarquable : une grande verrière plantée d’arbres exotiques !
                                 

Autre lieu remarquable : Le Café de la Paix  (Voir aussi)qui a une très longue histoire,  qui a été fréquenté par de nombreuses célébrités, notamment Georges Simenon qui, à un moment, y avait ses habitudes et qui y venait à cheval de son domicile campagnard. On a récemment réinstallé sur une des arcades devant le Café l’anneau auquel il attachait sa monture !Toute une partie de son oeuvre évoque divers endroits  de la Rochelle

                               




jeudi 10 mars 2016

La nuit de Zelemta

Oh, quel beau roman que cette "Nuit de Zelemta ", que vient de publier René - Victor Pilhes aux éditions Alain Michel. J'avais lu et aimé, il y a près de trente ans l'Imprécateur sur le monde de de l'entreprise, mais la Nuit de Zelemta  me touche au coeur car ce roman concerne la période de la guerre d'Algérie vue d'une manière absolument originale et jetant  sur l'ensemble des protagonistes,  algériens  et français d'Algérie, un regard à la fois très juste mais également bienveillant. Je n'ai jamais lu sur cette question quelque chose d'aussi équilibré sur les intérêts si passionnément divergents de l'époque.

Le roman met en scène un jeune aumônier militaire, le "petit curé" qui reçoit  une sorte de confession  d'un jeune lieutenant, né en Algérie et qui, au moment de ses études à Toulouse, fait par hasard la connaissance d'un prisonnier qui deviendra l' initiateur et l'organisateur de la révolution algérienne : Abane  Ramdane.  

Il s'agit d'un personnage historique d'une grande qualité et qui va impressionner le jeune pied noir, au point de bouleverser sa vie. Abane Ramdane  ne pourra pas donner toute sa mesure puisqu'il sera assassiné  par d'autres membres du FIN.
Cette impression que fit Abane Ramdane, conduisit le jeune pied noir, Jean Michel Leutier,  à la nuit de Zèlemta; et lorsqu'il fait sa confession, il est sur le point de mourir de ses blessures physiques mais aussi morales.

Je ne donne pas d'autres informations. Il faut lire ce beau roman qui conduit à se demander une nouvelle fois - même si cela est totalement inutile - si avec un homme comme Ramdane une autre Algérie,  plus ouverte, aurait pu exister et faire cohabiter algériens et pied noir. Rêve !  Utopie ! Probablement.  En tous cas l'histoire est passée.  
Puis-je dire que l'on pleure à la lecture de ce livre où  l'émotion court dans chaque phrase, tout au long.

jeudi 25 février 2016

Visa à Bordeaux

En vue de mon prochain périple en Algérie j'ai été déposé ma demande de visa au Consulat d'Algérie à Bordeaux.J'en ai profité pour faire un court séjour dans cette ville qui a, depuis quelques années, beaucoup de charme et  qui s'est réapproprié ses quais sur la Garonne.
J'en ai également profité pour revoir mon ami d'enfance Philippe que je n'ai revu que deux fois depuis que nous nous sommes quittés à Constantine: une première fois il y a  près de trente ans lors de mon anniversaire pour mes 40 ans et hier. Nous nous sommes promis de ne pas attendre trente ans de plus!
Et puisque j'étais dans les souvenirs j'ai été visité mon ancienne Faculté de droit sur la belle Place Pey Berland. C'est là que je venais de Pau passer mes oraux dans les années 62-68




mercredi 24 février 2016

Stéphane Babey: Camus Une passion algérienne

Le livre de Stéphane Babey que je viens de découvrir (paru aux Editions Koutoubia en 2010): Camus une passion algérienne m' a captivé mais il m'a, si je puis dire, couper l'herbe sous les pieds. En faisant le projet de me rendre de nouveau en Algérie, quittée depuis plus de cinquante ans, pour revoir les lieux de mon enfance j'avais également le projet de suivre en partie un "itinéraire Camus" en me rendant sur des lieux qu'il avait connus et fréquentés. Or c'est ce que fait Stéphane Babey à Alger, Belcourt, Tipaza et Noces, Drean lieu de naissance d'Albert Camus, Annaba et Saint Augustin, objet du mémoire de philosophie de Camus, Oran et la peste, Marengo (Hadjout)et l'Etranger.
Il évoque si bien ces lieux ,avec notamment des pages magnifiques sur Tipaza, que j'en serai réduit , si je m’aventurai dans cette direction, à redire ce qu'il dit si bien.
Mais ce qu'il y a  de mieux encore dans ce livre , en dehors de l'évocation des lieux, c'est, à propos de chacun d'eux le rappel de la philosophie de Camus et , en quoi elle est liée à ces lieux. L'auteur nous montre ce que lui a apporté la pauvreté, aujourd’hui hui quasiment la m^me, du quartier de Belcourt, ce que lui a apporté aussi la beauté absolue d'un lieu comme Tipaza qui ouvre sur le questionnement métaphysique. "Au printemps Tipaza est habité par les Dieux....." la pensée de cet autre algérien universellement célèbre qu'est Saint Augustin et le rapport de cette pensée avec la beauté d'Annaba sur la mer.
Enfin l'auteur nous montre combien la pensée d'Albert camus est encore présente et à l'oeuvre dans l'Algérie aujourd’hui et dans ses déchirements.

mardi 9 février 2016

YU MIRI Sortie parc gare d'Ueno



Voilà un roman paru chez Actes Sud en 2015 que je n’aurai sans doute jamais lu si une amie ne me l avait offert. J’éprouve, en effet, une sorte de réticence à l’égard de la littérature de pays que je ne connais pas et je n’aurai pas été de moi-même vers cette romancière japonaise. J’aurai eu tort car voilà un roman remarquable et sensible sur le monde des SDF dans ce parc de Tokyo.
On a là l’histoire d’un vieil homme qui finit sa vie dans une cabane faite de carton et de toiles et qui nous donne  a sentir ce qu’il ressent.  Il a très peu connu sa famille étant parti loin de chez lui pour gagner petitement sa vie. On en apprend beaucoup sur cette situation fréquente au Japon où, pour des raisons économiques des hommes sont contraints d’aller travailler pour pas grand-chose très loin de chez eux et qu’il se crée, alors, une coupure dans leur vie. Son fils est mort à vingt ans puis plus tard sa femme et c’est à ce moment qu’il a quitté sa maison et qu’il  est devenu ce SDF dans ce parc.
Il y a, notamment le récit poignant de la mort et des obsèques de son fils avec  la liturgie particulière  des partisans de la Terre pure et cette invocation qui revient comme un leitmotiv, comme une incantation  Namo Amida Butsu…

Le style est également particulier et se rapproche d’une écriture poétique avec quelques fois des mots, de simples mots répétés. On est vite pris par  ce que l’on apprend , petit à petit , de la vie difficile de cet homme et des SDF de ce parc ,obligés de dégager en emportant leurs affres et en démontant leurs pauvres cabanes lorsque la visite d’une personnalité et surtout de la famille Impériale est annoncée.