dimanche 25 avril 2021

Michel Field: Paris émois

                                                                               

Michel Field publie aux Editions Mialet-Barrault « Paris émois » un essai, un récit dans lequel il évoque au long des pages des quartiers et des rues de Paris où s’est déroulé une grande partie de sa vie. Le livre débute par l’évocation de l’incendie de Notre Dame de Paris en avril 2019 et se termine par le premier confinement et la vision tout a fait inhabituelle de Paris quasiment désert.

J’aime beaucoup la couverture de ce livre qui reproduit le magnifique tableau de Gustave Caillebotte : Rue de Paris un jour de pluie.

Quant au livre lui-même on y trouve l’évocation de très nombreux endroits avec des rappels historiques et l’auteur nous donne les souvenirs personnels que ces lieux évoquent pour lui.

Je dois dire que j’ai été un peu déçu car dans les rappels historiques je n’y ai pas appris grand-chose, beaucoup des éléments qui y figurent ne sont pas originaux et, quant aux souvenirs de l’auteur, il y en a assez peu qui sortent de l’ordinaire des vies d’aujourd’hui. J'ai préféré et de beaucoup le livre ayant le même objet qu'a publié par Laurent  Gaudé: "Paris mille vies". Un passage m’a, cependant ému, celui où l’auteur évoque une employé de l’Etat civil de la Mairie du XII° arrondissement. Je n’en dis pas plus, le lecteur s’y reportera.

lundi 19 avril 2021

Docteur Jivago

 Je n'avais encore jamais lu le roman de Boris Pasternak :Docteur Jivago. J'avais vu le magnifique film avec l'acteur Omar Sharif dans le rôle de Youri Jivago et j'avais aussi lu un certain nombre de textes et récemment un essai sur la façon dont ce livre , condamné par les autorités soviétiques, avaient été publié en occident (un véritable roman du roman!) mais je n'avais donc pas lu le roman lui-même. C'est chose faîte. C'est un roman touffu dont l'histoire se situe à cette période capitale de l'histoire russe, celle où s'est préparé et réalisé la révolution communiste. C'est une période de désordre , de violence et de misère qui s'est ouverte  et le roman donne bien à voir la cruauté et le désordre de tous ces changements. Les péripéties sont nombreuses et il arrive que l'on se perde un peu. Moi qui lit assez rapidement j'ai dû prendre mon temps pour lire les quelques  700 pages de ce roman qui , comme beaucoup de romans des grands écrivains russes (Tolstoï, Dostoïevski) est foisonnant, complexe comme l'âme russe mais cela vaut la peine et on voit bien pourquoi ce roman a déplu aux autorités: il montre les erreurs, les crimes , les illusions de la révolution, qui finalement n'a apporté que du malheur.

Lecteur ayez la patience de lire jusqu'au bout et vous serez bouleversé par les dernières pages: la mort de Youri Jivago et la douleur de son grand amour :Lara.

vendredi 9 avril 2021

Jean Birnbaum: Le courage de la nuance

 

 

Jean Birnbaum vient de publier au Seuil un essai intitulé : « Le courage de la nuance » dans lequel , après avoir constaté que, notamment sur les réseaux sociaux, les discussions étaient tout sauf nuancées et qu’elles relevaient plus de l’anathème et de l’exclusion que d’un réel dialogue, étudie un certain  nombres d’écrivains et intellectuels qui, selon lui, ont été des personnes de dialogue et de nuance.

Le livre s’ouvre sur le cas d’Albert Camus dont on cite souvent deux phrases qui caractériseraient sa pensée :

-« Si il y avait un parti des gens qui doutent j’en ferai partie » et « Mal nommer une chose c’est ajouter au malheur du monde ».

Et il est vrai qu’Albert Camus a souvent été critiqué parce qu’il n’était dans aucun moule et qu’il refusait les simplifications idéologiques outrancières. Si on l’a si mal compris sur l’Algérie c’est bien qu’il était, en effet, dans la nuance. Il condamnait la colonisation et la façon dont le pouvoir traitait les algériens (et il l’a fait dés sa jeunesse avec courage) mais d’un autre côté il ne comprenait pas que les européens d’Algérie, souvent assez pauvres comme l’était sa mère, ne puisse pas trouver une place dans ce pays. Mais ces nuances qu’il apportait sur la question algérienne il les avait, aussi, sur l’Allemagne après la guerre.

L’auteur évoque aussi un grand écrivain, peut-être un peu oublié Georges Bernanos. Voilà un écrivain monarchiste actif, antisémite qui va , au début admirer l’action de Franco en Espagne mais qui, très vite va accepter de voir les crimes odieux commis par les militaires et par l’Eglise. Dans ses « Grands cimetières sous la lune » il va condamner sans ambiguïté cette action de la droite espagnole, acceptant  nous dit l’auteur de voir et ne se contentant pas de slogan et d’idéologie.

Les pages consacrées a Germaine Tillon sont également très belles et nous montre un esprit éclairé refusant ,elle aussi, les idéologies meurtrières avec sur la question algérienne la même analyse que celle de Camus.

 

 

Je ne suis pas sûr que le titre sois bien choisi et que la nuance soit vraiment ce qui caractérise ces différents intellectuels. J’y vois plus une grande lucidité liée à des valeurs solides qui leur permettent de d’y « voir clair », de ne pas se laisser embrigader par des idéologies. Mais quand ils ont vu clair ils ne sont pas dans la nuance et défendent avec force leurs valeurs.  Et d’ailleurs l’auteur ne cite-t-il pas cette phrase de Raymond Aron selon laquelle « la lucidité est la première loi de l’esprit. » ?

L’auteur nous amène aussi à réfléchir sur cette attitude très dangereuse pour la pensée qui consiste à dire : « Vous ne pouvez pas dire cela car vous faites le jeu de l’ennemi »Ne pas faire « le jeu de l’ennemi » conduit souvent , en effet, à ne pas voir ou à ne pas dire ce qu’il faudrait voir ou dire.

Les intellectuels qu’il évoque n’ont pas eu peur de « faire le jeu de l’ennemi » ils ont fait primer leurs valeurs.

Il y a un lien évident entre tous ces intellectuels et cela les oppose à toute cette intelligentsia qui s’est si gravement trompé sur le communisme puis sur la maoïsme. Pas étonnant qu’Anah Arendt ait clairement dit qu’elle admirait Albert Camus et qu’elle n’avait rien appris de Sartre !

                                                

On écoutera aussi cet intéressante analyse de la pensée nuancée

jeudi 18 mars 2021

Emuna Elon: Une maison sur l'eau.

 

Une maison sur l’eau ,le roman d’Emuna Elon paru chez Albin Michel en 2021 est une de ceux que l’on n’oublie pas. L’action se déroule à Amsterdam cette magnifique ville de canaux, de musées et de ponts. Un écrivain israélien, né à Amsterdam, mais n’y ayant vécu que quelques mois avant le départ avec sa mère Sonia et  sa sœur




Neti en Israël, est amené à se rendre dans cette ville pour y faire la promotion de son dernier livre. Il s’y rend à contrecœur car sa mère lui a fait jurer de ne plus jamais aller à Amsterdam.

Et là débute le roman, la découverte de son histoire cachée pendant des années.

Il retournera donc là-bas, poussé par une force irrésistible pour y écrire un nouveau roman, en réalité tenter d’en savoir plus sur la vie de sa famille, pour tenter de revivre son histoire.

Il déambule donc dans cette ville, dans ses musées magnifiques, et c’est l’occasion de nous décrire quelques objets d’arts ,peintures et statues célèbres , le long de ses canaux et s’imbibe de l’atmosphère de la ville. De la chambre d’hôtel minable où il est descendu il scrute la vie de sa rue  et la vie des habitants dans les maisons.

Là vont apparaître, en parallèle a ses propres sentiments et émotions, la vie d’une famille dans un petit appartement non loin de l’hôtel : la vie d’Elly, jeune médecin, sa femme Sonia et leurs enfants Neti et le  bébé Léo ?

Le roman nous replace  à cette malheureuse période où en Hollande le nazisme commis ses crimes aidé par quelques Hollandais et il décrit bien cette incompréhension des juifs en Hollande depuis des siècles, souvent depuis leur exil d’Espagne et qui ne pouvaient imaginer le traitement qui allait leur être infligé !

On passe de l’époque de la guerre avec la vie de Sonia la mère de l’auteur, Yeti sa sœur, Léo son frère inconnu et aujourd’hui avec les déambulations de l’auteur dans Amsterdam.

Pour la période de la guerre on se demande , une nouvelle fois, pourquoi les juifs de Hollande mais aussi d’ailleurs ont cru que cela n’arriverait pas, pourquoi il se sont montrés si dociles si obéissants envers des ordres ignobles. Oui pourquoi ?

L’écrivain va découvrir ,à la fin, de son séjour, sa véritable histoire, une histoire bouleversante que les lecteurs de ce roman découvriront, eux-aussi avec émotion.

Un roman magnifique à lire absolument et à relire aux bords des canaux d’Amsterdam.

dimanche 21 février 2021

Frederic Vitoux: Dictionnaire amoureux des chats

                              


 

Je lis en ce moment le Dictionnaire amoureux des chats de Frederic Vitoux et c’est un régal non seulement pour les amoureux des chats (je suis plutôt chien) mais pour tous ceux qui apprécient l’indépendance, la nonchalance, le secret des chats.

Jai déjà parcouru le Dictionnaire amoureux de Venise (bien sûr) et celui consacré à Marcel Proust. Pourquoi n’y en a-t-il pas un consacré à Albert Camus ? Il est vrai qu’il y a déjà d’autres dictionnaire concernant Camus.

Alors s’agissant d’un dictionnaire je ne vais pas reprendre ici toutes les entrées.  Pour cela il faut lire le livre article par article à la suite ou au hasard. Mais j’attirerai l’attention sur certains passages qui m’ont plu, interpellé, dans lesquels j’ai appris et, par exemple, cette entrée sur « Bébert » ! Bébert c’est le chat de Céline et de sa femme et il a eu une vie pour le moins aventureuse. Moi qui croyais le chat sédentaire et amoureux de sa maison, en voilà un qui est le contraire. Mais peut-être n’a-t-il pas aimé être trimballé partout dans le monde, il aimait seulement non pas ses maîtres (les chats n’ont pas de maîtres) mais ses compagnons Céline et Madame Destouches !

Beaucoup d’autres écrivains apparaissent au fil des pages. Léautaud, ce vieillard mal accoutré avec ses très nombreux chats, son visage à la Voltaire, son air de vieille sorcière qui aurait oublié son balais et son caractère atrabilaire qui, indiscutablement préférait les animaux aux humains ! Mais quel style dans son journal!

La Fontaine dont l’auteur nous montre que, partageant des préjugés ancestraux, il n’a pas donné le beau rôle aux chats dans ses fables. Colette aussi qui a si bien parlé des chats.

Oh , comme j'aime aussi l'histoire de Micetto le chat du Pape Leon XII qui fut confié a Chateaubriand, ambassadeur, à la mort du Pape.

Il ya des entrées qui donne le frisson, "comestible" par exemple où l'auteur nous donne des exemples de situation où l'on a mangé du chat!

Une entrée permet de rêver et de se réjouir: "citations" dans laquelle l'auteur nous donne à lire des centaines de citations sur le chat.

On rencontre aussi es lieux emblématiques de Paris comme le Cabaret du Chat noir.

On apprend beaucoup et on y prend plaisir car c’est écrit avec humour et légèreté même quand l’auteur aborde des sujets plus sérieux comme les procès faits aux animaux dans le passé. L’on se rencontre, alors, que l’humanité a tout de même un peu évolué car qui ferait aujourd’hui un procès aux animaux sans soulever une tempête de rire ? L’évolution est loin d’être terminée car nous traitons encore fort mal les animaux.

Beaucoup de choses encore. Je vous dit au revoir ou à bientôt ou encore Miaou ce qui en chat veut dire : « lisez ce livre, c'est un régal"  !

samedi 20 février 2021

Des dérives préoccupantes dans le domaine judiciaire et dans la presse

 

 

On assiste depuis quelque temps à une dérive très inquiétante dans le domaine des infractions sexuelles et il est temps, me semble-t-il, de prendre conscience de ces dérives, de leurs extrêmes gravités et de réagir quand il est encore temps.

Depuis le mouvement « Mée too » on nous dit que « la parole s’est libérée » et notamment celle des femmes et celles des jeunes enfants et que dès lors les viols ou attentats divers à l’intégrité sont maintenant dénoncés.

On ne peut que se réjouir de cette situation à condition qu’elle n’entraine pas des conséquences trop graves et elles-mêmes irréparables.

On ne peut pas ignorer, à moins d’être totalement inexpérimentés ou totalement naïfs que la parole peut être mensongère et que les femmes comme les enfants, comme les hommes en général ne sont pas à l’abri du mensonge, de la perversion.

Dès lors et depuis les origines l’humanité a mis en place petit à petit des mécanismes destinés à protéger contre les accusations mensongères.

Elle a d’abord -ce qui semble élémentaire- demander qu’au-delà de la parole des preuves plus sérieuses soient apportées.

Que ces preuves soient analysées, pesées, discutées contradictoirement devant un juge.

En attendant ce débat contradictoire la présomption d’innocence a été proclamée dans de nombreux textes fondamentaux et a constitué un immense progrès destiné a protéger tout citoyen face a des accusations qui pouvaient se révéler infondées.

Lié à cette présomption d’innocence on a ajouté que c’était à celui qui poursuit (Procureur de la République) de faire la preuve de la culpabilité et non au prévenu de prouver son innocence ce qui est souvent impossible.

On a, aussi, établi la règle de la prescription des crimes. Cette règle est une disposition importante car il est clair pour tout le monde que les preuves dépérissent avec le temps et qu’il est difficile, souvent impossible de reconstituer les faits plusieurs années après.

Enfin un certain nombre de texte en droit pénal et en droit civil ont tenté de protéger la présomption d’innocence et donc de condamner le fait de mettre sur la place publique des accusations non jugées.

Toutes ces règles que je viens d’invoquer ont toutes été des progrès dans la protection des libertés individuelles et elles étaient au bénéfice de tous citoyen pouvant un jour se trouver accusé. Chacun devrait prendre conscience de l’importance capitale de ces règles qui sont le fruit du travail de nombreux philosophes et législateurs. Chacun devrait comprendre qu’il pourrait, un jour, être accusé car cela n’arrive pas qu’aux autres et qu’alors il serait bien heureux de pouvoir bénéficier de ces protections qui ne sont pas des protections contre le crime mais contre l’injustice.

Or, il est malheureusement clair que toutes ces règles sont aujourd’hui et de plus en plus bafouées, foulées au pied et cela ne constitue absolument pas un progrès de l’humanité mais, à mon sens, une absolue régression.

La présomption d’innocence dont beaucoup se gargarise (hommes politiques, journalistes) est absolument méconnu et même par ceux qui devraient en assurer la protection. Les politiques par faiblesse l’ont déjà mise à mal lorsqu’ils ont édicté la règle selon laquelle un élu mis en examen devait démissionner.

Cette règle qui se veut morale est absurde et ouvre la voix à tous les abus puisqu’il suffit d’être accusé et mis en examen (ce qui ne signifie être obligatoirement coupable) pour être écarté. Où se trouve la présomption d’innocence dans ce cas ?

Maintenant disons aussi que les règles tant civiles que pénales censées protéger celui qui est présumé innocent sont constamment bafouées et notamment par les journalistes qui, certes, prennent des précautions oratoires en saluant mécaniquement la présomption d’innocence mais présentent les faits de telles manière que le lecteur voit le poursuivi comme coupable bien avant d’avoir été jugé, poursuivi qui est quelques fois innocenté alors que le mal est fait !

Bien plus grave cette situation est rendue très grave sur les réseaux sociaux où aucune limite n’existe vraiment. Dés loirs l’accusé -et ce sera peut-être vous un jour- est présenté comme coupable au monde entier.

Cette situation n’est pas nouvelle mais elle devient véritablement préoccupante avec les dérives récentes où la parole des victimes devient sacrée, devient crédible par nature et où l’on accepte de la recevoir après des années et des années de silence au prétexte -quelque fois vrai- que cette parole n’a pas pu être dite avant ! Cette parole est d'avance crue et l'on nous cesse de répéter que la parole des femmes victimes doit être crue. Or n'y a t-il jamais des femmes qui acceptent vraiment avec diverses espérances et qui sont d'autant plus porté a dénoncer que leurs espérances ont été déçues! Est-ce un blasphème que de dire cela? Est-ce que la pratique des tribunaux ne démontrent pas que  de nombreux justiciables de quelques côtés qu'ils soient mentent?

Dès lors les parquets ouvrent des informations malgré la prescription et l’accusé se retrouve plus de trente après les « faits » livré à une parole sacralisée et mis au pilori des journaux et des réseaux sociaux et sa parole, elle, est tout sauf crue !

Je crois que chacun réfléchira et se demandera si tout cela constitue un progrès. Je ne le pense pas.

J’ajouterai, enfin que l’objet que l’on poursuit, noble en lui-même, à savoir, rendre justice et par là « réparer » la souffrance de la victime ne sera pas atteint. En effet je doute complétement que la condamnation d’un auteur plus de trente ans après les faits répare quoique ce soit. La victime atteinte psychiquement par les faits aura, en effet du mal, à sortir d’un mal être qu’elle a connu pendant trente ans et plus et cela grâce à un jugement ! Son mal ne sera t-il pas plutôt aggravé par le débat qui s'engagera, par es propos  du prévenu qui se défendra, autrement dit par le déballage de tout ce linge sale?

Je pense donc en fin de compte qu’il est bien que la parole se libère et qu’il faut y pousser et faire comprendre aux victimes qu’elles doivent dénoncer le mal le plus vite possible. Il faut des mécanismes pour les y aider, des lieux d'écoute et d'assistance. Mais lorsque cela ne se fait pas, pour des raisons que l’on peut comprendre, il est malsain de bouleverser nos règles fondamentales qui sont le fruit d’une longue réflexion. Cela d’ailleurs nuit a tout le monde et ne résout évidement pas la souffrance des victimes et certains avocats se sont élevés récemment  contre ces dérives graves dans une tribune du Monde et dans le  Parisien  Je partage entièrement leurs préoccupations.

Maintenant à chacun de se faire son idée.

mercredi 10 février 2021

Gisèle Halimi: Avocate irrespectueuse

 Alors que le récent rapport Stora suggère l'entrée de Gisèle Halimi au Panthéon j'ai décidé de relire son livre :"Avocate irrespectueuse" paru chez Plon en 2002 et que j'avais lu à sa sortie. J'avais déjà beaucoup aimé deux de ses livres de mémoire: "Le lait de l'oranger" où elle évoque ses souvenirs tunisiens et "Fritna" dans lequel elle aborde les relations , pas toujours facile qu'elle a eu avec sa mère, une mère traditionnelle ,soumise alors qu'elle était , dés sa jeunesse, une femme libre.

Dans Avocate irrespectueuse elle se penche sur son métier d'avocat, commencé dans la Tunisie coloniale et poursuivi à Paris et elle évoque un certain nombre des grandes causes qu'elle a défendu.

Le trait dominant de son caractère est le courage, car il lui en fallu beaucoup pour plaider un certain nombres de causes dans l'Algérie coloniale, pour dire tout haut,  face a des juges hostiles et ,eux, irrespectueux du droit, un certain nombre de vérités fortes.

Lorsqu'aujourd'hui on évoque l'histoire des rapports entre la France et l'Algérie en soulignant ,du côté algérien, que tout doit être dit des crimes commis, je pense que c'est une demande inutile. Il suffit de lire ce livre pour se rendre compte des forfaitures de l'Etat français dans ce domaine. Je pense ,enfin, qu'en la faisant entrer au Panthéon ce sera de toute évidence reconnaître qu'elle avait raison dans son combat aux côtés des Algériens. Continuer a demander des excuses ce sera ,alors, tout simplement vouloir, pour des raisons politiques ,une sorte d'humiliation  et je crois cela malsain.

A coup sûr, Gisèle Halimi reçue avec une forme de condescendance par ses pairs lors de son arrivée dans la profession, a indiscutablement était l'honneur de cette profession.