mardi 11 avril 2017

Les filles du calvaire de Pierre Combescot

Je relis ce roman , déjà lu lors de sa parution en 1991 et le plaisir est toujours intact. D'abord parce que c'est une histoire foisonnante qui nous conduit d'un quartier de Paris que je connais bien  autour du Cirque d'Hiver à quelques lieux de Tunisie que je connais aussi parfaitement:La Goulette, Carthage, Le Kram , la Petite Sicile.....
Pierre Combescot fait revivre un monde disparu tant dans ce quartier de Paris qu'en Tunisie, un monde haut en couleur,un monde de marginaux avec leurs codes et surtout leur langage. Car ce qui fait le miel de ce roman c'est le style, c'est la façon dont l'auteur fait parler ses personnages dans un argot riche et imagé.
L'histoire est souvent cruelle mais on rit du début à la fin même si on sent bien qu'il y a dans ce temps qui passe une forme de tristesse profonde.L'histoire court sur la période qui va d'avant guerre, à l'occupation puis à la Liberation et l'on suit sur cette période les tribulations marginales de la fille d'Emma , une  juive haute en couleur, belle et qui a été considérée par sa mére comme une enfnat du diable!
Il y a une évocation haute en couleur des juifs de la Goulette et d'un milieu interlope, marginal, avec ses habitudes et son langage, un rappel de la période de l'occupation avec ses collaborateurs qui profitent des temps troublés
C'est un monde spécial mais ce qui rend le roman très agréable à lire c'est évidement le style fait de l'utilisation de l'argot de ces milieux.
J'ai lu,plus tard les "Petites Mazarines" du même Pierre Combescot et là encore l’histoire,la petite, était revisitée  avec un grand bonheur et toujours ce style éloigné du classique tout en étant parfait.

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