Je viens de relire le roman de Francis Walder "Saint Germain ou la négociation qui obtint le prix Goncourt (qui s'en souvient?) en 1958. Ce roman nous raconte un épisode bien oublié de la guerre entre les protestants et les catholiques, celui de la négociation du Traité de Saint Germain. Le roman se présente comme une partie des mémoires de l'un des négociateurs pour le Roi, Monsieur de Malassise qui nous raconte par le menu les péripéties de cette négociation qui a pour objectif de parvenir a la paix entre protestants et catholiques. Donc du côté du Roi de France les négociateurs sont Monsieur de Biron et Monsieur de Malassise et du côté du représentant des protestants l’Amiral de Coligny.
Le roman est intéressant en ce qu'il nous dévoile les stratégies, les ruses , les détours que les deux parties utilisent pour parvenir à ce qu'ils estiment la meilleure solution. Dans le fond ce livre est une sorte de leçon de diplomatie et on voit apparaître au fur et à mesure les caractères des protagonistes,leurs affinités ou leurs oppositions.
La question qui se pose est celle ,pour le Roi, de savoir s'il doit accorder la liberté de culte aux protestants et dans quelle mesure. La question va passer par celle de savoir combien de villes on peut accorder aux protestants cinq , quatre ou moins et lesquelles :La Rochelle, Montauban, Angoulême, Sancerre?
Ce traité sera finalement signé mais son effet sera peu durable et moins de deux ans parés ce sera la Saint Barthélemy! Cependant cette négociation et ce traité serviront d'exemple aux traités suivants et notamment à celui de l'Edit de Nantes.
Voilà donc une partie d'histoire ,vue de l'intérieure et écrite dans un style superbe qui nous rafraîchit la mémoire et nous éclaire sur la psychologie des négociateurs.
Ce blog est consacré à mes coups de coeur dans l'actualité, dans la littérature et dans mes voyages
lundi 24 juillet 2017
samedi 8 juillet 2017
François-Henri Soulié
Ma nièce vient de m'offrir deux romans de François-Henri Souliè, deux romans policiers parus dans la collection Le Masque.Je ne suis pas un grand lecteur de romans policiers même si j'ai aimé quelques Simenon ou certains livre d'Agatha Christie.
J'ai découvert avec plaisir cet auteur que je connaissais pas et j'ai aimé sa façon d'écrire, son humour quelques fois un peu potache mais souvent amusant.
Cet auteur a crée son héros: l'apprenti journaliste Skander Corsaro et il a très bien réussi à la faire vivre tant et si bien que l'on finit par penser que ce héros est réel et que l'on aimerait le connaître avec son humour, son poisson non pas rouge mais doré, sa mère , son ami Tonio et sa moto Morini.
J'ai commencé par "Il n y a pas de passé simple" et je viens de finir "Un futur plus que parfait".
En dehors de ces deux romans cet auteur a aussi écrit , entre autre , une pièce de théâtre qui paraît intéressante: Une nuit à Grenade où il met en scène le musicien Manuel de Falla, lequel essaye de parlementer avec les sbires de Franco pour éviter que l'on tue le poète Garcia Llorca. Le thème m'a paru si intéressant que je l'ai fait connaître a un ami ,organisateur d'un petit festival de théâtre a Angaïs prés de Pau. On verra ce qu'il en advient!
Dans le premier roman toute une intrigue bien menée sur un trésor qui aurait été caché dans une ancienne abbaye.... il y a évidement des morts et des rebondissements que l'on suit avec intérêt.
Dans le second il s'agit pourrait on dire de l'histoire bien mouvementée d'un petit village avec des personnages pittoresques et d'autres plus inquiétants puisque appartenant à une secte dirigée par un escroc qui sous couvert de foi na qu'un objectif soutirer leur argent aux pauvres crédules.
Mais je me contente ,ici, de généralités car le propre du roman policier est évidement le suspens.
J'ai découvert avec plaisir cet auteur que je connaissais pas et j'ai aimé sa façon d'écrire, son humour quelques fois un peu potache mais souvent amusant.
Cet auteur a crée son héros: l'apprenti journaliste Skander Corsaro et il a très bien réussi à la faire vivre tant et si bien que l'on finit par penser que ce héros est réel et que l'on aimerait le connaître avec son humour, son poisson non pas rouge mais doré, sa mère , son ami Tonio et sa moto Morini.
J'ai commencé par "Il n y a pas de passé simple" et je viens de finir "Un futur plus que parfait".
En dehors de ces deux romans cet auteur a aussi écrit , entre autre , une pièce de théâtre qui paraît intéressante: Une nuit à Grenade où il met en scène le musicien Manuel de Falla, lequel essaye de parlementer avec les sbires de Franco pour éviter que l'on tue le poète Garcia Llorca. Le thème m'a paru si intéressant que je l'ai fait connaître a un ami ,organisateur d'un petit festival de théâtre a Angaïs prés de Pau. On verra ce qu'il en advient!
Dans le premier roman toute une intrigue bien menée sur un trésor qui aurait été caché dans une ancienne abbaye.... il y a évidement des morts et des rebondissements que l'on suit avec intérêt.
Dans le second il s'agit pourrait on dire de l'histoire bien mouvementée d'un petit village avec des personnages pittoresques et d'autres plus inquiétants puisque appartenant à une secte dirigée par un escroc qui sous couvert de foi na qu'un objectif soutirer leur argent aux pauvres crédules.
Mais je me contente ,ici, de généralités car le propre du roman policier est évidement le suspens.
jeudi 6 juillet 2017
Le bonheur chez Camus
Un ami Facebook, universitaire a Guelma m'annonce que cette université prévoit un colloque sur Camus et le bonheur. Cela me parait un thème très intéressant et il m' a inspiré, plume levée, le petit texte suivant:
Il est d'abord indiscutable qu'Albert Camus est né doué pour le bonheur et ce n'était pas évident. On connaît la misère de son milieu, la pauvreté, les humiliations qui sont racontées dans le Premier homme, la maladie qui le frappe tout jeune et qui le poursuivra toute sa vie et pourtant il fut un enfant puis un adolescent et un jeune homme et un homme heureux.
Mais ce bonheur qui lui était , dans le fond,donné ne la pas empêché de connaître et d'être toute sa vie tourmenté (je crois que le mot n'est pas trop fort) par la finitude de l'homme et par le silence du ciel.
Autrement dit Camus était tout le contraire d'un "imbécile heureux" et il aurait pu faire sienne la phrase de Marguerite Yourcenar "Qu'il eut été fade d'être heureux!"
La question fondamentale est donc de savoir comment malgré sa conscience claire de l’absurdité du monde qui aurait dû le conduire au pessimisme et à la tristesse il a dominé cette conscience et a pu, non seulement être heureux mais donner des raisons de l'être.
Je serai assez d'avis que le bonheur de vivre tel qu'il l'a eu dans son Algérie natale était plus fort que toutes les philosophies et que dés lors il ne pouvait pas, honnête qu'il était sur le plan intellectuel se contenter de décrire l'absurdité du monde et qu'il lui fallait en rendant justice à sa terre natale et au bonheur qu'elle lui donnait, trouver dans ce monde même, dans l'homme et dans la beauté des choses des raisons de ne pas se livrer au désespoir.
Sur le plan personnel ce goût et cette aptitude au bonheur n'ont pas été sans obstacle que ce soit dans sa vie familiale que dans l'attitude de ses adversaires politiques et dans le drame de l'Algérie mais au milieu de ces drames "incessants" il a conservé l'idée que l'homme pouvait être heureux.
S’intéresser au bonheur chez Camus c'est aussi montrer son détachement de l'argent et de la propriété. Dans le fond le bonheur est lié à la simplicité, à la beauté des paysages et du climat et, pour lui, d'un certain pays et d'un certain climat. Il suffit de lire ce qu'il dit de ses voyages et de la façon dont il se retrouve lorsqu'il arrive vers la méditerranée !
Le bonheur chez lui c'est aussi l'amitié et le travail ou le jeu en équipe. Voir ce qu'il dit du foot, voir la façon dont il aimait travailler dans un journal avec les typographes et dans un théâtre ou le travail est toujours un travail d'équipe.La solidarité avec les hommes c'est ce qui ,pour lui, donne du sens à la vie.
Il y a dans un petit livre de Jean-François Mattéi "Citations de Camus expliquées" quelques citations consacrées au bonheur et en citer quelques unes donne une idée de ce que le bonheur était pour Camus.
"Les seuls paradis sont ceux qu'on a perdus." qui nous montre que chez Camus le bonheur est toujours le souvenir d'une perte. C'est la chute qui fait le paradis et la perte. Dans Caligula il fait dire : "Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux." et encore :"Ce monde tel qu'il est fait n'est pas supportable.J'ai donc besoin de la lune,ou du bonheur,ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut être,mais qui ne soit pas de ce monde."
Dans le "Mythe de Sisyphe : La lutte elle-même suffit a remplir un coeur d'homme.Il faut imaginer Sisyphe heureux."
"Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu'il est toujours un lieu où le coeur trouvera son accord, voilà déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d'homme."
Il y a ,aussi, une belle entrée dans Le dictionnaire Albert Camus sous la direction de Jean Yves Guerin.
Et, pour compléter ces quelques réflexions voici l'introduction et le plan auquel j'ai songé.
Il est d'abord indiscutable qu'Albert Camus est né doué pour le bonheur et ce n'était pas évident. On connaît la misère de son milieu, la pauvreté, les humiliations qui sont racontées dans le Premier homme, la maladie qui le frappe tout jeune et qui le poursuivra toute sa vie et pourtant il fut un enfant puis un adolescent et un jeune homme et un homme heureux.
Mais ce bonheur qui lui était , dans le fond,donné ne la pas empêché de connaître et d'être toute sa vie tourmenté (je crois que le mot n'est pas trop fort) par la finitude de l'homme et par le silence du ciel.
Autrement dit Camus était tout le contraire d'un "imbécile heureux" et il aurait pu faire sienne la phrase de Marguerite Yourcenar "Qu'il eut été fade d'être heureux!"
La question fondamentale est donc de savoir comment malgré sa conscience claire de l’absurdité du monde qui aurait dû le conduire au pessimisme et à la tristesse il a dominé cette conscience et a pu, non seulement être heureux mais donner des raisons de l'être.
Je serai assez d'avis que le bonheur de vivre tel qu'il l'a eu dans son Algérie natale était plus fort que toutes les philosophies et que dés lors il ne pouvait pas, honnête qu'il était sur le plan intellectuel se contenter de décrire l'absurdité du monde et qu'il lui fallait en rendant justice à sa terre natale et au bonheur qu'elle lui donnait, trouver dans ce monde même, dans l'homme et dans la beauté des choses des raisons de ne pas se livrer au désespoir.
Sur le plan personnel ce goût et cette aptitude au bonheur n'ont pas été sans obstacle que ce soit dans sa vie familiale que dans l'attitude de ses adversaires politiques et dans le drame de l'Algérie mais au milieu de ces drames "incessants" il a conservé l'idée que l'homme pouvait être heureux.
S’intéresser au bonheur chez Camus c'est aussi montrer son détachement de l'argent et de la propriété. Dans le fond le bonheur est lié à la simplicité, à la beauté des paysages et du climat et, pour lui, d'un certain pays et d'un certain climat. Il suffit de lire ce qu'il dit de ses voyages et de la façon dont il se retrouve lorsqu'il arrive vers la méditerranée !
Le bonheur chez lui c'est aussi l'amitié et le travail ou le jeu en équipe. Voir ce qu'il dit du foot, voir la façon dont il aimait travailler dans un journal avec les typographes et dans un théâtre ou le travail est toujours un travail d'équipe.La solidarité avec les hommes c'est ce qui ,pour lui, donne du sens à la vie.
Il y a dans un petit livre de Jean-François Mattéi "Citations de Camus expliquées" quelques citations consacrées au bonheur et en citer quelques unes donne une idée de ce que le bonheur était pour Camus.
"Les seuls paradis sont ceux qu'on a perdus." qui nous montre que chez Camus le bonheur est toujours le souvenir d'une perte. C'est la chute qui fait le paradis et la perte. Dans Caligula il fait dire : "Les hommes meurent et ils ne sont pas heureux." et encore :"Ce monde tel qu'il est fait n'est pas supportable.J'ai donc besoin de la lune,ou du bonheur,ou de l'immortalité, de quelque chose qui soit dément peut être,mais qui ne soit pas de ce monde."
Dans le "Mythe de Sisyphe : La lutte elle-même suffit a remplir un coeur d'homme.Il faut imaginer Sisyphe heureux."
"Sentir ses liens avec une terre, son amour pour quelques hommes, savoir qu'il est toujours un lieu où le coeur trouvera son accord, voilà déjà beaucoup de certitudes pour une seule vie d'homme."
Il y a ,aussi, une belle entrée dans Le dictionnaire Albert Camus sous la direction de Jean Yves Guerin.
Et, pour compléter ces quelques réflexions voici l'introduction et le plan auquel j'ai songé.
Il serait possible de résumer la vie d’Albert Camus en insistant sur le fait que le malheur a rodé, depuis sa naissance jusqu’à sa mort,autour de lui.
Le voilà arrivant dans notre monde en 1913 et dés 1914, cette date qui évoque tant de drames pour les français, son père va être appelé a combattre en France , dans ce pays qu’il ne connaît pas et où, très peu de temps après son arrivée, il sera blessé et mourra de ses blessures loin des siens et de son pays. Il sera enterré dans le cimetière de Saint Brieu.
Voilà le jeune Albert et son frère orphelin d’un père qu’il n’auront pas connu et dont personne, a vrai dire, ne leur parlera plus et élevés avec amour , certes, mais par deux femmes illettrées et très pauvres dans ce petit appartement de Belcourt ou seul l’oncle rapporte un petit salaire, la mère de Camus et sa grand mère faisant quelques ménages pour survivre.
La mort du père, la pauvreté sont là qui jettent une ombre sur le destin de cet enfant. Et comme si cela ne suffisait pas la maladie va le frapper dans sa jeunesse. La tuberculose qui, en ce temps là est une maladie qui reste mortelle lui fait ressentir dans sa chair la souffrance de la maladie, l’injustice du destin, la finitude de nos vies et qui l’écartera (certains pourront dire par la suite que ce fut ne chance) de la fonction publique de l’enseignement.
Cette maladie qui rodera toujours autour de lui et lui imposera des temps d’arrêt pour se soigner.
Il connaîtra aussi en dehors de la période de la Résistance en France a l’occupant allemand une autre grande blessure ,morale celle là, qui est la guerre d’Algérie. Cette blessure, chacun le sait fut très vive et il déclara lui-même qu’il «avait mal à l’Algérie comme certains ont mal au poumon» et il savait de quoi il parlait.Le malade du poumon souffre de crise d'angoisse, de manque d'air, de l'impression que cela va finir. Eh bien c'est ce qu'il ressentait face à la guerre d'Algérie. Cette période qui entraîna une véritable anxiété chez lui et le conduisit a rompre, avec douleur, avec certains de ses amis.
Et enfin, alors que son pays , comme il le disait dans son discours de réception du Prix Nobel ,«vivait dans un malheur incessant» voilà que la mort l’emporta dans un accident sur une route de France alors qu’il était très jeune encore et que nous pouvions espérer beaucoup de lui.
Peut être faudrait il rajouter a ce sombre tableau qu’il eut , aussi,une vie familiale et affective certes riche mais qui ne pouvait qu’entraîner du malheur autour de lui et que cela ne pouvait le laisser indifférent et qu’il dût en souffrir.
Résumer ainsi la vie d’Albert Camus survolée en permanence par le malheur ne serait pas inexacte, mais ce serait cependant passer a côté de la vérité de l’homme et de son incroyable aptitude au bonheur. Car cet homme a le don du bonheur même si il est tout sauf un «imbécile heureux»!
Ce bonheur par nature fugace il le trouvera dans plusieurs élements qu’il nous faut évoquer maintenant et qui selon moi sont au nombre de trois:
-le pays d’abord ,son Algérie aimé
-la solidarité avec les hommes
-une sorte de recul par rapport à la richesse. (I.)
*
Après avoir évoqué ces élements il nous faudra réfléchir à la façon dont il a tenté de résoudre la cruelle opposition qu’il y a ,dans nos vies , entre l’aspiration au bonheur et la finitude de nos vies, autrement dit comment être heureux alors que l’on va mourir et que la vie est souvent éloigné de nos éspérances (II.)
vendredi 16 juin 2017
Divers écrits de Mouloud Feraoun
Les éditions du seuil ont publié dans la collection Points un petit livre intitulé :"L'anniversaire". Le titre est trompeur et , à mon avis,mal choisi. Il aurait dû plutôt être "Divers textes de Mouloud Feraoun" car il contient, en effet, des textes divers qui n'ont pas grand chose a voir entre eux. Le titre a été tiré du premier texte qui est un projet de roman auquel travaillait l'auteur en 1961 et qu'il n'a pu mener à bien en raison de son assassinat par les barbares imbéciles de l'OAS en mars 1962 quatre jours avant la déclaration de cessez- le feu. Pour le reste on trouve deux textes consacré à Albert Camus et à la guerre. Le premier est une lettre adressée à l'écrivain en 1958, au moment où il venait de publier ses "Chroniques Algériennes" et que je lis dans la vidéo ci_dessous.
Lecture d'une lettre de Mouloud Feraoun adressée a Albert Camus en 1958 lors de la parution des "Chroniques Algériennes"
Le second texte consacré a Camus est écrit alors que Camus est mort.
Il y a aussi un très beau texte qui est la continuation de son premier livre "Le fils du pauvre" et dans lequel il évoque sa vie avec notamment la période qui fut la plus heureuse pour lui: ses trois ans d'école à l'Ecole Normale de la Bouzarea, là où il fit la connaissance d'une autre "juste" l'écrivain Emmanuel Robles sur lequel il écrit des pages émouvantes et qui demeura son ami jusqu'à la fin.
Lecture d'une lettre de Mouloud Feraoun adressée a Albert Camus en 1958 lors de la parution des "Chroniques Algériennes"
Le second texte consacré a Camus est écrit alors que Camus est mort.
Il y a aussi un très beau texte qui est la continuation de son premier livre "Le fils du pauvre" et dans lequel il évoque sa vie avec notamment la période qui fut la plus heureuse pour lui: ses trois ans d'école à l'Ecole Normale de la Bouzarea, là où il fit la connaissance d'une autre "juste" l'écrivain Emmanuel Robles sur lequel il écrit des pages émouvantes et qui demeura son ami jusqu'à la fin.
mercredi 14 juin 2017
Le fils du pauvre de Mouloud Feraoun
Je viens de terminer la lecture du "Fils du pauvre" de Mouloud Feraoun. Ce texte est paru en 1954 aux Editions du Seuil et c'est le premier livre de l'écrivain, celui qui l'a fait connaître et apprécié.C'est une sorte d'autobiographie consacrée a sa jeunesse dans le petit village Kabyle de son enfance où il mène une vie pauvre mais dans une famille aimante et dans une nature qui apporte beaucoup à la jeunesse même si elle est dure.Il y a dans ce texte une belle évocation de l'enfance. Il a la chance d'être entouré par des parents aimants et par deux tantes qui ouvriront son imaginaire par le récit qu'elles font des légendes de l'endroit.
Il y a aussi l'évocation des drames que connaît cette famille avec la mort d'une tante et la folie de l'autre, le récit du départ du père en France pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille, ce père qui sera accidenté et reviendra très vite dans son village.
Et puis, et c'est la partie qui m'a le plus touché il y a le récit de son parcours scolaire, de sa réussite au concours des bourses, son départ pour le collège à Alger et comment ne pas rapprocher ce parcours de celui du jeune Albert Camus "fils de pauvre" lui aussi?
Comme Albert Camus a connu M. Louis Germain qui l' a aidé a poursuivre ses études (Il faut lire Le Premier homme) l'auteur connaîtra aussi un missionnaire protestant qui l’hébergera et l'aidera.Comment ne pas aussi penser à l'autre "fils du pauvre" l'écrivain Emmanuel Robles que Mouloud Feraoun rencontra à l'école normale et qui devint son ami.
Le récit se termine par une page très émouvante. Il vient d'être reçu à l'école normale d'instituteur et il va quitter son petit village de Kabylie pour Alger. Il est a avec son père sur la route qui va le conduire a Alger:
"Tu vas à Alger, dit celui-ci. Vous serrez très nombreux là bas.On n'en choisira que quelques uns.. Le choix, c'est toujours le hasard qui le fait. Tu vas à Alger comme tes camarades.Nous,là haut, nous attendrons. Si tu échoues, tu reviendras à la maison. Dis-toi bien que nous t'aimons. Et puis ton instruction, on ne te l’enlèvera pas, hein? Elle est à toi. Maintenant je remonte au village. Ta mère saura que je t'ai parlé. Je dirai que tu n'as pas peur.
-Oui, tu diras là haut que je ne n'ai pas peur."
Mouloud Feraoun sera reçu, deviendra instituteur puis directeur puis inspecteur tout en continuant à écrire.
De ce premier livre il dira:
"J'ai écrit le Fils du pauvre pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d'une lampe à pétrole. J'y ai mis le meilleur de mon être."
Il y a aussi l'évocation des drames que connaît cette famille avec la mort d'une tante et la folie de l'autre, le récit du départ du père en France pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille, ce père qui sera accidenté et reviendra très vite dans son village.
Et puis, et c'est la partie qui m'a le plus touché il y a le récit de son parcours scolaire, de sa réussite au concours des bourses, son départ pour le collège à Alger et comment ne pas rapprocher ce parcours de celui du jeune Albert Camus "fils de pauvre" lui aussi?
Comme Albert Camus a connu M. Louis Germain qui l' a aidé a poursuivre ses études (Il faut lire Le Premier homme) l'auteur connaîtra aussi un missionnaire protestant qui l’hébergera et l'aidera.Comment ne pas aussi penser à l'autre "fils du pauvre" l'écrivain Emmanuel Robles que Mouloud Feraoun rencontra à l'école normale et qui devint son ami.
Le récit se termine par une page très émouvante. Il vient d'être reçu à l'école normale d'instituteur et il va quitter son petit village de Kabylie pour Alger. Il est a avec son père sur la route qui va le conduire a Alger:
"Tu vas à Alger, dit celui-ci. Vous serrez très nombreux là bas.On n'en choisira que quelques uns.. Le choix, c'est toujours le hasard qui le fait. Tu vas à Alger comme tes camarades.Nous,là haut, nous attendrons. Si tu échoues, tu reviendras à la maison. Dis-toi bien que nous t'aimons. Et puis ton instruction, on ne te l’enlèvera pas, hein? Elle est à toi. Maintenant je remonte au village. Ta mère saura que je t'ai parlé. Je dirai que tu n'as pas peur.
-Oui, tu diras là haut que je ne n'ai pas peur."
Mouloud Feraoun sera reçu, deviendra instituteur puis directeur puis inspecteur tout en continuant à écrire.
De ce premier livre il dira:
"J'ai écrit le Fils du pauvre pendant les années sombres de la guerre, à la lumière d'une lampe à pétrole. J'y ai mis le meilleur de mon être."
samedi 10 juin 2017
Mouloud Feraoun: "Jours de Kabylie"
Après son journal (voir article précédent) je lis :"Jours de Kabylie" dans la collection Points avec des gravures de Charles Brouty. Cela change de l'horrible climat du journal. Voilà des chroniques sur la vie de son petit village Tizi Hibel en haute Kabylie et cela me rappelle d'une certaine manière les "Lettres de mon moulin " de Daudet. Cette comparaison m'est venu directement a l'esprit et je la retrouve dans ce texte très documenté d'une universitaire sur la vie et l'oeuvre de Mouloud Feraoun C'est simple et touchant et l'on comprend cette vie pauvre, loin de tout mais avec ses règles, ses usages et l'attachement de ses habitants. Certains qui sont partis au loin pour gagner leur vie y reviennent avec plaisir et voilà comment Feraoun dont on aimerait citer toutes les phrases fait parler le vieux village:
"Mes ruelles vous les trouvez étroites et sales? Je n'ai pas besoin de m'en cacher. Je vous ai vus tout petits et bien contents d'y barboter comme des canetons malpropres. Passez ! Là c'est votre djemaâ. Bien entendu, elle vous semble grotesque et vaine. Ce n'est pas la place de l'Etoile! Savez vous comment je vous imagine place de l'Etoile? A peu prés comme ce petit chat craintif quand il traverse votre djemaâ remplie de garnements. Votre gourbi est trop petit? Vous oubliez qu'il est a vous, plein de toutes les présences passées, plein de votre nom, de vos anciens espoirs, témoin de vos rêves naïfs, de votre bêtise, de vos souffrances. Soyez modestes, voyons!Vous serrez très bien ici, vous verrez, c'est moi qui vous le dit...."
Dans ces chapitres courts l'auteur nous décrit la vie de ce village: le marabout, le marché, les vielles chargées de la corvée du bois, la fontaine et les jeunes filles du village, la chronique d'un monde dont je me demande s'il existe encore!
Mouloud Feraoun ,instituteur puis Directeur puis Inspecteur termine ce beau livre par un chapitre sur les instituteurs de son temps dans ces villages reculés et c'est un des passages les plus émouvant qui nous rappelle ces "hussards de la République" que tant de générations ont eu la chance d'avoir pour enseignants.
"Nous avons eu nos pionniers, nous sommes héritiers d'un passé que les montagnards n'oublient pas et qu'ils nous rappellent avec beaucoup de finesse lorsque ils constatent que nous nous en écartons.
Certaine région de Kabylie eut des écoles primaires dés que les lois scolaires de la Troisième République furent appliquées. Les premiers maîtres furent des apôtres, tout le monde le sait. Sauf, peut être, les populations qui les reçurent. A l'époque, la vie du bled était difficile.Il fallait vaincre l'hostilité des gens et surmonter d'innombrables difficultés matérielles dont on commence, maintenant, à perdre le souvenir.".......... "Ainsi, chez nous, ceux qui ont connu ces vieux maîtres ne disent pas qu'ils furent des apôtres et des saints.Ils disent que ce furent d'honnêtes gens, toujours prêts a rendre service, des savants qui avaient bien vite gagné l'admiration, l'estime et le respect. Très souvent ils ajoutent : "Que Dieu leur réserve une place au paradis." Ce qui est touchant, malgré tout, car cette place au paradis, le Kabyle la souhaite rarement à qui ne la mérite pas. Surtout lorsqu'il s'agit d'un roumi. Or, fréquemment c'est ce qui arrive. Et le souhait est venu du fond du coeur."
Que dire d'autre de ce livre? Un sentiment de quelque chose qui aurait pu advenir et que la bêtise et la cruauté des hommes n'a pas rendu possible.
"Mes ruelles vous les trouvez étroites et sales? Je n'ai pas besoin de m'en cacher. Je vous ai vus tout petits et bien contents d'y barboter comme des canetons malpropres. Passez ! Là c'est votre djemaâ. Bien entendu, elle vous semble grotesque et vaine. Ce n'est pas la place de l'Etoile! Savez vous comment je vous imagine place de l'Etoile? A peu prés comme ce petit chat craintif quand il traverse votre djemaâ remplie de garnements. Votre gourbi est trop petit? Vous oubliez qu'il est a vous, plein de toutes les présences passées, plein de votre nom, de vos anciens espoirs, témoin de vos rêves naïfs, de votre bêtise, de vos souffrances. Soyez modestes, voyons!Vous serrez très bien ici, vous verrez, c'est moi qui vous le dit...."
Dans ces chapitres courts l'auteur nous décrit la vie de ce village: le marabout, le marché, les vielles chargées de la corvée du bois, la fontaine et les jeunes filles du village, la chronique d'un monde dont je me demande s'il existe encore!
Mouloud Feraoun ,instituteur puis Directeur puis Inspecteur termine ce beau livre par un chapitre sur les instituteurs de son temps dans ces villages reculés et c'est un des passages les plus émouvant qui nous rappelle ces "hussards de la République" que tant de générations ont eu la chance d'avoir pour enseignants.
"Nous avons eu nos pionniers, nous sommes héritiers d'un passé que les montagnards n'oublient pas et qu'ils nous rappellent avec beaucoup de finesse lorsque ils constatent que nous nous en écartons.
Certaine région de Kabylie eut des écoles primaires dés que les lois scolaires de la Troisième République furent appliquées. Les premiers maîtres furent des apôtres, tout le monde le sait. Sauf, peut être, les populations qui les reçurent. A l'époque, la vie du bled était difficile.Il fallait vaincre l'hostilité des gens et surmonter d'innombrables difficultés matérielles dont on commence, maintenant, à perdre le souvenir.".......... "Ainsi, chez nous, ceux qui ont connu ces vieux maîtres ne disent pas qu'ils furent des apôtres et des saints.Ils disent que ce furent d'honnêtes gens, toujours prêts a rendre service, des savants qui avaient bien vite gagné l'admiration, l'estime et le respect. Très souvent ils ajoutent : "Que Dieu leur réserve une place au paradis." Ce qui est touchant, malgré tout, car cette place au paradis, le Kabyle la souhaite rarement à qui ne la mérite pas. Surtout lorsqu'il s'agit d'un roumi. Or, fréquemment c'est ce qui arrive. Et le souhait est venu du fond du coeur."
Que dire d'autre de ce livre? Un sentiment de quelque chose qui aurait pu advenir et que la bêtise et la cruauté des hommes n'a pas rendu possible.
vendredi 9 juin 2017
Le Journal de Mouloud Feraoun
Je lis ,en ce moment, le journal de Mouloud Feraoun paru aux Editions du Deuil en 1962 et qui couvre la période de 1955 à 1962, période de guerre et de tristesse et qui se termine d'ailleurs par l'affreux assassinat de l'auteur par l'OAS criminelle .Assia Djebar dans son beau livre "Les blancs de l'Algérie" est longuement revenu sur cet assassinat.
Le journal est précédé par une préface émouvante d'Emmanuel Robles, écrivain connu d' Algérie et ami de Mouloud Feraoun et par une lettre du fils de Feraoun à Robles.
Je connaissais de nom de Feraoun depuis longtemps mais je dois confesser que je n'avais rien lu de lui et je le regrette tant les réflexions et le style de son journal donne a voir un intellectuel brillant et surtout un homme épris de justice. Mouloud Feraoun très ami avec Emmanuel Robles était également un ami d'Albert Camus
Mouloud Feraoun né dans un tout petit village pauvre de Kabylie est devenu instituteur puis formateur et le début du journal pose bien le problème de l'enseignement , des écoles dans cette Kabylie en période de guerre avec les difficultés qui naissent entre population kabyle et européenne. Il rend très bien ce climat de suspicion généralisée qui naît de la guerre et qui rend les échanges, autrefois spontanées et directs, de plus en plus insignifiant comme si désormais aucun dialogue vrai n'était plus possible et qui sépare deux communautés qui arrivaient tout de même a se parler.
Il montre aussi très bien combien toute la population kabyle a très rapidement adhéré à la guerre de libération et a exécuté les ordres du FLN: plus de tabac, plus d'alcool, versement de contribution, démission des organes électifs.....et il explique très bien pourquoi cette adhésion: le comportement injuste de la France depuis toujours. A le lire on ressent sous sa plume le climat qui règne alors dans tous ces petits villages face aux actes des membres du FLN et fasse aux exactions des soldats français. Éclairant!
Des pages très dures aussi sur la torture pratiquée dans la police, la gendarmerie et les militaires, sur les assassinats, la violence qui appelle la violence. C'est une question connue mais relire sous sa plume cette triste réalité est une épreuve et il décrit son mal être , une forme de dépression qui lui tombe dessus face à toutes ces formes de violence contre laquelle il se sent totalement impuissant. Il est clairement pour la résistance algérienne mais il en voit les dérives et il a de la sympathie pour certains amis français d’Algérie comme Emmanuel Robles, Camus et d'autres.Il est déchiré et à le lire on se souvient des mêmes tourments vécus par Albert Camus.
Il décrit aussi ,très bien, les derniers soubresauts: De Gaulle, l'OAS, les barricades.
Il se trompe parfois comme lorsqu'il pense que la belle attitude des femmes leur vaudra l’accès à l'égalité!On sait ce qu'il est advenu.
Il est lucide aussi et se demande ce que le pouvoir va devenir et si il ne vas pas être accaparé par les petits ambitieux, les corrompus.On sait aussi ce qui est advenu.
Comme le dit la très belle et émouvante préface d'Emmanuel Robles: "Le voici tel qu'il était, patient, généreux, tout imprégné des vertus de ce ces montagnards de Kabylie épris d'honneur et de justice."
On sort de cette lecture déprimé par l'ensemble de ces actes affreux, de ce climat épouvantable dont la France est indiscutablement responsable.C'est l'histoire dans sa face la plus laide. Je conseille vivement la lecture de cet article très documenté sur la vie te l'oeuvre de Mouloud Feraoun
Si je reviens en Algérie il faudra que j'aille voir le petit cimetière de Tizi Hibel son village natal et sa dernière demeure dont il écrivait dans "Jours de Kabylie" :Une petite tombe qui se confondra avec toutes les autres parce qu’elle ne portera aucune inscription et que, dés le premier printemps, elle se couvrira aussi de graminées toutes frêles et de pâquerettes toutes blanches" (p.17) Voici ce que disait Max Pol Fouchet du journal de Mouloud Feraoun
Je vais maintenant commencer la lecture de "Jours de Kabylie" et vous pouvez voir ici un hommage à cet écrivain ainsi que là l'hommage de la France en ce soixantième anniversaire de son assassinat par l'OAS.
Le journal est précédé par une préface émouvante d'Emmanuel Robles, écrivain connu d' Algérie et ami de Mouloud Feraoun et par une lettre du fils de Feraoun à Robles.
Je connaissais de nom de Feraoun depuis longtemps mais je dois confesser que je n'avais rien lu de lui et je le regrette tant les réflexions et le style de son journal donne a voir un intellectuel brillant et surtout un homme épris de justice. Mouloud Feraoun très ami avec Emmanuel Robles était également un ami d'Albert Camus
Mouloud Feraoun né dans un tout petit village pauvre de Kabylie est devenu instituteur puis formateur et le début du journal pose bien le problème de l'enseignement , des écoles dans cette Kabylie en période de guerre avec les difficultés qui naissent entre population kabyle et européenne. Il rend très bien ce climat de suspicion généralisée qui naît de la guerre et qui rend les échanges, autrefois spontanées et directs, de plus en plus insignifiant comme si désormais aucun dialogue vrai n'était plus possible et qui sépare deux communautés qui arrivaient tout de même a se parler.
Il montre aussi très bien combien toute la population kabyle a très rapidement adhéré à la guerre de libération et a exécuté les ordres du FLN: plus de tabac, plus d'alcool, versement de contribution, démission des organes électifs.....et il explique très bien pourquoi cette adhésion: le comportement injuste de la France depuis toujours. A le lire on ressent sous sa plume le climat qui règne alors dans tous ces petits villages face aux actes des membres du FLN et fasse aux exactions des soldats français. Éclairant!
Des pages très dures aussi sur la torture pratiquée dans la police, la gendarmerie et les militaires, sur les assassinats, la violence qui appelle la violence. C'est une question connue mais relire sous sa plume cette triste réalité est une épreuve et il décrit son mal être , une forme de dépression qui lui tombe dessus face à toutes ces formes de violence contre laquelle il se sent totalement impuissant. Il est clairement pour la résistance algérienne mais il en voit les dérives et il a de la sympathie pour certains amis français d’Algérie comme Emmanuel Robles, Camus et d'autres.Il est déchiré et à le lire on se souvient des mêmes tourments vécus par Albert Camus.
Il décrit aussi ,très bien, les derniers soubresauts: De Gaulle, l'OAS, les barricades.
Il se trompe parfois comme lorsqu'il pense que la belle attitude des femmes leur vaudra l’accès à l'égalité!On sait ce qu'il est advenu.
Il est lucide aussi et se demande ce que le pouvoir va devenir et si il ne vas pas être accaparé par les petits ambitieux, les corrompus.On sait aussi ce qui est advenu.
Comme le dit la très belle et émouvante préface d'Emmanuel Robles: "Le voici tel qu'il était, patient, généreux, tout imprégné des vertus de ce ces montagnards de Kabylie épris d'honneur et de justice."
On sort de cette lecture déprimé par l'ensemble de ces actes affreux, de ce climat épouvantable dont la France est indiscutablement responsable.C'est l'histoire dans sa face la plus laide. Je conseille vivement la lecture de cet article très documenté sur la vie te l'oeuvre de Mouloud Feraoun
Si je reviens en Algérie il faudra que j'aille voir le petit cimetière de Tizi Hibel son village natal et sa dernière demeure dont il écrivait dans "Jours de Kabylie" :Une petite tombe qui se confondra avec toutes les autres parce qu’elle ne portera aucune inscription et que, dés le premier printemps, elle se couvrira aussi de graminées toutes frêles et de pâquerettes toutes blanches" (p.17) Voici ce que disait Max Pol Fouchet du journal de Mouloud Feraoun
Je vais maintenant commencer la lecture de "Jours de Kabylie" et vous pouvez voir ici un hommage à cet écrivain ainsi que là l'hommage de la France en ce soixantième anniversaire de son assassinat par l'OAS.
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