mercredi 12 juin 2019

Renaud S Lyautey: Les saisons inversées.

Renaud S Lyautey nom de plume d'un ambassadeur de France aujourd'hui au Sultanat d'Oman vient de publier au Seuil : Les saisons inversées qui est un policier dont l'action se déroule dans le monde mais à partir très précisément de la haute administration du Quai d'Orsay.
L'intrigue est bien cousue et on se laisse prendre aux hypothèses faites pour élucider l'assassinat d'un ancien Ambassadeur. J'allais dire "on marche" pour ensuite voir ces hypothèses déjouées et pour arriver à une fin inattendue ce qui fait le charme de cette lecture.
Mais son intérêt est également de voir fonctionner la machine administrative et diplomatique du Quai d'Orsay décrite de l'intérieur par un connaisseur de ce monde un peu spécial.
Le livre fait aussi voyager en Iran puis au Chili et évoque pour nous ces séjours lointains de nos représentants à l'étranger.
D'autres plus familiers de ce monde auront peut être découvert quelques personnes réelles derrière les protagonistes de cette histoire!
Depuis toujours certains diplomates ont été aussi des écrivains connus (St John Perse, Claudel et d'autres encore) peut être cet ambassadeur donnera t-il un jour à lire une oeuvre plus dense que celle-ci mais son objectif en terme de roman policier est bien atteint.

mercredi 5 juin 2019

Jean Paul Brin

J'apprends à l'instant, par un courrier du Bâtonnier de l'Ordre des Avocats, le décès de Jean Paul Brin.Voilà encore un compagnon de ma vie qui s'en va après Serge Legrand et Pierre Thoumieux. Je savais que que Jean Paul Brin était malade mais j'ignorai l'aggravation de son mal.
Je connaissais  Jean Paul depuis longtemps et nous avions même été, une courte période de notre jeunesse, collègues, employés tous deux au Secrétariat de la petite Faculté de Droit de l'époque sous la direction bienveillante des soeurs Cazendres.
Déjà à cette époque il montrait un intérêt pour l'organisation,la planification et les techniques de gestion. Lorsqu'il fut ensuite avocat, quelques années à peine après ma prestation de serment, il manifesta un intérêt , avant tout le monde, pour les techniques informatiques qui faisaient alors leur apparition.
Il fut toujours un confrère aimable, jamais dans le conflit et toujours dans la bienveillance et cela lui valut l'amitié de beaucoup jeunes et moins jeunes.
Il fut un Bâtonnier aimé et respecté car son seul souci était l'intérêt de l'Ordre et de ses confrères et la hiérarchie judiciaire le comprit puisqu'elle fit en sorte qu'il soit fait chevalier de La Légion d'honneur.
Son sens du service d'autrui le fit s'engager dans la vie politique locale et il était un soutien de la première heure de François Bayrou  et fut élu aux dernières élections municipales. Il devint très vite Premier Adjoint au Maire de Pau et je suis sûr qu'avec ces qualités il fut une aide très importante pour cette équipe municipale et de nombreux éloges émus ont été faits dés la nouvelle connue. J'évoquerai, ici, un moment qui fut un moment heureux  pour Jean Paul lors de son voyage avec l'orchestre de Pau en Tunisie. Il y rencontra certains de mes amis.
                                      
Comme c'est le cas dans ce métier d'avocat nous sommes souvent très proches tout au long de notre parcours professionnel, appelé a nous opposer, à discuter, à collaborer et c'est donc une perte pour moi bien triste. Mais, ce soir , je veux garder  dans mon souvenir le temps , si précieux pour moi, de son passage au secrétariat de la Faculté dans cette si petite mais si chaleureuse  et si joyeuse équipe dont je suis, avec mes amis Jean Marie Etesse et Xavier Gayan, le dernier survivant.
J'adresse a son épouse et a ses enfants l’expression de toute ma sympathie attristée.
Ce samedi matin dans l'Eglise saint Martin une foule était là qui entourait la famille de Jean Paul et ce fut une cérémonie sobre au cours de laquelle le Bâtonnier Jean Labes puis François Bayrou rendirent hommage à Jean Paul, tous deux visiblement très émus, cérémonie dont rend bien compte cet article de la République des Pyrénées et dans Sud Ouest et aussi vendredi 15 juin  un hommage des employés municipaux et encore un bel éloge très juste dans  Alternatives Pyrénées

                                                                  L’image contient peut-être : 1 personne, sourit, costume et texte

lundi 3 juin 2019

Jean Pierre Mignard: Robert Kennedy: La foi démocratique.

Jean Pierre Mignard , homme de gauche , avocat a publié avec le concours de Hugo Roussel un livre consacré a Robert Kennedy en 2016 chez Stock. Je connaissais évidement le tragique destin de Robert Kennedy assassiné lui aussi, après son frère John mais j'en savais asse peu sur lui , à part le fait qu'il avait été une aide pour son Frère en qualité d'Attorney Général c'est à dire de Ministre de la Justice.
Ce livre m'a permis de découvrir une personnalité attachante et on peut le dire , admirable. Ce qui ressort de la lecture de cette vie c'est deux grandes qualités chez Robert Kennedy: un courage indiscutable qui le fait s'attaquer a des bastions de cette Amérique que je n'aime pas: la place du crime organisé, le racisme et la très grande pauvreté. Et lui , ce fils d'une famille immensément riche, va lutter de toutes ses forces contre ces fléaux.
Cela tient a sa deuxième qualité essentielle, selon moi, et qui en fait un vrai homme de gauche c'est la compassion qu'il a pour ceux qui sont victimes des injustices de ce monde. Et pour moi il est un vrai homme de gauche même s'il ne conteste pas le libéralisme et le capitalisme parce qu’il lutte réellement contre toutes les injustices sociales et l'on sait que dans ce domaine il y aura toujours à faire.
Trois thèmes sont très bien développés dans ce livre:
-sa lutte contre le crime organisé, les mafias pourtant souvent très proches, trop proches des politiques. Dans cette lutte qu'il mène devant une Commission du Senat et en tant qu'Attorney Général c'est le courage qui est évident. Le courage mais aussi la détermination et le travail approfondi pour confondre ces personnages malfaisants et qui n'hésitent devant aucune menace!
-Sa lutte contre le racisme qui est ,pour moi, ce qui salit le plus les Etats Unis. Racisme contre les noirs évidement mais aussi contre les minorités dont la minorité indienne  ravagée et humiliée. Et cette lutte pour lui prend la voie de la compassion, il se rend chez ces minorités, ils les comprend, leur parle et diagnostique clairement ce qui a été fait et ce qu'il faut réparer.
On lira avec émotion le récit de certaines rencontres avec les noirs mais aussi avec les indiens et qui démontrent qu'il avait une réelle compassion pour ces minorités maltraitées et elles l'ont d'ailleurs, chacune très bien compris, vouant a cet homme un très grand respect.
Sur ce thème on lira avec un particulier intérêt la façon dont il utilise son origine Irlandaise pour faire comprendre son combat. Il évoque la façon dont les Irlandais (mais il y eut d’autres nationalités) furent discriminés, victime de violence et de rejet et semblable en ce sens au sort des noirs. Cette idée est riche et porteuse de sens encore aujourd'hui où chaque fois que l'on me parle d'immigration inassimilable je rappelle l’accueil que la France, les français ont réservé aux italiens, aux espagnols, aux portugais dont certains des petits enfants sont aujourd’hui l'honneur du pays.
On lira en annexe l'émouvant discours très court mais si profond qu'il prononça au moment de l'assassinat de Martin Luther King.
-Enfin il faut également lui rendre hommage pour sa lutte déterminé contre la grande pauvreté et où il reprend , ce faisant , la  lutte de Victor Hugo entre autres.
En ces moments où en France et ailleurs la gauche se cherche la lecture de ce livre et l'exemple de Robert Kennedy devrait être une source d'inspiration.

mercredi 29 mai 2019

Bruno Le Maire Paul :Une amitié

Ce récit de Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie, je ne l'aurai certainement pas lu si il ne m'avait été offert car -d'ailleurs a tort- je me méfie un peu des écrits des hommes politiques. Or ce récit est un beau texte , émouvant sur une amitié qui n'a pas duré très longtemps mais qui a eu une grande force.
Ce recit alterne des pages consacrées au travail ministériel de Bruno Le Maire  et, ici, surtout de ses nombreux voyages pour participer a des réunions internationales et au rappel de sa relation avec Pau qui est en train de mourir d'un cancer du cerveau.
J'ai passé assez vite les réunions ministérielles qui m'ont assez peu intéressés mais j'ai beaucoup aimé les pages consacrées aux visites que Bruno Le Maire fait a son ami mourant. C'est un récit dur car il est pénible de voir la dégradation d'un homme qui vous renvoie à ce qui pourrait vous arriver, à cette maladie qui vous amoindri, qui vous laisse dans l’impuissance absolue et qui , peu à peu enlève ce qui faisait votre personnalité.
L'auteur écrit fort bien et l'on garde , le livre fermé, un souvenir fort de cette amitié et de cet accompagnement jusque au bout. Bruno Le Maire a raison de nous dire qu’après la mort plus rien n'est dans le cadavre mais tout est dans le souvenir que l'on garde de la personne et il a réussi par ce beau texte a faire que Paul restera dans l'avenir comme une belle image de l'amitié et il a répondu a cette demande de Paul : Ne m’oublie pas" de la meilleure façon.
Voilà un entretien dans lequel Bruno Le Maire parle de ce livre et une belle critique

lundi 20 mai 2019

Julien Jouanneau: Le voyage de Ludwig

Julien Jouanneau vient de publier aux Editions Flammarion un nouveau roman : Le voyage de Ludwig. C'est un roman très original car c'est le récit par un chien, Ludwig, de sa vie avec sa maîtresse Hannah pendant l'occupation Allemande et, surtout, de la déportation de sa maîtresse et la recherche à laquelle se livre Ludwig pour  tenter de la retrouver.
On pourrait penser de prime abord qu'il s'agit là d'un procédé et que, derrière ce chien, l'écrivain a fait de l’anthropomorphisme mais il réussit , à mon sens, à bien camoufler ce procédé car il utilise les sens de ce chien dont on sait qu'ils sont différents et tellement plus développés pour certains que chez l'homme, l'odorat bien sûr, une vision  différente, une sorte de sixième sens.






                                                           
Hannah va  être déportée et elle va prendre un de ces trains de la mort dans un wagon a bestiaux. Ludwig qui va réussir à s’échapper de l'appartement court à la gare, assiste impuissant a tout ce remue-ménage odieux et le voilà qui va courir après des trains, à la poursuite de l'odeur et de l'image d'Hannah! Il vivra des aventures cocasses ou éprouvantes, rencontrera des hommes cruels et mauvais mais aussi, quelques fois des hommes bons.
Est-ce crédible? Chacun a lu les récits de ces animaux , chiens ou chats, ayant parcouru des milliers de kilomètres loin de chez eux et qui  retrouvent leur maison et leurs maîtres! Le roman se termine mal. Comment aurait-il pu en être autrement? Mais il est un hymne à la fidélité des chiens et l'auteur évoque d'ailleurs dans une note à la fin du livre quelques exemples de cette fidélité dont celui d'Hatchi ce chien dont la statue est devant la Gare de Tokyo et qui a attendu son maître pendant 14 ans!

samedi 18 mai 2019

Charles Poncet: Camus et l'impossible Trêve civile

Ce livre paru chez Gallimard en 2015 est composé d'un texte de Charles Poncet, ami de Camus et qui a été à l'origine et la cheville ouvrière de cet "Appel a la Trêve Civile" lancé d'une haut d'une tribune par Albert Camus à Alger le 22 Janvier 1956. Il faut ,évidement lire le texte écrit par Camus et qui est très beau .
Charles Poncet retrace ,dans tous les détails, les semaines qui ont précédées cet appel et ils montrent comment cette idée a fait surface.
Il nous montre et c'est un des grands intérêts de ce livre le petit milieu de ceux que l'on appelait les "libéraux" et qui, venus d'horizons idéologiques divers, souhaitaient depuis longtemps faire prendre conscience aux pieds-noirs des injustices  faites aux Algériens et militaient pour une évolution de la situation. Ce groupe ( assez restreint) était lui-même divers et les engagements des uns et des autres n'étaient pas les même et n'avaient pas la même intensité depuis ceux qui militaient pour l'indépendance du pays, qui même apportaient leurs concours aux Algériens, ceux qui étaient favorables à une évolution voir une indépendance mais avec le maintient des deux communautés et ceux qui n'acceptaient pas de perdre leur nationalité française.Il y avait là des anciens communistes, des catholiques ( la hiérarchie étant très ouverte à l'évolution du pays plus que les pratiquants), des protestants.Il y avait , aussi quelques musulmans et notamment Amar Ouzegane qui avait été communiste et les organisateurs de l'appel apprendront après qu'il était membre du FLN.
Tous ces gens étaient -ils des utopistes , de doux rêveur. Il est bien qu'il y ait eu des personnes qui ne résignent pas à la violence et qui croient possible une Algérie ouverte acceptant ses deux communautés, mais avec le recul que donne le temps passé ,il est clair que c'était un rêve qui ne tenait pas compte ni des blessures trop grandes faites aux Algériens, ni des idéologies et des religions dont on a vu, par la suite et encore aujourd’hui qu'elles ne pouvaient que conduire à la séparation.
Le livre contient aussi la correspondance échangée entre Poncet et Ouzegane, des analyses sur les différentes façon dont a été perçue et comprise la démarche qui a aboutit à l'Appel, chacun essayant de t
irer Camus a soi!

dimanche 5 mai 2019

L'Algérie entre révolte et avenir


Je lisais récemment un article sur la difficulté de nommer clairement les évènements actuels qui ont lieu en Algérie et des universitaires dissertaient sur les notions de « révolution » « mouvement ou Hirak » « révolte ».
Cela m’a conduit à réfléchir également sur cette situation.
Je dirai d’abord que ce qui frappe l’observateur c’est la force de ce mouvement et la vue des manifestations de chaque semaine avec cette foule immense démontre que c’est vraiment tout un peuple qui se lève, partout dans le pays, sans distinction de catégorie sociale, de zones géographiques, d’opinion politique.
La seconde observation que chacun a pu faire c’est l’extraordinaire sang froid de ces foules pourtant immenses, leur calme, leur volonté absolue d’être pacifique et sans violence et cet aspect est à mettre en évidence car, en général, une révolte ou une révolution est violente.
Un autre caractère et non des moindres est que ce peuple a manifesté tout au long de ces journées un humour constant dans ses slogans et dans la façon d’exprimer son action. Il a, aussi, et c’est déjà un des bienfaits de ces journées, apprécié le fait de se retrouver et de jouir du plaisir de rire, de bavarder, de prendre possession des rues. Cela paraît banal mais quand on a connu une Algérie triste, morose, inquiète de son avenir, sans réaction face aux abus du pouvoir et a son mépris, c’est une nouveauté et il est clair que cela ne sera jamais plus comme avant quelque soit le sort de ce mouvement.
Quand on a dit cela je serai assez tenté, pour ma part, d’utiliser le mot de révolte tel que nous l’a enseigné Albert Camus. C’est ainsi qu’il écrivait : 
« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. Un esclave, qui a reçu des ordres toute sa vie, juge soudain inacceptable un nouveau commandement. Quel est le contenu de ce « non » 
Il signifie, par exemple, « les choses ont trop duré », « jusque-là oui, au-delà non », « vous allez trop loin », et encore, « il y a une limite que vous ne dépasserez pas ». En somme, ce non affirme l’existence d’une frontière. On retrouve la même idée de limite dans ce sentiment du révolté que l’autre « exagère », qu’il étend son droit au-delà d’une frontière à partir de laquelle un autre droit lui fait face et le limite. Ainsi, le mouvement de révolte s’appuie, en même temps, sur le refus catégorique d’une intrusion jugée intolérable et sur la certitude confuse d’un bon droit, plus exactement l’impression, chez le révolté, qu’il est « en droit de… ». La révolte ne va pas sans le sentiment d’avoir soi-même, en quelque façon, et quelque part, raison. C’est en cela que l’esclave révolté dit à la fois oui et non. Il affirme, en même temps que la frontière, tout ce qu’il soupçonne et veut préserver en deçà de la frontière. Il démontre, avec entêtement, qu’il y a en lui quelque chose qui « vaut la peine de… », qui demande qu’on y prenne garde.
(…) En même temps que la répulsion à l’égard de l’intrus, il y a dans toute révolte une adhésion à part entière et instantanée de l’homme à une certaine part de lui-même. Il fait donc intervenir implicitement un jugement de valeur, et si peu gratuit, qu’il le maintien au milieu des périls. (…) Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l’est pas. Toute valeur n’entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une valeur. »
Camus, L’homme révolté (Gallimard), p 25-26
Et bien les Algériens sont bien ceux qui disent non et qui soulignent aussi que cela a trop duré et qu’ils ne peuvent plus accepter à partir de ce moment le comportement du pouvoir à leur égard.
C’est donc bien une révolte mais, comme le souligne aussi Camus, dans la révolte il y a non seulement un refus mais la volonté d’autre chose et la revendication d’un autre mode de fonctionnement du pouvoir et de la société, en somme une autre valeur.
Les Algériens, le peuple, sait-il vers quelles valeurs il veut aller, vers quel destin, vers quel type de civilisation ? Rien n’est moins sûr et c’est naturel car le peuple, en dehors de son patriotisme, de son amour pour un pays est très divers et dés lors il y a une multitude d’intérêts, d’objectifs et de comportement.
Citons les différences régionales qui demeurent importantes, les différences de niveau social et d’éducation, les différences religieuses, car, même dans un pays musulman dans sa majorité les différences sont évidentes entre les très pratiquants et ceux qui le sont moins, entre les soufis et les salafistes purs et durs et même entre diverses obédiences !
Tous ces gens ne veulent pas la même chose, leurs objectifs sont différents et très contraires entre eux.
Quel est le système politique qui peut unir un peuple malgré ses différences ? Il y a deux systèmes que l’expérience ailleurs a mis en évidence :
-la règle démocratique de la majorité
-la laïcité
La règle majoritaire permet de trancher entre les diverses conceptions et objectifs. Une fois les questions tranchées l’ensemble de la population accepte.
Dans une dictature au contraire le pouvoir jouera sur les différences pour les opposer et le pouvoir sera celui (on l’a vu d’un clan).
Mais il faut ajouter que la vraie démocratie ce n’est pas seulement la règle majoritaire c’est aussi et de manière essentielle, le respect des minorités qui doivent être libres de s’exprimer, de manifester et de militer pour un autre projet avec dans la ligne de mire l’alternance sans laquelle la démocratie n’est qu’une forme déguisée de dictature et il ne suffit pas qu'un pouvoir soit élu pour qu'il soit démocratique!
Ceci étant dit et comme le diable se niche dans les détails tous les mécanismes juridiques ne se valent pas et l’exemple Tunisien est, à cet égard, très significatif.
Les Tunisiens comme les Algériens se sont levés contre un régime de dictature et ses pratiques. Ils ont alors voulu prendre toutes les dispositions juridiques pour qu’une dictature ne puisse plus revenir et c’est dans ces conditions qu’ils ont choisi une Constitution et un régime électoral de proportionnel. Le résultat a été désastreux car plus de 210 partis (ridicules) sont apparus et aucune majorité stable n’a pu voir le jour entrainant des alliances contre nature entre des partis aux conceptions totalement opposées ! La Constitution et le régime électoral ont organisé l’impuissance du pouvoir et a partir de là la régression du pays dans tous les domaines, aucun projet sérieux ne pouvant voir le jour et être mis en œuvre.
Les Algériens devront donc s’ils s’orientent vers la démocratie étudier et tirer des leçons de l’expérience Tunisienne.

La deuxième règle nécessaire est la laïcité car c’est la seule qui permet d’organiser un vivre ensemble apaisé et porteur d’ouverture et de progrès.
L’Algérie est indiscutablement un pays musulman et de cela personne n’en doute et ne le met en cause. Mais il y a, aussi, quelques religions minoritaires et même chez les musulmans il y (personne ne peut le contester) une variété de pratique et d’idée importante puisque il n’y a strictement rien de commun entre des soufis ouverts, tolérants et apaisés à l’exemple de l’Emir Abdelkader ce fondateur de l’Etat et des salafistes intolérant et dominateurs qui veulent imposer, quelques fois par la violence, une façon de croire et de se comporter venu d’ailleurs.
Or qui peut faire qu’un vivre ensemble, une tolérance, une acceptation de l’autre s’installe dans le pays pour son plus grand bien sinon la règle de la laïcité ?
C’est à cela aussi que devront réfléchir les Algériens et qu’ils devront trancher.
Je conclurai cette analyse en disant qu’un pays pour progresser, pour aller de l’avant et pour vivre apaisé se doit de trancher entre ces grandes options. Les hommes politiques ne veulent quelques fois pas trancher pour ne pas perdre de voix, pour essayer de plaire a tout le monde et ce faisant ils ne rendent pas service a leur pays car les non-dits pourrissent la vie de la société.
Alors après la révolte magnifique et bienvenue il faut maintenant que les Algériens prennent conscience des enjeux et les tranchent tranquillement, démocratiquement en s’organisant et ne faisant apparaître des leaders car les leaders sont absolument nécessaires pour parvenir à ces choix qui ne se feront pas spontanément. Et c'est là que l'on entre dans les difficultés mais qui ne sont pas insurmontables. On peut aussi écouter l'équivalent de ce texte dans cette   video