lundi 21 décembre 2009

La béatification de Pie XII ce qu'en aurait pensé Albert Camus

La décision que vient de prendre le Pape de rendre "vénérable" Pie XII et Jean Paul II est d'abord un mauvais coup pour la mémoire de Jean Paul II qui se trouve ainsi associé à l'un des Papes les plus controversés.
Depuis la belle pièce de théatre de Rol Hochhut en 1963: " Le vicaire" dans laquelle l'auteur se penche sur le silence de PieXII pendant la shoah, rien n'est venu nous prouver que ce Pape avait agi correctement. De cette pièce, Gosta Gavras a tiré son film : " Amen".
Mais sur cette question du silence de Pie XII je ne connais pas un texte plus puissant et plus clair que celui d'Albert Camus dans une conférence qu'il fit en 1948 au Couvent des dominicains de Latour-Maubourg. Voici ce texte que l'on peut relire avec profit aujourd'hui.

"Et pourquoi ne le dirais-je pas comme je l'ai écrit ailleurs? J'ai longtemps attendu pendant ces années épouvantables qu'une grande voix s'élevât à Rome. Moi incroyant? Justement. Car je savais que l'esprit se perdrait s'il ne poussait pas devant la force le cri de la condamnation. Il parait que cette voix s'est élevée. Mais je vous jure que des millions d'hommes avec moi ne l'avons pas entendue et qu'il y avait alors dans tous les coeurs, croyants ou incroyants, une solitude qui n'a pas céssé de s'étendre à mesure que les jours passaient et que les bourreaux se multipliaent.
On m'a expliqué depuis que la condamnation avait été bel et bien portée. Mais qu'elle l'avait été dans le langage des encycliques qui n'est point clair. La condamnation avait été portée et elle n'avait pas été comprise! Qui ne sentirait ici où est la vraie condamnation et qui ne verrait que cet exemple apporte en lui-même un des éléments de la réponse, peut-être la réponse toute entière que vous me demandez. Ce que le monde attend des chrétiens est que les chrétiens parlent, à haute et claire voix, et qu'ils portent leur condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un seul doute, ne puisse se lever dans le coeur de l'homme le plus simple. C'est qu'ils sortent de l'abstraction et qu'ils se mettent en face de la figure ensanglantée qu'a prise l'histoire aujourd'hui."

J'ajoute ce jour 29 decembre cette lettre de Paul Claudel dont le thème set si senblable à ce que disait Camus:

Paul Claudel, le 13 décembre 1945, écrivit à Jacques Maritain, alors ambassadeur de France auprès du Saint-Siège - ce document et ses commentaires furent publié par les Cahiers Jacques Maritain, n° 52, 2006. "Je pense souvent à vous et à la mission si importante et si difficile que vous remplissez auprès de Sa Sainteté. Rien actuellement n'empêche plus la voix du pape de se faire entendre. Il me semble que les horreurs sans nom et sans précédent dans l'Histoire commises par l'Allemagne nazie auraient mérité une protestation solennelle du vicaire du Christ. Il semble qu'une cérémonie expiatoire quelconque, se renouvelant chaque année, aurait été une satisfaction donnée à la conscience publique... Nous avons eu beau prêter l'oreille, nous n'avons entendu que de faibles et vagues gémissements."


On trouve ce texte dans une chronique parie dans le Monde du 29 decembre:

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/29/le-long-peche-par-omission-de-pie-xii-par-patrick-kechichian_1285753_3232.html  

vendredi 11 décembre 2009

L'affiche rouge d'Aragon

Le figaro publie aujourd'hui les photos de l'éxécution du groupe Manoukian, photos que l'on vient seulement de retrouver dans les archives et qui avaient été prises par un officier allemand.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/12/11/01016-20091211ARTFIG00428-les-derniers-instants-du-groupe-manouchian-.php

On savait tout cela et on l'imaginait aisément mais voir les photos de ce moment c'est se retrouver un instant avec ces résistants qui ont inspirés à Aragon l'un de ses plus beaux poèmes:  " L'affiche rouge" que voici:



Vous n'avez réclamé ni gloire ni les larmes


Ni l'orgue ni la prière aux agonisants

Onze ans déjà que cela passe vite onze ans

Vous vous étiez servis simplement de vos armes

La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans



Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes

Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants

L'affiche qui semblait une tache de sang

Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles

Y cherchait un effet de peur sur les passants



Nul ne semblait vous voir Français de préférence

Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant

Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants

Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE



Et les mornes matins en étaient différents

Tout avait la couleur uniforme du givre

A la fin février pour vos derniers moments

Et c'est alors que l'un de vous dit calmement

Bonheur à tous Bonheur à ceux qui vont survivre

Je meurs sans haine en moi pour le peuple allemand



Adieu la peine et le plaisir Adieu les roses

Adieu la vie adieu la lumière et le vent

Marie-toi sois heureuse et pense à moi souvent

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses

Quand tout sera fini plus tard en Erivan



Un grand soleil d'hiver éclaire la colline

Que la nature est belle et que le coeur me fend

La justice viendra sur nos pas triomphants

Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline

Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant



Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent

Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps

Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant

Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir

Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant


Voilà ma contribution pour le nauséeux débat sur l'identité nationale et l'on pourra lire aussi la dernière lettre de Manouchian à sa femme dont s'est visiblement inspiré Aragon:



http://pagesperso-orange.fr/pcf.evry/manoulettre.htm  

lundi 23 novembre 2009

Dictionnaire Albert Camus

 Ce livre de la collection "Bouquins" chez Robert Laffont tombe bien à l'heure où est posé la question de l'entrée d'Albert Camus au Pantheon. Je viens d'acheter ce livre  et je me régale déjà à parcourir les différentes entrées. C'est un dictionnaire que l'on ne lit pas , en principe , à la suite, mais il est du genre des
"Dictionnaires amoureux" que l'on peut lire en entier. C'est ce que j'ai fait, par exemple, pour le "Dictionnaire amoureux de Venise". J'ai donc devant moi quelques belles semaines de lecture qui me feront connaître encore mieux Albert Camus et  une entrée consacrée" à "Réflexions sur la guillotine" va me servir pour ma prochaine conférence.

Ps Lisez avant toute chose ce texte du philosophe Michel Onfray
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/11/24/monsieur-le-president-devenez-camusien-par-michel-onfray_1271343_3232.html

jeudi 19 novembre 2009

Camus au Panthéon

Les lecteurs de ce blog savent que je suis rarement d'accord avec Sarkozy et que je pense qu'il est un mauvais Président, mais la lecture du Monde d'aujourd'hui m'apporte une nouvelle qui me remplit de satisfaction.
Le Président songe au transfert des cendres de Camus au Pantheon.
Voici le lien avec cet article:
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/11/19/sarkozy-souhaite-faire-entrer-albert-camus-au-pantheon_1269540_823448.html
et le lien vers le nouvel Observateur!

http://bibliobs.nouvelobs.com/20091119/15991/michel-onfray-albert-camus-est-un-libertaire-irrecuperable


Il ne reste plus qu' à suivre les réactions que cette nouvelle ne va pas manquer d'entraîner.Le Nouvel Observateur lui consacre un dossier très intéréssant.
http://bibliobs.nouvelobs.com/special-camus

mercredi 18 novembre 2009

Mémoires d'Hadrien

A la question, un peu artificielle : quel est le livre que vous emporteriez sur une île déserte ? Ma réponse, malgré l’évidente difficulté du choix est : « Les mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar. Il faut que j’essaye de m’en expliquer.


Ce choix est d’abord dicté par le style de Marguerite Yourcenar, style classique, agréable à lire et dont la musique est reconnaissable. Quand on a entendu cet écrivain s’exprimer, par exemple, interrogée par Bernard Pivot, on constate une manière, bien à elle, de dire les choses, avec l’emploi du mot juste, quelques fois une certaine préciosité du langage et des phrases qui se finissent comme une musique. Eh bien cette façon de s’exprimer on la retrouve dans ses écrits. Quand je lis à haute voix certains passages, comme j’aime à le faire, je retrouve dans son texte cette manière inimitable de s’exprimer.

Le style donc mais aussi le fond de ce livre qui permet une réflexion sur la vie, ici celle d’un empereur romain, mais aussi celle des hommes en général. Dans ce livre qui est une lettre de plus de quatre cent pages adressée, par Hadrien finissant sa vie, à son fils adoptif, le futur empereur Marc Aurèle l’homme public et privé réfléchit sur ce qu’a été sa vie.

Tout ce qui concerne l’homme public, l’homme politique, est passionnant. Hadrien a été un homme de guerre, mais un homme qui faisait la guerre sans l’aimer et qui nous entraîne dans ces réflexions sur les nécessités et les buts de la guerre. Ce fut, aussi, un administrateur soucieux du bien public, un juge soucieux d’équité et un législateur connaissant les limites des hommes de pouvoir.

Il ya une phrase qui est magnifique et qui me parait devoir être toujours méditée par les hommes politiques : La pléiade p. 373

« Quand on aura allégé le plus possible les servitudes inutiles, éviter les malheurs non nécessaires, il restera toujours, pour tenir en haleine les vertus héroïques de l’homme, la longue série de maux véritables, la mort, la vieillesse, les maladies non guérissables, l’amour non partagé, l’amitié rejetée ou trahie, la médiocrité d’une vie moins vaste que nos projets et plus terne que nos songes ; tous les malheurs causés par la divine nature des choses. »

Mais à côté de cet homme d’état, cette longue lettre nous apprend aussi à connaître l’homme privé que fut Hadrien : un homme cultivé connaisseur des livres du théâtre de la musique, un esthète amoureux de la Grèce qui lui semblait plus subtile que Rome. Un amoureux enfin qui aima les garçons et qui vécut une belle histoire d’amour, entrée dans la légende des amants. Quoi ne connaît, en effet, l’amour d’Hadrien et d’Antinoüs ?

Ce fut une histoire tragique et cette lettre nous fait vivre cet amour et le drame qui s’en suivit. Le désespoir d’Hadrien, se sentant coupable de pas avoir vu arriver le drame et de n’avoir pu l’empêcher. Hadrien empereur , cela nous a permis d’avoir, à cause de son immense chagrin, de merveilleuses œuvres d’art, des portraits nombreux, des statues, de toute sorte, du jeune Antinoüs, que l’on retrouve, de nos jours, dans tous les grands musées.

Enfin cette longue lettre nous conduit à vivre avec Hadrien sa vieillesse jusqu’aux portes de la mort et ce sont les dernières lignes émouvantes du livre :

« Ils m’ont emmené à Baies ; par ces chaleurs de juillet, le trajet a été pénible, mais je respire mieux au bord de la mer. La vague fait sur le rivage son murmure de soie froissée et de caresse ; je jouis encore des longs soirs roses. Mais je ne tiens plus ces tablettes que pour occuper mes mains, qui s’agitent malgré moi. J’ai envoyé chercher Antonin ; un courrier lancé à fond de train est parti pour Rome. Bruits des sabots de Borysthénes, galop du cavalier thrace… Le petit groupe des intimes se presse à mon chevet. Chabrias me fait pitié : les larmes conviennent mal aux rides des vieillards. Le beau visage de Celer est comme toujours étrangement calme ; il s’applique à me soigner sans rien laisser voir de ce qui pourrait ajouter à l’inquiétude ou à la fatigue d’un malade. Mais Diotime sanglote, la tête enfouie dans les coussins. J’’ai assuré son avenir ; il n’aime pas l’Italie ; il pourra réaliser son rêve, qui est de retourner à Gadara et d’y ouvrir avec un ami une école d’éloquence ; il n’a rien à perdre à ma mort. Et pourtant, la mince épaule s’agite convulsivement sous les plis de la tunique ; je sens sous mes doigts des pleurs délicieux. Hadrien jusqu’au bout aura été humainement aimé.

Petite âme, âme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu devras renoncer aux jeux d’autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus…Tâchons d’entrer dans la mort les yeux ouverts…



Voilà comment se termine ce beau livre auquel Marguerite Yourcenar a pensé pendant des années et dans lequel elle s’est beaucoup investi, au point comme elle le raconte dans ses carnets, de vivre, par moment, comme si elle était Hadrien.

jeudi 12 novembre 2009

Fayçal Karoui


J’ai assisté, ce matin, au Palais Beaumont à la réception de Fayçal Karoui le chef de l’Orchestre de Pau et des Pays du Béarn, en qualité de membre d’honneur de l’Académie de Béarn. La réception proprement dite était précédée d’une répétition de l’Orchestre qui a donc joué une pièce de Mendelssohn.

Je retiendrai surtout de cette cérémonie le discours de Fayçal Karoui qui, sans note, semblant improviser, nous a donné une leçon de vie et a montré que ce chef avait du fond.

Il a commencé par rappeler que s’il était là il le devait à sa rencontre avec André Labarrére auquel il a rendu un hommage appuyé et ému. Il nous a ensuite expliqué que la mission qu’il s’était donnée à Pau, c’était de faire partager la musique classique et d’aller vers des milieux et des endroits où cette musique est improbable : l’Université, les quartiers, la maison d’arrêt.

Il a eu l’humilité de reconnaître que cela s’était fait ailleurs et notamment grâce à l’un de ses maîtres Jean Claude Casadesus mais l’on sentait dans son propos une grande sincérité.

Fayçal Karoui né d’une mère française et d’un père tunisien a donné à l’orchestre de Pau une grande notoriété et lui-même est invité dans de prestigieux orchestres et travaille aussi au New-York City Ballet. Il honore l’Académie de Béarn.

Robert Badinter

J'ai lu cette fin de semaine la biographie consacrée par Pauline Dreyfus à Robert Badinter paru cette année aux Editions du Toucan. En réalité je n'ai pas appris grand chose. Il est vrai que j'avais vu avec grand plaisir l'émission Empreintes qui lui était consacrée et surtout que j'avais lu et même relu deux de ses livres formidables: l"Exécution " et " l'Abolition"qui en disaient déjà beaucoup sur sa personnalité et sur sa vie.
J'ai cependant appris que François Mitterand avait ,un instant songé à lui pour lui succéder et que Robert Badinter ne était pas senti en capacité d'être candidat. C'est dommage car celui qui fut qualifié "d'honneur de la gauche" aurait certainement était un grand président, mais il était  trop intellectuel et trop rigoureux pour le devenir.
Cette biographie me servira, un peu, pour ma conférence sur les trois écrivains face à la peine de mort.
La loi qui a abolit en France la peine de mort et que l'on doit , chacun le sait ,à Robert Badinter a été promulguée le 9 octobre 1981. François Mitterand  a offert  à son garde des Sceaux le parchemin original du texte de loi " Aujourd'hui encore, il trône dans son bureau, à côté d'un dessin de Pancho: un petit garçon passe devant une guillotine et demande à quoi ça sert; "A rien" répond sa mère. Tout est dit" (p.193)

mercredi 11 novembre 2009

Il y était!!

Nicolas Sarkozy donne décidement une image lamentable de la France et l'on doit bien rire à l'étranger de cette volonté de vouloir  paraître à tout prix et ici au prix du mensonge. Une fois encore les recherces des journalistes  et des internautes ont mis en évidence le mensonge. Sarkozy n'était pas à Berlin , comme il le prétend sur facebook le 9 novembre. Le fait en lui-même est dérisoire et n'a aucune éspèces d'importance mais le mensonge lui est important.
La seule façon de prendre ce fait était l'humour et les internautes ne s'en privent pas. Voici  parmi d'autres l'article de l'express :
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-toile-demolit-le-recit-de-sarkozy-sur-la-chute-du-mur_827419.html

Et dans Liberation:
http://www.liberation.fr/politiques/1101673-nicolas-sarkozy-y-etait-voici-les-preuves


Cequ'il y  a également de lamentable c'est de voir les béni oui-oui du gouvernement , de la Cour devrais-je dire- essayer de valider le mensonge en s'empétrant dans leur propres mensonges! Cela avait été déjà le cas lors de l'affaire de l'EPAD.

mardi 10 novembre 2009

Laurent Mauvigner 2

J'ai écrit ,il y a quelque temps le plaisir que j'ai eu à la lecture du dernier roman de Laurent Mauvigner :" Des hommes" et j'avais dit , à l'époque, que je le verrai bien en lauréat du prix Goncourt. Cela n'a pas été le cas mais il vient d'obtenir le prix virilo( l'opposé du prix Femina) et surtout le bouche à oreille  fait son oeuvre et ce roman se vend bien.
Voic le lien vers  un article du Novel Observateur:

lundi 9 novembre 2009

Anouar Benmalek

Je viens de lire dans un blog que je suis réguliérement un article concernant l'écrivain algérien Anouar Benmalek.

http://www.algeriepyrenees.com/

Cette lecture me donne envie de lire son dernier roman: "Le rapt" qui est consacré à l'histoirer récente de l'Algérie.J'avais déjà lu de lui "Les amants désunis".
On pourra sez rendre sur son site:
http://anouarbenmalek.free.fr/

lundi 2 novembre 2009

Identité nationale

Décidement ce Besson est un triste sire et l'histoire- si elle s'en souvient- s'en souviendra comme d'un traitre n'hésitant devant rien pour sa petite carrière. Son débat sur l'identité nationale est évidemment cousu de fil blanc: il vient à point pour réveiller quelque vilaine passion à la veille des élections régionales et éviter ainsi de faire face aux vrais problèmes.
Etre français c'est de toute évidence partager les mêmes valeurs essentielles, celles de la République résumées dans sa formule trop souvent oubliée: Liberté, Egalité Fraternité. Le reste , le drapeau , la Marseillaise tout cela n'est pas essentiel et coulera de source si les valeurs fondamentales sont effectivement mise en oeuvre. Mais sur ce point Monsieur Besson a beaucoup à faire avec la majorité dont il fait partie.  et sur les trois points de la devise et essentiellement en matière d'égalité quand son gouvernement met les riches à l'abri du fisc, dépense à tort et à travers pour la gloriole du Président, et que  de plus en plus les habitants pauvres des cités sont abandonnés contrairement aux promesses et l'école ne joue plus son rôle.
La fraternité n'est guère plus respectée et mise en oeuvre car elle nécéssite avant tout une justice sociale qui n'est pas au rendez vous et une humanité dans le traitement des étrangers qui n'est pas le fort du petit Monsieur Besson.
Alors commençons à mettre en oeuvre la devise de la République- et il y a beaucoup à faire- et aprés nous pourrons parler d'identité nationale.

On lira avc intéret l'entretien accordé par Michel Rocard au NouvelObservateur dans lequel il rappelle l'histoire et où il qualifie ce débat  "imbécile" qualificatif que je partage tout a fait

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091102.OBS6600/lidentite_nationale_selon_rocard__un_debat_imbecile.html

mercredi 28 octobre 2009

Le Roi Sarkozy

Il a voulu placer son fils et heureusement le peuple a réagi. (Voir mon précédent billet sur l' E démocratie) mais on apprend aujourd'hui dans divers organes de presse les dépenses absolument scandaleuses que ce " monarque" a engagé lors de la Présidence Française de l'Europe et dans le seul but de jouer les puissants avec , bien sûr, l'argent des contribuables.
C'est vraiment scandaleux mais qui va bouger? Sans doute pas les députés béni oui-oui de l'UMP. Voici parmi la presse l'article du Nouvel Observateur:

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20091028.OBS6047/presidence_de_lue__des_depenses_insupportables_pour_dos.html

Et Liberation:

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2009/10/la-pr%C3%A9sidence-fran%C3%A7aise-de-lue-aura-co%C3%BBt%C3%A9-950000-euros-par-jour.html

Et l'Express

http://www.lexpress.fr/actualites/1/presidence-de-l-ue-dosiere-app-ps-fustige-des-depenses-insupportables_824413.html

Et on pourra lire aussi avec intérêt le blog de Maitre Eolas consacré, pour l'essntiel, aux questions judiciaires, trés documenté et dont les billets sont résigés avec beaucoup de pédagogie.
http://maitre-eolas.fr/

lundi 26 octobre 2009

Le transfert des cendres de Zola au Pantheon

Voilà le miracle d'internet: je suis tombé par hasard sur les débats qui eurent lieu à la Chambre lors du transfert des cendres de Zola au Panthéon. La passion de l'affaire Dreyfus n'était pas encore éteinte et l'on a assisté à un magnifique échange entre Maurice Barres (opposé au transfert) et Jean Jaures.
Voici ci-dessous le lien qui permet de relire aujourd'hui ces discours. L'immense qualité du discours de Jaures ne pourra que sauter aux yeux du lecteur face à la petitesse des propos de Maurice Barres qui était pourtant considéré comme un grand écrivain. Il est vrai que Maurice Barres était décidément du mauvais côté et quelque soit son talent il ne pouvait dire que des insanités.

http://www.assemblee-nationale.fr/13/evenements/zola-pantheon/Zola%20_au_Panth%C3%A9on.pdf

vendredi 23 octobre 2009

l"E Démocratie

Voici un article intéressant du Monde sur le rôle d'inter net (blogs, twitter et autres) dans la campagne qui a conduit au renoncement de jean Sarkozy.
http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/23/retrait-de-jean-sarkozy-premiere-victoire-de-l-e-democratie_1257757_823448.html
On constate qu'il y a là un apport indiscutable à la vie démocratique puisque les citoyens peuvent se faire entendre et mener des actions, quelque fois originales et ludiques comme celles de ceux qui ont délivrés à Jean Sarkozy un diplôme de " fils à papa" ou encore ceux qui , sur le Parvis de la défense ont fait mine de téléphoner avec une banane.
Tout cela est excellent et nous différencie des régimes sans presse libre et sans liberté de manifester.
Il ne sera donc pas facile à Sarkozy de nous tranformer en République bananière.
Cette affaire a encore un autre grand mérite c'est de n,ous avoir montrer de prés le ridicule achevé des élus UMP qui trouvait la candidature de Jean Sarkozy remarquable et légitime et qui trouve tout à coup son retrait non moins remarquable...

jeudi 22 octobre 2009

Programme d'échange

Mon programme d'échange d'appartement commence à prendre forme pour l'année 2010.
En Avril Mai j'irai successivement pour 15 jours à Marseille, une semaine à Aix en Provence puis une dizaine de jours en Suisse et en fin pour une quinzaine à Venise. Dix jours sont également prévus en juillet à Stochkolm. Je dois encore préciser les dates exactes avec mes interlocuteurs.
Avec les sites des offices de tourisme il est maintenant très facile d'organiser ces séjours et je commence donc cette préparation.

lundi 19 octobre 2009

Independance des Juges

Je suis intervenu récemment sur le projet de suppression des Juges d'instruction et , à cette occasion, je suis revenu sur la nécessaire distinction entre juge du siège ( charge de juger) et procureur de la république (Parquet chargé de poursuivre). Ma thèse depuis longtemps est qu'il faut séparer de manière nette ces deux sortes de magistrats (formation, statut, carrière et même localisation de leurs activités). Je suis heureux de voir qu'un magistrat important (vice Président du Tribunal de Grande Instance de Paris) soutient la même analyse;
http://chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/10/18/la-difference-c-est-l-independance-mais-laquelle.html

dimanche 18 octobre 2009

José Lenzini: Les derniers jours d'Albert Camus

José Lenzini dont je connaissais déjà « l’Algérie de Camus » paru en 1967 vient de publier, en ce mois d’octobre aux éditions Actes Sud, « Les derniers jours d’Albert Camus », livre tout à fait émouvant qui retrace les derniers jours, les dernières pensées d’Albert Camus. L’auteur y fait une place remarquable à la mère d’Albert, à cette femme sourde et presque muette et à ce silence qui s’était établi entre la mère et le fils .L’auteur imagine, tout au long du voyage de Lourmarin à Paris avec les Gallimard, les pensées, les souvenirs de Camus et c’est une occasion de revenir sur sa vie, sur ces conflits avec la plupart des « intellectuels » de gauche ‘Sartre, Jeanson, De Beauvoir… et de droite Mauriac..
Mais il y a dans ce petit livre une histoire que j’aurai aimé connaître quand je me suis intéressé à Albert Camus et les Algériens. L’auteur a pu rencontrer l’Algérien qui a interpellé Camus lors d’une Conférence à Stockholm en 1960 et à qui Camus fit une réponse dont on a retenu, injustement, que le fait qu’il préférait sa mère à la justice.
Ce jeune Algérien aujourd’hui octogénaire avait été déçu par la réponse de Camus et voici ce qu’écrit Lenzini après l’avoir rencontré.
« Le jeune homme s’éclipse, déçu par l’attitude de Camus et humilié par la façon dont il estime avoir été traité… » Comme si mon âge était important ! Toujours est-il que j’ai refermé la parenthèse, sans imaginer que je serais à l’origine de La Polémique qui opposera Camus à ses détracteurs. C’est quelques années plus tard que j’ai lu « Misère de la Kabylie » la série d’articles qu’il avait publié dans Alger-Républicain alors qu’il était un jeune journaliste. Ce fut un choc pour le kabyle que je suis.
J’ai voulu aller plus loin et j’ai lu tous ses livres. J’en suis sorti bouleversé ». Said Kessal (c’est son nom) décide de rencontrer Camus, de se présenter, de faire le point. Je suis allé voir Jules Roy qui m’adit qu’il venait de se tuer en voiture. Alors je suis descendu à Lourmarin et j’ai déposé des fleurs sur sa tombe. »
Belle et émouvante histoire à l’image de ce que devraient être les relations des Algériens avec Camus : de l’irritation peut-être au début et après l’avoir lu, du respect. Camus aurait aimé.

samedi 17 octobre 2009

La mauvaise vie 2

Je n'ai rien à retirer de mon dernier billet et je reproche toujours à Frederic Mitterand son rapprochement avec Sarkosy et le fait d'avoir menti dans son intervention à TF1 lorsqu'il s'est exclamé " Allons vous faites bien la différence entre un mineur et un homme de 40 ans" 4o ans c'est un peu beaucoup lorsque l'on a lu son livre et c'est se moquer du monde!
Mais cependant j'ai voulu relire son livre pour en avoir le coeur net et ne pas être injuste et, effectivement, après la relecture de ce beau livre, la polémique m' a paru tout à coup mesquine.
C'est en effet un très beau livre, superbement écrit, plein d'émotion et tout a fait lucide et courageux. Les pages qui ont entraînés la polémique sont presque les dernières du livre et elles ne sont pas les plus importantes. Toute une vie est dans ce livre, une vie qui a sa part " mauvaise" mais qui est celle d'un homme cultivé, de talent divers, curieux et qui sait parler de l'amitié et des souvenirs. C'est un livre qui, tout compte fait, lui fait honneur et je souhaite seulement que la polémique conduise vers lui de nouveaux lecteurs .J'ajoute à ce petit texte une autre défense de Mitterand dans un blog littéraire que j'apprécie beaucoup celui de Frederic Ferney.

http://fredericferney.typepad.fr/mon_weblog/2009/10/pour-fr%C3%A9d%C3%A9ric-mitterrand.html

Le parti socialiste n'est pas sorti de l'auberge!

Voilà un sondage intéressant publié ce matin et commenté dans les quotidiens dont Libération,.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20091017.OBS4901/les_militants_ps_favorables_a_une_alliance_avec_besance.html
Ce sondage à l'air de dire que pour la majorité des socialistes il vaut mieux une alliance avec Besancenot qu'avec le Modem. C'est absolument absurde et c'est d'ailleurs le problème essentiel du Parti socialiste. Il ne veut pas prendre clairement position entre le réformisme et la révolution et tant qu'il ne fera pas clairement un choix il ne sera pas crédible.
Besancenot ne veut d'ailleurs pas soutenir le Parti socialiste et cette position des socialistes est absolument pathétique.
Si cette orientation se confirmait il est clair qu'il ne me resterait plus qu' a soutenir le Modem.

mardi 13 octobre 2009

La Republique bananière

Je me contenterai de renvoyer à un texte de Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur qui dit ce que je crois en tout point. Si les français ne réagissent pas nous allons tout droit vers un de ces régimes personnels où le Président gouverne sans partage et où il place sa famille au commande. On se moquait quelques fois de ces pays.
Nos hommes de "gauche" qui se sont laissés attirer par les sirénes de l'ambition, qu'en pensent-ils ?

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091013.OBS4504/la_republique_du_bon_plaisir.html

vendredi 9 octobre 2009

Prix Nobel de la Paix

C'est une nouvelle formidable que l'attribution du prix Nobel de la Paix à Barack Obama et c'est une décision parfaitement justifiée. Depuis son arrivée à la Maison Blanche il a ouvert le dialogue avec le monde et a fait disparaître l'arrogance américaine. Son discours au monde arabe fera date dans l'histoire.
Ce prix Nobel va lui donner une force supplémentaire et il lui en faudra pour faire progresser la paix au delà des discours et des symboles même si discours et symboles ont une grande importance en politique.
Je commençai quant à moi a être un peu déçu en ce qui concerne le problème israélo-palestinien et une absence de pression suffisante sur le gouvernement de Netanayou. J'espère que ce prix Nobel va lui donner encore plus de force et la volonté d'être celui qui résoudra la question.

L'affaire Miterrand

J'avais lu en son temps "Mauvaise vie" et j'avais aimé. C'est un livre fort bien écrit , sincère et courageux.A mon sens sur le plan de la littérature il n' y avait rien à redire et il est vrai,pour reprendre un mot connu, que l'on ne fait pas de la bonne litterature avec des bons sentiments et il faut rapeller qu'à l'époque ce livre a reçu les éloges de la pluspart des critiques.
Il aurait donc été heureux que ce livre reste au rayon littéraire mais Frederic Mitterand a cru devoir ceder à l'appel de Sarkozy qui voulait accrocher a son tableau de chasse le nom de Mitterand. Il est devenu un homme politique avec des devoirs et des responsabilités et ce qu'il écrivait comme écrivain n'engageant que lui a, désormais un autre statut.
Ce qui passait chez un auteur devient plus difficile à accepter d'un ministre et sa défense, notamment sur TF1 ne va pas le grandir. Il suffit de lire vraiment ce qu'il a écrit et dont des extraits sont publiés dans le Monde pour se rendre compte qu'il ment et nous prend pour des idiots

http://www.lemonde.fr/politique/article/2009/10/08/extrait-de-la-mauvaise-vie-de-frederic-mitterrand_1251310_823448.html#ens_id=1241480

mercredi 7 octobre 2009

Laurent Mauvigner: prochain Goncourt?

Des Hommes de Laurent Mauvigner est un roman sur ce que la guerre peut faire des hommes qui y participent. Ici, plus de quarante ans après, la guerre d’Algérie e t les « saloperies » commises de part et d’autres vont resurgir à l’occasion d’un simple anniversaire. Bertrand et Rabut son cousin ont été de jeunes appelés en Algérie dans les années 58-61. Ils ont vu des choses affreuses, des choses que « Des hommes » ne devraient pas pouvoir accomplir, qu’ils ne peuvent pas oublier et qui ont pourries leurs vies. On pourrait penser que tout cela est si loin, mais c’est en réalité encore présent dans ces vie, peut être d’ailleurs parce qu’ils n’ont pas pu en parler à ceux qui n’ont pas connu la guerre. Ils ont gardé cela en eux et voilà que la marmite éclate un soir pour un rien.
Magnifique livre dont on parle pour le prochain Goncourt. Je ne connais pas les autres candidats mais celui là serait un beau Goncourt.

jeudi 10 septembre 2009

Arabesques: un livre de Robert Dessaix

Robert Dessaix est un écrivain australien que je ne connaissais pas jusqu’à ce que je lise, récemment, une critique de son dernier livre : « Arabesques ».J’ai immédiatement acheté ce livre car son thème m’intéressait. Robert Dessaix part à la rencontre d’André Gide et des lieux qu’il a aimé, notamment en Afrique du Nord : Tunisie et Algérie. Cette question m’intéressait au moment ou je travaille à ma conférence sur Gide.
L’auteur entremêle des éléments de sa propre vie, de ses émotions et considère, à plusieurs reprises que sa vie présente des similitudes avec celle de Gide.
Quelques pages particulièrement intéressantes sur le mariage de Gide et de sa cousine Madeleine, une analyse psychologique poussée de cette étrange union jamais consommée. Quelques belles pages aussi sur la vieillesse de Gide mais aussi celle de chacun.
Robert Dessaix rappelle aussi cette phrase de Gide écrite dans son journal à 37 ans et qui, dans le fond résume assez bien ce qu’il était : « Je suis un petit garçon qui s’amuse doublé d’un pasteur protestant qui s’ennuie. »
A vrai dire je n’ai appris aucun fait que les biographies lues antérieurement ne m’avait déjà fait connaître mais ce livre est tout a fait agréable en ce qu’il rend André Gide plus présent.

jeudi 3 septembre 2009

La suppression du Juge d'Instruction

Le rapport de la Commission Leger ayant été déposé nous entrons dans le temps de la préparation du projet de loi et de nombreuses voix, non des moindres : Badinter, Valini, s’élèvent contre ce projet dans lequel elles voient selon l’expression de Robert Badinter : « une OPA
de l'éxécutif sur les affaires les plus importantes.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/09/01/m-badinter-denonce-une-opa-de-l-executif-sur-les-affaires-les-plus-importantes_1234141_3224.html

Il ya là un enjeu d’une très grande gravité, dont les citoyens ne se rendent peut être pas bien compte : les libertés individuelles sont en jeu et le projet selon la façon dont il sera réalisé peut conduire à une véritable et grave régression.
Pour que les choses soient claires je dois dire que je suis personnellement pour la suppression du Juge d’Instruction mais à certaines conditions, faute desquelles il y aura une grave atteinte à notre démocratie.

Voir l'entretien accordé par un magistrat au NouvelObservateur:

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/interviews/20090901.OBS9633/le_fond_de_cette_reforme_pour_sarkozy_est_de_proteger_l.htm

Essayons de présenter clairement ce problème complexe.

Il faut d’abord que l’on ait à l’esprit (ce qui n’est pas souvent le cas dans le public) la distinction essentielle entre les magistrats du siège (Juges) et ceux du Parquet (Procureurs). Les uns ceux du siège chargés de juger sont indépendants de l’Exécutif (Gouvernement) ils ne peuvent recevoir d’ordre et leurs carrières ne dépend pas du pouvoir.
Les autres les magistrats du Parquet (Procureurs) sont hiérarchisés et dépendent pour leur nomination et leur avancement du pouvoir. Ils ne sont pas indépendants. La Cour de Justice a dénié aux magistrats du Parquet la qualité de juge en raison de leur absence d’indépendance par rapport au Gouvernement.
Le Juge d’instruction est un magistrat du siège et à ce titre il est indépendant et il peut donc instruire une affaire même si le pouvoir souhaiterait que l’affaire soit enterrée.

Là est donc le nœud du problème : en supprimant le Juge d’Instruction et en confiant l’instruction des affaires au Procureur, le pouvoir aurait la maîtrise de cette instruction et il pourrait enterrer une affaire qui le dérangerait. Il faut que les citoyens soient conscients que l’on se trouverait alors dans une situation comparable à ces pays non démocratiques où la justice est entre les mains du pouvoir. Ce serait une régression considérable.

Est-ce à dire qu’il faut maintenir le Juge d’Instruction ?

Je ne le pense pas car c’est un Juge dont le rôle est absolument ambigu : il enquête et il doit juger. Je considère que cela n’est pas compatible. Enquêter c’est avoir des pistes, faire des hypothèses quelques fois erronées. C’est aussi utiliser des moyens de coercition en fonction de son hypothèse de départ et comment éviter les éventuels abus d’un juge, même de bonne foi , qui se trompe dans son hypothèse ? L’histoire a suffisamment montré les graves erreurs commises par les juges d’instruction et l’on ne connaît que celles qui ont connues un éclat médiatique.

Je ne crois donc pas que l’on puisse être à la fois un enquêteur efficace et le juge de cette enquête. Voilà pourquoi je suis d’avis de supprimer le Juge d’Instruction.

Le parquet (procureur) va donc être chargé de la poursuite et de l’enquête. Il l’est déjà pour l’essentiel. Le problème est que les procureurs n’étant pas indépendant du pouvoir on peut légitimement craindre qu’il ne poursuivent pas les affaires dans lesquelles le pouvoir où les amis du pouvoir seraient compromis.
C’est, je l’ai déjà dit, le vrai problème. Mais on ne le résoudra pas en faisant des procureurs, comme certain le demande, des magistrats indépendants. Il est normal que le pouvoir (le gouvernement) ait son mot à dire sur la politique pénale et il ne peut le faire qu’en ayant à sa disposition des magistrats qu’il nomme et à qui il peut donner des instructions.

Si l’on confie l’enquête aux procureurs non indépendants du pouvoir il faut donc absolument mettre en place un système qui permette d’obliger les procureurs à se livrer aux enquêtes. Il faut pour cela trois dispositions essentielles :

-Un juge chargé d’arbitrer les difficultés et de prendre des décisions opposables aux procureurs. C’est le Juge de l’Instruction dont fait état le rapport Leger. Mais il faut donner à ce Juge de véritable pouvoir et lui donner les moyens d’être un véritable contrôleur. La reforme se jugera beaucoup sur ce point.

-Il faut donner aux victimes (particuliers associations) les moyens d’être présent à la procédure d’enquête et de pouvoir efficacement faire valoir leurs demandes devant le Juge de l’Instruction. Cette disposition est essentielle car elle évitera que les procureurs n’enterrent des dossiers à la demande du pouvoir.

-Les parties étant face à un procureur puissant puisqu’il dispose des moyens de police, de gendarmerie, et d’expertise elles doivent pouvoir solliciter des mesures d’enquête (auditions de témoins, expertises etc..) sans se ruiner et doivent dont être aidées par un renforcement sérieux de l’Aide Judiciaire.

Si ces mécanismes sont mis en œuvre dans le cadre de la reforme et si l’on ajoute le poids des medias, le risque de voir le pouvoir enterrer des affaires serait grandement limité.

Quant à la création d'une disposition obligeant le parquet a poursuivre dans les affaires graves (financières par exemple) je n'y crois pas beaucoup car le Parquet pourra toujours faire son enquête sans y mettre beaucoup de zèle.
http://dossierssignales.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/09/01/rapport-leger-l-antidote.html

lundi 31 août 2009

Daniel Mendelsohn: Les disparus

Je termine la lecture du livre de Daniel Mendelssohn : « Les disparus », paru dans sa traduction française en 2007 chez Flammarion Il faut prendre son temps pour le lire (646 p.) car c’est un libre d’une très grande densité avec des digressions longues et érudites sur des épisodes de la bible et la façon dont les juifs savants l’ont analysée. Mais l’essentiel n’est pas là. Les « disparus » que cherchent à faire revivre l’écrivain sont des membres de sa famille victimes de la Shoa en Ukraine. Le récit revient donc sur cette élimination des juifs en Ukraine par les allemands bien aidés, il faut le dire par les ukrainiens mais ce ne serait qu’un récit de plus si Daniel Mendelssohn ne nous racontait dans le moindre détail sa recherche des traces laissées par ses parents dans la mémoire de vieux survivants. L’auteur parcourt le monde pour retrouver ces survivants, en Israël, en Allemagne, à New-York, en Australie et il ne recueille que des bribes, des rien qui lui permettent d’imaginer la vie des ses parents et leurs morts atroces. Ce livre laisse un gout amer lorsque l’on se rend compte qu’assez vite l’homme ne laisse que fort peu de traces de son passage sur cette terre. J’ai eu ce même sentiment lorsque je me suis penché sur l’histoire de ma famille paternelle en Algérie et cela me renvoie aussi à la phrase de Marguerite Yourcenar dans son discours de réception à l’Académie Française : « Nul n’est assuré de siècles de gloire mais chacun est assuré de millénaire d’oubli »
Il ya dans ce livre de nombreux passages très émouvants, ceux où l’auteur, grâce à un minuscule détail, a le sentiment de faire revivre un instant ce passé mort. Il faudrait citer de nombreux passages. Je citerai celui où l’auteur rappelle ce vers de Virgile dans l’Enéide « sunt lacrimae rerum » : il y a des larmes d ans les choses. Dans l’Enéide la vue d’une fresque évoquant la guerre de Troie fait pleurer Ulysse : « Sunt lacrimae rerum ».Vraiment un très beau livre dont je conseille la lecture.

mardi 18 août 2009

Camus: cinquante et cent

Nous entrons dans une période où Albert Camus va être célébré. En 2010 ce sera le cinquantième anniversaire de sa mort et en 2013 le centenaire de sa naissance. Déjà des livres vont paraître et je signale cet article du Nouvel observateur qui analuse quleques livres récents qui réhabilitent " en vait-il vraiment besoin?" cet écrivain. L'un revient sur son rapport à l'Algérie et l'autre régle son compte à l'idée qu'il était selon le mot imbécile de Brochier " un écrivain pour classe terminale". Bonne lecture donc.

http://bibliobs.nouvelobs.com/20090818/14020/camus-le-retour-en-grace

mercredi 12 août 2009

Monsieur Besson n'a t il pas honte?

Voici une copie de la lettre ouverte de la Ligue des droits de l'Homme:


Enfants enfermés : lettre ouverte du président de la LDH au ministre de l’immigration
Monsieur le Ministre,
Au cours de ces mois dits de vacances, les services de police et administratifs n’ont pas respecté les conventions internationales en matière de droits spécifiques des enfants. Même si beaucoup de ces mesures ont été rapportées, certaines sur le fond, d’autres sur la forme, il n’empêche que des instances de police ont jugé qu’il convenait de mettre en rétention des familles entières. A Metz, à Toulouse, à Nice ou à Marseille, pour ce que nous connaissons actuellement, les réseaux militants et les sections de la LDH se sont mobilisés pour obtenir la mise en liberté de ces enfants et de leurs familles. La LDH se félicite des résultats positifs de ces actions et des décisions prises par la justice.
Mais, nous constatons que plusieurs cas restent à régler. Malgré les prescriptions de la convention des droits de l’Enfant, malgré les observations de plusieurs autorités internationales ou européennes et malgré les recommandations des différentes autorités administratives indépendantes françaises, les services de police continuent à agir de la même manière.
C’est donc en pleine connaissance de cause que ces mesures ont été prises. Elles sont la conséquence directe de la politique menée par le gouvernement.
Nous vous demandons de mettre fin à cette inversion du droit qui ignore la spécificité de l’enfance et met notre pays dans une situation inacceptable au regard de ses engagements internationaux. Le droit des mineurs à vivre en famille dans des conditions décentes et à recevoir une éducation prime toute autre considération. La LDH saisira, dès le mois de septembre, les instances européennes et internationales appropriées.
D’ores et déjà, nous vous demandons solennellement de mettre un terme à ces situations. Tous les enfants actuellement encore retenus avec leurs familles doivent être immédiatement libérés et leur accueil en France doit être assuré.
Vous comprendrez que nous rendions cette lettre publique.
Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma haute considération.
Jean-Pierre Dubois, président de la LDH

samedi 8 août 2009

Camus à Tipasa

Je me contenterai,aujourd'hui, de renvoyer à de trés belles photos illustrant:"Noces à Tipasa" parues dans un blog que je suis réguliérement:"Mare Nostrum"

http://marenostrum.over-blog.net/

dimanche 2 août 2009

Pourquoi le Parti socialiste est-il en crise ?

La crise du parti socialiste, mais au-delà de la sociale démocratie est patente et il est inutile de revenir sur l’ensemble des signes de cette crise. Par contre il est nécessaire de se poser la question de savoir pourquoi l’on en est arrivé là. Certes les membres du parti portent une responsabilité mais les querelles entre les dirigeants ne sont en fait que la conséquence de la crise et pas la cause.
Ma thèse est que si les partis socialistes sont en crise c’est qu’en fait sur de nombreuses questions fondamentales de la société ils ont gagné la bataille contre la droite et que cette droite est venue sur leur terrain. Est-ce, pour autant la « fin de l’histoire » ? Bien sûr que non car il y aura toujours un combat entre les conservateurs et les progressistes et que la lutte pour le progrès social ne sera jamais fini. La difficulté est que la droite aussi, à sa manière veut le progrès et qu’il est difficile quelques fois de faire la différence.

Que la gauche ait gagnée le combat l’histoire et l’actualité le démontre.
Sans remonter trop loin, il suffit de rappeler que les combats pour la république et pour la laïcité ont été pendant longtemps un marqueur de l’opposition droite/gauche. N’oublions pas notre histoire et rappelons que la droite a longtemps été monarchiste et a combattu la laïcité. Les historiens pourront entrer dans le détail de cette lutte qui a été très dure. Ces combats sont maintenant derrière nous et la gauche a gagné ces deux combats fondamentaux. La droite est devenue républicaine et à quelques exceptions prés elle est laïque.
La gauche progressiste a également fait admettre à notre société le devoir de solidarité et la redistribution par l’impôt. Certes les choses sont loin d’être parfaites et des progrès peuvent et doivent être faits, mais c’est tout de même un grand succès d’avoir fait admettre le principe à la droite.
Sur le terrain des mœurs là encore, si l’on se tourne vers le passé on est obligé de constater que les combats de la gauche ont triomphés. Que l’on songe à l’évolution du droit des femmes, de la famille (divorce avortement, égalité des droits) il s’agit de combat portés par la gauche et la droite a toujours combattu ces évolutions. Elle a perdu ces combats.
Elle a perdu ces combats mais surtout elle a renoncé à les mener. Que l’on songe au cas emblématique du combat contre la peine de mort et plus récemment du combat pour le pacs. La droite, pour l’essentiel ne revient plus sur la suppression de la peine de mort ni sur le pacs qu’elle entend même améliorer.
Dés lors lorsque l’on dit que les partis socialistes sont affaiblis, cela est vrai mais néanmoins ils ont gagné de grands combats et c’est la droite qui les a perdus.
N’est-ce pas exactement ce qu’écrit Jean Daniel dans son blog du Nouvel Observateur :
« 3. Ce fond des choses, selon moi, c'est, qu'une grande partie du problème réside dans le fait que la droite elle-même a changé. Et qu'en fait, ce changement est plus important que les contradictions de la gauche. C'était l'avis de Raymond Aron. Depuis que la droite n'est plus arrimée à une nostalgie de l'Ancien Régime ; depuis que l'Eglise catholique de France a renoncé à toute autorité sur des conservateurs qui sont, entretemps, devenus libéraux ; depuis que le programme de la Résistance, avec à sa tête le général De Gaulle, a mis en pratique une vraie révolution avec la sécurité sociale et le vote des femmes ; depuis que l'adhésion à l'Europe a mis en sourdine le nationalisme chauvin consubstantiel à une mentalité de droite, oui, depuis tout cela, la droite a perdu son identité »

On ne peut que s’en réjouir mais, à partir de cette constatation, il est clair que le clivage droite/gauche (et je parle de la gauche réformiste) est difficile car il ne peut être que dans la nuance, dans le fait de faire encore progresser les mœurs et la solidarité, ce que la droite, venue sur les positions de la gauche prétendra vouloir également. Or les nuances n’ont jamais facilité le combat politique. C’est ce qui explique que des hommes de sensibilité de gauche aient pu se rapprocher de la droite et c’est ce qui explique aussi que certains membres du parti socialiste sont tentés par des positions extrêmes, dans le discours tout au moins, car c’est un moyen de rendre le clivage plus net. C’est une posture qui peut, par sa simplicité entraîner l’adhésion d’une partie des électeurs.
Le problème c’est que ces discours ne sont pas crédibles et sont contradictoires avec l’acceptation de l’économie de marché.
Ceux qui sont logiques avec eux-mêmes doivent aller vers une contestation du capitalisme et de l’économie de marché, mais ceux là, que proposent-ils à la place qui n’ait montré dans l’histoire au mieux son inefficacité économique au pire une terrible atteinte aux libertés ?
Il ne reste donc qu’une voie étroite aux réformistes mais cette voie existe. Elle consiste à présenter des projets clairs de progrès social dans le domaine de la solidarité, dans le domaine des mœurs et dans une analyse de l’évolution de nos sociétés face aux questions fondamentales pour l’avenir de la protection de la planète.
La difficulté c’est que dans ces nouveaux combats il n’y aura pas de conflit frontal avec la droite qui adhérera aux objectifs mais qui ne fera sans doute pas tout pour y parvenir. C’est donc sur les moyens qu’il pourra y avoir des différences. Il n’y aura rien là qui puisse enthousiasmer les foules, mais des différences existent, pour peu que la gauche réformiste fasse un certain nombre de changement dans ses réflexions. Voici dans une chronique du monde un exemple de ce qui pourrait changer.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/07/17/le-malaise-social-democrate-entre-flux-financiers-et-flux-migratoires-mathieu-potte-bonneville-et-thomas-gerard_1219958_3232.html

Le paradoxe est donc que c’est parce qu’ils ont gagné les combats essentiels que les socialistes sont aujourd’hui en difficulté. Il faut se réjouir d’avoir gagné des combats et mettre en avant d’autres combats à gagner. Ils en restent de toute évidence. Puis-je donner quelques pistes de réflexion ?
-améliorer la démocratie en modifiant les institutions sur deux points au moins : permettre une représentation en partie proportionnelle et supprimer clairement le cumul des mandats.
-Faire enfin une reforme fiscale plus juste.
Voilà ce qu’écrit encore Jean Daniel pour lequel j’ai beaucoup d’admiration :

« Cette analyse me conduit à penser que la vie du Parti socialiste, si elle dépend de l'évolution des idées, n'est nullement menacée. Car toutes les idées que la droite trouve utile de dérober à la gauche, elle ne sait pas et ne peut pas les appliquer, au moins sur ce qui est devenu l'essentiel, du fait de son incapacité structurelle - sa dépendance à l'égard des grands groupes financiers - dès qu'il s'agit de maîtriser les dérives du capitalisme sauvage. Il n'est donc pas vrai que la gauche n'ait pas d'idées puisqu'on les lui prend. Mais il est vrai, en revanche, que si les socialistes le veulent, bien des textes de tous les courants prouvent qu'ils sont capables de rester fidèles à la mission héritée des grands partis ouvriers. Et qu'ils peuvent garder leur nom de socialistes. »

Il faut donc un leader qui puisse être clair sur le constat et qui puisse porter avec force des idées nouvelles que seul le Parti socialiste saura mettre en œuvre.

Lire le blog de Jean Daniel:
http://jean-daniel.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/07/29/ps-leve-toi-et-marche.html

jeudi 30 juillet 2009

Del Castillo: Le temps de Franco

Je ne me suis jamais beaucoup intéressé à Franco. Ma conviction était faite: c'était un dictateur, un fachiste. Je viens cependant de lire avec intérêt le livre de Michel Del Castillo "Le temps de Franco".J'ai eu la curiosité de ce livre car je connais un peu cet écrivain dont j(ai lu et apprécié de nombreux livres depuis Tanguy, "Les cyprès meurent en Italie", "La tunique d'infamie"( sur l'inquisition en Espagne)"mon frère l'idiot "( sur Dostoievski) et bien sûr les romans inspirés par sa propre vie et notamment "La nuit du décret". J'étais donc curieux de connaître son point de vue sur cette période cruciale de l'histoire espagnole.
Je dirai d'abord que ce "récit" est admirablement écrit et qu'on le lit avec plaisir malgré la densité des éléments historiques qu'il contient. J'ai beaucoup appris. C'est ensuite le texte d'un auteur absolument honnête intellectuellement et qui précisément revient sur un certain nombre de vérités révélées. Il ne méconnaît aucun des crimes de Franco mais il montre aussi que la réaction de Franco, longtemps différée par respect du légalisme, est la réponse aux crimes des communistes. Il montre que "la république démocratique" qui aurait été battue par Franco est en réalité un mythe, les communistes ayant vidé la République de sa substance.
Évidemment ce livre est apparu à certains comme une réhabilitation de Franco et les partisans du mythe républicain ont attaqué Michel del Castillo. On pourra lire une partie de ces critiques et la réponse de l'auteur sur le site suivant:

http://mer47.free.fr/spip.php?article221

Et pour ceuxqui veulent approfondir il suffit d'aller sur Google et de rechercher les critiques du livre de Michel Del Castillo

vendredi 17 juillet 2009

Butterfly à Soustons

Dans le cadre duVIII° festival d'art lyrique à Soustons dans les Landes j'ai assisté,hier, à la représentation de Madame Butterfly l'opéra de Puccini. On connaît l'histoire mélo dramatique: une jeune japonaise s'éprend d'un officier de marine américain qui se révèle être un cynique qui ne pense qu'à s'amuser d'elle et qui après un mariage, pour lui de pure forme, l'abandonne après lui avoir fait un enfant et qui, non content de l'abandonner l'a conduit à lui confier l'enfant! Ce pourrait être une chanson de Frehel ou de Damia... Drame classique pourtant où se mêle, comme l'indique justement le programme"amour, sexe, cynisme et racisme".L'histoire est donc dramatique, la musique de Puccini parfois magnifique, servie par l'orchestre de l'opéra des landes tout à fait à la hauteur.
Et pourtant mon plaisir n'a pas été total. L'orchestre couvrait un peu trop souvent la voix des chanteurs et surtout la crédibilité du drame disparaissait ,pour moi, derrière des japonais caricaturés aux cheveux de couleurs vives et fluorescents. Madame Butterfly lorsqu'elle quittait son habit traditionnel ,en mini jupe et cheveux roses ne me paraissait plus crédible. Elle ressemblait à ces mangas féminines
http://www.lefigaro.fr/scope/articles-arts-expositions/2009/07/07/08006-20090707DIMWWW00389-le-manga-au-feminin.php
Mais je ne suis pas sûr qu'un drame comme celui là soit crédible dans cet univers. J'ai peut-être tort.

mercredi 15 juillet 2009

L'affaire Fofana

Une lectrice de ce blog a inscrit un commentaire pour me signaler le texte de l'avocat Thierry Levy à propos, non pas de l'affaire Fofana elle-même, mais des instructions données par Madame Alliot-Marie de faire appel.
Voici le lien vers ce texte auquel je souscris entièrement:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/14/me-thierry-levy-la-politique-des-interets-particuliers-s-est-introduite-dans-les-pretoires_1218616_3224.html

On pourra aussi se reporter à l'entretien qu'a accordé Théo Klein, avocat lui aussi et ancien Président des Institutions juives de France, entretien qui va dans le même sens et qui montre bien que la garde des Sceaux a pris une décision purement politique pour complaire à une partie d'une communauté. C'est une décision lamentable.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/07/14/appel-du-verdict-fofana-poursuivre-sur-le-fondement-d-un-sentiment-est-toujours-une-erreur_1218790_3224.html

dimanche 12 juillet 2009

André Gide:Encore à lire?

Comme je l'ai déjà dit j'ai une conférence prête pour cette année:"Trois écrivains face à la peine de mort:Victor Hugo, Albert Camus et Robert Badinter" mais je suis en train d'en préparer une autre qui concernera André Gide, écrivain pour qui j'ai une prédilection depuis longtemps. Je la ferai en deux séances l'une consacré à un exposé sur la vie et l'oeuvre de l'écrivain et la seconde à la lecture de quelques pages de lui, tirées le plus probablement de:"Si le grain ne meurt" et de:"Nunc manet in te".
Si je cherche au plus profond ce qui me plaît chez Gide c'est avant tout le style mais j'aime aussi cet effort qu'il a fait tout au long de sa vie pour s'analyser et le courage qu'il a manifesté en défendant quelques grandes causes.
Pour le moment j'en suis au travail préparatoire, c'est à dire que je relis une partie de son oeuvre et des études sur son compte. Mon été y passera.

vendredi 10 juillet 2009

Le diable rouge à Angaïs

Dernière soirée au théâtre de la Grange pour voir le diable rouge une pièce d'Antoine Rault.C'est un petit moment de l'histoire de France. Nous sommes en 1658 Louis XIV est encore un tout jeune homme et le Cardinal Mazarin essaie de faire la paix avec l'Espagne. Un des éléments de cette paix doit être le mariage de Louis XIV avec l'Infante Marie Thérése mais,comme on le sait, Louis XIV aime la nièce de Mazarin Marie Mancini. Chacun connaît la fin de l'histoire et le triomphe de la raison d'Etat mais on se régale des conversations entre le cardinal, Colbert, Anne d'Autriche, Marie Mancini et Louis XIV. Il y a des répliques d'une grande actualité quand Mazarin parle de la façon de résorber les dettes de l'état et de prélever l'impôt. On rit car le gouvernement actuel ne fait rien d'autre. Les acteurs, tous des amateurs ,sont excellents. Boy Demazières est un Cardinal tout a fait crédible, cynique, rusé, aux manières douces, touchant lorsqu'il se soucie de sa postérité.Rozenn Castera est très bonne dans le rôle de Marie Mancini.
Le festival de la Grange est maintenant terminé. A l'année prochaine.

Camus à Marseille

Il semble que les autorités marseillaises ont décidé de mettre Albert Camus à l'honneur et l'on ne peut que s'en réjouir même si certains craignent, on les comprend, une récupération politique.Tout ce qui permet de parler d'un grand écrivain est bon et chacun sera juge de ce qu'éventuellement, on veut faire dire à Camus.
On peut se reporter à l'analyse qu'en fait un écrivain dans un blog de Liberation.

http://www.libemarseille.fr/henry/2009/07/albert-camus-pass%C3%A9-au-savon-de-marseille.html

lundi 6 juillet 2009

El Famous Quintette


Soirée excellente à Angaïs. Nous avons beaucoup ri et toute la salle avec nous aux facéties de trois chanteurs-musiciens ringards à l'humour décalé. Vincent Ducourau, Philippe Baronnet et Jean Marie Lebouc chantent, jouent de divers instruments( piano, guitare, accordéon, bandonéon) et tiennent entre deux airs où deux chansons des discours très drôles. Tout s'enchaîne à la perfection et l'on se rend compte que ces "ringards" ont beaucoup de talent.
Ils ont joué deux soirs de suite à la Grange devant un public ravi et qui sortait de ce petit théâtre champêtre en riant encore.
Voilà un spectacle qu'il faudrait faire venir. Les organisateurs seraient certain de faire plaisir.
Je vais en parler à ma soeur. Cela pourrait l'intéresser pour les activités culturelles de Saint Vincent de Tyrosse.
Voici quelques éléments supplémentaires sur le site des artistes

http://www.elfamousquintette.fr/?page=presse

samedi 4 juillet 2009

L'etranger au theatre de la Grange

Assisté , ce soir, au Théâtre de la Grange à Angais à la représentation de l'étranger de Camus. Avant d'y aller j'ai relu le roman dont je connais bien les péripéties mais dont j'apprécie à chaque lecture la façon dont les choses sont dîtes.
Un projet d'adaptation avait été soumis à Camus en 1954 mais le projet ne vit pas le jour. Ce n'est qu'en 1986 et en 1987 que le roman fut adapté.
L'adaptation de ce soir était très complète et les acteurs efficaces, notamment celui qui tient le rôle de Meursault (Joseph Morana )et qui est présent pendant toute la pièce. J'ai apprécié l'adaptation mais je garde ma préférence au roman.

mardi 30 juin 2009

La Police une nouvelle fois sur la selette

Un article du Monde, ce matin, fait état d'une nouvelle étude qui démontre un comportement anormal de la police. Ce n'est pas la première fois et cette étude valide tout a fait ce dont se plaignent les minorités visibles. Cet abus manifeste du contrôle au faciés crée un trés mauvais climat dans la société et l'on peut craindre s'il n'est pas mis un terme à ce genre de comportement que les conflits entre certains jeunes et la police se multiplient. La solution n(est pas facile car il faut admettre malheureusement qu'il existe dans les forces de police une mentalité qui sera difficile a éradiquer. Si l'on veut faciliter la paix sociale c'est pourtant dans ce sens qu'il faut s'orienter.http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/06/30/la-police-mise-en-cause-pour-ses-controles-au-facies_1213277_3224.html

http://patricklozes.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/06/30/controles-au-facies-a-paris-la-preuve-americaine.html

dimanche 28 juin 2009

Le retour du roman feuilleton

La parution de roman sous forme de feuilleton a connu son heure au XIX° siècle mais voilà la formule de retour si l'on en croit un article du Monde.
http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/06/27/le-retour-du-roman-feuilleton-sur-telephone-portable_1212502_3246.html#ens_id=1212586
Entre cette nouveauté et l'édition à la demande on assiste à une véritable révoltion dans l'édition.
Il reste à savoir si le phénomène durera et si les lecteurs sont prêts à se passer du livre papier.Ce n'est pas mon cas pour le moment.

lundi 22 juin 2009

Docteur Burnet

Dans le livre: Tunisie un rêve de partage dans la collection omnibus dont j'ai déjà parlé, figure un texte du Docteur Burnet consacré à la vie des russes blancs arrivés à Bizerte en Tunisie et qui, pour certains, firent souche dans ce pays. Le Docteur Burnet épousa une russe. Il fut le Directeuir trés actif de l'Institut Pasteur à Tunis, mais ne s'étant pas soucié de ses affaires , aurait une fin de vie pauvre si le Président Bourguiba, apprenant sa situation ne lui avait consentir une pension du gouvernement tunisien.
Ce matin, en allant en ville, je me suis arrêté ,un instant à l'Institut Pasteur où se trouve, à l'ntrée la tombe du Docteur Burnet, très bien entretenu, au milieu d'un parterre végétal. Il est décédé en 1960 et une rue du quartier porte également son nom.

dimanche 21 juin 2009

Takrouna: Deux femmes de gôut

J’ai visité, une nouvelle fois, Takrouna, un village perché comme un nid d’aigle, dominant une large plaine jusqu’à la mer. On aperçoit au loin vers la mer le nouvel aéroport d’Enfidha qui se termine à la fin de l’année et qui servira à désengorger Tunis Carthage. Je ne me lasse pas de ce paysage superbe et j’y conduis mes amis de passage pour y assister au coucher du soleil.

Mais à Takrouna, en dehors de cette vue superbe, j’ai plaisir à rencontrer Madame Gmach-Bellagha qui tient le Rocher Bleu, café, boutique de bijoux, qu’elle fabrique elle-même et petit musée de la vie locale. Elle est l’âme de Takrouna et s’efforce, avec une grande énergie de sauver ce village pittoresque de la destruction et de l’oubli.

Il est très dommage que ce lieu ne soit pas assez connu des touristes qui, j’en suis sûr, ne regretteraient pas le déplacement. Une difficulté supplémentaire vient de surgir. La petite mosquée du XIII° siècle, située presque au sommet du village menace de s’écrouler et, pour la protéger, les autorités ont installé des barrières qui empêchent les voitures d’accéder au sommet avant 17 heures. J’espère que les autorités compétentes restaureront rapidement cette petite mosquée et rendront vite à ce site sa liberté d’accès.
Voici le site de Madame Gmach : http://takrouna.blogs-de-voyage.fr/

Une française, originaire des Landes, vient d’ouvrir dans une maison restaurée avec goût, un magasin où elle vend de très beaux produits de l’artisanat tunisien et notamment des tissus et des tapis. Ce magasin « Différent » mérite la visite.

Enfin, chaque fois que je me rends à Takrouna, à une trentaine de kilomètres d’Hammamet, je m’arrête, à l’aller ou au retour, au cimetière français, situé un peu avant le village. Dans ce cimetière, géré par l’ambassade de France, se trouvent 235 corps de soldats, chrétiens, musulmans et juifs, victimes de la campane de Tunisie en 1943.

samedi 6 juin 2009

Le discours d'Obama au Caire

J'attendais avec impatience le discours que devait ptonnoncer Obama au Caire à destination du monde arabe. Je ne suis pas déçu et c'est un très grand discours qu'il vient de faire et que l'on peut retrouver en intégralité sur le siute du Novel Observateur. Il faut absolument lire ce texte qui pose sans complaisance aucune les problèmes et qui donnent des pistes pour des solutions.
Evidemment et comme il le dit lui-même, ce n'est pas un discours qui pourra régler tous les problèmes, mais je suis réconcilié avec l'Amérique quand j'entends un tel discours qui nous change de l'imbécile "axe du mal "de son prédécésseur.
A lire donc de toute urgence en allant sur le site du Nouvel Observateur.

jeudi 28 mai 2009

La Medina de Tunis

Cette année, pour la première fois, j'ai pris le temps de visiter la Medina de Tunis. Une première fois j'ai parcouru la partie qui fait immédiatement suite à la Place du Gouvernement (souk des bijoutiers dit souk "Ettrouk", des chéchias, Mosquée Zitouna) et c'est à cette occasion que j'ai visité un,e grande maison bourgeoise entièrement restaurée, Dar El Medina, dont j'ai déjà parlé ici.
Un autre jour, j'ai voulmu visiter le quartier de la Mosquée Sidi Mahrez. cette Mosquée que l'on voit de loin et surtout de haut, à partir des terrasses, est particulière car construite à la manière des mosquées d'Istambul. De haut et d'un peu partout à Tunis on voit ses quatre ou cinq coupoles blanches.
Sidi Mahrez est le saint protecteuir de la ville de Tunis et son tombeau se trouve dans un bâtiment face à la mosquée,bâtiment qui a été corectement restauré en 1998. La salle où se trouve le tombeau est superbement décorée: plafond peint, nombreux et riches tapis au sol, lustres de cristal et le tombeau lui-même est entourré d'une grille ouvragée qui semble en argent.
Le saint est encore vénérè et l'on assiste à un défilé de personnes qui viennent prier contre les grilles qui entourent le tombeau.
Aprés cette visite nous sommes allés voir Dar Lasram où se trouve le siège de l'Association pour la sauvegarde de la Medina et un atelier d'architecture où l'on peut examiner des photos des projets de restauration réalisés et ceux qui sont en cours.. Il y a là un travail très important qui se fait et dont j'avais vu des signes en parcourant les rues où de nombeaux travaux sont en cours.
Enfinn nous avons terminé par une petite place très charmante où se trouve le Musée de la ville de Tunis. Le bâtiment du musée et la petite place viennent d'être restaurés.
Même s'il reste beaucoup à faire on peut dire, je crois, que cette vielle Medina chargée d'histoire est sauvée et c'est très bien.
Il me restera à visiter maintenant au cimetière du Jellez que je connais par ailleurs, le tombeau de Lalla Manoubia la sainte de Tunis au sujet de laquelle Assia Djebar a fait sa thése et que je voudrai bien aussi retrouver. On restaure aussi au Jellez le mausolée d'un Bey.

lundi 18 mai 2009

Dar El Medina

Visite, ce matin, de la Medina de Tunis et j'ai eu l'agréable surprise d'y voir de nombreux travaux de restauration dans l'abord immediat de la Mosquée Zitouna. C'est très bien et cela met fin à une époque ou cette Medina était un peu trop laissée à l'abandon. Au cous de cette déambulation , visite de Dar El Medina un ancien palais du temsp des Beys, restauré entierement et transformé par les propriétaires en hôtel de charme. Je dois dire que la restauration est absolument magnifique, dans le respect des maisons anciennes avec une décoration simple et de très bon gôut. Il y a au sommet de la maison qui comporte deux étages une splendide terrasse qui permet une vue sur toute la ville et où l'on peut prendre une consommation. Il faisait, ce matin, à 10 heures un peu chaud mais j'imagine que cela doit être très agréable soir au coucher du soleil.
L'idée d'hôtel de chjarme ou de maisons d'hôtes se developpe depuis quelques années et s'adressent aux touristes qui ne sont pas attirés par les grands hôtels du bord de mer.
Je peux citer ici deux hôtels de charme qui méritent le détour:

http://www.darelmedina.com/

http://www.hoteldardhiafa.com/

samedi 16 mai 2009

Bayrou au second tour

Bien qu'en Tunisie pour quelques semaines je ne me désintéresse pas pour autant de la politique française et j'ai lu avec intérêt les sondages et analyses qui placent Bayrou au second tour en 2012. Si tel était la cas il aurait de très grande chance de l'emporter. 2012 est encore bien loin mais si les choses se confirment la question du vote utile se posera avec accuité et l'on verra alors ceux qui préfèrent la pureté des idées et Sarkozy et ceux qui voudront un vote efficace et l'élimination de Sarkozy. Le problème ne se posera pas, hélas , autrement. Voici, entre autre, l'article du Nouvel Observateur, sur ces sondahttp://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20090516.OBS7057/44_des_francais_voient_bayrou_au_second_tour_en_2012.htmlges.

vendredi 15 mai 2009

La Rachidia

Ce matin promenade en ville. Nous garons la voiture dans le parking de l'hôtel Abou Nawes et allons flaner sur l'avenue Habib Bourguiba. Nous en profitons pour visiter l'Hôtel El Mourabi et ses trois restaurants. Il est dommage que ces restaurants ne soient pas installés au dernier étage (22 °) où l'on a une vue sur toute la ville.
Nous prenons des places au théatre de Tunis pour la soirée du 29 Mai prochain ou La Rachidia donne un concert.
La Rachidia est une véritable institution dans le domaine de la musique arabe et je donne ci-dessous le site de Wikipedia consacré à la Rachia.

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Rachidia

mercredi 13 mai 2009

Pierre Michon: Les Onzes

Les Onze de Pierre Michon est un petit livre d’un peu plus de cent pages consacrées à un tableau qui se trouve au Louvre et dont le titre est précisément : « Les Onze ». Ce tableau de François-Elie Corentin, « cette cène révolutionnaire » comme le dit Michelet est consacré à un portrait de groupe des onze membres du Comité de Salut Public à ce moment très précis de notre histoire que constitua la Terreur. Il y a là Carnot, Billaud, Prieur, Prieur, Collot, Couthon, Robespierre, Barére, Lindet, Saint Just, Saint André.
Ce livre, dans un style absolument remarquable revient sur la vie de ce peintre assez peu connu, en tous cas ignoré de moi jusqu’à ce jour, François-Elie Corentin qui fut un peintre connu à son époque et qui travailla dans l’atelier de David. Mais ce livre revient surtout sur l’histoire très particulière de ce tableau et il le fait, à la manière d’un livre policier en ménageant le suspens. J’ai ainsi appris que Jules Michelet dans son Histoire de la Révolution avait consacré douze pages à ce tableau et en avait raconté l’histoire, notamment celle de sa commande.
Je ne veux pas dévoiler la fin de l’histoire pour ceux qui voudrait lire ce livre, mais je me conterai de dire que la commande de ce tableau (Par qui fut-elle faîte ?) est un acte politique à ce moment particulier de la Terreur. Comment un tableau peut –il être un acte politique, c’est ce qu’il faut découvrir en lisant ce livre.
Lors de mon prochain séjour à Paris j’irai évidemment voir ce tableau au Louvre et je relirai, en rentrant à Pau, les pages que lui consacre Michelet.
Je connaissais de Pierre Michon son petit livre « Vies minuscules » que j’avais aimé. Celui là ne m’a pas déçu non plus.

PS Pour être honnête il faut que j'avoue que je me suis fait totalement avoir et que mon commentaire s'en ressent. Les Onzes , ce n'est qu'un roman et ni le peintre ni le tableau n'ont existé. C'est ce que me disent les nombreuses critiques que j'ai trouvé sur internet. En voici une parmi d'autres. Dommage je n'irai pas au Louvre voir ce tableau!

http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/05/04/pierre-michon-encore-lui1.html

samedi 9 mai 2009

Les maisons d'Hammamet

Dans un livre des éditions l’Omnibus paru en 2005 : « Tunisie :Rêve de partage » et que je reprends dans ma bibliothèque, je trouve un texte de l’écrivain Michel Tournier, sous le titre : « Cinq jours cinquante ans ou le voyage à Hammamet ». Il s’agit de l’évocation par l’écrivain d’une des fameuses maisons d’Hammamet où il eut le plaisir de séjourner en 1973.
Depuis les années qui ont suivies la première guerre mondiale Hammamet a attiré de nombreux européens souvent riches et oisifs qui décidèrent d’y passer, souvent, plusieurs mois de l’année voire d’y vivre totalement et d’y faire construire leurs maisons.
Parmi ces maisons magnifiques, surtout par leurs jardins luxuriants, celle de Jean et Violet Henson. C’est l’histoire de cette maison que nous raconte Michel Tournier, maison qui appartient aujourd’hui à l’héritière des Henson, madame Leila Menchari, par ailleurs décoratrice célèbre de la maison Hermès.
Je ne connais pas personnellement cette maison et je le regrette, mais je peux assez aisément m’en faire une idée non seulement à la lecture du texte de Michel Tournier et du roman qu’elle a inspiré à Catherine Hermary-Vieille, « Le jardin des Henderson » mais aussi une maison qui lui ressemble et qui fût bâtie à la même époque par un aristocrate roumain, Sebastian. La Dar Sebastian est aujourd’hui le Centre Culturel d’Hammamet et on la visite en parcourant aussi ses magnifiques jardins remplis d’une végétation profuse. J’ai toujours cependant regretté un évident manque d’entretien de cette maison superbe, laissée un peu trop à l’abandon mais qui conserve son charme. Il a dû y faire bon vivre. Il faut donc lire le texte de Michel Tournier, le roman de Catherine Hermary-Vieille et déambuler tranquillement dans les jardins et dans la maison de Sebastian.

jeudi 7 mai 2009

Le voyage en Algérie

Voici un nouveau livre dans la collection « Bouquins » chez Robert Laffont paru cette année et qui vient après d’autres excellents : « L’Algérie : un rêve de fraternité » et « L’Algérie en guerre ». Le principe de cette collection est de publier des anthologies de textes, le plus souvent d’écrivains connus sur un thème particulier ; ici le voyage accompli par de nombreuses personnalités en Algérie après la conquête de 1830, à l’image du fameux « voyage en Orient » cher aux romantiques.

Tous ces textes sont parus entre 1830 et 1930 et leur lecture donne une excellente idée de la période coloniale avec ses hésitations, ses combats et ses crimes. De grands écrivains (Gauthier, Dumas, les frères Goncourt, Alexis de Tocqueville, Eugène Fromentin, Daudet, Maupassant puis André Gide, Montherlant, Isabelle Eberhardt) s’expriment mais aussi des auteurs moins connus, souvent chargés de mission par les gouvernements de l’époque.

Tout cela se lit agréablement et notamment la description des paysages, du climat et des populations, mais on comprend aussi en lisant ces texte combien la France s’est mal comportée. On le savait mais après cette lecture on ne peut décidément plus l’ignorer.

Il y a des textes absolument insupportables où se donne libre cours un mépris racistes et des vues, qui, surtout avec le recul, sont gravement erronées. Je ne citerai que quelques lignes de Louis Veuillot dont la bêtise éclate aujourd’hui.
Louis Veuillot débarque à Alger en février 1841, précédé d’une solide réputation de pamphlétaire et de réactionnaire catholique. Il fut, par ailleurs, secrétaire du Maréchal Bugeaud. Voilà un exemple de bêtise (je serai porté à utiliser un mot plus cru) qu’écrit Veuillot :

« Les derniers jours de l’islamisme sont venus ; notre siècle est probablement destiné à le voir quitter les rivages de l’Europe, non seulement de cette vieille Europe qu’il a jadis envahie et si longtemps menacée, mais de cette Europe nouvelle et agrandie qui est née partout où l’Europe ancienne a porté la croix…Alger dans vingt ans n’aura d’autre Dieu que le Christ »

Et plus loin : « Or il faut être aveugle pour ne pas voir que c’est le dessein de Dieu d’en finir avec l’islamisme et dés lors tout y concourra. »
On eut dire qu’il avait tout compris et qu’il prenait ses rêves pour des réalités !
Quand on lit ce livre, on comprend que le précédent dans la collection: " Algérie: un rêve de fraternité" portait bien son titre. La fraternité ne pouvait être qu'un rêve inaccessible dans le sytème colonial.

Arrivée en Tunisie 2

Voilà donc une semaine que nous sommes à Hammamet, après une traversée sur le Carthage entre Marseille et Tunis tout à fait tranquille. Nous avons fait les opérations de police et de douane sur le bateau et nous avons donc quitté le port de La Goulette très rapidement. A l’appartement nous avons repris nos marques et Rachid s’occupe de faire faire quelques travaux de peinture. Nous sommes en bord de mer et l’entretien est évidemment nécessaire
Le temps est beau mais pas très chaud ce qui n’empêche pas certains touristes de se baigner. Ce ne sera pas tout de suite mon cas.
Nous avons découvert l’utilité des liaisons WiFi et tous les jours en fin d’après midi nous allons nous installer dans les salons d’un hôtel ou d’un autre et nous surfons sur internet. Avant-hier nous étions à l’Oceana et hier à l’hôtel Lalla Baya. Cet hôtel est un des plus pittoresque d’Hammamet Sud. Son architecture est inspirée des bâtiments d’Afrique Noire en pisé et traversés de tronc d’arbres qui dépassent les murs. A l’extérieur et à l’intérieur on se croirait au fin fond du Sénégal ou du Dahomey.
Demain je vais à Tunis pour quelques courses.

J’ai commencé la lecture d’un livre très intéressant de la collection « Bouquins » chez Robert Laffont : « Le voyage en Algérie ». Il s’agit d’une anthologie des textes de voyageurs en Algérie juste après la conquête en 1830. Je reviendrai plus longuement sur ce livre de plus de mille pages quand je l’aurai terminé, mais je peux déjà dire que tous ces textes sont précédés d’une excellente introduction de Franck Laurent, maître de conférence à l’Université du Maine.

vendredi 1 mai 2009

Arrivée enTunisie

Me voilà donc arrivé en Tunisie pour deux mois. Nous avons embarqué sur le Carthage à Marseille jeudi en début d'aprés-midi et ce matin à 11 h.nous étions au port de La Goulette. Je pensais que nous serions trés peu à bord mais c'était sans compter un rallye dans le sud Tunisien.A peu prés cinquante 4X4 plus un camion pour l'intandance occupaient un des ponts. Cela a fait de l'animation sur le bateau. Nous avons fait les formalités de police et de douane sur le bateau et, du coup, nous sommes vite sortis du port. Tunis a encore changé et notamment les trvaux du grand pont de Rades sont terminés. Quand nous viendrons d'Hammamet à Sidi Bou Saidnous gagnerons une vingtaine de minutes grâce à ce pont.

lundi 27 avril 2009

Un peu de politique

François Bayrou est dans l'actualité. Au moment ou il va publier un nouveau livre qui constituera en quelque sorte une critique de la politique actuelle et un programme, les sondages montrent clairement qu'il est perçu comme un des meilleurs opposant à Nicolas Sarkozy. Je dirai quant à moi qu'il est le meilleur opposant et que si les électeurs veulent mettre un terme à la politique actuelle ils n'ont pas vraiment le choix.
Je crois que ceux qui veulent sincérement faire obstacle à la politique de Nicolas Sarkozy dans tout ce qu'elle a de désordonné et d'injuste ne pourront que se tourner vers François Bayrou.Quand il critique la politique et le comportement de Sarkozy il est crédible et on l'entend ce qui n'est pas du tout le cas en ce moment du Parti socialiste. J'ajoute que l'opposition de Segolene Royal ne me parait pas aussi pertinente: elle fait des coups mais rien de bien construit.Quant à Besancenot j'ai souvent dit et je répéte que c'est une illusion et que voter pour lui c'est clairement voter pour Sarkozy. Sarkozy qui l'a parfaitement compris en le menageant. Les électeurs de Besancenot veulent-ils Sarkozy? Qu'ils le disent clairement.

lundi 20 avril 2009

Maurice Druon

A l'occasion du décés de Maurice Druon voici le texte du Chant des partisans dont il est l'auteur suivi d'une video de Youtube dans laquelle Anna Marly chante ce chant de la résistance:

http://www.lefigaro.fr/livres/2009/04/15/03005-20090415ARTFIG00282-le-chant-des-partisans-.php
L'on se souvient que ce chant des partisans s'est élevé à la fin du magnifique discours de Malraux lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon. Voici un extrait de ce discours dans lequel Malraux évoque ce chant.

http://www.youtube.com/watch?v=x2gk0ZAp8ak
On peut aussi lire le texte rude de Frederic Ferney sur son blog qui figure sur le coin droit du mien dans mes favoris.