J'ai laissé pour la fin la lecture de ce volumineux livre qui se trouvait dans l'envoi de mon ami Lakhdar et qui a été édité en 2015 aux Editions ENAG à Alger. Je dois dire aussi que j'allais vers ce livre avec un peu d'appréhension car il s'agit, un peu remanié , d'une thèse de "psychologie clinique"soutenue à l'Université d'Alger en avril 2006.
J'étais heureux que dans cette Université qu'il avait fréquenté Camus soit un tel objet d'études mais le côté "clinique" et l'appel non pas à la simple psychologie mais à l'analyse , en réalité , de l'inconscient répugnait un peu à mon sens de la rationalité et à ma méfiance, sans doute par ignorance!des théories de l'inconscient.
Le livre est , en tous cas, le résultat d'un très important travail et l'auteur avant de se lancer dans ses thèses proprement dites, a bien situé Camus et son oeuvre dans la littérature algérienne de cette époque et il a fouillé complètement la biographie de cet écrivain, n’omettant vraiment aucun événement de sa vie. J'ai donc retrouvé presque tout ce que les biographes (nombreux) ont retenu de sa vie.
J'ai apprécié toute la partie sur la recherche par Camus d'un "père de substitution" puisque le sien était mort à la guerre et qu'il ne l'a pas connu. L'auteur dénombre quatre père de substitution:
l'oncle Etienne, l'instituteur monsieur Germain, Jean Grenier son professeur de philosophie et son oncle Arcaute qui l'a accueilli lorsqu'il est devenu tuberculeux. Rien à dire sauf deux choses qui me paraissent excessives et des extrapolations. la première c'est que l'oncle Etienne n'aurait pas bien rempli son rôle car il était unijambiste et donc ,nous dit le psychologue, "castré"! Il faudra que l'on explique davantage!
L'autre remarque c'est que ce clinicien tire des analyses qui me paraissent( peut-être ai-je tort) douteuses lorsqu'il écrit ,par exemple p.128 "Il est présent (le père)"dans ce souhait formé par Meursault qu'il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu'ils m’accueillent avec des cris de haine" En disant cela nous dit l'auteur, ne souhaite t-il pas voir parmi ces spectateurs son père venu assister à son exécution comme il l'avait déjà fait en assistant à l’exécution d'un autre condamné à mort.?"N'est-ce pas tiré un peu par les cheveux comme on dit familièrement!
Et, enfin , je vois pas bien ce qui lui permet de dire (p.128) "En somme, nous sommes en mesure d'affirmer que , à travers les oeuvres suscitées et à travers les figures de nombreux substituts paternels et celle du père réelle, l'imago paternelle prédominante est celle du Père mauvais et non pas du père bon."
Il va , ensuite , procéder à l'analyse de divers essais de Camus extraits de L'envers et l'endroit et dans un premier temps il décrit et dénombre les thèmes contenus dans ces essais: le silence, la solitude, la mort, l'indifférence des autres, l'étrangeté du monde et des hommes, l'immobilité et c''est très intéressant. Par contre j'ai , ensuite, du mal a suivre lorsqu'il essaie d'expliquer par la "psychologie clinique" ces thèmes.
Il poursuit sur le même mode son analyse des autres oeuvres de Camus et les mêmes thèmes reviennent et il les dénombre. Il accomplit ce travail pour La mort heureuse, l'Etranger,La peste, Les Justes,La chute.
Dés lors si je n’adhère pas aux conclusions sur le plan de la psychologie clinique je trouve que ce livre est très utile car il permet a qui s'intéresse à l'oeuvre de Camus de retrouver recenser les thèmes fondamentaux de l'oeuvre, ceux que l'on retrouve , sous des formes différentes , dans tous les écrits de l'auteur.
Ce blog est consacré à mes coups de coeur dans l'actualité, dans la littérature et dans mes voyages
jeudi 20 septembre 2018
lundi 17 septembre 2018
Camus-Amrouche: Des chemins qui s'écartent
Parmi les livres offerts par mon ami Lakdhar se trouve celui de Rejane Le Baut spécialiste de l'oeuvre de Jean Amrouche et consacré aux relations entre Camus et cet intellectuel et hommes de lettres et de radio qu'était Jean El Mouhoud Amrouche. Ce livre intitulé Camus-Amrouche: des chemins qui s'écartent a été publié en 2014 aux Editions Casbah à Alger et il est tout a fait passionnant. Il faut rappeler que Jean El Mouhoud Amrouche que je connaissais un peu car il est un grand amateur de l'oeuvre d'André Gide ( on connaît de lui des entretiens radiophoniques avec quelques grands écrivains du XIX° siècle) était comme il le disait lui-même "un monstre" dans cette Algérie coloniale. En effet , Kabyle il appartenait a une famille christianisée et ces conversions avaient entraîné la mise à l'écart de la famille dans leur petit village de Kabylie et une division nette de cette famille.
Jean Amrouche était donc quelqu'un de très à part et ce qui fait l'intérêt de ce livre c'est qu'il montre que malgré cette situation il a toujours milité pour l'indépendance contrairement à Camus et il a dit clairement que l'Algérie serait un pays arabe et musulman.On peut toujours conjecturer pour savoir s'il aurait eu la même position en sachant comment allait naître l'islamisme et en sachant les dérives du pouvoir, mais une chose est certaine c'est que lui le chrétien avait compris que l'indépendance était nécessaire.
Il va donc y avoir tout un dialogue entre Camus et Amrouche. Amrouche est plus âgé que Camus de quelques années mais l'on sent le grand respect qu'il porte à Camus, ce qui ne l'empêche pas de contester les positions de Camus et finalement de rompre un peu le lien qui les liaient.
Jean Amrouche était donc quelqu'un de très à part et ce qui fait l'intérêt de ce livre c'est qu'il montre que malgré cette situation il a toujours milité pour l'indépendance contrairement à Camus et il a dit clairement que l'Algérie serait un pays arabe et musulman.On peut toujours conjecturer pour savoir s'il aurait eu la même position en sachant comment allait naître l'islamisme et en sachant les dérives du pouvoir, mais une chose est certaine c'est que lui le chrétien avait compris que l'indépendance était nécessaire.
Il va donc y avoir tout un dialogue entre Camus et Amrouche. Amrouche est plus âgé que Camus de quelques années mais l'on sent le grand respect qu'il porte à Camus, ce qui ne l'empêche pas de contester les positions de Camus et finalement de rompre un peu le lien qui les liaient.
dimanche 16 septembre 2018
Salim Bachi : Le dernier été d'un jeune homme
Un ami vient de m'offrir plusieurs livres évoquant, chacun a sa manière, l'oeuvre et la vie d'Albert Camus. Parmi eux celui publié en 2013 par Salim Bachi "Le dernier été d'un jeune homme". Ce roman , car c'est un roman est construit à partir de la biographie de Camus telle qu'elle nous a été livrée ,à plusieurs reprises, par de nombreux biographes. L'auteur puise dans ces biographies une quantité d’éléments (vrais) qu'il assemble de manière romanesque.
J'aime d'abord le titre qui évoque un moment de bascule , la fin d'un monde et pour Camus qui a tant aimé l’été à Alger ,le dernier été a quelque chose d'évidement douloureux.Ce dernier été c'est celui où il est amené à quitter l'Algérie qu'il ne reverra que quelques jours à chacun de ses brefs voyages.Il vivra désormais en France où il ne se considérera jamais chez lui sauf lorsqu'il pourra acquérir, grâce a René Char, sa maison de Lourmarin?
L'auteur part d'un voyage effectué par Camus vers l'Amérique latine. Il est sur le bateau et il repense a sa vie et des flashes reviennent a sa mémoire alors qu'il regarde l'océan où qu'il se repose dans sa couchette. Tout est écrit à la première personne. On entend Camus et l'auteur utilise d'ailleurs des phrases entière tirées de l'oeuvre. Certains lecteurs auront déjà presque tout lu mais ,là, c'est Camus qui pense , qui dit, qui s'exprime.
Une assez grande partie évoque la maladie qui a frappé Camus à l'age de 17 ans la tuberculose, cette maladie grave à l'époque et il décrit très bien la souffrance ressentie ,à la fois physique et morale et qui poursuivra Camus toute sa vie.
On suit aussi son premier mariage avec Simone Hié et les difficultés qu'il rencontre, cette jeune femme étant accroc à l'héroïne.
J'ai beaucoup aimé aussi le dialogue avec Ouzegane sur la position du Parti communiste. Cela donne vie a ce qui était une querelle idéologique.
C'est un roman de formation et l'on retrouve tout ce qui a fait Camus:la pauvreté, la maladie, la mer et le soleil d'Algérie, les femmes et la littérature. Installé en France dans la grisaille de Paris il n'aura plus qu'a creuser, approfondir les intuitions qu'il a eu sous le soleil d'Alger.
J'aime d'abord le titre qui évoque un moment de bascule , la fin d'un monde et pour Camus qui a tant aimé l’été à Alger ,le dernier été a quelque chose d'évidement douloureux.Ce dernier été c'est celui où il est amené à quitter l'Algérie qu'il ne reverra que quelques jours à chacun de ses brefs voyages.Il vivra désormais en France où il ne se considérera jamais chez lui sauf lorsqu'il pourra acquérir, grâce a René Char, sa maison de Lourmarin?
L'auteur part d'un voyage effectué par Camus vers l'Amérique latine. Il est sur le bateau et il repense a sa vie et des flashes reviennent a sa mémoire alors qu'il regarde l'océan où qu'il se repose dans sa couchette. Tout est écrit à la première personne. On entend Camus et l'auteur utilise d'ailleurs des phrases entière tirées de l'oeuvre. Certains lecteurs auront déjà presque tout lu mais ,là, c'est Camus qui pense , qui dit, qui s'exprime.
Une assez grande partie évoque la maladie qui a frappé Camus à l'age de 17 ans la tuberculose, cette maladie grave à l'époque et il décrit très bien la souffrance ressentie ,à la fois physique et morale et qui poursuivra Camus toute sa vie.
On suit aussi son premier mariage avec Simone Hié et les difficultés qu'il rencontre, cette jeune femme étant accroc à l'héroïne.
J'ai beaucoup aimé aussi le dialogue avec Ouzegane sur la position du Parti communiste. Cela donne vie a ce qui était une querelle idéologique.
C'est un roman de formation et l'on retrouve tout ce qui a fait Camus:la pauvreté, la maladie, la mer et le soleil d'Algérie, les femmes et la littérature. Installé en France dans la grisaille de Paris il n'aura plus qu'a creuser, approfondir les intuitions qu'il a eu sous le soleil d'Alger.
samedi 25 août 2018
L'or de Blaise Cendrars
Une amie vient de m'offrir L'or de l'écrivain suisse Blaise Cendrars et j'ai commencé par la préface de Francis Lacassin qui est une réflexion sur les rapports de l'histoire et de la littérature, sur un travail universitaire et une oeuvre littéraire. C'est une question que j'avais déjà rencontré lors de mes lectures de Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar. Blaise Cendrars raconte, à sa manière, la vie du Général Sutter qui fut celui qui rattacha la Californie, autrefois dirigée par les Espagnols aux Etats Unis d'Amérique et qui très riche fut ensuite ruiné par la découverte de l'or dans cette contrée. Des universitaires ont raconté cette histoire et ont donné mille détails mais c'est Blaise Cendrars qui a fait revivre ce général tout en commettant mille petites erreurs factuels. Dans les travaux universitaires le Général Sutter succombe sous les détail et revit dans le roman de l'écrivain suisse.
Le roman quant à lui est une épopée et l'on suit ce Sutter venu de sa Suisse natale en Amérique et qui va conquérir la Californie. Quant on connaît un peu , ne serait-ce que par les photos la Californie d'aujourd'hui on a du mal a imaginer ce qu'était ce territoire lorsque Sutter l'aborde. On ne peut qu'admirer son énergie , son intelligence des situations et des hommes dans cette contrée où tout est à faire. L'amie qui m'a offert ce livre m'a dit en me le donnant qu'il évoquerait ,pour moi, les ancêtres Suisses partis aussi en Algérie un peu comme des pionniers et qui sont arrivés dans un Setif où tout était à construire. Lisant le roman de Blaise Cendras je mesure, en effet, ce qu'il leur a fallu de courage, de persévérance , de lutte permanente pour arriver a créer les domaines qui furent ceux de la Compagnie Genevoise des colonies Suisses de Sétif et encore dans ce lien une histoire plus complète
Mais dans le roman ce qu'il y a de tragique c'est que toute l'oeuvre accompli par Sutter allait lui être arrachée par la découverte sur ces terres de l'or. Aussitôt ce fut la ruée d'une foule innombrable.
Le roman revient sur les péripéties de cette vie extraordinaire, sur le procès qu'il intente pour faire reconnaître ses droits sur les terrains sur lesquels s'est bâtie la ville de San Francisco. Il gagne ce procès mais cela ne lui servira a rien car il ne sera jamais exécuté.
On assiste à ses dernières démarches auprés des autorités. C'est un viel homme qui a perdu toute sa famille et qui passe maintenant pour un fou.
Il meurt en 1830 et il ne lui reste absolument plus rien de la prodigieuse fortune qu'il avait réussi a se constituer.
Le roman est passionnant et peu importe si l'auteur a pris de nombreuses libertés avec la réalité. Je pense que l'on prend mieux la mesure de cet individu hors du commun dans ce roman que dans les biographies savantes qui lui ont été consacrées.
Le roman quant à lui est une épopée et l'on suit ce Sutter venu de sa Suisse natale en Amérique et qui va conquérir la Californie. Quant on connaît un peu , ne serait-ce que par les photos la Californie d'aujourd'hui on a du mal a imaginer ce qu'était ce territoire lorsque Sutter l'aborde. On ne peut qu'admirer son énergie , son intelligence des situations et des hommes dans cette contrée où tout est à faire. L'amie qui m'a offert ce livre m'a dit en me le donnant qu'il évoquerait ,pour moi, les ancêtres Suisses partis aussi en Algérie un peu comme des pionniers et qui sont arrivés dans un Setif où tout était à construire. Lisant le roman de Blaise Cendras je mesure, en effet, ce qu'il leur a fallu de courage, de persévérance , de lutte permanente pour arriver a créer les domaines qui furent ceux de la Compagnie Genevoise des colonies Suisses de Sétif et encore dans ce lien une histoire plus complète
Mais dans le roman ce qu'il y a de tragique c'est que toute l'oeuvre accompli par Sutter allait lui être arrachée par la découverte sur ces terres de l'or. Aussitôt ce fut la ruée d'une foule innombrable.
Le roman revient sur les péripéties de cette vie extraordinaire, sur le procès qu'il intente pour faire reconnaître ses droits sur les terrains sur lesquels s'est bâtie la ville de San Francisco. Il gagne ce procès mais cela ne lui servira a rien car il ne sera jamais exécuté.
On assiste à ses dernières démarches auprés des autorités. C'est un viel homme qui a perdu toute sa famille et qui passe maintenant pour un fou.
Il meurt en 1830 et il ne lui reste absolument plus rien de la prodigieuse fortune qu'il avait réussi a se constituer.
Le roman est passionnant et peu importe si l'auteur a pris de nombreuses libertés avec la réalité. Je pense que l'on prend mieux la mesure de cet individu hors du commun dans ce roman que dans les biographies savantes qui lui ont été consacrées.
mardi 21 août 2018
La corrida
Deux entrées récentes sur Facebook m’ont fait réagir. La première évoque un entretien avec un « philosophe » dans un journal du midi dans lequel il défend la corrida et la rédaction lui fait dire que « supprimer la corrida serait un assassinat » rien de moins !
La seconde entrée évoque, photo à l’appui, la présence de l’évêque de Bayonne dans son habit de cérémonie à une corrida.
J’avoue que j’ai réagi, assez vivement, a ces entrées mais, dans le fond sur un mode émotionnel puisque je suis résolument hostile à la corrida depuis toujours.
J’ai voulu dépasser ces réaction spontanées et émotives et réfléchir, de nouveau , à la question et je dois avouer que je n’ai pas trouvé un seul argument qui puisse justifier ces cruautés infligés sans utilité à des animaux.
Reprenons les arguments des partisans de cette cruauté.
Il y a d’abord et toujours mise en avant le respect de la tradition et d’ailleurs la loi Gramont justifie la corrida dans quelques lieux en France au nom d’une « tradition durable ».
Pour moi cet appel à la tradition ne vaut absolument rien. La progrès moral des peuples et le progrès tout court s’est toujours fait en rompant avec les traditions anciennes héritées de temps d’ignorance. Dans la Rome antique et ailleurs les jeux du cirque qui mettaient en jeux la vie d’animaux mais aussi d’hommes constituaient une solide tradition. Elle a été heureusement mise à néant parle progrès des peuples. Qui le te contesterai aujourd’hui ?
Dans certains pays la tradition est d’exciser les petites filles. Doit-on au nom du respect dû à la tradition l’accepter ? Evidemment non.
Il n’ y a guère , dans nos campagnes ,la femme ne s’asseyait pas a table et servait le mari. Devait-on respecter cette belle tradition ancienne ?
Malgré l’absence de texte juridique aucune femme n’a été ,très longtemps, admise à l’Académie française au nom de la tradition. Aurait-il fallu continuer ?
Marguerite Yourcenar (qui au passage était résolument hostile à toute souffrance animale) qui fut la première a être admise à l’Académie a évoqué, avec une forme d’ironie ,la place de la tradition dans son magnifique discours de réception
« D’autre part j’ai trop le respect de la tradition, là, où elle est encore vivante, puissante et, si j’ose dire, susceptible, pour ne pas comprendre ceux qui résistent aux innovations vers lesquelles les pousse ce qu’on appelle l’esprit du temps , qui n’est souvent je le leur concède, que la mode du temps……. » et après avoir donné son coup de chapeau aux vieux académiciens elle s’attarde sur toutes les femmes qui auraient dû recevoir avant elles cet honneur !
Par conséquent ce premier argument de la tradition est absolument sans portée ,il n’est que le conservatisme, le dogmatisme semblable a celui des Eglises et qui a été, fort justement combattu.
Le second argument des partisans est le recours à l’esthétique, à la beauté du spectacle dans le sable, sous le ciel bleu et au milieu d’une musique a flonflon et dans le rouge et jaune des couleurs de l’Espagne ! Et cette beauté devrait selon eux faire oublier la cruauté non pas seulement de la mort qui n’est qu’un mauvais passage mais de tout ce qui précède : la cruauté des engins destinés a meurtrir la chair du taureau, a faire ne sorte de le stresser au maximum. Ah vraiment elles sont belles, en effet les piques semblables a d’horribles hameçons qui s’enfoncent dans les chairs mais qui, il est vrai sont si joliment surmontés de décorations rouges et jaunes
Ces mêmes qui admirent l’esthétique de la corrida s’offusquent, sans doute et pince le nez, quand on évoque Céline et son antisémitisme écœurant Mais la beauté du style ne devrait-elle pas justifier à leurs yeux les pires ignominies!
En conclusion je ne pense pas que la beauté ou la jouissance que donne un spectacle puisse justifier la cruauté et la souffrance animale. Une telle beauté est salie et n’est plus la beauté.
Je rappellerai que l’on connaît des assassins qui jouissent de la souffrance de leurs victimes et il ne viendrait à l’idée de personne de justifier leur crime par la jouissance qu’ils en obtiennent
Il y a, enfin, deux derniers arguments : l’argument économique et celui prétendument « écologique ».
L’argument économique est d’ailleurs celui qui a le plus de succès et notamment auprès des élus. La corrida est, en effet, une affaire à la fois pour ses divers participants et pour les endroits où elle se déroule. Cela est indéniable. Mais cet argument peut-il justifier la souffrance infligée ?
Je rappellerai seulement que l’esclavage des noirs d’Afrique a été une grande affaire économique, et qu’il a enrichi des familles et des villes a un point assez difficile a imaginer. Aurait t on dû maintenir l’esclavage pour autant ? Évidement les taureaux ne sont pas des hommes et ils ne peuvent ni se révolter ni se plaindre.
Enfin il y a le dernier argument hypocrite et cynique qui se voudrait écologique !
Faute de corridas on n’élèvera plus de taureaux de combats et ces magnifiques animaux n’existeront plus ! Et puis, pensez y ,certes il meurt dans l’arène mais auparavant ils ont eu une vie de rêve dans les prés verts. Mais que ne les laisse t on pas terminer leur vie dans les prés verts si on se soucie tant de leur bien être ? Et puis s’ils ne viennent pas au monde qu’elle importance et ne doivent-ils y venir ,dans ce monde, que pour justifier que quelques hommes se repaissent du spectacle de la cruauté et de la mort. Belle raison en vérité !
Enfin qu’un évêque assiste en grande tenue à une corrida cela peut , en effet ,choquer mais cela n’étonnera pas ceux qui savent que l’Eglise peut faire bien pire et n’a t on pas vu, en Espagne l’Eglise d’Espagne bénir les fusils qui allaient tuer les républicains !
En conclusion je dirai que j'adhère entièrement a cette phrase : "
"La tauromachie est l'art scélérat et vénal de torturer et de mettre à mort des animaux (...), elle est une fête de la douleur et de la mort.
La seconde entrée évoque, photo à l’appui, la présence de l’évêque de Bayonne dans son habit de cérémonie à une corrida.
J’avoue que j’ai réagi, assez vivement, a ces entrées mais, dans le fond sur un mode émotionnel puisque je suis résolument hostile à la corrida depuis toujours.
J’ai voulu dépasser ces réaction spontanées et émotives et réfléchir, de nouveau , à la question et je dois avouer que je n’ai pas trouvé un seul argument qui puisse justifier ces cruautés infligés sans utilité à des animaux.
Reprenons les arguments des partisans de cette cruauté.
Il y a d’abord et toujours mise en avant le respect de la tradition et d’ailleurs la loi Gramont justifie la corrida dans quelques lieux en France au nom d’une « tradition durable ».
Pour moi cet appel à la tradition ne vaut absolument rien. La progrès moral des peuples et le progrès tout court s’est toujours fait en rompant avec les traditions anciennes héritées de temps d’ignorance. Dans la Rome antique et ailleurs les jeux du cirque qui mettaient en jeux la vie d’animaux mais aussi d’hommes constituaient une solide tradition. Elle a été heureusement mise à néant parle progrès des peuples. Qui le te contesterai aujourd’hui ?
Dans certains pays la tradition est d’exciser les petites filles. Doit-on au nom du respect dû à la tradition l’accepter ? Evidemment non.
Il n’ y a guère , dans nos campagnes ,la femme ne s’asseyait pas a table et servait le mari. Devait-on respecter cette belle tradition ancienne ?
Malgré l’absence de texte juridique aucune femme n’a été ,très longtemps, admise à l’Académie française au nom de la tradition. Aurait-il fallu continuer ?
Marguerite Yourcenar (qui au passage était résolument hostile à toute souffrance animale) qui fut la première a être admise à l’Académie a évoqué, avec une forme d’ironie ,la place de la tradition dans son magnifique discours de réception
« D’autre part j’ai trop le respect de la tradition, là, où elle est encore vivante, puissante et, si j’ose dire, susceptible, pour ne pas comprendre ceux qui résistent aux innovations vers lesquelles les pousse ce qu’on appelle l’esprit du temps , qui n’est souvent je le leur concède, que la mode du temps……. » et après avoir donné son coup de chapeau aux vieux académiciens elle s’attarde sur toutes les femmes qui auraient dû recevoir avant elles cet honneur !
Par conséquent ce premier argument de la tradition est absolument sans portée ,il n’est que le conservatisme, le dogmatisme semblable a celui des Eglises et qui a été, fort justement combattu.
Le second argument des partisans est le recours à l’esthétique, à la beauté du spectacle dans le sable, sous le ciel bleu et au milieu d’une musique a flonflon et dans le rouge et jaune des couleurs de l’Espagne ! Et cette beauté devrait selon eux faire oublier la cruauté non pas seulement de la mort qui n’est qu’un mauvais passage mais de tout ce qui précède : la cruauté des engins destinés a meurtrir la chair du taureau, a faire ne sorte de le stresser au maximum. Ah vraiment elles sont belles, en effet les piques semblables a d’horribles hameçons qui s’enfoncent dans les chairs mais qui, il est vrai sont si joliment surmontés de décorations rouges et jaunes
Ces mêmes qui admirent l’esthétique de la corrida s’offusquent, sans doute et pince le nez, quand on évoque Céline et son antisémitisme écœurant Mais la beauté du style ne devrait-elle pas justifier à leurs yeux les pires ignominies!
En conclusion je ne pense pas que la beauté ou la jouissance que donne un spectacle puisse justifier la cruauté et la souffrance animale. Une telle beauté est salie et n’est plus la beauté.
Je rappellerai que l’on connaît des assassins qui jouissent de la souffrance de leurs victimes et il ne viendrait à l’idée de personne de justifier leur crime par la jouissance qu’ils en obtiennent
Il y a, enfin, deux derniers arguments : l’argument économique et celui prétendument « écologique ».
L’argument économique est d’ailleurs celui qui a le plus de succès et notamment auprès des élus. La corrida est, en effet, une affaire à la fois pour ses divers participants et pour les endroits où elle se déroule. Cela est indéniable. Mais cet argument peut-il justifier la souffrance infligée ?
Je rappellerai seulement que l’esclavage des noirs d’Afrique a été une grande affaire économique, et qu’il a enrichi des familles et des villes a un point assez difficile a imaginer. Aurait t on dû maintenir l’esclavage pour autant ? Évidement les taureaux ne sont pas des hommes et ils ne peuvent ni se révolter ni se plaindre.
Enfin il y a le dernier argument hypocrite et cynique qui se voudrait écologique !
Faute de corridas on n’élèvera plus de taureaux de combats et ces magnifiques animaux n’existeront plus ! Et puis, pensez y ,certes il meurt dans l’arène mais auparavant ils ont eu une vie de rêve dans les prés verts. Mais que ne les laisse t on pas terminer leur vie dans les prés verts si on se soucie tant de leur bien être ? Et puis s’ils ne viennent pas au monde qu’elle importance et ne doivent-ils y venir ,dans ce monde, que pour justifier que quelques hommes se repaissent du spectacle de la cruauté et de la mort. Belle raison en vérité !
Enfin qu’un évêque assiste en grande tenue à une corrida cela peut , en effet ,choquer mais cela n’étonnera pas ceux qui savent que l’Eglise peut faire bien pire et n’a t on pas vu, en Espagne l’Eglise d’Espagne bénir les fusils qui allaient tuer les républicains !
En conclusion je dirai que j'adhère entièrement a cette phrase : "
"La tauromachie est l'art scélérat et vénal de torturer et de mettre à mort des animaux (...), elle est une fête de la douleur et de la mort.
En cela, la tauromachie constitue un défi majeur à la morale, à l'éducation, à la science et à la culture."
Alfred Kastler
vendredi 10 août 2018
Fatrasies de Jacques Rouviere
Des amis m'on prêté un petit livre édité par Jacques Rouviere aux éditions de la Société des écrivains. Ils me l'on prêté parce que c'est une forme d'édition qui pouvait m’intéresser mais je dois dire que j'ai pris plaisir à lire ce livre.
D'abord j'ai appris ce que signifiait "Fatrasies" car je dois bien avouer que je n'avais jamais rencontré ce mot et j'en ignorais ,évidement, le sens. Au moyen-âge nous dit l'auteur les "fatrasies" comme les "fatras" étaient des poèmes en vers rigidement codifiés dans la forme, par opposition avec le fond, volontiers plus libre.
Le livre se compose de petits récits très variés mais qui tous sont écrits avec humour. On s'amuse mais on apprend aussi et le mérite de ce genre d'ouvrage c'est que vous pouvez le prendre à tous moments et n'importe où.
Il y a de nombreuses petites pièces charmantes comme par exemple "Les funérailles de l’Évêque de la Garenne-Bezons (p.13), "Esprit es-tu là?!" (p.15) ou encore "Lettres de noblesse" (p.41) et enfin " La preuve de l'existence de Dieu" (p.61) de petits morceaux ciselés et qu'on lit en riant.
Enfin je noterai ce "Sonnet a quatre mains" où chaque vers est d'un poète différent et qui donne un ensemble très homogène. Le lecteur aurait du mal, sans la solution que donne l'auteur a reconnaître des poètes différents a chaque vers! (p.31)
Au total ce livre fait passer un bon moment et il est de ceux que l'on devrait emporter pour un voyage en train ou en avion ou pour se distraire en vacances au bord de sa piscine.
D'abord j'ai appris ce que signifiait "Fatrasies" car je dois bien avouer que je n'avais jamais rencontré ce mot et j'en ignorais ,évidement, le sens. Au moyen-âge nous dit l'auteur les "fatrasies" comme les "fatras" étaient des poèmes en vers rigidement codifiés dans la forme, par opposition avec le fond, volontiers plus libre.
Le livre se compose de petits récits très variés mais qui tous sont écrits avec humour. On s'amuse mais on apprend aussi et le mérite de ce genre d'ouvrage c'est que vous pouvez le prendre à tous moments et n'importe où.
Il y a de nombreuses petites pièces charmantes comme par exemple "Les funérailles de l’Évêque de la Garenne-Bezons (p.13), "Esprit es-tu là?!" (p.15) ou encore "Lettres de noblesse" (p.41) et enfin " La preuve de l'existence de Dieu" (p.61) de petits morceaux ciselés et qu'on lit en riant.
Enfin je noterai ce "Sonnet a quatre mains" où chaque vers est d'un poète différent et qui donne un ensemble très homogène. Le lecteur aurait du mal, sans la solution que donne l'auteur a reconnaître des poètes différents a chaque vers! (p.31)
Au total ce livre fait passer un bon moment et il est de ceux que l'on devrait emporter pour un voyage en train ou en avion ou pour se distraire en vacances au bord de sa piscine.
mardi 24 juillet 2018
Théorie d'Alger de Sébastien Lapaque
Je viens de découvrir un petit livre (une centaine de page) publié en chez Actes Sud et les éditions Barzach par Sébastien Lapaque: "Théorie d'Alger" qui est un chant d'amour pour la ville d'Alger et j' y ai retrouvé beaucoup de mes propres sensations lors de mon voyage en 2016.
Voici une petite video dans laquelle l'auteur nous explique comment lui est venu l'idée d'écrire ce livre.
Ce petit livre évoque l'Alger d'aujourd'hui qu'arpente l'auteur et l'Alger d'hier à l'histoire mouvementée.Il nous fait connaître le petit peuple d'Alger et évoque des rencontres avec des algériens âgés qui lui racontent l'histoire de cette ville que ce soit des "taxistes" d'un certain âge (car les jeunes sont de plus en plus barbus et muets) ou des rencontres de bar, notamment dans le seul bar où il est possible en dehors des hôtels de luxe de consommer de l'alcool!
IL a des discussions passionnées avec des algériens sur le cas de Camus qui n'est pas encore totalement réglé!
Il parcourt les lieux emblématiques de la ville, le jardin d'Essai, le Musée des beaux arts avec ses magnifiques orientalistes( notamment Dinet), les rues si connues l'ex rue Michelet, l'ex rue d'Isly!
Il y a , aussi, un passage émouvant lorsque l'auteur est à la recherche de la tombe de la mère de Camus la veuve Sintes. Il va d'abord, sur une fausse information à Marengo (Hadjout) le village de l'Etranger puis au cimetière de l'ancien Boulevard Bru sur les hauteurs de Bellecourt, le cimetière d'El Madania et c'est l'occasion de pages émouvantes que je recopie ici.
"Il revint au cimetière chrétien d'El-Madania en avril, sous un ciel bleu et un soleil superbe. C'était très tôt, un dimanche matin,dans un calme absolu à peine troublé par le roucoulement des pigeons. A cette heure de la journée,la vue sur la mer dorée, qui se confondait avec le ciel,était somptueuse. Prêtre de la Mission de France et directeur du centre d'études diocésain Les Glycines à Alger, le père Guillaume, habitué à guider les chercheurs venus du monde entier en pèlerinage sur les traces de Camus, lui avait enfin indiqué où se trouvait la tombe de sa mère. Sûr de son fait cette fois-ci, il avait à nouveau acheté un rosier en pot.
La tombe de mère de Camus est tout en bas du cimetière contre le mur d'enceinte, au milieu de la rangée",lui avait indiqué le père Guillaume. En descendant vers l'endroit indiqué,il observa la différence entre les monuments édifiés à l'entrée de la nécropole, sur les hauteurs ,et la modestie des tomes aux noms souvent effacés qu'on découvrait en bas. Pour trouver la tombe de la mère de Camus,il se fraya un chemin au milieu des herbes folles et arracha les plantes qui poussaient entre les stèles. Il était absolument seul dans le cimetière. Par delà le mur d'enceinte, la vue sur le port était grandiose, avec le quartier de Belcourt en bas sur sa droite et à gauche l'hôtel Aurassi,la place des Martyrs et à la Casbah.
Il trouva enfin ce qu'il cherchait. Une plaque de béton grise, ornée d'une croix, brisée en deux, avec une plaque de marbre portant ces simples mots:
Veuve Lucien Camus
Née Catherine Sintes
1882-1960
La mère d'Albert Camus était donc morte avant l'indépendance de l'Algérie, la même année que son fils, huit mois après ainsi qu'il l'apprendrait en consultant les registres. "C'est trop jeune" avait-elle dit en apprenant l'accident de la route qui avait coûté la vie à l'écrivain. Elle ne lui avait pas survécu très longtemps. Il déposa délicatement son rosier su sa sépulture abandonnée et dit une prière en songeant a tous ceux qui , de l'autre côté de la Méditerranée,continuaient,de vivre grâce à l'oeuvre de Camus
ses ayants droits, son éditeur, sans jamais s'être souciés d'honorer la mémoire de la femme qui lui avait donné le jour en entretenant sa tombe. (p 87-88 )"
L'auteur avoue qu'il aime se promener dans les cimetières et je m 'y retrouve tout a fait moi qui ait raconté plusieurs fois mes promenades dans de nombreux cimetières ,ici où là.
Il y a ,aussi, un très bel éloge d'Etienne Dinet et, enfin ,j'ai beaucoup aimé les dernières pages et sa manière de remercier tous les algériens qui l'ont si bien accueilli.
A lire par tous ceux qui connaissent et sont nostalgiques d'Alger et aussi par ceux qui ne connaissent pas cette ville.
Voici une petite video dans laquelle l'auteur nous explique comment lui est venu l'idée d'écrire ce livre.
Ce petit livre évoque l'Alger d'aujourd'hui qu'arpente l'auteur et l'Alger d'hier à l'histoire mouvementée.Il nous fait connaître le petit peuple d'Alger et évoque des rencontres avec des algériens âgés qui lui racontent l'histoire de cette ville que ce soit des "taxistes" d'un certain âge (car les jeunes sont de plus en plus barbus et muets) ou des rencontres de bar, notamment dans le seul bar où il est possible en dehors des hôtels de luxe de consommer de l'alcool!
IL a des discussions passionnées avec des algériens sur le cas de Camus qui n'est pas encore totalement réglé!
Il parcourt les lieux emblématiques de la ville, le jardin d'Essai, le Musée des beaux arts avec ses magnifiques orientalistes( notamment Dinet), les rues si connues l'ex rue Michelet, l'ex rue d'Isly!
Il y a , aussi, un passage émouvant lorsque l'auteur est à la recherche de la tombe de la mère de Camus la veuve Sintes. Il va d'abord, sur une fausse information à Marengo (Hadjout) le village de l'Etranger puis au cimetière de l'ancien Boulevard Bru sur les hauteurs de Bellecourt, le cimetière d'El Madania et c'est l'occasion de pages émouvantes que je recopie ici.
"Il revint au cimetière chrétien d'El-Madania en avril, sous un ciel bleu et un soleil superbe. C'était très tôt, un dimanche matin,dans un calme absolu à peine troublé par le roucoulement des pigeons. A cette heure de la journée,la vue sur la mer dorée, qui se confondait avec le ciel,était somptueuse. Prêtre de la Mission de France et directeur du centre d'études diocésain Les Glycines à Alger, le père Guillaume, habitué à guider les chercheurs venus du monde entier en pèlerinage sur les traces de Camus, lui avait enfin indiqué où se trouvait la tombe de sa mère. Sûr de son fait cette fois-ci, il avait à nouveau acheté un rosier en pot.
La tombe de mère de Camus est tout en bas du cimetière contre le mur d'enceinte, au milieu de la rangée",lui avait indiqué le père Guillaume. En descendant vers l'endroit indiqué,il observa la différence entre les monuments édifiés à l'entrée de la nécropole, sur les hauteurs ,et la modestie des tomes aux noms souvent effacés qu'on découvrait en bas. Pour trouver la tombe de la mère de Camus,il se fraya un chemin au milieu des herbes folles et arracha les plantes qui poussaient entre les stèles. Il était absolument seul dans le cimetière. Par delà le mur d'enceinte, la vue sur le port était grandiose, avec le quartier de Belcourt en bas sur sa droite et à gauche l'hôtel Aurassi,la place des Martyrs et à la Casbah.
Il trouva enfin ce qu'il cherchait. Une plaque de béton grise, ornée d'une croix, brisée en deux, avec une plaque de marbre portant ces simples mots:
Veuve Lucien Camus
Née Catherine Sintes
1882-1960
La mère d'Albert Camus était donc morte avant l'indépendance de l'Algérie, la même année que son fils, huit mois après ainsi qu'il l'apprendrait en consultant les registres. "C'est trop jeune" avait-elle dit en apprenant l'accident de la route qui avait coûté la vie à l'écrivain. Elle ne lui avait pas survécu très longtemps. Il déposa délicatement son rosier su sa sépulture abandonnée et dit une prière en songeant a tous ceux qui , de l'autre côté de la Méditerranée,continuaient,de vivre grâce à l'oeuvre de Camus
ses ayants droits, son éditeur, sans jamais s'être souciés d'honorer la mémoire de la femme qui lui avait donné le jour en entretenant sa tombe. (p 87-88 )"
L'auteur avoue qu'il aime se promener dans les cimetières et je m 'y retrouve tout a fait moi qui ait raconté plusieurs fois mes promenades dans de nombreux cimetières ,ici où là.
Il y a ,aussi, un très bel éloge d'Etienne Dinet et, enfin ,j'ai beaucoup aimé les dernières pages et sa manière de remercier tous les algériens qui l'ont si bien accueilli.
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