samedi 30 janvier 2016

Marguerite Yourcenar, encore

Vient de paraître Yourcenar, carte d'identité d’Henriette Levillain aux éditions fayard.Une nouvelle étude (il n'en manque pas) sur cet écrivain qui est parmi mes préférés et dont je relie , assez régulièrement Mémoires d'Hadrien qui me paraît le livre de la sagesse.
Cette nouvelle étude est intéressante en ce qu'elle se présente sous forme d'une sorte de dictionnaire amoureux ou l'auteur étudie l'écrivain et son oeuvre en partant de divers entrées: Amie des bêtes, Aristocrate, Écologiste, Enfance et vieillesse, historienne Mémorialiste,Style d'une vie, Mort et d'autres encore.
On parcourt ainsi aisément la vie et l'oeuvre de Marguerite Yourcenar.
J'ai évidement beaucoup aimé l'entrée : Amie des bêtes car Yourcenar a écrit sur la souffrance que nous infligeons aux animaux des pages très fortes.
Il résulte de l'ensemble que l'on a affaire a une femme libre qui est demeurée loin des mondanités et qui a posé sur la vie un regard original.

jeudi 28 janvier 2016

L’Émir Abdelkader: Apôtre de la fraternité.

J’ai acheté ce matin et j’ai lu aussitôt le livre que vient de publier Mustapha Cherif aux éditions Odile Jacob : « L’Emir Abdelkader Apôtre de la fraternité. »
C’est un livre très clair et très complet sur la vie et surtout sur l’action et la pensée de l’Emir et il complète bien la documentation, déjà nombreuse que j’ai réuni pour ma conférence sur : »L’émir Abdelkader et le dialogue inter religieux. »
Je ne reviens pas sur la partie, pourtant très intéressante, consacrée au rôle de résistant et de guerrier en Algérie de l’Emir mais plutôt sur sa conception de la religion en général et de l’islam en particulier.
La conception qu’il se faisait de sa religion (c’est un soufi) est une conception  où l’humanité tient la première place. Et ce n’est pas pour rien que bien que combattant la France il a, dés le début, établit des règles de bon comportement à l’égard des prisonniers ce qui en fait un précurseur du droit humanitaire international. Il ya dans le livre la citation du discours prononcé à Alger par le Président de la Croix Rouge Internationale dans lequel est fait un rapprochement tout a fait juste entre l’Emir Abdelkader et Henry Dunant , fondateur de la Croix Rouge qui a , vécu lui aussi en Algérie et sur lequel j’ai aussi donné une conférence ? (p.56 a 58 ) et j’ai ainsi appris que la Croix Rouge avait en 2006 inauguré une stèle à la mémoire de l’Emir dans son siège de Genève.
Ce livre nous livre aussi le récit détaillé de l’attitude déterminée et courageuse de l’Emir lors d’une attaque des Chrétiens a Damas où il réussit a sauver des milliers de ces chrétiens en haranguant les assaillants avec force : « Misérables ! Est-ce la façon dont vous honorez le prophète ? Que sa malédiction soit sur vous ! Honte a vous, honte. Repentez vous. Vous croyez pouvoir faire ce que vous voulez avec les chrétiens….Ce sont mes frères. Retirez vous ou je donne l’ordre a mes hommes de rétablir l’ordre. » (p.89)
Et , en vérité le livre montre que toutes ces actions ne sont que le résultat de la conception que l’Emir se faisait de sa religion ,ouverte sur l’homme , acceptant le choix de chacun et rappelant que les anciens prophètes devaient être respectés.
Il n’ y a qu’une chose sur laquelle je ne partage pas les analyses de l’auteur qui estime (idée dans l’air du temps) que seule la croyance en un Dieu peut aider l’humanité et que les droits de l’homme , notamment, sont a eux seuls insuffisants. Il reprend aussi l’analyse d’un occident  « matérialiste » a qui manquerait la spiritualité. (p.104 a 109). 
En ce qui me concerne je crois que la liberté est première, notamment celle de croire ou de ne pas croire (L’Emir l’a dit) et je ne crois absolument pas que l’absence d’une foi interdise de créer un monde harmonieux et juste. Sur ce point je suis plutôt Camus que l’Emir.

En tous cas je conseille vivement la lecture de ce livre qui, en ces moments si troublés, face a ces dérives de certain musulmans ne peut qu’apporter apaisement et direction pour l’avenir.

vendredi 15 janvier 2016

La poupée de Kafka

La poupée de Kafka de Francis Colin vient d’être publié par Actes Sud et ce roman part d’une petite histoire qui, il y a plusieurs années avait retenue mon attention.  Un jour que Franz Kafka se promenait dans un parc a Berlin il tombe sur une petite fille en pleurs et si elle a un si grand chagrin c’est qu’elle a perdu sa poupée. Le romancier va alors lui raconter une histoire et lui dire que sa poupée est partie en voyage et qu’elle lui a d’ailleurs écrit une lettre. Si le petite fille revient le lendemain dans le parc il lui apportera la lettre. Ainsi Franz Kafka va écrire plusieurs lettres jusqu’à une dernière dans laquelle la poupée annonce qu’elle va se marier et qu’il ne serait pas convenable qu’elle continue à écrire. La petite fille est consolée et accepte cette décision de sa poupée.
On s’est demandé si cette histoire était vraie car les lettres à la poupée n’ont jamais été retrouvées.
A partir  de anecdote l’auteur va bâtir un roman auquel on se laisse prendre. La fille d’un Professeur de littérature spécialiste de Kafka va partir à la recherche de cette petite fille devenue une vielle dame qui, pour diverses raisons ne veut plus entendre parler de cette histoire et que la cruauté de sa vie ont doté d’un caractère particulièrement difficile. Le roman est l’occasion de faire vivre les relations compliquées du père et de la fille et de cette vielle dame dont le destin a été particulièrement cruel. a-t-elle encore les lettres à la poupée? Le suspens est maintenue jusqu’à la fin et je n’en dirai rien  ici mais on apprend que l’histoire n’est pas tout a fait celle que l’on croyait.