lundi 24 avril 2017

Victoire de Macron

Emmanuel Macron est donc arrivé en tête et il est très probable qu'il sera le prochain Président de la République. En ce qui me concerne je m'en réjouis car avec cette élection c'est une clarification sans précédent du paysage politique français qui était devenu, au fil des années complètement incompréhensible et donc dangereux.
En ce qui concerne la parti socialiste il fallait être aveugle pour ne pas constater qu'il s'agissait d'un parti fourre tout et qui depuis François Mitterrand et son congrès d'Epinay essayait avec plus ou moins de succès d'unir des positions en réalité incompatibles.
Ma thèse en ce qui concerne le parti socialiste était qu'il avait atteint en grande partie ses objectifs fondamentaux et qu'il lui était difficile sauf a être dans la posture de proposer des choses très nouvelles. On pourra lire sur ce point mon analyse.
Le quinquennat de François Hollande a fait éclater cette prétendue unité des gauches en mettant clairement la focale sur d'une part une gauche réformiste,admettant comme absolument inévitable la liberté en économie , voulant simplement permettre de la redistribution de la richesse créée et ouverte sur le plan des questions sociétales et , d'autre part, une gauche "révolutionnaire" refusant dans le fond la liberté économique pour prétendre à une sorte d'économie dirigée ou , en tous cas, tellement contrainte qu'elle serait vouée à l'impuissance.
Ces deux gauches ne pouvaient ,sauf hypocrisie totale demeurer plus longtemps unies.
Dés lors les frondeurs, les écolos gauchistes ne pouvaient demeurer lier a des gens qui acceptaient le libéralisme.
L'apport considérable de Macron c'est d'avoir en quittant les appareils mis un terme  a ces "unions de la gauche"  a ces "gauches plurielles" qui étaient des tromperies et qui ont entraînées, années après années des déceptions grandissantes.
Mon reproche a Hollande et à Vals c'est qu'ils n'ont pas eu le courage de porter le fer et de dire clairement les choses en laissant entendre que l'on pouvait encore "unir" les gauches. Voilà ou cela les a mené.
Quant à la droite elle a aussi volé en éclat entre une droite dure pas très éloignée en réalité du Front National et une droite soucieuse de justice et d'ouverture.
Dés lors tout sera désormais beaucoup plus clair:
-D'un côté tout ceux a droite et à gauche qui acceptent le libéralisme en matière économique  seul système capable de vraiment créer de la richesse mais qui veulent aussi un pouvoir juste et une redistribution des fruits de la richesse créée.
-De l'autre a droite les extrêmes qui certes veulent du libéralisme économique mais sans régulation et sans justice et qui  sur le plan sociétal sont dans la régression, dans le soutient des veilles valeurs dépassées qui sont pour une identité étriquée et fantasmée.
-Enfin la gauche extrême qui lutte contre le libéralisme et qui voudrait instaurer une économie régentée, c'est à dire une économie qui n'a jamais dans l'histoire réussi et qui a vite vu venir les dictatures et la pauvreté.
Je pense donc que ces nouveaux clivages vont avoir une longue vie et une grande efficacité et ce ne sera pas le moindre mérite d'Emmanuel Macron.

samedi 22 avril 2017

Alain Moreau

Nous sommes réunis pour adresser un adieu à Alain.

Je n'ai pas de qualité particulière pour vous parler d'Alain. D'autres auraient sans doute mieux retracer son parcours professionnel. Ma seule qualité est une amitié solide et ancienne.

Alain que nous entourons en ce triste jour est, en effet, mon ami le plus ancien à Pau. Je l'ai connu en 1962 lors de la rentrée universitaire dans cette villa Lawrence qui servait  d'Institut d'Etudes Juridiques.
Il y commençait ses études de droit et moi aussi.
J'arrivai directement de mon Algérie natal et je ne connaissais strictement personne à Pau. Les bancs de l'Institut nous ont réuni et je ne l'ai plus jamais perdu de vue.
 A l'époque nous avions cours toute la journée,les professeurs venant de Bordeaux et je garde le souvenir de ces moments entre deux cours ou nous nous promenions en discutant dans le magnifique Parc Lawrence. Heureux temps!
Je souviens qu'il s'est marié très jeune avec Pascale alors qu'il était encore étudiant et Pascale et lui  m'ont si souvent accueilli ,à l'époque, chez eux dans l'intimité de leur jeune foyer.

J'ai toujours gardé de très bonnes relations avec Alain tout au long de ces longues années, prés de 60 ans  et ce n'est pas très étonnant car nos caractère se ressemblait. Alain était sérieux et très réservé, sans doute même plus que moi mais il n'était jamais dans la superficialité et quand il faisait quelque chose il le faisait avec sérieux et application.
Juriste il a eu une belle carrière au sein de ce qui était à l'époque la SNPA et je me souviens qu' à ces débuts il a été amené a voyager beaucoup et fort loin pour négocier et rédiger les contrats pétroliers que ce grand groupe négociait dans de nombreux pays.
Je dois dire qu' à l'époque cela me faisait rêver, moi qui aime beaucoup les voyages et qui, en tant qu'avocat, était astreint a demeurer à Pau.
Avocat j'ai eu quelques fois a travailler avec lui et son service et j'ai toujours apprécié sa méticulosité, sa rigueur intellectuelle qui ne laissait rien au hasard et à l'improvisation.
C'est ce sens de la rigueur intellectuelle qui faisait que souvent, au cours de nos conversations, 'il était  assez dur pour les politiques de tout bord et disons, leur souplesse, pour ne pas être désobligeant!
J'avais de mon côté un peu plus d'indulgence et un peu plus d’intérêt pour la politique et c'était un objet de discussion entre nous.

Je suis d'origine et de culture protestante mais je dois dire qu'Alain aurait pu très bien pu faire partie de la confrérie et être protestant car il en avait l'austérité et la rigueur. Voilà encore ce qui nous rapprochait.Et je crois qu' à heure de œcuménisme je peux prononcer ce genre de propos ,ici, dans une Eglise et je suis sûr qu'Alain n'en aurait pas été choqué!
Il aimait les belles voitures et surtout la voile et c'est vrai que c'est un loisir qui correspondait bien a son caractère: la solitude face à l'immensité de l'océan,l'affrontement avec le vent et la mer,la contemplation de la beauté de la nature. Et c'est cet amour de l'océan qui l'a conduit a résider beaucoup dans les Landes ces dernières années ou il se trouvait heureux au milieu de cette belle nature.

Son caractère précis et persévérant l'avait aussi entraîné vers la généalogie et il  avait réussi a reconstituer une grande partie de son arbre généalogique. Comme on le voit Alain était un esprit ouvert.
Alain a eu la chance d'avoir une vie familiale harmonieuse avec une femme Pascale, ma chère amie,qui par son ouverture aux autres,sa curiosité,son amour de la discussion compensait un peu le côté un peu sauvage d'Alain.
Elle était le ministre des relations étrangères du couple!

Il a été un très jeune papa et Jean Alain lui a donné deux petites filles qui étaient sa fierté et son plaisir et a qui, après sa retraite , il a pu consacré du temps.J'ai la conviction que l'essentiel de l'éducation est dans l'exemple et il a été pour ces deux petites filles , j'en suis sûr, un très bel exemple de droiture et de travail.
C'est quand le grand départ survient que l'on se met à regretter et mon regret est de ne pas avoir assez profité de cette amitié, d'avoir laissé la vie nous éloigner.

La vie avec son côté trépidant, le travail, les loisirs, les obligations familiales font que nous ne nous voyons nos amis que  trop peu et après c'est le regret même si dans mon cas notre relation a été espacée mais toujours fidèle et chaleureuse.Nous n'avions dans le fond pas besoin de mots et nous pensions l'un a l'autre.
Parce que c'était lui parce que c'était moi !

Face au deuil, à la tristesse je songe souvent à cette phrase que Jean Louis Trintignant a prononcé, bouleversé, aux obsèques de sa fille et que je reprends a mon compte car je la crois très vrai:

"Ne pleurez pas. Réjouissez vous de l'avoir connu"

En ce qui me concerne je ne peux m'empêcher de pleurer Alain, cet ami qui reste associé pour moi et à jamais à mon arrivée à Pau, qui a été d'une certaine façon avec Mimi et Janine Cazendres avec Annie l'image de la France et de son accueil mais en le pleurant aujourd'hui je me réjouis de l'avoir connu, d'avoir pu profiter de son amicale fidélité et ,pour tout dire avec lui me quitte une partie heureuse de ma jeunesse.
Et maintenant quelque soit la vérité.
Ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n'y croyait pas.
Alain a trouvé la paix et il nous laisse dans le désarroi. Le jour viendra où nous pourrons tranquillement ,dans l'apaisement, penser a cette partie de nous qu'il a emporté avec lui.
Et enfin comme nous le dit Paul Eluard :

                                       
J'adresse à Pascale son épouse,mon amie, à Jean Alain son fils a ses petites filles et a toute sa famille l'expression de ma sympathie dans cette épreuve douloureuse et venue trop tôt.

lundi 17 avril 2017

Guy Ebrard


J'apprends à l'instant le le décés de Guy Ebard et je veux lui rendre hommage. 

J'ai eu la chance de faire sa connaissance il y a une dizaine d'années. Il a eu à mon égard, des gestes d'amitié nombreux et sincères. C'est lui qui a présenté en 1999 mon premier livre : "Algérie, Algérie. Que me veux tu ?" et il l'a fait (je conserve son discours) avec chaleur et sensibilité. C'est lui qui en 2000 m'a remis les insignes de Chevalier de la légion d'Honneur avec là encore un discours chaleureux. Il est vrai qu'il était un  très bon orateur, toujours agréable à entendre et dont les discours étaient toujours nourris d'une grande culture et d'une grande philosophie de la vie. 
Depuis je lui adressai tout ce que j'écrivais car son avis comptait pour moi.

Médecin de formation (il avait suivi un cursus de dermatologie à l'Hôpital Saint Louis prés de chez moi à Paris). Il avait ensuite fait de la politique et avait été très jeune à la Commission des Finances. Député-Maire d'Oloron Sainte Marie pendant plusieurs années, il s'était ensuite détaché de la politique pour se consacrer à ses importantes affaires dans le Thermalisme. 
Ce retrait de la politique m'a toujours posé question car il avait l'envergure, le talent et l'énergie pour devenir un important homme politique. Mon explication est qu'il était beaucoup trop honnête intellectuellement pour se prêter aux contorsions nécessaires dans l'activité politique. Guy Ebrard ne savait pas manier la langue de bois, ne savait probablement pas se livrer aux tromperies quelques fois nécessaires pour parvenir à un but .

J'aimai aussi son positionnement politique. Je ne crois pas me tromper en disant qu'il était favorable, lui le grand entrepreneur, à la liberté économique mais qu'il était aussi très sensible à la justice sociale. Tous les hommes politiques de la région le considéraient comme un sage dont ils appréciaient les avis. André Labarrére qui fut un grand maire de Pau, ne dédaignait pas ses avis.

Guy Ebrard connut une réussite éclatante dans ses affaires dans le domaine du Thermalisme où il était une autorité reconnue. Plusieurs gouvernements lui demandèrent des rapports sur le développement du Thermalisme. Il fut Président de la Fédération internationale du Thermalisme.

Connaissant mon amour de la Tunisie, il me raconta plusieurs fois et c'était chaque fois un régal de l'entendre, sa réception par le Président Bourguiba lors d'un Congrès de sa Fédération en Tunisie.

J'ai souvent regretté de ne l'avoir connu que tard; et par des pudeurs, de ne pas l'avoir davantage fréquenté. Il me reste quelques discours qu'il fut amené à présenter à l'Académie de Béarn dont il fut Président et qui sont toujours des morceaux d'esprit, d'humour et de sagesse bienveillante.

Il connut dans les années récentes un grand malheur en perdant un des ses fils Francis Ebrard et je ne peux qu'exprimer à toute sa famille l'expression de mes sentiments très attristés.












mardi 11 avril 2017

Les filles du calvaire de Pierre Combescot

Je relis ce roman , déjà lu lors de sa parution en 1991 et le plaisir est toujours intact. D'abord parce que c'est une histoire foisonnante qui nous conduit d'un quartier de Paris que je connais bien  autour du Cirque d'Hiver à quelques lieux de Tunisie que je connais aussi parfaitement:La Goulette, Carthage, Le Kram , la Petite Sicile.....
Pierre Combescot fait revivre un monde disparu tant dans ce quartier de Paris qu'en Tunisie, un monde haut en couleur,un monde de marginaux avec leurs codes et surtout leur langage. Car ce qui fait le miel de ce roman c'est le style, c'est la façon dont l'auteur fait parler ses personnages dans un argot riche et imagé.
L'histoire est souvent cruelle mais on rit du début à la fin même si on sent bien qu'il y a dans ce temps qui passe une forme de tristesse profonde.L'histoire court sur la période qui va d'avant guerre, à l'occupation puis à la Liberation et l'on suit sur cette période les tribulations marginales de la fille d'Emma , une  juive haute en couleur, belle et qui a été considérée par sa mére comme une enfnat du diable!
Il y a une évocation haute en couleur des juifs de la Goulette et d'un milieu interlope, marginal, avec ses habitudes et son langage, un rappel de la période de l'occupation avec ses collaborateurs qui profitent des temps troublés
C'est un monde spécial mais ce qui rend le roman très agréable à lire c'est évidement le style fait de l'utilisation de l'argot de ces milieux.
J'ai lu,plus tard les "Petites Mazarines" du même Pierre Combescot et là encore l’histoire,la petite, était revisitée  avec un grand bonheur et toujours ce style éloigné du classique tout en étant parfait.

dimanche 2 avril 2017

Pièces détachées de Colette Fellous

Colette Fellous est un écrivain, producteur à la radio qui est né et a vécu en Tunisie jusqu'à ses 17 ans et qui y passe encore du temps dans sa maison de Sidi-Bou Saïd. Voilà qu'un jour, sur sa terrasse qui donne sur la baie de Tunis et sur le Boukornine, cette petite montagne tant peinte par les artistes tunisiens et qui est pour la Tunisie ce qu'est le Chenoua pour Camus et Tipaza, elle apprend par un coup de téléphone la mort de son ami Alain Nadaud, écrivain, sur son bateau, d'une crise cardiaque prés d'une île grecque. (Alain Nadaud dont j'ai aimé le livre: "Dieu est une fiction" dont j'ai parlé ici C'est aussi l'époque des attentats meurtriers en France , au musée du Bardo et sur la plage de Sousse.
Voilà que tout a coup son monde est ébranlé,bouleversé et elle se met a songer à sa vie, a ses parents, aux amis et à cette vie dans la Tunisie paisible d'autrefois. Des souvenirs remontent en pièces détachées, en fragments dans cette maison qu'elle songe à quitter.
Il y a de belles pages sur son père,sur sa mère bi-polaire, sur de nombreuses femmes rencontrées, sur des visages tels celui de cette petite fille dans la ville cimetière du Caire et dont les destins lui reviennent en mémoire.
Et il y a pardessus tout, une évocation, dans un style superbe avec une émotion poignante qui court sur les lignes, de la Tunisie d'autrefois et d'aujourd'hui, sur le départ des européens qui fut un drame même si son père n'en parlai jamais. "Face à cette mer qui a été la sienne, j'écris mon adieu au pays, et cet adieu je le lui offre,pour tenir ma promesse. Je l'offre aussi à tous ceux qui, comme lui, se sont tus, croyant protéger leurs enfants. Tous ceux qui ont caché en eux-même leur souffrance, qui ont fait comme si ce n'était rien de partir et de laisser ce qu'on avait construit lentement, de génération en génération."
Elle a été la seule de la famille a revenir s'installer  dans ce pays et elle dit magnifiquement pourquoi en évoquant sa vie à Sidi Bou Said et sa maison devant la mer.
Toute cette partie ne pouvait qu'éveiller des échos en moi en remplaçant la Tunisie par l'Algérie.
Et le livre se termine avec son départ qu'elle pense définitif mais elle rajoute cependant et ce sont les derniers mots du livre: "On y reviens toujours""Je savais que je ne pourrais pas, c'était plus fort que moi, j'y reviendrais toujours."
Enfin il y a dans ce livre sa crainte devant l'évolution de la Tunisie, une crainte partagée par tant et tant d'amoureux de,ce pays.

vendredi 31 mars 2017

L'affaire Arnolfini

Une amie m'a offert le livre (roman d'investigation) de Jean Philippe Postel :"L'affaire Arnolfini paru aux éditions Actes Sud en janvier avec une préface de Daniel Penac. Je dois dire que j'ai lu ce livre d'une traite dans le train qui me ramenait de Paris et je n'ai pu le lâcher qu'arrivée à la fin.Il est tout simplement passionnant!
De quoi s'agit il? L'auteur nous raconte un tableau célèbre de Van Eyck connu sous le nom "Les époux Arnolfini" et qui se trouve à la National Gallery de Londres. Le tableau est beau mais tout un livre sur un tableau me direz vous?

                                                     Les Époux Arnolfini
Et bien oui car ce tableau a une histoire et il a connu divers propriétaires mais surtout il a conduit de nombreux critiques a se demander ce que disait ce tableau, ce qu'il montrait et ce qu'il cachait.
Le livre est donc une enquête "policière" menée à partir de l'examen du tableau et c'est très étonnant.
En ce qui me concerne j'aurai pu passer des heures devant cette toile et je n'y aurai vu qu'un couple un peu distant mais qui ne m'aurait pas étonné outre mesure sachant que c'était des gens du nord!
Or s'il y a bien un couple c'est un couple bien particulier qui nous est montré par l'auteur. Je ne peux pas en dire plus car tout le mérite de ce livre est de nous faire découvrir petit à petit une vérité étonnante et la révéler enlèverait beaucoup de plaisir a ceux que mon billet incitera à lire cet ouvrage.
Je peux dire cependant que l'on en apprend beaucoup sur les conceptions qu'avaient a cette époque les contemporains de l'enfer et du purgatoire et nous ne pouvons que rire aujourd'hui de ces analyses sur le sort des âmes défuntes et en lisant , par exemple,un canon prononcé lors du Concile de Florence en 1439
Ne riez pas! Voici ce que nous dit ce Canon ecclésiastique:
"Nous déclarons que les âmes des véritables pénitents,morts dans la charité de Dieu avant que d'avoir fait de dignes fruits de pénitence pour expier leurs péchés de commission ou d'omission, sont purifiés après leurs morts par les peines du Purgatoire, et qu'elles sont soulagées de ces peines par les suffrages des fidèles vivants, comme sont le sacrifice de la messe, les prières, les aumônes et les autres oeuvres de piété que les fidèles font pour les autres fidèles suivant les règles de l'Eglise, et que les âmes de ceux qui n'ont point péché, depuis leur baptême ou celles de  ceux qui,étant tombés dans les péchés, en ont été purifiés dans leurs corps, après en être sorties comme nous venons de dire, entrent aussitôt dans le Ciel et voient purement la Trinité, les uns plus parfaitement que les autres selon la différence de leurs mérites; enfin que les âmes de ceux qui sont morts, actuel ,u dans le seul péché originel, descendent en enfer pour y être toutes punies, quoi qu’inégalement."
Qu'elle imagination!
Et bien pour revenir au tableau et au livre toutes ces balivernes ont inspirées le peintre et l'auteur nous le dévoile à partir de l'analyse de détails que vous n'auriez pas vu même en regardant attentivement le tableau ou qu'en tous cas vous n'auriez pas compris.
Lecture jubilatoire même si certains doutent de la vérité de ce que nous révèle l'auteur, mais aprés tout qu'elle importance puisque le récit nous apprend a mieux voir une telle oeuvre.


dimanche 26 mars 2017

Petit séjour Parisien

Départ vendredi en fin d’après midi pour  quelques jours à Paris à l'occasion de mon anniversaire. Pour une fois depuis de nombreuses années nous avons pris le TGV et c'est bien agréable: cinq heures qui passent vite entre lecture et paysages.
Le lendemain samedi nous avons  visité la chapelle du nouveau Centre Orthodoxe russe qui a fait bouger avec ses coupoles argentées a deux pas de la Tour Eiffel.En réalité il y a une partie de bâtiments très moderne et ces coupoles ne jurent pas, au contraire. La chapelle est de petite dimension mais belle avec des icônes et un lustre superbe. Puis nous avons visité  le musée Jacques Chirac du Quai Branly. C'est magnifique à la fois sur le plan architecture , des jardins très beaux en ce début de printemps et de la mise en scène de ce musée Il y a là des objets de diverses origines qui sont de véritables œuvres d'art et qui montrent que l'ingéniosité, la créativité, l'imagination des hommes est foisonnante et diverses.Je ferai une entrée sur mon blog avec des photos mais je peux d'ors et déjà dire aussi que cette visite m'a confirmé dans l'idée que les religions, toutes les religions sont bien des créations humaines et rien qu'humaines. Beaucoup d'objet, de masques évoquent des croyances religieuses c'est à dire l'invention par ces hommes de récit pour tenter de comprendre le mystère de l'homme et de la mort.En quoi ces idées et ces comportements seraient ils moins vrais que ce que nous pensons?
Et si un prétendu Dieu a parlé comme voudrez nous le faire croire les religions du Livre, comment expliquer qu'il n'a parlé qu' à quelques uns et a laissé beaucoup d'autres avec leurs croyances?
Les photos montrent beaucoup d'objets liés a des rites funéraires et notamment de nombreux mats funéraires sculptés magnifiquement dans toute sorte de bois.

                                                                 






                                                                     

                                                                      

Dimanche nous avions réservé des entrées au Louvre à l’occasion de l'exposition Johanes Vermeer et je craignais ,un peu ,l'affluence car l'exposition a un très grand succès. En réalité ce musée magnifique est parfaitement organisé et l'on déambule assez facilement. L'exposition Vermeer est un peu décevante car elle est situé dans un endroit assez exigu et s'il y a , évidement des Vermeer ils sont en petit nombre entourés de tableaux d'autres peintres Hollandais qui ont peint des situations  semblables à celles peintes par Vermeer. On voit bien sûr les principaux tableaux de Vermeer: la laitière, la dentellière , l'astronome et le géographe.
Au sortir de cette exposition temporaire nous avons été visité l'emplacement des  sculptures françaises dans la magnifique cour Marly et autour. Il y a là des Houdon, Piaget, Puget comme le montre ces quelques photos.
Nous avons terminé notre visite par la partie consacrée aux Arts islamiques que je voulai visiter car elle est dans un endroit ou une architecture originale a été réalisée, évoquant les tentes bédouines. On trouve des belles poteries, des cuivres magnifiques ,des tapis , des menuiseries et des mosaïques.
Sur ce plan j'en ai vu de beaucoup plus belles et plus nombreuses au Musée du Bardo à Tunis.
Par contre j'ai vu le travail réalisé en son temps par les français sur les mosaïques qui ornaient les murs de la Grande mosquée de Damas. Une photo montre ce qu'il en est.

                                                         



Lundi matin nous avons pris le bus 75 au pied de notre immeuble et nous sommes descendus 5 stations plus loin à l'Hôtel de Ville. De là après avoir traversé la Seine nous avons rejoint la Rue Soufflot et le Pantheon. J'ai visité ce monument, ancienne Eglise devenu lieu d'hommage aux "grands hommes". C'est une visite très instructive et tous les élèves et étudiants devaient étudier ce monument et ce qu'il représente.  Toute l'histoire de France après la Révolution est là en commençant par les écrivains des Lumières :Voltaire et Rousseau qui ne s’aimaient pas et qui se font face a face. Il est émouvant  de retrouver les sépultures de Victor Hugo, de Jaurès, de Gambetta mais aussi plus proche de nous celle de Jean Moulin, d'André Malraux, de Pierre Brossolette , de Germaine Tillon et de Geneviève Anthonioz De Gaulle. Les tombeaux sont sobres et tous les même. Le seul parmi ces tombeaux qui est fleuri et couvert de petits messages sur des papiers, des tickets de métro, des cartes c'est celui de Marie Curie. Il y a dans une salle de la crypte un espace ou l'on peut voir des films plus ou moins anciens retraçant les différentes entrées au Panthéon et bien sûr j'ai songé au discours de Malraux lors de l'entrée au Panthéon de Jean Moulin : "Entre ici Jean Moulin avec les cendres ,de Victor Hugo et ses Misérables, celles de....." Admirable discours. J'ai pensé aussi au projet de faire entrer Albert Camus. Il y aurait toute sa place Il est seulement dommage que ce soit une idée de Sarkozy et je me demande si sa famille s'y serait opposé si l'idée était venue d'un autre.
Après cette visite et dans un soleil éblouissant après la crypte nous sommes allé déjeuner à  la Brasserie Balzar  une des plus ancienne de Paris.









Soirée à l’Opéra Bastille où nous allons voir un ballet Le Songe d'une nuit d'été sur une chorégraphie de Balanchine. C'est une histoire très compliquée de chassé croisé amoureux dont une sorte de diable tire les ficelles. Je n' y ai strictement rien compris et je n'ai pas cherché a comprendre. Je me suis contenté d'écouter la musique de Mendelssohn avec sa fameuse marche nuptiale, d'admirer les décors et les costumes haut en couleurs de Christian Lacroix et de voir les danseurs et danseuses évoluer gracieusement. Une belle soirée.

Et le 28 pour fêter mes 20 ans ! déjeuner au Ciel de Paris au 56° étage de la Tour Montparnasse. Une vue depuis notre table absolument époustouflante et un repas délicieux. Vivement l'année prochaine!