mardi 25 octobre 2011

La Tunisie a voté


La Tunisie a voté et elle a bien voté. Ce pays , après une révolution qui s’est déroulé, tout compte fait dans le calme, vient de donner au monde entier et en premier lieu aux pays arabo-musulman une très belle leçon de démocratie.
Il faut d’abord souligner l’extraordinaire participation à ce premier scrutin libre, extraordinaire par le nombre de votants mais également par cette ambiance sérieuse, joyeuse et émue qui a prévalu toute cette journée du 23 octobre.
Cette participation magnifique donne aux élus de la nouvelle Constituante une légitimité totale et une grande  responsabilité devant l’histoire. Il faut maintenant que, refusant les compromissions et les demi-mesures qui ne peuvent à la longue satisfaire personne, ces élus dotent la Tunisie d’instruments juridiques assurant à ce peuple la liberté ,une liberté réelle et non pas seulement formelle. Une liberté qui assure la protection de toutes les minorités.
L’enjeu on le voit bien c’est l’avenir de la Tunisie moderne. Si ce pays aspire, ce que je crois, à une place dans le monde moderne il lui faut garantir au moins trois objectifs essentiels :
-Assurer les libertés pour lesquelles cette révolution a eu lieu. C'est-à-dire dire clairement et sans possibilité de retour en arrière que les Tunisiens veulent bénéficier de l’ensemble des droits de l’homme comme ils sont exprimés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’homme.
-Éradiquer la corruption qui avait gangrenée l’ensemble du pays et ,pour cela, mettre en place une Justice Indépendante et efficace qui ne soit pas au service de clans mais au service du droit.
-Enfin organiser les pouvoirs locaux en les rendant eux aussi démocratiques et en mettant en place un système qui mettent toutes les régions sur un plan d’égalité en favorisant , au besoin, des redistributions de richesses entre les territoires.
Quand la Constituante, dont c’est le rôle, aura assurer la solidité de ces principes, alors les partis politiques pourront se lancer dans la compétition et proposer leur programme. En attendant ils peuvent, je pense, s’unir sur ces quelques grands principes qui sont cependant fondamentaux pour l’avenir de ce pays.

jeudi 13 octobre 2011

Albert Camus contre la peine de mort


Le livre que vient de publier Eve Morisi aux Editions Gallimard :  « Albert Camus : contre la peine de mort » est captivant et m’aurait été bien utile lorsque j’ai prononcé, l’année dernière, ma conférence sur « Trois écrivains face à la peine de mort :Victor Higo, Albert Camus et Robert Badinter. »
Ce livre est en réalité un document de travail et se compose de trois parties, toutes aussi intéréssantes. Il y a d’abord la belle préface de Robert Badinter qui lui aussi a fait de la peine de mort un combat de toute sa vie et qui sait ce dont il parle. Je ne sais plus qui a dit qu’il était l’honneur de la gauche mais c’est un jugement que je partage entièrement.
Pour le reste le livre est divisé en deux parties. Dans une première partie il s’agit d’un receuil de textes : tous ceux où Albert Camus évoque la peine de mort, dans ses carnets, dans sa correspondance et dans ses œuvres littéraires bien connues.Il y a là des textes inédits et notamment les lettres que Camus a adréssé au Président de la République pour solliciter la grâce de certains condamnés à mort, notamment pendant la guerre d’Algérie. A parcourir ces textes on voit, comme le dit Eve Morisi, « une conscience au travail » et ce que l’on en retient c’est qu’Albert Camus a pensé à la peine de mort tout au long de sa vie et n’ a jamais céssé de lutter contre ce châtiment.
La dernière partie du livre est un essai d’Eve Morisi qui analyse l’attitude de l’écrivain face à la peine de mort dans trois de ces œuvres littéraires essentielles : l’Etranger, La Peste et le Premier Homme.
Ce livre viendra prendre place à côté de Victor Higo contre la peine de mort dont j’ai déjà parlé ici et qui est aussi un receuil des texters de Victor Hugo paru chez Textuel en 2001.

samedi 8 octobre 2011

Un Sarkozy nouveau va arriver !

Raffarin ,dans un entretien au Figaro ,appelle de ses voeux "un Sarkozy nouveau". Comme il y a chaque année un "Beaujolais Nouveau" fort couru par la clientèle, on aurait donc droit à un "Sarkozy nouveau".
Raffarin feint d'oublier que des "Sarkozy nouveaux" on en a eu presque tous les six mois depuis le début de son mandat mais que, las, comme le dit la sagesse populaire lorsque l'on chasse le naturel il revient au galop.
Raffarin souhaite encore, dans une de ces formules dont il a le secret "la rupture de la rupture"! Cette rupture de la rupture Sarkozy là encore l'a réalisée plusieurs fois en revenant sur presque toutes les grandes idées qui devaient être la marque de son quinquennat.
Dés lors "Sarkozy nouveau" ou "rupture de la rupture" cela aura bien du mal à convaincre les français qui savent déjà ce que cela veut dire.
En réalité Sarkozy ne peut changer de caractère et c'est cela en grande partie le problème. Pervers comme je suis je pense que Raffarin en demandant un "Sarkozy nouveau" sait très bien qu'en faisant cette demande il formule d'abord une sérieuse critique du "Sarkozy ancien" et qu'il s'attend à ce que ses amis de l'UMP lui répondent qu' un Sarkozy nouveau ce n'est pas possible. Peut être ira t-il, alors, jusqu'à soutenir que, dans ces conditions,il faut un autre candidat pour la droite. Ainsi après avoir été drôle Raffarin serait cette fois très lucide.

mardi 4 octobre 2011

Pauvre Centre!


Le forfait que viens de déclarer Borloo pose, à nouveau, la question du centre. A la vérité un centre, dont on sait à l’avance, qu’ils’ alliera au deuxième tour à la droite, constitue une simple manœuvre politique destinée à engranger des voix dont on espère-pas toujours à raison- qu’elles iront ensuite  gonfler le score de Sarkozy.
Ce centre droit nous dit et nous repère qu’il n’a pas les même valeurs que la droite et qu’il va « peser » ensuite dans la politique de cette droite. 
C’est une illusion qui ne trompe plus personne et, à cette heure, où la droite est tentée de se rapprocher de l’extrême droite comme cela a été la politique de Sarkozy, on a bien vu que ceux (Borloo, Morin, Bockel) qui prétendaient qu’ils « pèseraient » sur cette politique n’ont pesé sur rien et ont été les dindons de la farce et leurs électeurs avec eux.
Je pense qu’après cette démission de Borloo, avant même d’engager le combat, ce centre droit n’a plus aucune crédibilité et ce n’est pas le pauvre Morin qui changera cette situation.
Ceux donc ,parmi les électeurs centristes, qui ne se reconnaissent pas dans cette droite dure, sectaire, embourbée dans les affaires, et qui a pratiqué, pendant tout ce septennat, la politique la plus a droite qui ait été, avec le sucés que l’on sait, ne peuvent plus que se reporter sur Bayrou qui a eu le mérite de toujours défendre des solutions républicaines et conformes au génie de la France et qui, contrairement aux autres n'a pas renié ses valeurs pour des postes.
La décision de Borloo n'est peut -être pas cadeau pour Sarkozy
Si les Borloo, Bockel, Morin et autres s’allient, une nouvelle fois à Sarkozy, ils obtiendront, sans doute quelques postes mais qu’ils ne viennent pas soutenir qu’ils ont d’autres valeurs que la droite.
La défection de Borloo aura, au moins le mérite de mettre le centre droit devant sa responsabilité.

lundi 26 septembre 2011

Plus jamais peur:un film sur la Révolution en Tunisie

J'ai passé, hier, une,excellente soirée à Biarritz à voir un film: "Plus jamais peur" présenté par son, réalisateur tunisien Mourad Ben Cheikh. La présentation était suivie d'un débat qui a été très intéressant. Le film dont on peut voir le site est consacré à la Révolution Tunisienne à travers le témoignage de trois personnalités qui furent des militants avant même la révolution et qui, avant les autres, ont chassé la peur. Il s'agit de l'avocate Radhia Nasraoui qui a mené, avec son mari Hamma Hammami qui apparaît aussi dans le film, un long combat contre le régime de Ben Ali, de la blogueuse Lina Ben Mhenni qui , elle aussi, a mené un courageux combat grâce à son blog, et, enfin du journaliste indépendant Karem Cherif.
On voit aussi de nombreuses scènes de cette période et on peut apprécier le courage de la jeunesse mais aussi son humour. J'ai suivi, chacun le sait, cette révolution presque heure par heure mais rien ne vaut de voir ces images qui permettent de vivre cet évènement de l'intérieur. On sort de cette projection à la fois ému , admiratif et plein d'espoir. Cette jeunesse et ce peuple qui ont réussi cela ne peuvent pas ne pas vouloir la liberté pour toujours , plus rien ne les fera taire et il n'accepteront aucune autre forme de dictature.
Voilà ce qu'en dit le réalisateur:
"Aujourd'hui, un drapeau tunisien orne mon salon et l'hymne national que je chante à un tout autre goût, celui de la liberté. Je suis finalement citoyen et je l'exprime pleinement, je suis cinéaste et je l'assume pleinement. les peurs que j'évoque étaient aussi les miennes, c'étaient celles de la plupart des Tunisiens. Le courage, que certains des intervenants dans ce documentaire n'ont cessé de démontrer, est aujourd'hui le courage de tous les tunisiens.". Tout est dit.
Après la projection un débat a eu lieu avec le réalisateur et j'en ai surtout retenu une analyse psychologique des révolutions arabes que je crois très juste.Selon Mourad ben Cheikh les arabes  par ces révolutions ont réussi à tuer le système qui faisait de leur dirigeant le père devant lequel tout doit céder. Désormais il n'y aura plus de père mais des dirigeants à garder ou a chasser en fonction de leur gouvernance: en un mot la démocratie.
Je  conseille vraiment à tous ceux qui le pourront de voir ce film, il donne une très belle image de la Tunisie.

PS: On parle de Lina ben Mehnni pour le prix Nobel de la Paix: elle est, en effet, l'un des symboles de la révolution Tunisienne : jeune, femme, et internaute.

mercredi 21 septembre 2011

La Grande erreur d'Obama et de Sarkozy

Comme chacun le sait, après plus de cinquante ans de discussions et de négociations et alors qu’Israël, dirigé par un gouvernement de droite, soutenu par l'extrême droite religieuse, continue à coloniser des terres palestiniennes, l'Autorité Palestinienne s'adresse à l'ONU pour voir reconnaître son Etat.
Je rappelle qu’Israël est de son côté une création de l'ONU et que lors de sa création un Etat Palestinien était prévu.
Depuis Israël n'a cessé de s'étendre au delà des frontières qui lui avait été assigné lors de la création. Israël l' a fait à l'occasion de guerre et pour selon sa thèse pour sa sécurité.
Il est cependant absolument indiscutable qu’Israël ne respecte pas le droit international et notamment les très nombreuses résolutions de l'ONU et que sa colonisation n'a , en réalité qu'un but: rendre de plus en plus difficile l'existence d'un Etat Palestinien qui ait une continuité territoriale.
Je dis très clairement que l'attitude d’Israël est inadmissible et de plus en plus de voix s’élèvent pour le dire aussi et parmi elles celle d'hommes remarquable comme Stéphane Hessel ou encore Jean Daniel, mais il y en a beaucoup d'autres.
Lassé par le refus d’Israël de mettre fin à la colonisation et à vraiment négocier, la demande de l'autorité Palestinienne est tout a fait légitime et elle a le mérite de mettre chacun devant ses responsabilités. Sur ce point on ne peut qu'être totalement déçu par la position des Etats Unis et de la France qui se refuse à voter la reconnaissance de cet Etat renvoyant de manière scandaleuse , de nouveau et sans aucune pression sur Israël, à la négociation. Attendez , attendez, négociez négociez dit on aux Palestiniens. C'est tout simplement scandaleux.
J'ajoute que cette position des Etats Unis et de la Franc est d'autant plus choquante que dans le même discours, les chefs d'Etats demandent que l'ONU fasse respecter le droit en Syrie! Deux poids , deux mesures qui ne peuvent que choquer une nouvelle fois les pays arabes.
Obama et Sarkozy ne seront plus crédibles au prés des opinions publiques des pays arabes et des nouveaux pouvoirs qui vont sortir des révolutions. Le discours du Caire d'Obama qui avait entrainé une grande espérance est vidé de toute substance par ce veto qu'il menace d'utiliser.
A cause d’Israël et du soutient que ce pays et sa politique extrémiste reçoit la guerre est pour demain. Une telle injustice ne peut pas perdurer éternellement.
On lira cette excellente analyse de René Backman dans le Nouvel Observateur et cet article de Liberation et, enfin, cet excellent texte de Jean Daniel dans son blog.

mardi 13 septembre 2011

Le plus mauvais Président: Texte complété

                                                            Publié dans le Nouvel Obs Plus
Y a-t-il eu un plus mauvais Président de la République que Sarkozy ? Je ne le crois pas et c’est pourquoi je publie ce texte. Je n’ai pas tout aimé, loin s’en faut, de ce qu’ont accompli Georges Pompidou, Valéry Giscard D’Estaing, Chirac dont je n’étais pas du même bord, et même  François Mitterrand que je soutenais. Tous ont eu leur part d’ombre et  il y eut  des épisodes peu glorieux : les diamants de Giscard, les nombreuses « affaires » de Chirac, les écoutes téléphoniques de Mitterrand, mais tous cependant ont dans l’ensemble dirigé dignement la France sans opposer les français les uns aux autres et sans abaisser, à l’étranger, l’image de leur pays et de leur fonction.
Ce n’est pas le cas de Sarkozy, loin s’en faut !
Je ne suis pas le seul à partager cette opinion. Il suffit de regarder et d’étudier les sondages publiés tout au long de sa présidence. Il a aujourd’hui atteint le plus bas niveau de tous les présidents de la V° République et même s’il faut ne pas se fier aveuglément aux sondages, leur constance est significative.
Mais le temps, et peut-être encore plus de nos jours à l’heure de la communication instantanée et rapide, passe vite et entraîne dans sa fuite une grande part d’oubli. Les français gardent en eux une « impression » sur ce Président mais ils ont, tout cela n’étant pas nécessairement leur priorité, oublié pourquoi ils ont cette mauvaise impression, par quoi ils ont été choqués et je veux donc rafraichir les mémoires en rappelant, non pas tout, ce serait fastidieux, mais quelques unes des politiques qu’a mené ce président et qu’avec de nombreux français, pas nécessairement des socialistes ou des gauchistes j’estime qu’elles ont abîmées la France et son image dans le monde.
Dans le fond ce qui a frappé les français c’est avant même les décisions, le style de ce Président dont ses amis ont dit, pour le soutenir, qu’il était à l’image du pays rajeuni et proche du citoyen d’aujourd’hui. Le style c’est l’homme.
La réalité est qu’un président n’a pas à se rabaisser pour être, prétend ton, à la hauteur de son peuple, mais qu’il doit avoir pour exigence de s’élever et d’élever son peuple. Mais soyons clairs, ce n’est pas du tout une volonté d’être proche du peuple que le président est tel qu’il est, c’est une façon d’être, celle que je ne supporte pas un instant, faite d’une familiarité factice avec un discours de  «  bateleur de foire », truffé de fautes de français, de mimiques se voulant complice avec l’auditeur au point de se laisser aller à l’insulte avec le trop fameux « casse toi pov’ con ». On lira avec intérêt le livrede Nicolas Domenach et Maurice Zafran Il fallait voir aussi le ridicule qu’il se donnait en tentant de faire filmer sa proximité exubérante avec les autres chefs d’états qui, pour certains ressentaient assez mal cette familiarité de mauvais aloi.  Il est vrai que ce président, même s’il a  tenté de se rattraper, n’avait que mépris pour « la Princesse de Clèves » c'est-à-dire pour ce qui fait, en partie, le génie français, la littérature.
Pour rester sur ce style on mentionnera pour mémoire la qualité de sa réflexion qui la conduit, après avoir été élu, au Fouquet s et sur le Yacht de son ami milliardaire Bolloré. Cela commençait bien mal alors que les français qui l’avaient élu étaient eux dans la difficulté. On me dira sans doute, c’est ancien et c’est anecdotique. Pas tant que cela puisque cette proximité inappropriée avec les grandes fortunes a dicté à ce Président des décisions sur lesquelles je reviendrai plus longuement et qui ont manifestement avantagé ceux qui avaient déjà beaucoup au préjudice de ceux qui connaissaient des difficultés.
Je placerai aussi dans le  « style » ce qui est apparu comme une tendance forte de ce Président la tendance à favoriser ses proches au mépris des règles de droit ou de convenance. En ce qui concerne son fils et sa tentative de la placer, contre toutes raisons, à la tête de l’Etablissement de la Défense, jeune et sans aucune expérience ou diplôme, il a sous la pression de l’opinion publique reculer. C’est heureux mais la faute politique était commise et l’on a vu, alors le spectacle absolument affligeant de ses amis soutenir d’abord, comme un seul homme, la nomination du fils, puis lors du recul du Président lui emboîter le pas de même manière servile et sans honneur !
Mais sur ce terrain du favoritisme au mépris de la compétence et des règles, rien n’atteint me semble t-il le cas de la nomination du fils Tiberi. Malgré l’avis unanime de la Commission chargé de donner un avis sur le recrutement qui a clairement indiqué que le fils Tiberi n’avait pas les compétences nécessaires, il a tout de même été nommé. C’est scandaleux et dénote un mépris des règles et la gestion des nominations à la manière d’un clan.
Que l’on songe également au taritement purement et simplement sacndaleux de l’affaire Tapie .
Soulignons aussi les nominations de "copinage"dont la dernière à la Cour des Comptes. C'est sans doute la "République irréprochable"!

Toujours dans ce domaine les français se souviendront comment il a, chaque fois, soutenu ses ministres embourbés dans des affaires peu reluisantes. Que n’a-t-il exprimé sa confiance à Woerth, cet « homme honnête » pour le débarquer à la première occasion. Que n’a-t-il soutenu Alliot-Marie dont on se souvient des vacances tunisiennes et de sa proximité avec  un proche du clan Ben Ali. On se souvient de sa gestion calamiteuse- et pour cause- de la révolte des tunisiens. Eh bien le Président l’a soutenu alors que l’image de la France était totalement dégradée. Il l’a soutenait pour, on, ne pas donner  raison à l’opposition. Cette position était pour le moins contre productive pour Sarkozy car en protégeant Alliot-Marie il prenait la faute a son compte. Et il a fallu qu’il en vienne là ou il aurait dû commencer : se séparer d’Alliot-Marie. Les français lui aurait été reconnaissants, je pense, de prendre chaque fois dans ces cas des sanctions. Certes il aurait donné raison à l’opposition. Et alors quand elle a raison ! Et il en serait sorti a peu prés indemne, alors qu’il a toujours agi a contre temps.
Tout ce que je viens de simplement rappeler paraîtra peut-être à certains anecdotique. Passons donc maintenant à l’examen des politiques qu’il a menées. Je soutiens qu’elles ont fait du tort au pays et qu’elles ont été, le plus souvent, le fruit d’un comportement impulsif et irréfléchi. Il s’est comporté comme le citoyen lambda, accoudé à un bar pour prendre son café et qui, péremptoirement, refait le monde dans un propos définitif.Mais ce qui  est admissible du citoyen de base ne l’est absolument pas, on me l’accordera, de celui qui se veut le Président de la République.
Commençons par ce qui est un marqueur de Sarkozy : la sécurité qu’il a promis de donner aux français. A-t-il réussi ? Chacun le jugera. En tous cas il ne s’est pas privé de « coup de menton » martiaux. On allait voir ce qu’on allait voir. Il allait terrasser l’insécurité. A chaque fait divers, on a entendu le même discours martial, la promesse-elle ne coûte pas grand-chose de nouvelles lois, mais ce que les français peuvent constater s’ils veulent bien s’en donner la peine c’est que dans le même temps le gouvernement supprimait des policiers, fermait dans beaucoup d’endroit des services publics qui créaient du lien social et dont la disparition créait mécaniquement de l’insécurité.
Les statistiques enfin-  à qui il faut l’admettre on fait dire un peu n’importe quoi- démontrent que si certains délits diminuaient les violences augmentaient.
De toute manière il est clair, pour des gens raisonnables, que la seule approche répressive ne pouvait éliminer toute cette violence. Certes les policiers ne sont pas comme il l’a dit « des assistantes sociales » mais sans un effort dans le domaine social, il est clair que la sécurité ne sera pas au rendez vous et ce n’est pas en promettant une loi à chaque faits divers, sans donner d’ailleurs les moyens et même le temps de l’appliquer que le problème de l’insécurité sera résolu.
Sarkozy n’a d’ailleurs pashésité avec sa majorité sous pretexte de sécurité de porter gravement atteinte aux principes essentielles de notre République. Le Conseil Constitutionnel  dans une décision sans précédent a mis à néant nombre de mesures prises à la va vite, sans reflexion et attentoire aux libertés. Du jamais vu mais qui montre les dérives très dangereuses de ce pouvoir au relent vichyste.

Quand la Cour des Comptes, haute juridiction,  dans un rapport documenté met en cause la politique de sécurité suivie par Sarkozy,on assiste a une situation sans précédent :le Minsitre de l’Intérieur et 70 députés de l’UMP attaque  l’impartialité de la haute Juridcition sans que Sarkozy ne réagisse. Autrement dit lorsque sa politique est sévérement critiqué il accepte que l’on s’en prenne aux institutions de la république, ce qui est particulièrement grave et montre qu’une nouvelle fois il sort de son rôle et les magistrats de la Haute Juridiction sont obligé de défendre leur indépendance
En réalité il n' y a eu que des mots et voici ce que Sarkozy a fait de son discours de Grenoble

En réalité la politique menée en ce domaine est une vaste escroquerie comme le montre très bien l’article de Serge Bramly dans le Nouvel Observateur

Assez lié à ce problème de la sécurité il faut revenir sur l’attitude gravement fautive de Sarkozy à l’égard de l’institution judiciaire.
La Justice dans un état de droit, dans une démocratie est une institution absolument essentielle qui doit à la fois être dotée de moyens de fonctionner correctement, qui doit être respectée et qui doit être indépendante. Le Président de la république est garant du bon fonctionnement des institutions et, en l’occurrence, de la Justice. Or sur ce terrain Sarkozy, je le dis avec gravité, à méconnu les devoirs de sa charge en portant atteinte  de manière grave et répétée à cette institution.
Il ne lui a pas  tout d’abord donné les moyens suffisant pour un fonctionnement correct. Il faut rappeler seulement qu’en matière de justice le budget classe la France au    rang Européen. Mais en ce qui concerne ce grief je ne serai pas juste si je n’ajoutais que Sarkozy n’a, hélas, que suivi ici le comportement de ses prédécesseurs.
Par contre et là il est seul coupable, il a volontairement dévalorisée l’image de la justice par démagogie et populisme et il a tenté de porter atteint, ce qui est gravissime, à son indépendance en voulant supprimer le juge d’instruction , en confiant, dans des affaires sensibles, l’enquête  au procureur non indépendant ( affaire Bettencourt tout a fait emblématique) pour ne revenir au juge d’instruction que sous la pression de l’opinion.

Il a également  dévalorisé la justice en  faisant croire  que les juges étaient laxistes ,ce que toute étude sérieuse dément clairement et en proposant de manière populiste , sans réflexion véritable, sans étude de faisabilité, d’adjoindre à ses juges laxistes des jurés citoyens qui ,eux sauraient se montrer à la hauteur !
Toutes ses propositions (suppression du juge d’instruction,  jurés en correctionnel) l’ont toujours été  sur un coup de tête, improvisé et dans aucune réflexion de fond. Ainsi la suppression du Juge d’instruction a été jetée dans un discours devant la Cour de cassation, sans que personne n’ai, au préalable étudié sereinement la question. C’était un « coup » et c’est resté un « coup ! Est-ce ainsi que l’on gère un grand corps, essentiel pour la démocratie ? C’était d’ailleurs si improvisé que la suppression du juge d’instruction par exemple, après le coup de clairon de Sarkozy, est vraisemblablement abandonnée alors que de vraies réformes  de la procédure pénale seraient nécessaires mais dans le calme et la sérénité.
Vous pourriez me dire : « vous êtes de parti pris » tout ce que fait Sarkozy est mal et ne trouve pas grâce à vos yeux. Je vous dirai simplement que lorsque l’un des plus haut magistrat du pays, le Procureur général Nadal, genre de personne qui ne nous ont pas habitué à être des révolutionnaires permanents, prend la peine dans un discours solennel de faire  les plus graves critiques que l’ont ait jamais entendu, lorsque les magistrats ,peu habitués à ce genre de manifestations, font grève et soulignent le mal que fait Sarkozy à l’institution, c’est qu’il y a un réel problème et qu’il faut, au contraire, être un de ses soutiens indéfectibles de Sarkozy pour ne pas le voir et pour ne pas réagir.

Et vous pouvez lire aussi ce qu' en pense une journaliste spécialisée qui a consacré un livre à ce sujet : « Le justicier »

Et aussi cette synthèse claire dans Liberation :

Il en est allé exactement de même dans le domaine de la diplomatie française et là encore des diplomates ont pris la peine de crier au secours et de critiquer fortement la diplomatie du Président qui selon eux abaissaient la France. Je dois à la vérité de dire que, d’autres diplomates, ont au contraire prétendu que cette diplomatie était efficace. Je crois qu’ils se trompent gravement et je ne donnerai que quelques exemples sur lesquelles je vous appelle à méditer.
Toujours avec cette même démarche impulsive et irréfléchie, Sarkozy a crée un beau jour l’Union pour la Méditerranée, sans aucune concertation avec l’Europe qui avait travaillé sur cette question avec le processus de Barcelone. La démarche était déjà anormale quand on se dit Européen. Mais elle était, par ailleurs particulièrement irréfléchie puisque mettre ensemble de nombreux pays arabes et Israël dans le contexte qui était celui du moment était erreur vouée à l’échec et cela n’a pas manqué.
Ai-je besoin de rappeler l’échec énorme de l’attitude de la France devant les révolutions en Tunisie et en Egypte ? Demander aux tunisiens ce qu’ils en pensent. Certes cette erreur qui a consisté à soutenir des dictatures au prétexte qu’elles nous garantissaient de l’islamisme était une erreur très répandue, mais devant on aller jusqu'à ces marques d’amitié et d’estime qui ont et donné aux Ben Ali, Moubarak et à Kadhafi lors d’une visite honteuse en France ? Certes il s'est rattrapé en prenant des initiatives pour faire tomber ce tyran.
Enfin  et toujours en raison de cette impulsivité Sarkozy a-t-il par ces mouvements d’épaules aider en quoi que ce soit la française Florence Cassez et y avait il une raison de mettre à terre les relations avec le Mexique. N’eut-il pas mieux valu, en ce domaine, une diplomatie discrète ? Certainement mais Sarkozy n’aurait pas pu faire le coq devant les télévisions et flatter les instincts bassement vengeurs de certains français. En tous cas c’était totalement improductif et ce n’était donc que du cinéma. Est-cela que l’on attend d’un président ?

Je considère enfin que le suivisme des Etats-Unis et surtout ce qui a été le cas de Georges Bush a été une erreur et avec elle la guerre d’Afghanistan.
Voici la carte des erreurs de Sarkozy dans le monde étable, c’est vrai par le parti socialiste, mais les socialistes ne disent pas toujours des bêtises :

Les français ne sont pas dupes et considèrent qu’effectivement Sarkozy a abaissé l'image de la France dans le monde.

Et en ce qui concerne l’école a-t-on déjà vu de tels mouvements de protestation ? A-t-on vu des enseignants, des proviseurs renvoyer leurs palmes académiques ?

Et en matière économique et fiscale la politique de Sarkozy, profondément injuste socialement et innefficace n’a été qu’un longue suite de rennoncement. Certains diront que tout cela est dûeà la crise. Elle a bon dos. En réalité c’était ,je le répéte une politqiue injuste et totalement inefficace et il a bien fallu que le pouvoir s’en rende’ compte et y renonce. Il l’aurait fait simplement un peu plus tard en l’absence de crise. On lira avec intérêt la suite des renoncements successifs a propos de la loi TEPA qui constituait la « garnde œuvre » de Sarkozy.Et encore ce rapport accablant

Ne parlons pas des promesses non tenues , par exemple , en matière de logement et cela en dépit de déclaration péremptoires et définitives

La pauvreté s’est accrue pendant cette période ainsi que l’établit les études de L’INSEE et les constatations de tous les organismes caritatifs.
Abordons maintenant la  partie la plus scandaleuse de sa politique, son populisme de bas niveau visant à prendre des voies au Front National en caressant ces même thèmes, en flattant les pires reflexes de certains français et en divisant lui qui devrait unir., ouvrant la voie à une xenophobie, a un racisme qui ose s’afficher de manière choquante.

Après l’échec complet du débat sur l’identité nationale ( aprt d’avoir permis à des racistes de s’exprimer librement qu’a apporté ce débat ?) on remet cela  avec la place de l’islam et quand on en vient à faire appel pour débattre à Eric Zemour, ce trublion médiatique condamné par la justice de son pays pour des propos racistes, c’est vraiment que l’on est tombé bien bas !
Sarkozy a abanlisé la xenophobie, la haine de l’autre, le sentiment anti-islam et ce sont des sentiments avec lesquels l’histoire a montré qu’il ne faut pas jouer. Il l’a fait par petit calcul électoraliste, par poupulisme. Mais quand, ainsi, on banalise le rejet de l’étranger, quand on fait de ce pays un pays de vieux qui a peur de l’avenir, de l’autre, qui se sent faible par rapport à l’autre alors que la France devrait avoir confiance dans les valeurs qui sont les siennes, faut il s’étonner que cela profite au parti  d’extrême droite ? Les français se sont habitués à ces idéees et ils préferent donc qu’elles soient portées par le parti qui les a toujours soutenues plutôt que par Sarkozy qui en a fait un simple moyen électoral. Lisez l’indignation d’une grande voix, celle d’un honnête homme dont toute la vie est un combat pour les valeurs, celle de Robert Badinter qui sauve l’honneur du pays. Il est en colère et il y a de quoi.

Ce faisant Sarkozy a commis une très grave faute et le seul espoir que j’ai c’est que les républicains sincères s’uniron pour le rejetter lui et sa clique. Ils pourront sans difficulté rejoindre les rangs du Front National dont ils soutiennent les thèses.

Vous disposez d’un rappel, incomplet certes,  mais ou l’essentiel figure. Qu’en résulte t-il ? Un Président qui au lieu d’unir les français n’a eu de cesse de diviser, qui au lieu d’élever a abaisser le débat en faisant appel a un populisme qu’il croyait bon électoralement, qui , au lieu de défendre et de favoriser le bon fonctionnement des institutions y a clairement porté atteinte, qui  a outrageusement favorisé non les riches mais les très riches avec  le « bouclier fiscal » qui a été un vrai scandale sur lequel il a , d’ailleurs été obligé de revenir, malgré ses serments de ne jamais y toucher, qui  enfin a abaissé l’image de la France à l’étranger et, à la vérité, ce qui dominera ce quinquennat ce sont les renoncements en rase campagne de beaucoup des engagements qu’il avait annoncé avec éclat et sans réflexion et sur lesquelles la réalité l’a conduit à revenir.

Alors qu’en pensent  les anciens socialistes, les Kouchner, Besson et autres transfuges, comme le groupuscule de Jean Marie Bockel  qui soutenaient qu’ils avaient conservé leurs valeurs de gauche et qui soutenaient qu’ils feraient évoluer l’UMP de l’intérieur ? En réalité en soutenant  Sarkozy et,nécéssairement  ses dérives, ils se sont reniés et déshonoré pour des postes  et de cela personne n’est dupe.Tout cela me permet de dire que je n’ai jamais eu  honte à ce point de voir ce pays dirigé par un tel homme et qu’il a été, en effet, le plus mauvais président de la république que j’ai connu et me conforte l’idée que s’en fait également un grand écrivain que j’admire : Michel Del Castillo  dans son blog que voici :

Et enfin j’adhére totalement à ce qu’écrit Denis Jeambar dans son récent livre dont le titre me permet de conclure : "Ne vous représentez pas"