jeudi 23 février 2017

La décision de François Bayrou

La décision de François Bayrou gardée secrète de manière efficace a fait l'effet d'une bombe dans le petit monde politique. Cette décision de faire alliance avec Macron je l'appelais de mes voeux dans un récent billet  et je pense que c'est pour François Bayrou mais aussi pour l’intérêt général la meilleure solution.
La droite est, évidement vent debout, contre cette position qu'elle qualifie de traîtrise.La droite réagit avec fureur car elle est touchée au coeur à la fois par ce que dit Bayrou sur sa complaisance à l'égard de l’honnêteté et parce qu’elle a toujours considérée que le centre n'était qu'un petit appendice de la droite . Il est vrai que beaucoup de centristes, abandonnant sans vergogne, toutes valeurs ont toujours soutenu la droite même dans ses positions les plus évidement contraire a leurs idées. Et bien François Bayrou montre, une nouvelle fois, que le centre, un centre qui se respecte ne soutient pas la droite dans tous les cas.
Enfin il apporte a Macron une aide précieuse et forte car , même s'il n'a pas de troupes il a la confiance des français et il a une voix qui porte.
J'ajoute qu'il pourra sans doute être d'une grande aide a Macron en lui évitant des prises de position trop marquée et donc mal comprises.
C'est donc tout bénéfice et les soutiens de Macron ne s'y sont pas trompés en manifestant leur joie lors de la prise de parole de Bayrou.
Il reste maintenant a afficher clairement le projet que je résume pour ma part de la manière suivante:
-liberté et aide aux entreprises pour leur permettre de créer de la richesse
-liberté sur le plan des mœurs
- redistribution pour ne pas laisser toute une partie de la population sur la route.
Voilà la philosophie qui me semble sous tendre le projet de Macron.Il leur faut maintenant aller dans le détail et rendre ces perceptives possibles.
En tous cas la vie politique française ne sera plus tout a fait la même et l'on ne peut que s'en réjouir.

lundi 20 février 2017

Kamel Daoud: Mes indépendances

Mes indépendances de Kamel Daoud sont un recueil de chroniques de l’auteur de 2010 a 2016 parues un peu partout car l’auteur est aujourd’hui, après son Meursault contre-enquête, très connu et apprécié et publié un peu partout dans le monde.
Comme tous les recueils de ce genre c’est un livre agréable que l’on peut lire en suivant les chroniques les unes après les autres ou en prenant une chronique ici et une chronique là, car chacune d’elles est un petit texte qui, comme le veut la loi du genre se suffit a elle-même.
Cependant il est clair que l’ensemble a une réelle unité et qu’il donne  a voir le monde aujourd’hui et surtout l’Algérie d’aujourd’hui et il nous donne une vision très triste mais , hélas, très vraie des pays dits musulmans, de l’Algérie qu’il connaît bien pour y vivre et de cette idéologie de notre siècle: l’islamisme politique aussi dangereuse et aussi grave que l’ont été le national socialisme, le fascisme et le communisme soviétique.
Il faut voir comment a travers la description du pouvoir en Algérie le pays est devenu triste, sans ambition réelle, rétif a la liberté, confiné de plus en plus dans une bigoterie qui se répand dans toute la société.
Sur le pouvoir on pourra lire «Schéma standard de la dictature arabe» (p.75) c’est écrit de manière drôle mais le fond est tragique,l «Le concept le plus triste depuis deux mille ans» (p.115) sur l’ inaptitude à la démocratie a laquelle ces pouvoirs ont réussi a persuader le peuple, et encore «Je veux que les révolutions soient un échec» (p.436) qui dit bien comment ces pays voient toute tentative d’aller vers la liberté!
Sur l’Algérie les nombreuses chroniques sont cruelles tant elles montrent l’évidence de l’échec du pouvoir depuis l’indépendance. Il y a d’abord le constat de ‘état du pays, de sa tristesse . On lira «Prenez le jour, rendez nous la nuit» qui montre l’enfermement de ce pays, le «guide de l’Algérie par un ambassadeur américain» (p.63) un pouvoir qui a si mal traité son peuple que  ce dernier ne s’aime pas comme cela est si bien dit dans «Névrose:Les Algériens n’aiment pas ressembler aux Algériens» (p.227);
Sur l’Algérie l’auteur donne aussi quelques clés en montrant comme se comporte le pouvoir pour s’accrocher ainsi dans «La stratégie du labyrinthe pour faire de l’Algérie un «cas complexe» (p.134) au point que pour comprendre l’Algérie actuelle une nouvelle science est née: «Du métier inépuisable de l’  «algérologue» (p.213.) L’auteur est cruel lorsque il pointe la véritable faute du pouvoir qui utilise les «martyrs « de la guerre pour sa petite politique et qui nous dit: «Malheureusement nous n’avons pas eu un Mandela en 1962» car on sent que l’auteur souhaiterait une Algérie regardant l’avenir, ouverte, avec une religion apaisée et ouverte et qui ferait de ses différences (langue-régions) une richesse au point d’acceuillir symboliquement les cendres de Camus (p. 246)
Il dit clairement aussi qu'il faut regarder l'avenir et cesser d'instrumentaliser la colonisation. Il le fait dans une chronique claire : "Peut on encore oser demander des excuses à la France." (p. 229 ) et il le redit aujourd'hui dans un entretien après les propos polémiques de Macron. On lira aussi cet autre entretien  et là encore
Enfin un très grand nombre de chroniques sont consacrées à l’islamisme et à ses ravages en Algérie mais aussi partout dans le monde. L’auteur analyse avec finesse l’emprise de cet islamisme sur les sociétés,  son pouvoir sur les peuples malgré la bêtise, la cruauté et l’absence de réelle perspectives de cette idéologie obscurantiste, son utilisation aussi ,hélas, par les pouvoir et notamment le pouvoir algérien.
Kamel Daoud est-il totalement et définitivement pessimiste? Il ne cache rien de la gravité du mal et de la difficulté d’en venir à bout mais on sent , chez lui, une lueur d’optimisme lorsque il évoque dans plusieurs chroniques la situation et les perspectives en Tunisie. Il va même publier un livre prochainement sur cette question, sur ce seul pays ou un petit espoir reste encore vivant et que les tunisiens ,je l’ espère sauront préserver. Il y a aussi en fin de volume des billets consacrés à la cause palestinienne et Kamel Daoud n'est pas tendre contre l'instrumentalisation qui est faite de cette cause par le monde arabe qui parle beaucoup, qui vitupère mais ne fait rien de sérieux et qui occulte les dérives de certains partis palestiniens sous prétexte qu'il ne faut pas toucher a cette cause et il décrit cela comme une forme d'intégrisme.  Il faut en tous cas ,ici et ailleurs ,lire ces chroniques elles font réfléchir et n’est-ce pas, finalement, l’objectif d’un tel exercice?

Justice?

En déambulant , comme je le fais souvent dans les rayons de ma librairie habituelle j'ai parcouru le dernier opus de Maître Dupond-Moretti sur son métier et sur la Justice et qui s'intitule "Direct du droit". Je suis tombé, par hasard sur cette histoire invraisemblable qui aurait pu être inventée par un romancier (et on aurait probablement dit qu'il avait beaucoup d'imagination°)
Da,ns une affaire d'assassinat relevant des Assises la Justice a cru pouvoir utilisé le comportement du chien Théo pour tenter d'obtenir des preuves qui, par ailleurs, manquaient cruellement. Elle a donc ordonné une expertise pour analyser le comportement de ce chien et dire s'il apportait des éléments de preuve! Vous croyez rêver? Et non c'est la réalité et il s'est trouvé un juge d'instruction et un expert pour se prêter a cette facétie!
Evidemment cela n'a strictement rien donner mais on lit  en riant et en s'étonnant les  analyses de l'expert  et ce qui a été demandé au chien!
Tout cela est absolument ridicule mais fait également froid dans le dos car se dire que l'on peut être amené a être jugé par un juge et soumis a un expert aussi peu raisonnable fait craindre évidement le pire.Je ne regarde plus mon brave Randy de la même manière maintenant que je sais que je peux être a sa merci judiciaire! A moins qu'il ne soit capable par amour de faire un faux témoignage!Cette histoire montre une fois de plus que le ridicule ne tue pas et quelques fois on a envie d'ajouter,hélas.

jeudi 16 février 2017

La colonisation de l'Algérie

Voilà que le problème de la colonisation en Algérie revient dans le débat après les déclarations de Macron à Alger sur la colonisation crime contre l'humanité qui soulève beaucoup de réactions. Originaire d'Algérie, arrière petit fils de colon suisses installés à Setif dans le wagon de la Compagnie Genevoise des colonies Suisses de Sétif je ne peux être indifférent à cette question.
Je dirai d'abord avant d'aborder clairement la question que c'est un problème qui est , hélas, instrumentalisé et par l'Algérie et par les politiques français et que je suis absolument opposé à cette instrumentalisation qui me paraît choquante et qui dénote la faiblesse de ces politiques.
 L'Algérie dont le moins que l'on puisse dire est que son pouvoir depuis l'indépendance n'est ni un modèle démocratique ni un modèle d'efficacité (il suffit de voir l’état de la médecine, de l'éducation , de l’administration et de la banque pour s'en convaincre) utilise la demande de repentance dès qu'il est confronté a des problèmes intérieurs. Ce pays vit dans le culte des martyrs ( a qui l'on doit certes le respect) pour éviter d'ouvrir le pays, de se démocratiser et d'offrir a son peuple des perspectives autres que le chômage des jeunes! J'ai envie de dire a ce pays que j'aime mais regardez donc l'avenir, préparez un avenir meilleur et plus juste au lieu de vous complaire dans le passé que beaucoup de vos jeunes n'ont pas connu!
Quant aux politiques français ils ne sont guère meilleurs et instrumentalisent cette question pour recueillir qui les nostalgiques de l'Algérie française qui n'ont jamais rien compris aux évolutions du monde, qui les jeunes de banlieue à qui ils espèrent plaire en tapant sur la colonisation ce qui , au passage est plus simple que de leur donner une bonne éducation et un emploi.
Ceci explique que je suis absolument contre ces instrumentalisations diverses qui n'apportent rien que la haine et que ce problème du passé doit être laissé aux historiens qui ont déjà fait un très gros travail.
Maintenant qu'il soit clair que cette position n'est pas un moyen commode pour moi d'échapper au jugement.
Mais ce jugement; comme tout jugement d'une action humaine doit être nuancé.
Je dirai d'abord qu'il convient de distinguer nettement les responsabilités de l'Etat et celles des habitants de l'Algérie coloniale.
L'Etat a une responsabilité majeure et a commis non seulement des erreurs de jugement répétées mais des crimes tout au long de la période coloniale. Dans la conquête d'abord avec ses excès bien connus des historiens,, pendant la guerre d'indépendance avec le honte de la torture. L'Etat est aussi coupable d'avoir violé en colonisant et tout au long de la colonisation les valeurs même du pays et la déclaration des droits de l'homme et du citoyen.Je n'entre pas dans les détails.IL sont connus et accablants.Et il est regretable que la France n'ai pas pu reconnaître tranquillement, comme l'ont fait d'autres pays, ces crimes.
Face a ces manquements graves l'Etat ne peut arguer des apports positifs car quand on viole les droits d'un peuple et cela a été le cas il n ' y a pas d'apport positif.
Par contre si l'Etat est indiscutablement coupable aux yeux de l'histoire les habitants européens ont, à part un certain nombre d'exceptions, étaient plutôt les victimes du système et je ne pense pas que l'on puisse dire que la mère d'Albert Camus, illettrée, femme de ménage pauvre a été responsable en quoique ce soit  et des Veuve Camus il y en avait beaucoup en Algérie. Je ne crois pas que les instituteurs et bien d’autres métiers qui faisaient de leur mieux pour aider sont responsables de quoique ce soit.
Tous ces gens sont morts ou mourront bientôt et je ne crois donc pas qu'il soit utile de raviver en eux le malheur qu'a été le départ de ce pays qu'ils ont aimé même s'ils étaient dans un système condamnable.
Voilà pourquoi je le redis: laissons les historiens débattre et rechercher, laissons les anciens face à leur destin et regardons vers l'avenir en essayant d'améliorer et en France et en Algérie cet avenir. Cela sera plus efficace et, sans doute, plus mobilisateur de la jeunesse notamment. On pourra lire cet excellent article qui, dans le fond dit encore mieux que moi ce je pense et que j'ai exposé brièvement.