lundi 30 août 2021

Maurice Genevoix: Trente mille jours

 J'ai retrouvé dans ma bibliothèque ce recit de Maurice Genevoix : "Trente mille jours" sorte de mémoires de cet écrivain , écrits à plus de quatre vingt ans et qui, au soir de sa vie, se souvient. On sait qu'il a vécu et beaucoup aimé les bords de Loire, qu'il raconte comme aucun autre cette campagne qu'il connaît si intimement depuis son enfance et c'est de cette enfance qu'il nous parle. En réalité et comme ille dit il ne suit pas un plan mais bien plutôt la survenue de ses souvenirs, les uns appelant les autres, passant d'une partie de sa vie à une autre, évoquant tous ceux qu'il a connu et beaucoup de morts parmi eux. La mort est présente, chez lui, depuis toujours, depuis plus précisément la mort de sa mère alors qu'il n'avait que douze ans et qui le hante encore.

Bien sûr il revient sur ses années d'apprentissage depuis l'Asile de sa toute jeune enfance jusqu'à l'école Normale Sup où il se fit tant de camarades et où il eu le bonheur de rencontrer des personnalités hors du commun comme Lucien Herr et     . Bien sûr il revient avec un émotion toujours vivante sur ses années de guerre et celui qui écrivit "Ceux de 14" nous replonge dans cet enfer qu'il connut si jeune et qui le marqua à vie.

Tout cela dans un style magnifique, précis  et si émouvant.

Il raconte comment au lendemain de la guerre une carrière à l'Ecole Normale lui était ouverte qu'il a refusé et comment, quelques temps après, à cause de l'épidémie de grippe espagnole il a quitté Paris pour son pays de Loire.

Il a été qualifié successivement d 'écrivains de guerre puis d'écrivains régionaliste alors qu'il est, à coup sûr, un écrivain universel qui sait toucher le coeur de ses lecteurs. On aimerait citer des pages et des pages de ses souvenirs, sur les animaux depuis le chat Rrour jusqu'au petit écureuil de la fin du livre, les pages sur les morts nombreux de la guerre et d' ailleurs, sur ses goûts en matière de peinture, ses pages très drôles sur les conférences qu'il a été amené a donner un peu partout dans le monde.

Il a connu les honneurs et récemment le Président Macron ,au cours d'une cérémonie que l'on peut voir

ici l'a fait entrer avec les soldats de la guerre de 14 au Panthéon.

Je voudrai terminer en lisant dans cette vidéo les dernières pages de ce beau livre. J'ai choisi les dernières mais il y en a beaucoup que j'aurai voulu lire à haute voix





vendredi 6 août 2021

Plaidoyer pour l'interdiction des partis religieux en Tunisie.

 Publié dans Kapitalis

 Analyse pour une interdiction des partis religieux.

 

 

J’écris ce texte après avoir lu de très nombreux articles de juristes constitutionnalistes et hier l'article de Monsieur Mezri Haddad dans Kapitalis. Une très grande majorité pour ne pas dire l’unanimité dresse un constat accablant des règles constitutionnelles et électorales qui gouvernent la Tunisie et qui ont été voulu, ne l’oublions pas ,par les islamistes.

Ces règles  dans leur principe ont été élaborées et certains les justifient encore par le fait qu’elles empêcheraient tout retour à la dictature.

Alors certes aucune dictature n’est possible car il n’y a en réalité aucun pouvoir : 

le Président à Carthage n’a aucune réel pouvoir, l’Assemblée divisée et composée d’une multitude de partis qui ne représentent rien n’a pas ,non plus, le pouvoir et le Premier Ministre est, malgré tout sous la coupe  de quelques partis qui font des alliances contre nature et qui ont le pouvoir de nuisance et celui de le démettre.

Autant dire que le pays n’est absolument pas dirigé, qu’aucun réel programme n’est en place et cela se constate jour après jour depuis dix ans avec une régression dans tous les domaines telle que le pays n’en a jamais connu !

Beaucoup des constitutionnalistes que je lis font ce constat et estiment que la Constitution et les règles électorales doivent impérativement être changées.

Pourquoi malgré cette belle unanimité de l’analyse cela ne se fait pas ? Et bien tout simplement parce que les islamistes d’abord mais aussi quelques partis opportunistes et sans patriotisme, savent qu’avec un changement des règles ils sont à peu près sûr de perdre leurs postes et leur maigre pouvoir de nuisance.

Mais il y a autre chose ! Et cela je ne le lis jamais. 

Il faudrait aussi interdire les partis qui utilisent la religion. Et je vais dire pourquoi car , selon moi il existe des raisons fondamentales de le faire.

La première des raisons est que les partis islamistes qui instrumentalisent la religion ont, partout où ils ont eu le pouvoir, conduit  leurs pays au désastre et au déclin. Ils ont fait régresser des pays qui étaient sur la voie du progrès et les ont fait faire un bond en arrière évident.

Ceux qui ont eu une apparente réussite ne l’ont eu qu’au prix d’une dictature et parce que ils avaient des richesses sur leur territoire. Examinez le cas de l’Iran et celui de la Turquie et demandez vous si c’est une réussite en terme de démocratie et de liberté ! 

Quant aux autres, ceux qui soutiennent, hors de chez eux, une démocratie islamiste ce sont des dictatures plus ou moins familiale et dans lesquelles il n’existe aucune liberté!

La seconde raison plus juridique celle-là est que les partis islamistes qui accaparent le religieux ont nécessairement une vocation totalitaire et dictatoriale dans la mesure où ils prétendent parler au nom de Dieu, usurpant de manière d’ailleurs blasphématoire le nom et la parole de Dieu.

Quand vous parlez selon la « parole de Dieu » en tous cas celle qu’apparemment vous adoptez, pensez vous qu’il y a une place pour une autre pensée, pour d’autres règles ?

Avez-vous déjà entendu une religion dire : « voilà ce que veut Dieu » mais faisons autre chose plus conforme à notre intérêt ?

Toutes les religions et pas seulement l’Islam ont une vocation totalitaire et veulent de manière univoque le respect de ce qu’elles croient ou présentent comme étant la volonté divine. Le Catholicisme a été totalitaire :il a été à la base de la monarchie  absolue. 

Une religion cesse d’être totalitaire non pas dans sa vocation mais dans la pratique quand dans un pays elle est minoritaire où que la volonté populaire l’a mise en dehors du jeu politique , en dehors du pouvoir.

L’histoire nous démontre cela avec éclat.

 

Troisièmement, en dehors de cette dérive totalitaire inévitable, puisque parlant soi-disant au nom de Dieu, ils ne peuvent se tromper et ne peuvent admettre une opposition, ces partis dans les pays à grande majorité musulmane ne peuvent qu’aboutir à une division inacceptable entre « les bons  musulmans » ceux qui adhérent à leur parti et « les mauvais musulmans » ceux qui les combattent .

Et puis je demande aux musulmans de réfléchir au fait qu'il y a, de toute évidence, de nombreuses obédiences de l'Islam. Quel rapport entre des soufis et des fondamentalistes? Alors qu'est un parti qui se fonde sur l'Islam? Quel Islam? Cette simple réflexion montre qu'il y a grand danger de divisions et la division est dangereuse pour tout peuple et une Constitution doit tenter d'éviter tout ce qui peut être source de division et de paralysie.

 

Alors ce qui s’est passé en Tunisie a été un contre sens par rapport a cette situation, pourtant, selon moi, évidente. 

M Yad Ben Achour qui est , je n’en disconviens pas, un grand universitaire a tenté, en allant chercher dans le Coran, ce qui pouvait lui permettre de dire que l’Islam était compatible avec la démocratie. Je dois dire que sa démonstration est assez laborieuse et qu’elle est contredite par des milliers d’année d’histoire.

Par ailleurs savoir si l’Islam est compatible avec la démocratie ne résout pas le vrai problème qui est celui  de l’existence même de partis politiques basés sur l’Islam. Même si l’Islam est compatible avec la démocratie, cela veut seulement dire qu’un pays ,dans lequel la majorité des citoyens sont musulmans, peut avoir un pouvoir politique démocratique mais cela ne veut en aucun cas dire qu’il faille accepter qu’un parti instrumentalise la religion car dans ce cas outre que ce parti divisera les citoyens musulmans entre les bons et les mauvais, il aura lui, une vocation totalitaire même si il veut la camoufler et la réalité dans tous les exemples de l’histoire l’a démontré.

Je pense donc que le Professeur Ya d Ben Achour a commis une très grave erreur en favorisant la Constitution actuelle de la Tunisie. 

Certains de ceux qui, avec lui, voulaient cette Constitution avaient peut être un agenda et des projets cachés. Je n’en sais rien mais ,une chose est certaine, ils ont nui et gravement par leur idéologie a ce pays en le faisant régresser , le mettant en danger et en le traitant avec un certain mépris puisqu’ils lui donnaient une règle qu’ils se gardaient bien d’appliquer chez eux  !

Je pense donc fortement qu’il appartient aux règles constitutionnelles de faire en sorte d’empêcher une telle dérive totalitaire et elle n’est possible qu’en interdisant les partis religieux car ils créent  de manière inévitable et très grave une division de la société , une « fitna » qui ne peut que nuire au fonctionnement des pays.

Et ce d’autant qu’ils utilisent abusivement les mosquées et les imams pour leur propagande mettant tous les autres partis dans une position d’inégalité contraire aux règles d’une réelle démocratie.

Depuis la survenue de ce véritable cancer qu’est l’islamisme politique la politique est devenue inefficace  et donc a été atteinte dans son essence même car elle a conduit les citoyens à douter d’elle mais, d'un autre côté, la religion aussi a perdu du terrain car beaucoup se sont demandé à quoi croire quand ils voyaient les dérives commises par les prétendus « religieux ». On ne compte pas les jeunes et moins jeunes qui, désormais ont relégué la religion au rayon des idées nuisibles. Paradoxalement ces partis qui prétendent défendre la religion (ce qui en réalité est une immense hypocrisie) lui nuisent infiniment.

De toute manière dans l’histoire de toutes les religions elles ont montré que lorsqu’ elles étaient au pouvoir elles étaient dictatoriales.

Je pense donc qu’il existent des raisons objectives et majeures d’interdire ces partis et c’est une question dont les Constitutionalistes devraient s’emparer. Un    article récent semble donner raison à mon analyse.

Après la parution de ce texte sur les réseaux sociaux et dans Kapitalis, le Professeur Yad Ben Achour a répondu pour contester fermement ce que j’avais écrit . Il déclare en substance qu’il a mis en garde et adressé de nombreuses critiques à la Constitution sans être entendu, notamment par les islamistes. Dont acte.

Cependant  cette situation a évoqué ,pour moi, la situation du Pape Pie XII au moment du nazisme et ce qu’en dit Albert Camus. Il écrit en substance :  « Moi, l’incroyant j’attendais qu’une grande voix s’élevât à Rome pour condamner clairement et fermement le nazisme. On me dit que la condamnation fut portée mais qu’elle le fut dans la langue des encycliques ! La condamnation aurait été portée mais n’a pas été entendu. Qui ne voit que c’est bien là le problème. »

Par ailleurs le Professeur Yad Ben Achour nous dit que la condamnation des partis religieux ne peut être une condamnation générale mais qu’elle devrait intervenir au cas par cas !

Dans ce cas on aimerait bien connaître les critères d’un tel tri ! Encore le vrai et le faux Islam, le bon et le mauvais ! Mais qui est habilité à le dire ? Et qui ne voit que cela entrainera encore et encore des difficultés immense et des dérives inévitables ?


samedi 17 juillet 2021

La victoire en pleurant de Daniel Cordier

 

Le dernier livre de Daniel Cordier « La victoire en pleurant » qui vient de paraître est la suite d’Alias Caracalla qui a eu un grand succès. Daniel Cordier a écrit ce livre dans la dernière partie de sa vie et peu avant son décès et il revient sur sa vie après la mort de Jean Moulin « Rex » qui fut son chef et pour lequel il eut une grande admiration et une grande amitié.

Ce livre se lit avec autant d’intérêt que le précédent et j’y ai retenu deux parties au milieu d’une foule d’évènements tenant à l’histoire.

J’ai d’abord aimé ce passage où, traversant l’Espagne avec des camarades pour continuer le combat et alors qu’il est à Madrid il passe deux jours a visiter le Musée du Prado. De son vivant Jean Moulin qui l’a un peu initié à l’art lui avait promis de lui faire visiter ce musée et, pendant que ses camarades visitent la ville, lui déambule dans toutes les salles du prestigieux musée et admire les nombreux chefs d’œuvre de la peinture espagnole. Il nous dit ses réactions devant ces œuvres dont beaucoup l’éblouissent. On sait que dans une autre partie de sa vie il fut marchand de tableaux et qu’il  a laissé une belle collection d’art moderne. Là ce sont les grands classiques qu’il admire et auquel il s’initie. Mais les blessures de la guerre ne sont pas loin et il éclate en sanglot devant les Tes de Mayos, les fusillés ui rappelant ,tout à coup, ses camarades disparus.

L’autre passage qui m’a intéressé est celui où il évoque sa rencontre avec Camus et Sartre. Adolescent il avait une admiration pour Sartre qu’il avait très peu lu. Lorsqu’il le rencontre il est ébloui par l’intelligence mais aussi par la gentillesse de Sartre qui, à un moment, souhaitera que Daniel Cordier l’aide à obtenir des fonds pour organiser un nouveau groupe de résistants. Sartre estime , en effet, que tous les autres groupes n’ont qu’un but : faire la guerre aux allemands mais que leurs participants ne réfléchissent pas assez a ce qu’il faudra faire après la victoire, au nouveau système à mettre en place. Sartre veut que son groupe tout en se battant soit un groupe qui prépare l’avenir idéologique pour l’après victoire et il croit ce point essentiel.

Cela m’a conduit a estimer qu’il y  avait là une différence assez fondamentale avec Albert Camus. La participation de Sartre à la résistance a fait débat, celle de Camus est incontestable.  Sartre reste un théoricien et l’essentiel pour lui est de réfléchir a un système pour après, Camus, lui, combat. Non pas qu’il ne réfléchisse pas, ses Lettres à un ami Allemand et ses chroniques dans Combat prouve le contraire mais il sait, lui, que la priorité absolue est d’abord de vaincre les nazis par les armes et qu’il sera alors temps de penser au régime a mettre en place.

J’aurai aimé évoqué cela avec Daniel Cordier lorsqu’il y a maintenant une vingtaine d’années je l’avais reçu dans mon Cabinet d’avocat à Pau. Mais, à cette époque je connaissais moins Camus et je n’ai pas eu  cette discussion qui eut été passionnante et je suis passé  à côté d’un homme à la vie passionnante.

mardi 6 juillet 2021

Séjour a Athènes chez Anis

 Nous avons quitté Paris le 30 juin pour Athènes pour un séjour d'une semaine chez Anis. Vol sans encombre. J'avais loué une voiture et nous avons pris la route d'Athènes pour rejoindre le quartier où réside Anis , quartier Kipseli rue Ydras. Comme nous étions partis le nez au vent sans carte nous avons eu un peu de mal a trouver d'abord le quartier et surtout dans le quartier la rue Ydras. Cependant avec l'aide des Grecs nous y sommes parvenus.

Anis est très bien logé dans un appartement qu'il vient de finir de rénover et qui est à la fois fonctionnel et chaleureux dans un excellent goût moderne.

Le quartier est très agréable. Nous avons dîner ce premier soir sur la petite place St Georges a deux pas de l'appartement et un autre soir sur une sorte de paseo bordé de restaurants et de bars avec tout au long un parc où les enfants jouent et où, dans certaines parties les chiens se rencontrent à la fraîche .

Le lendemain Anis nous a servi de chauffeur et de guide et il nous a fait connaître le Centre culturel Niarchos, réalisation récente qui jouxte la Bibliothèque Nationale et l'Opera d'Athènes. Cette réalisation  récente est dans un beau moderne, assez sobre, toutes les salles sont largement vitrées et il y a, sur le haut du bâtiment une magnifique terrasse depuis laquelle on peut voir la côte du côté du Pirée.

Le bâtiment donne sur une immense esplanade bordé d'un canal sur lequel , toutes les heures se déclenchent des jets d'eau avec de la musique. L'esplanade se poursuit par un immense jardin méditerranéen en pente et qui est très fréquenté par les habitants.

Sur le chemin du retour un bar avec vue sur l'Acropole, une autre dans une très ancienne maison et , enfin, repas dans un sympathique restaurant d'un quartier un peu excentré.

Ce matin visite tout d abord d un camp de migrant dans la périphérie immédiate d Athènes. On voit de près le malheur de ces gens avec en ce moment la grosse chaleur. Je reviendrais sur cette question.
Immédiatement après ,dans le même quartier visité d une ancienne importante usine qui fabriquait du gaz à partir du charbon et qui a été transformé en un lieu culturel, musée et salles de spectacles. On y mesure les très difficiles conditions de travail de cette époque, les travailleurs subissant près des fours et turbines des chaleurs épouvantables. L on mesure alors ce que furent ces époques et leurs dureté.
Après un jus d orange dans un agréable patio verdoyant nous partons visiter le musée de la Fondation Basile et Élise Goulandris. L'intérêt c'est qu'il s'agit d'un petit musée où l'on peut déambuler sans fatigue et sans être entouré de trop de monde.
Enfin déjeuner sous une tonnelle dans une rue très en pente du quartier des ambassades.

Ce dimanche départ pour la plage! Ne me demandez pas où exactement car nous avons été conduit par Anis à 25 km environ d'Athènes sur la route en direction du Cap Sounion. Un premier bain pour cette année sur une plage fréquentée mais agréable et dans une eau à la température idéale. Je ne suis jamais entré aussi facilement dans l'eau qu'aujourd'hui! J'ai passé plus d'une heure dans l'eau à deviser, refaire le monde dans la position de l'hippopotame bienheureux!
Nous avons ensuite fait un déjeuner excellent sur une terrasse protégée les pieds dans l'eau. Que demander de plus? Retour dans l'après midi a Athènes pour une sieste méritée. Nous avons parcouru une partie de la côte très découpée avec de beaux points de vue.
En parcourant cette route je me suis souvenu de l'échange d'appartement que nous avions effectué en septembre 2012 et qui nous avait déjà permis d'apprécier la vie chez les Grecs.
Le soir passé un long moment dans le plus grand parc d Athènes ( 24 Ha) : le champs de Mars, situé tout à côté de l appartement et consacré aux héros grecs de différentes guerres.
"Champ-de-Mars (Athènes) — Wikipédia" https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Champ-de-Mars_(Ath%C3%A8nes)

Nous avons assisté , hier soir lundi, à un concert donné par El Sistema Grèce dans le cadre du magnifique Théâtre d’Erode. Ce théâtre érigé en 121 après JC est un théâtre romain situé juste sous l’Acropole et rénové en 1951. Nous avons pu apprécier son haut mur en pierres et ses gradins en marbre s’élevant à pic.
Très bien placés nous avons pu profiter d concert tout en admirant ce monument qui a traversé le temps.
Avant d’entrer dans l’enceinte du Théâtre d’Erode nous avons profiter d’un moment privilégié en grimpant (accès aménagé )sur des rochers pour voir le coucher du soleil sur l’Acropole d’un côté et une partie de la ville de l’autre.
Il semble que les jeunes d’Athènes viennent là assez souvent pour jouir de ce point de vue.
Dernier jour à Athènes. Nous visitons le nouveau musée de l'Acropole et c'est vraiment une visite à faire. D'abord il y a une collection importante de marbres (statues, frises, bas-relief, stèles...)mais aussi de très beaux vases grecs. Tout est parfaitement mis en valeur dans un musée moderne où les salles sont vastes, très éclairées par d'immenses baies donnant sur l'Acropole , le Lycabette et une partie de la ville. Il y avait du monde mais de manière tout a fait raisonnable et l'on n'était pas gêné. Le seul regret, pour nous, est que toutes les indications sont en grec(normal!) et en anglais. En soirée dîner dans le quartier de Plaka puis nous crapahutons dans des rues très en pente,des escaliers pour parvenir à un nouveau belvédère situé près de l'observatoire d Athènes et d ou l on a la vue la plus belle sur l Acropole illumine ,un peu plus loin le Lycabette et la ville d Athènes. C est notre façon de dire au revoir à la ville. Anis nous aura ainsi fait connaître trois magnifiques points de vue.

samedi 3 juillet 2021

El Sistema Grèce

A l'occasion du séjour que je viens de faire à Athènes chez Anis, je me suis, à nouveau intéressé à ce grand mouvement, né au Venezuela et qui a essaimé un peu partout dans le monde. Anis dirige cette organisation en Grèce et j'ai donc voulu en savoir plus, d'autant qu'il nous a invités à assister le 5 Juillet à un concert donné par les enfants réfugiés dont l'organisation s'occupe.

Il y a déjà une abondante littérature sur cette question et je donnerai à ceux qui veulent approfondir les liens de vidéos et d'articles mais je voudrai résumer et donner envie d'approfondir et de réfléchir sur cette méthode d'intégration des enfants (de 7 à 21ans), démunis, éloignés de leur cadre de vie habituelle, vivant dans des camps, par la musique.

Systema est né au Venezuela grâce à l'idée d'un homme politique qui a pensé qu'il fallait aller chercher les enfants des quartiers pauvres, des favelas et de les conduire à améliorer leur vie et leur éducation par la musique, ce langage universel. La réussite a été telle que cette idée a été reprise partout dans le monde au bénéfice des enfants défavorisés; et, ici en Grèce, au bénéfice des enfants des réfugiés politiques venus des pays en guerre.

Pendant le temps de leur séjour en Grèce et en attendant que la demande d'asile des parents soit examinée, ils sont pris en charge par El Systema qui va les initier, petit à petit à la musique et également à une éducation minimum, favorisant ainsi leur développement et leur donnant une perspective.

Rien de plus émouvant que de voir 


(par exemple) où ces jeunes, avec l'insouciance (heureusement) de l'enfance, apprennent à chanter et à jouer de divers instruments.

J'ai été voir (de l'extérieur) un camp de migrant installé dans la toute proche périphérie d'Athènes et j'ai pu mesurer toute la misère qui y vit malgré les efforts louables de la Grèce. C'est dans ce camp, parmi les jeunes enfants des migrants, qu'El Systema recrute pour apprendre à ces jeunes si défavorisés et pour les éveiller, les éduquer, leur apprendre à apprécier la beauté de la musique et à collaborer avec d'autres.

Anis Barnat qui dirige El Sistema Grèce a rédigé en 2018 pour la Revue Internationale d'Education de Sèvres un article intitulé : El Sistema ou l'éducation musicale pour tous, un mouvement mondial.

Dans ce texte, il rend hommage au créateur de ce mouvement José Antonio Abreu.

Il écrit : "L'idée de départ est simple, voire simpliste : montrer de manière très concrète le pouvoir de la musique comme agent de transformation transcendantale. Faire avant de comprendre, expérimenter avant de théoriser, privilégier le groupe tout en favorisant l'épanouissement de chacun dans les apprentissages. La pratique collective de la musique est un droit fondamental et un modèle humaniste d'intégration et d'organisation sociale. Cette philosophie prône l'enseignement gratuit, soutenu et interactif et promeut des valeurs éthiques et esthétiques du vivre-ensemble. 

Les orchestres et chœurs sont beaucoup plus que des structures artistiques. Ce sont des modèles et écoles de vie en société. A travers ces écoles, se crée une discipline rigoureuse d'articulation et de concertation entre les enfants, dans un esprit de solidarité et de fraternité et de coexistence sociale."

Anis s'est également expliqué dans cet entretien

Pour ceux qui voudront en savoir plus, je conseillerai le livre de Vincent Agrech : Un orchestre pour sauver le monde. Voyage au coeur du Sistema. Editions Stock.2018.

Je rajouterai que sur le plan pratique, que Sistema Grèce utilise pour l'aider dans son travail d'éducation, quelques parents de ces jeunes migrants qui traduisent, servent d'interface et ont la mission de convaincre les autres parents de l'utilité de laisser leurs jeunes enfants participer à ce programme.

Anis m'expliquait que son organisation essaye de suivre au mieux ces enfants et lorsque les parents ayant obtenu un titre de séjour vont vivre ailleurs qu'en Grèce, Sistema se met en rapport avec des éducateurs du pays d'arrivée pour que les jeunes puissent continuer leur apprentissage de la musique.

C'est un travail long, difficile mais qui donne de très bons résultats et je rajouterai qui donne une merveilleuse leçon d'humanité dans cette difficile question des migrants. 

Je voudrai inciter tous ceux qui s'élèvent contre l'accueil des migrants et qui pour certains en font leur fonds de commerce, de regarder les vidéos que je place à la fin de cet article. Pourront-ils rester insensibles et rester sur leur position de fermeture et d'exclusion ? Si c'est le cas, c'est qu'ils ont le coeur bien dur.

Je reste cependant tout à fait lucide et cette œuvre magnifique, humanitaire et nécessaire ne règlera pas le problème complexe des migrants mais ne donnerait-elle que quelques moments de bonheur à des enfants et quelques perspectives à certains, ce serait déjà beaucoup.

Dans cet article deux responsables de Radio France racontent leur séjour en Grèce avec les migrants et El Sistema. Dans cet autre article le journalise raconte lui aussi son séjour chez les migrants à Athènes. Ici encoreRadio France évoque aussi l'intégration par la musique. On peut voir aussi des spectacles donnés par les enfants.


Nous avons donc assisté à un concert donné par El Sistema Grèce dans e magnifique Théâtre d'Erode qui se trouve situé juste en dessous de l'Acropole. Ce théâtre est un théâtre romain construit en 121 après JC et restauré en 1951. Il est plus petit que celui d'Orange en France ou d'El Jem en Tunisie mais est tout a fait superbe avec son haut mur en pierre et ses gradins en marbre. Nous étions fort bien placés et nous avons pu apprécier à la fois le cadre et le concert des jeunes d'El Sistema avec un programme varié de grands standards de la musique mondiale de ce siècle.
Ainsi se trouvait concrétiser devant nous et pour notre plaisir le travail d'Anis.



samedi 26 juin 2021

Alger: Sur les pas de Camus et de ses amis

 Est paru en octobre 2019 aux Editions Arak un petit livre très intéressant qui est un guide d'Alger. Ce livre retrace l'ensemble des lieux qu'ont fréquenté Albert Camus et ses amis à Alger pendant les années 1920-1960. Il s'agit d'un guide sous forme d'itinéraires dans la ville et tous ces itinéraires partent de la Grande Poste au Centre ville. Les auteurs Christian Phéline et Agnès Spiquel; tous deux spécialistes de Camus, ont pris soin de donner a toutes les rues, chemins, rampes à la fois leur nom actuel et le nom qu'ils portaient avant 1962.

A propos de chacun des endroits qu'ils font visiter sur l'itinéraire ils donnent des citations tirées de l'œuvre d'Albert Camus ou de documents émanant de ses amis et fournissent un éclairage historique.

Je ne peux que recommander ce livre qui l'aurait été bien utile lors de mon voyage en 2016. Il est clair que si je retourne à Alger, ce que j'espère faire, ce livre sera ,pour moi, un bréviaire très utile.

J'ai toujours pensé qu'une Algérie ouverte au tourisme se devrait de créer des itinéraires Camus. Voilà un bon point de départ. Je lis l'introduction de ce petit livre dans la vidéo qui suit.

                                         


samedi 12 juin 2021

Martine Mathieu-Job: Mon cher Albert. Lettre à Camus

 Voilà un beau livre que je viens de lire d'une traite dans le train qui m'amenait à Paris. C'est un petit format édité par une maison d'édition en Tunisie (Elyzad) et son auteur est une universitaire née, comme Camus en Algérie, mais qui donne là un essai qui n'a rien d'universitaire et qui est , tout au long, dans l'émotion et dans un style fort agréable.

Elle nous dit et cela je l'ai souvent pensé que Camus est un auteur qui appelle sur lui une forme de tendresse. C'est quelqu'un qu'on aurait aimé avoir pour frère ou pour ami et il avait l'amitié fidèle. Je me suis souvent demandé si j'éprouvai un même sentiment à l'égard d'autres écrivains que j'admire. Et bien non. J'ai pourtant un panthéon assez fourni de Gide à Mauriac en passant par Julien Green , Marguerite Yourcenar, Michel Del Castillo, entre autres mais pour aucun de ceux que je viens de citer je ne nourris ce sentiment de tendresse. Sans doute est-ce parce que le destin d'Albert Camus, mort si jeune, est émouvant de sa jeunesse pauvre à sa célébrité mondiale avec ,toujours, cette forme d'humilité qui le caractérise.

En tous cas je ne peux que recommander ce petit livre qui se lit bien et qui dit tout de la vie et de la pensée de Camus, qui n'apprend rien mais qui exprime tout cela de manière neuve et émouvante.

Il y a de nombreuses citations, toutes très bien choisies et parmi elles, celles émouvantes des écrits des écrivains algériens qui furent ses amis dans le déchirement. Le livre contient une belle analyse du "Premier homme" et l'auteur se désole avec beaucoup d'autres que Camus n'ait pas pu dire tout ce qu'il avait à dire et dont elle donne des pistes en citant des extraits des carnets.

Elle écrit cela qui est à la fois surprenant et intéressant: "Mais l'une de vos notes programmatiques résonne comme une terrible prémonition: "Le roman doit être inachevé" Il me semble entrevoir dans votre décision d'inachèvement le consentement à ce que le récit de l'Algérie se poursuive sans vous, sur un avenir ouvert. Vous aviez quant à vous réalisé votre part de l'élaboration de ce récit en refermant la boucle d'un parcours personnel qui vous ramenait auprés de ceux qui vous étaient chers."

L'auteur, originaire ,elle aussi, d'Algérie (elle est née à Blida) essaye d'expliquer ce qui a conduit Camus à ne pas croire à l'indépendance, croyant à une utopie d'Algérie plurielle.