mardi 26 juillet 2016

Le goût de Grenade.

Le Mercure de France vient de faire paraître dans sa collection "le goût de..." un petit ouvrage sur Grenade.Dans cette collection il est demandé à un écrivain,ici Gerard de Cortanze de parler d'une ville qu'il aime et de réunir un ensemble de textes d'écrivains à propos de cette ville.
Grenade fait rêver depuis longtemps par son passé arabe, par ses gitans de l'Albaïcin, par sa Sierra Nevada enneigée et par le drame que fut l'assassinat par les franquistes du poète Frederico Garcia Lorca.
Il y a dans cet opuscule un beau texte de Rafaél  Alberti: "La ballade de celui qui n'est jamais allé à Grenade".De 1925 à 1930 Frederico Garcia Lorca ami de Rafaël Alberti et compagnon de la fameuse Résidence d'étudiants à Madrid l'invitait à venir passer ses vacances en Andalousie. Chaque année Rafaël Alberti remettait son voyage à plupart et puis il y eut l'assassinat de Lorca. Rafaël Albert ne se rendit à grenade qu'en 1980 43 ans après. Il en fit un poème poignant.

                              Venez, vous qui jamais n'avez fait le voyage.
                               Il y a là du sang versé, ce sang m'appelle.
                               Je ne suis jamais entré dans Grenade.

                                Il y a là le sang que versa le meilleur frère.
                                Du sang sur les eaux et les myrtes des patios.
                                Je ne suis jamais allé à Grenade.

                                 Le sang du meilleur des amis  parmi les myrtes.
                                 Du sang sur le Darro,du sang sur le Genil.
                                 Non je n'ai jamais vu Grenade.

                                  Si hautes sont les tours, haut est notre courage.
                                  Accourrez à travers mers et par monts et champs.
                                  Car je vais entrer dans Grenade.

J'ai aussi appris grâce a ce petit livre qu'Aragon était fasciné par cette ville et que son livre le Fou d'Elsa était , en partie , consacré à l'histoire de Grenade et on pourra lire ICI le poème d'hommage de Louis Aragon à Frederico Garcia Lorca.


                             

lundi 18 juillet 2016

De nos frères blessés de Joseph Andras

Joseph Andras vient de publier chez Actes Sud un roman « De nos frères blessés » qui est l’histoire  de Fernand Iveton le seul français exécuté par la Justice pendant la guerre d’Algérie. C’est un très beau livre, très émouvant sur ce destin brisé alors qu’Iveton n’avait pas de sang sur les mains. Il avait tout fait pour que sa bombe ne tue pas et ne fasse que des dégâts matériels. Il avait pris le parti des Algériens et s’était élevé contre la politique coloniale de la France en Algérie, cette politique en réalité complètement contraire aux vraies valeurs de la France.
Le roman raconte le procès et l’exécution d’Iveton et la Justice, le pouvoir socialiste, François Mitterrand n’en sortent pas grandis. Ils ont bafoué toutes les valeurs du pays et ont succombé aux désirs des ultras en Algérie. Comme le dit fort justement la dernière de couverture : « Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature  peut demander réparation. »
On dit que François Mitterrand a toujours eu honte de son attitude et qu’il aurait rapidement aboli la peine de mort a son arrivée au pouvoir pour tenter de se racheter. On ne se rachète jamais d’une telle infamie.

Décidément cette guerre d’Algérie inspire les romanciers après Où j’ai laissé mon âme de Jérôme Ferrari, Le temps de rêver est bien court de Bertrand Longuespé et La nuit de Zelemta de René –Victor Philes il  faut donc lire De nos Frères blessés de Joseph Andras

dimanche 17 juillet 2016

Séjour parisien

Voilà un nouveau séjour parisien qui prend fin. Nous sommes arrivés le 28 juin pour un séjour de 10 jours après notre mois passé à Venise.
J'ai commencé par découvrir le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris ou se tenait une exposition consacrée aux oeuvres du peintre Albert Marquet. C'est un peintre que je connaissais peu mais je connaissais de lui quelques toiles consacrées à Alger et à son port. L'exposition donnait a voir une cinquantaine de toiles . Il y a beaucoup de vues de ports en France et à l'étranger, de très belles vues de Paris et des bords de Seine quelques une sous la neige et une salle entière  consacrée à l'Afrique du Nord essentiellement Alger mais aussi La Goulette en Tunisie. J'ai appris que ce peintre avait vécu quelques années a Alger où il possédait une maison et un appartement donnant sur le port qu'on lui prêtait  pour qu'il peigne.
En sortant de l'exposition j'ai profité de visiter un peu  le quartier,proche de la Place d'Iéna et pour me reposer dans le petit parc du Palais Galliera, aujourd'hui musée de la mode.

Le lendemain j'ai consacré ma visite au quartier du Bon Marché (Sèvres-Babylone) et, notamment à la visite de deux petits jardins bien cachés: le jardin Catherine Labouré 29 Rue de Babylone .
                                       
Il s'agit d'un bel espace vert derrière ce qui fut l'Hôpital Laennec.
                                 
J'ai ensuite pris la direction de la Rue Récamier (une impasse)donnant sur un tout petit square (Square Roger Stephane) et où venait souvent se promener, en son temps, Chateaubriand avec son amie madame de Récamier. Il est certain qu'il faut  désirer visiter ces deux jardins car ils sont assez cachés.
                                   

Bu un verre sur les hauteurs de Belleville à "Mon coeur Belleville" avec , en principe une vue splendide sur Paris mais, ce jour là gâchée par une pluie fine et de la grisaille, un autre soir sur la terrasse éphémère de la Gare de l'Est avec cette fois un peu de soleil.

Visité en compagnie de Martine et Catherine le Musée d'Orsay et son exposition consacrée au Douanier Rousseau. Je connaissais quelques uns de ses tableaux mais l'ensemble est dans le même style et je dois avouer que je ne suis pas très enthousiaste! J'en ai profité pour revoir le Bâtiment absolument splendide et quelques toiles des orientalistes.

                                             
                                 
Le soir dîner pour la première fois dans un restaurant Ethiopien recommandé par Martine. C'était à la fois original et très bon.

Revu aussi, plus de trente ans après ma première visite le Musée Rodin entièrement restauré et cela a été une très belle surprise. C'est un très beau musée avec  d'abord un jardin splendide dans lequel sont placées de nombreuses oeuvres de Rodin: la statue de Balzac, le monument en l'honneur de Victor Hugo, les Bourgeois de Calais, le penseur.....De ce jardin on a une vue magnifique sur la coupole des Invalides.
                                     



L'Hôtel de Biron dans lequel se trouve le Musée est également un magnifique hôtel particulier aux proportions remarquables et dans les deux étages se trouvent de nombreuses statues de plus petites dimensions et  quelques toiles remarquables de Van Gogh  et de Monet .Nous avons passé deux heures agréables et nous aurions même eu envie de prolonger notre promenade dans les jardins.
Belle fin d'après midi à la Philharmonique de Paris. Nous prenons le Bus 75 qui nous mène à la Porte de Pantin en passant par le parc des Buttes Chaumont et la belle mairie du 19 °. La Philharmonique de Paris est un bâtiment moderne qui vient d'être inauguré, tout de tôle  et de courbes. Je l'avais déjà vu en fin d'année dernière et je l'avais trouvé assez laid mais cette nouvelle visite m' a réconcilié avec cette architecture. Nous avons pris un verre au "Balcon" le restaurant bar du 6° étage qui a une belle vue sur les Halles de la Villette au premier plan, la cité des Sciences et la Géode et un peu plus loin sur la ville.
                                           

Un autre soir nous été prendre un verre sur la terrasse éphémère installée sur une terrasse de la Gare de l'Est.

Visitez le Cimetière du père Lachaise. Rafraîchissant par cette journée chaude.


Venise litteraire

Pour mon séjour à Venise j'ai acheté deux livres tout a fait intéressants. Le premier paru dans la collection Bouquins chez robert Laffont a été publié sous la direction d'universitaires et comporte de nombreuses contributions. Il a un titre qui est tout un programme: Venise,histoire,promenades,anthologie et dictionnaire! C'est une véritable somme très érudite et rien n'est oublié ni en histoire ni en littérature. Il comporte aussi et c'est ce qui fait son originalité des "promenades" dans les divers quartiers de Venise et j'ai beaucoup appris sur le lieu où je réside habituellement: la Giudecca et, notamment sur les divers Palais et jardins de ce coin.
Le second ouvrage: Venise au fil des mots de Gabriella Zimmermann est très astucieusement composé. Le livre suit, ici aussi, des itinéraires dans Venise mais rien n'est écrit par l'auteur qui s'est contenté ou plutôt qui a su compiler de manière agréable à lire des textes d'écrivains et ils sont très nombreux qui ont écrit sur la ville.
La réussite est que cette compilation d'extraits mis bout à bout donne un texte qui se tient parfaitement et qui se lit sans difficultés.
Dans le fond ces deux livres sont des guides, non pas pour touristes pressés mais pour amoureux de Venise qui prennent le temps d'y déambuler en y revenant