Ce blog est consacré à mes coups de coeur dans l'actualité, dans la littérature et dans mes voyages
vendredi 20 mars 2020
Jean Giono Le médecin de campagne
En hommage a tout le personnel médical qui nous montre en ces temps un exemple de courage et d'abnégation je lis cette chronique de Jean Giono: Le médecin de campagne
jeudi 12 mars 2020
Canesi et Rahmani Ultime preuve d'amour
Messieurs Canesi et Rahmani publient aux Editions Anne Carrière un nouveau roman: Une ultime preuve d'amour. je n'ai rien lu ,jusqu'à présent de ces deux romanciers qui écrivent en duo et dont les romans se situent -ce qui ne peut que me plaire en Algérie et surtout a Alger. Dans un précédent roman ils avaient déjà abordé les mêmes thèmes.
C'est aussi le cas de ce roman d'amour qui se situent dans l'Algérie sur une période qui va de la guerre d'indépendance avec ses crimes, ses attentats,ses blessures en tous genre et les années de la guerre islamique.
J'ai trouvé , au début , que cela ressemblait un peu trop à un de ces romans photos pour midinettes ou encore aux romans à succès de Barbara Cartland, la dame en rose qui vendait des millions de livres!
Je m'y suis tout même laissé prendre et j'ai finalement adhéré a cette histoire d'amour contrarié par la guerre, par l'histoire . Moi qui aime pleurer en littérature j'ai été servi!
Et puis tout se passe dans cet Alger que j'ai connu et que j'ai de nouveau visité en 2016. Tous les lieux évoqués par les auteurs me sont connus et le centre de l'histoire, à l'Hôtel Aletti superbe et mythique Hôtel du temps de ma jeunesse très abandonné et décrépi ( ce que j'ai constaté en 2016) est fort bien décrit.
Je ne dis rien de l'intrigue car il faut absolument la découvrir dans ce roman qui est écrit en faisant alterner le point de vue de divers protagoniste: Inès et Pierre mais aussi Rachid et Mohand le Groom de l'Hôtel.
A lire par ceux qui connaissent Alger, qui s’intéresse à l'histoire mouvementée du pays et aux midinettes qui veulent pleurer sur des amours difficiles mais superbes.
C'est aussi le cas de ce roman d'amour qui se situent dans l'Algérie sur une période qui va de la guerre d'indépendance avec ses crimes, ses attentats,ses blessures en tous genre et les années de la guerre islamique.
J'ai trouvé , au début , que cela ressemblait un peu trop à un de ces romans photos pour midinettes ou encore aux romans à succès de Barbara Cartland, la dame en rose qui vendait des millions de livres!
Je m'y suis tout même laissé prendre et j'ai finalement adhéré a cette histoire d'amour contrarié par la guerre, par l'histoire . Moi qui aime pleurer en littérature j'ai été servi!
Et puis tout se passe dans cet Alger que j'ai connu et que j'ai de nouveau visité en 2016. Tous les lieux évoqués par les auteurs me sont connus et le centre de l'histoire, à l'Hôtel Aletti superbe et mythique Hôtel du temps de ma jeunesse très abandonné et décrépi ( ce que j'ai constaté en 2016) est fort bien décrit.
Je ne dis rien de l'intrigue car il faut absolument la découvrir dans ce roman qui est écrit en faisant alterner le point de vue de divers protagoniste: Inès et Pierre mais aussi Rachid et Mohand le Groom de l'Hôtel.
A lire par ceux qui connaissent Alger, qui s’intéresse à l'histoire mouvementée du pays et aux midinettes qui veulent pleurer sur des amours difficiles mais superbes.
mercredi 11 mars 2020
Leïla Slimani : Le pays des autres
Ce que vient de publier Leila Slimani est , si j'ai bien compris, le premier volume d'une trilogie qui s'intitule : "Le pays des autres".
Dans ce premier tome ,on fait la connaissance de Mathilde une jeune alsacienne au moment de la guerre de 1944 et qui devient amoureuse d'Amine un jeune marocain, officier au service de la France et qui combat en France.
Le roman s'ouvre très vite sur le retour de Mathilde et Amine , maintenant marié, au Maroc où Amine entend reprendre une terre qui appartient a son père pour la mettre en valeur dans la campagne aux portes de Meknès dans ce Maroc colonial.
On fait donc la connaissance dés le début du roman de la famille d'Amine qui vit dans une ruelle de la Medina de Meknès, sa mère, sa soeur son frère Omar et , aussi des enfants que le jeune couple ont eu.
On suit la vie difficile de Mathilde dans la ferme de son mari, les soucis d'argent, le rejet par les familles coloniales qui acceptent mal ce mariage mixte. Le roman nous montre aussi la place des filles et ainsi, la soeur d'Amine, Selma , très belle , qui croit pouvoir vivre librement et qui finira marier de force par son frère. Le roman retrace aussi la période entre 1950 et 1958 où se se développe la lutte des nationalistes marocains, les manifestations , les attentats , les crimes.
Cette première partie se termine alors que la lutte est forte, la tension extrême et l'on a hâte de connaître la suite. Ce roman est porté par une écriture fluide, agréable mais, dans l'ensemble je trouve tout un peu convenu, attendu et il me semble que ce roman , en tous cas dans cette première partie manque un peu de force, cette force que j'ai trouvé par exemple dans un roman dont le thème le rappelle celui-là, "Préponderants" de Hedi Kaddour Ce roman a été apprécié par certains et , ici , par exemple.
Dans ce premier tome ,on fait la connaissance de Mathilde une jeune alsacienne au moment de la guerre de 1944 et qui devient amoureuse d'Amine un jeune marocain, officier au service de la France et qui combat en France.
Le roman s'ouvre très vite sur le retour de Mathilde et Amine , maintenant marié, au Maroc où Amine entend reprendre une terre qui appartient a son père pour la mettre en valeur dans la campagne aux portes de Meknès dans ce Maroc colonial.
On fait donc la connaissance dés le début du roman de la famille d'Amine qui vit dans une ruelle de la Medina de Meknès, sa mère, sa soeur son frère Omar et , aussi des enfants que le jeune couple ont eu.
On suit la vie difficile de Mathilde dans la ferme de son mari, les soucis d'argent, le rejet par les familles coloniales qui acceptent mal ce mariage mixte. Le roman nous montre aussi la place des filles et ainsi, la soeur d'Amine, Selma , très belle , qui croit pouvoir vivre librement et qui finira marier de force par son frère. Le roman retrace aussi la période entre 1950 et 1958 où se se développe la lutte des nationalistes marocains, les manifestations , les attentats , les crimes.
Cette première partie se termine alors que la lutte est forte, la tension extrême et l'on a hâte de connaître la suite. Ce roman est porté par une écriture fluide, agréable mais, dans l'ensemble je trouve tout un peu convenu, attendu et il me semble que ce roman , en tous cas dans cette première partie manque un peu de force, cette force que j'ai trouvé par exemple dans un roman dont le thème le rappelle celui-là, "Préponderants" de Hedi Kaddour Ce roman a été apprécié par certains et , ici , par exemple.
jeudi 5 mars 2020
Adresse au Parti Destourien libre à l'occasion de son centenaire 1920-2020
Le Parti Destourien Libre fête a fêté le 2 mars son centenaire et ,à cette occasion, certains dirigeants de ce parti m'ont invité à assister a ces cérémonies en Tunisie. je n'ai pu m'y rendre et j'ai donc adressé , en guise de remerciement , en quelque sorte le message suivant en vidéo.
Je publie,ici , cette vidéo et j'y ajoute le texte écrit.
Je publie,ici , cette vidéo et j'y ajoute le texte écrit.
CENTENAIRE DU DESTOUR
1920-2020
MESSAGE DE MONSIEUR
JEAN-PIERRE RYF
Mesdames et Messieurs,
Monsieur Foued Mouakhar, en
accord avec Madame Abir Moussi, a bien voulu m’inviter à votre réunion
célébrant les cent ans du Destour.
Cette invitation est évidement
un grand honneur pour moi et je suis désolé de ne pas avoir pu
l’accepter en raison de mon emploi du temps. Je vous remercie cependant
vivement et vous dis mon regret de ne pas pouvoir célébrer avec vous cette
réunion importante.
Je veux cependant vous
adresser ce message en guise de remerciement.
Je veux saluer les nombreux
participants qui montrent leur attachement aux valeurs du parti Destourien et
par là même comme je le dirai leur patriotisme.
Je voudrai d’abord, avant d’en
arriver au fond de mon propos, vous dire dans quel état d’esprit je vous
adresse ce message.
Je connais la Tunisie depuis
plus de cinquante ans et j’y suis venu régulièrement une ou deux fois par an
pour profiter des plaisirs que donne à profusion votre pays : le soleil,
la mer, l’accueil chaleureux de son peuple et parce qu’il évoquait pour moi,
mon Algérie natale, que j’ai quittée à dix-huit ans et dont j’ai toujours gardé
la nostalgie.
La Tunisie, votre pays, a
remplacé un peu pour moi, cette Algérie de mon enfance que je n’ai jamais
oubliée.
Ceci explique que j’ai suivi
l’évolution politique et sociale de votre pays depuis ces cinquante dernières
années et que j’ai donc connu le régime du Président Bourguiba, celui de Ben
Ali et plus récemment tous les évènements qui ont suivi ce que l’on a
appelé : « La révolution du Jasmin »
ou encore « le printemps arabe ».
Je voudrai donc vous dire en
quelques mots, d’une part, comment je vois la situation actuelle et en
second lieu ce que devrait être l’apport de votre parti Destourien à la
Tunisie après sa longue et importante histoire.
Je précise que je le fais sans
aucune volonté d’ingérence, la politique tunisienne n’appartenant qu’aux
Tunisiens, mais comme le ferait un ami.
Je dois vous dire en débutant,
que j’ai eu au lendemain de la « Révolution » et du départ de Ben Ali, un
immense espoir pour votre pays.
J’ai pensé, qu’avec la qualité
du peuple tunisien, due en très grande partie aux réformes du Président
Bourguiba dans le domaine des droits de la femme et de l’éducation, ce pays
allait choisir la voie de la liberté et du progrès et qu’il allait faire encore
un pas de plus vers la modernité.
J’ai, en suivant jour après
jour les débats sur les réseaux sociaux, constaté que les Tunisiens
s’emparaient avec joie de la liberté de s’exprimer et qu’au fil du temps, par l’échange,
la discussion, les débats, chacun progressait dans la connaissance de son
histoire, dans la maîtrise des idées politiques et même dans la connaissance du
droit constitutionnel.
Cependant j’ai aussi constaté
qu’il fallait avoir le cœur bien accroché car je suis passé, comme d’ailleurs
beaucoup de Tunisiens, de l’espoir, à la crainte, à l’indignation ; puis de
nouveau à l’espoir et, hélas, de nouveau aux regrets et à la tristesse.
Mais je n’insiste pas car vous
êtes, tous sans doute, passé par les mêmes étapes que moi.
Je n’entre pas dans les
détails mais ce qui a dominé mes sentiments c’est une véritable colère
et une forme de honte face à ces hommes politiques et leurs partis dont
j’ai détesté l’absence totale de conviction, de patriotisme, occupés seulement
de leurs petits intérêts personnels, sans projet et sans ligne directive.
Vous me trouvez, peut-être,
bien sévères mais la seule excuse que je peux trouver à ces hommes politiques,
sans colonnes vertébrales, c’est la Constitution et le régime électoral,
absolument déplorable qui était voulu par les islamistes et qui a,
malheureusement, été aussi accepté par des partis qui se disent de progrès et
qui favorisent l’émiettement et les tractations douteuses.
Si je voulais résumer la façon
dont je vois la situation actuelle, je dirai que le pays court à la
catastrophe, à la régression, et qu’il ne peut pas s’en sortir avec la classe
politique actuelle et le régime électoral d’aujourd’hui. Car aucun pouvoir
n’existe vraiment.
Comme je l’ai dit dans une
vidéo, le pouvoir n’est ni à Carthage ni au Bardo en raison de l’émiettement
des partis. Aucune politique sérieuse ne peut naître de cette situation.
J’aborde maintenant plus
précisément ce que le Destour, votre parti, dont vous célébrez le
centenaire de la naissance, peut apporter à la Tunisie en cette période
délicate.
Je dirai d’abord que la longue
histoire de votre parti depuis 1920 n’a pas été un long fleuve tranquille et
qu’il a connu des divisions, des séparations, des retours en arrière, des
luttes pour le leadership, mais qu’il faut cependant lui accorder la
constance sur un certain nombre de principes sur lesquels il a toujours été
intransigeant et qui lui ont permis de conduire, d’abord votre pays à
l’indépendance et ensuite à le moderniser en lui donnant un véritable Etat et
une administration efficace.
Parmi les qualités
essentielles, à mes yeux, de votre parti, je note d’abord le patriotisme.
En définitive, à l’origine de
votre parti il y a la volonté de faire accéder le pays à l’indépendance et à le
sortir de sa position coloniale. Cela a été un long et difficile combat mais
qui, par la persévérance des fondateurs du parti, est parvenu au résultat
voulu.
La deuxième caractéristique
que je vois dans le Destour c’est son attachement à l’Etat national et
au souci de son efficacité et de son indépendance.
Enfin la troisième
caractéristique est d’être fondamentalement un parti pragmatique,
respectueux des libertés et hostiles aux idéologies totalitaires.
Or on sait depuis Annah
Arendt et Albert Camus combien les totalitarismes sont meurtriers et
attentatoires aux libertés et aux droits de l’homme.
Le pragmatisme, c’est tenir compte
de la réalité, refuser les idéologies plus ou moins rêveuses et avancer en
fonction des possibilités et du réel. N’est-ce pas le Président Bourguiba qui a
théorisé dans le passé la politique des étapes car il était, à la fois, un
visionnaire et un réaliste.
Or ces trois qualités,
patriotisme, pragmatisme, attachement à l’Etat national et lutte contre toutes
formes de totalitarisme, sont absolument indispensables aujourd’hui et très menacées.
D’abord par les partis
islamistes qui ne veulent pas d’Etat et pensent à leur Califat mais aussi par
ce qui reste des pan-arabistes qui croient en cette veille lune de l’unité des
nations arabes et qui, dès lors, ne voient pas l’Etat national d’un bon œil.
Alors que, maintenir un Etat
fort et éclairé, est la seule façon d’aller dans un avenir, certes lointain,
vers des unions avec des pays arabes qui, eux aussi, auraient réussi à entrer
dans le progrès.
En raison de ces idéologies,
certains acceptent que la Tunisie devienne le vassal de certains plus forts ou
plus riches ; alors que précisément le Destour, a toujours considéré
que la Tunisie devait être un Etat indépendant et libre et qu’il a refusé
toutes formes de vassalité., comme vous le faîte encore aujourd’hui avec
votre Présidente.
Par ailleurs, l’ennemi
principal de la Tunisie, est aujourd’hui l’islamisme politique qui est
une idéologie totalitaire et je voudrai insister brièvement sur ce point.
Les partis islamistes
instrumentalisent la religion qui devrait appartenir à tout le monde. Les
Tunisiens sont des musulmans depuis de nombreuses générations et être un parti
qui se dit islamique c’est vouloir créer une division artificielle et
meurtrière entre les Tunisiens dont certains seraient de bons musulmans et
d’autre pas !
Par ailleurs se fonder sur la
religion qui est celle de tout un peuple, c’est vouloir instaurer un régime
totalitaire avec une seule vision des choses et de l’avenir et la création d’un
nouveau tunisien.
Je voudrai, ici, vous rendre
attentif à une phrase qui a été prononcé par M Abdel Fattah Mourou et qui me
paraît la chose la plus grave que j’ai entendue.
C’est lorsque dans un aparté
avec un obscurantiste il a dit en substance : « que les adultes
étaient perdus pour Nadha mais qu’il fallait faire avec les enfants en les
éduquant »
Cette phrase est le propre
des partis totalitaires qui veulent façonner ce qu’ils appellent le
« nouvel homme ». Cela a été vrai des nazis, cela a été vrai des
communistes et l’on sait où cela a conduit !
Ce n’est plus, là, l’éducation à laquelle
votre parti est attaché mais la propagande, l’enrôlement et l’endoctrinement
idéologique.
Voilà les raisons profondes
qui ont fait que j’ai adhéré aussitôt aux discours de votre Présidente Madame
Abir Moussi qui, avec lucidité, clarté, persévérance et courage a mis en
évidence à la fois les dangers de la situation actuelle et qui a élaboré la
seule méthode possible pour en sortir : réformer la Constitution et le
régime électoral pour que puisse émerger un réel pouvoir démocratique mais pas
impuissant.
J’ai la conviction profonde
qu’il est tout à fait possible d’allier démocratie et liberté avec efficacité
et réalisations.
C’est la priorité des
priorités car rien ne se fera, je le répète, sans cela.
Mais il faudra ensuite, je
suis sûr que c’est votre objectif, consolider les libertés, développer
l’éducation la seule vraie richesse en ce monde, ce qu’avait compris le
Président Bourguiba ; et enfin assurer plus de justice sociale,
car la misère, l’absence d’éducation et de culture, conduisent à l’islamisme et
aux idéologies mortifères.
Vaste programme mais exaltant.
Je crois que, ce faisant,
votre Présidente Madame Abir Moussi et vous-même seraient dans la droite ligne
du Destour dont vous célébrez aujourd’hui le centenaire et vous serez,
ainsi, fidèles aux anciens, en appliquant à aujourd’hui les exigences qu’ils
avaient hier.
vendredi 21 février 2020
Maryan Guisy: Panorama de nos moeurs politiques.

Les Editions Vendèmieire font paraître le livre de Maryan Guisy:" Panorama de nos mœurs politiques" dont le sous titre : "Quand les romanciers d'hier chroniquent le monde d'aujourd'hui" dit bien le projet.
Cet essai montre en tous cas que la détestation des politiques, leurs critiquent souvent virulente, voire leurs caricatures ne datent pas d’aujourd’hui et que la violence des attaques a quasiment existé depuis toujours.
Le grand mérite de ce livre est de nous plonger dans la littérature du XIX° siècle et de nous montrer comment les romanciers se sont saisi du fait politique et du personnel politique pour en faire des protagonistes parmi d'autres de leurs romans.
Ce roman est la mise à la disposition d'un public plus large d'une thèse consacré à ce sujet .
Ce qui fait l'intérêt de ce livre c'est l'incessant aller-retour entre le'épqque des romanciers du XIX° et aujourd'hui.
Pour les amoureux de litterature ce sera l'occasion de relire Balzac, Zola, Hugo et d'autres moins important mais qui eurent leur heure de succès
On y trouve des notations sur l'évolution de l'art oratoire depuis les longues "envolées lyriques" jusqu'au temps des "petites phrases",la disparition d'une forme d'éloquence avec l'apparition du micro qui n'oblige plus a avoir la voix de stentor d'un Jaurès ou Gambetta. Cela n'a cependant pas fait disparaître les discours creux et la langue de bois comme l'ont mis en évidence Flaubert avec son discours au Comice agricole ou encore Zola dans Son excellence Eugène Rougon.
Tout l'environnement des élections n'a guère chnagé non plus et l'abuis des promesses mensongères ce qui a fait dire à Georges Clemenceau : "On ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant une guerre et après la chasse."!
Enfin le livre se termine sur l'"analyse de la foule, de la populace du peuple telle que l'a font les romanciers du XIX° siècle et dont certaines formules sont réapparues a propos du mouvement des Gilets Jaunes.
Le lecteur d’aujourd’hui prendra plaisir a constater qu'il n ' y a rien de bien nouveau sous le soleil et que les critiques qu'il adresse régulièrement au monde politique existaient déjà au XIX° comme en atteste l'oeuvre des romanciers.
.
vendredi 7 février 2020
Stefan Zweig: Pas de défaite pour l'esprit libre.
J'ai lu cet été à Hammamet le très beau livre de Stefan Zweig : "Le monde d'hier" et je connais assez bien cet écrivain qui est l'exemple même de cette culture de la Mittel Europa qui fleurissait en Allemagne et en Autriche au XIX° siècle et qui a été détruite par l'idéologie nazi. Dans le "Monde d'hier" Stefan Zweig montrait bien à la fois cette magnifique culture musicale et littéraire dans laquelle les juifs eurent une large part et comment petit à petit l'idéologie fit ses ravages.
Mais si Zweig était très lucide on lui reprochait de ne pas avoir suffisamment et clairement combattu, restant, disait-on, au dessus de tout cela et ne prenant pas suffisamment parti. Le livre publié aujourd’hui chez Albin Michel porte en sous titre la mention : "Écrits politiques 1911-1942" et est constitué par la réunion de divers articles. Les préfaciers Laurent Sedsik et Brigitte Caïn-Herudent montrent comment ce livre a été publié et pourquoi si tard et disent clairement que les textes de Zweig permettent de porter un autre regard sur son comportement et faire justice de la critique qui lui était faite de ne pas s'engager. Ces écrits sont des écrits d'engagement.
J'écrirai tout de même à titre liminaire que le titre est un peu trompeur car les deux premiers documents n'ont rien a voir avec la politique ou un réel engagement:il s'agit pour le premier 'une invitation a célébrer les écrivains lorsqu'ils sont encore jeunes , le deuxième est consacré a des lettres d'amour et il y a de très beau texte sur le mot paix et sur le sapin de Noél ainsi que sur le Canal de Suez mais je ne vois pastrès bien dans ces textes quelque chose de politique et la marque d'un engagement!
Par contre les textes sur le mot paix et sur les sapins de Noël m'ont paru si agréables, si particuliers dans l'oeuvre de Zweig que je les ai lus pour en faire une vidéo.
Il y a , aussi, des textes intéressants dans lesquels Stefan Zweig s'attaque à la peine de mort et à l'inhumanité de l'emprisonnement. Il le fait en prononçant un véritable réquisitoire contre le métier de bourreau et a propos d'un roman qui fit du bruit , à l'époque, l'Affaire MAurizius"
Enfin vous trouverez une conférence pronnoncée par Stefan Zweig sur l'unité spirituelle de l'Europe qui dresse une large fresque historique de l'Europe depuis Rome jusqu'à nos jours.
dimanche 2 février 2020
Benjamin Stora: Retours d'histoire: L'Algérie aprés Bouteflika
Benjamin Stora ,l'historien bien connu de l'histoire algérienne vient de publier en ce début d'année 2020 aux Editions Fayard un livre dans lequel il tente de comprendre et de nous faire comprendre le mouvement du "Hirak" qu'il qualifie de "révolution" et dont il essaie de montrer la profondeur.Il reconnaît dés l’introduction que c'est évidement très difficile et que l'historien est assez démuni car il manque de ses sources habituelles et ,ici, notamment des sources étatiques. Mais, évidement sa connaissance en profondeur de l’histoire algérienne fait qu'il est tout de même un des mieux placé pour analyser ce phénomène à la fois enthousiasmant et déroutant.
Ce livre est d'abord l'occasion pour le lecteur de revenir sur l’histoire algérienne récente c'est à dire depuis la guerre de libération. Benjamin Stora fait cette analyse de cette époque de manière à la fois approfondie et claire et il montre que derrière l'histoire officielle servi par le pouvoir depuis des années et des années il y a en fait de très grande divisions. Il montre comment le Hirak fait, dit-il , réapparaître des noms que l'on a voulu occulter pendant des années et comment donc la jeunesse algérienne est en train de se réapproprier l’histoire.
Cette histoire que l'on connait maintenant assez bien notamment grâce aux thèses soutenues dont Benjamin Stora donne quelques exemples, les titres qu'ils citent sont assez évocateurs des questions posées.
Il évoque aussi dans le détail tous les discours des Présidents français qui petit à petit on fait évoluer le discours et si l'on veut bien être honnête ils ont admis avec leurs mots tous les crimes de la colonisation. Exigez plus comme le font certains c'est en réalité vouloir non la vérité qui est dite mais l'humiliation. et cela n'est pas très sain. (Cela c'est moi qui le pense Stora ne le dit pas!)
L'auteur décrit l'effondrement du système Bouteflika à la fois rapidement et avec des mesures jamais vues en Algérie.
Le livre insiste aussi sur la désespérance de la jeunesse qui conduit à des départs mais aussi a des drames. Cette tristesse je l'avais ressenti lors de mon voyage en 2016 et M. Stora l'explique non seuklment par le manque d'emploi mais aussi par le manque de lieu de culture, de liberté créatrice de fermeture de la pensée. Il note comme chacun l'a fait qu'un des mérites du Hirak est c'avoir libéré cette jeunesse et qu'elle se soit réapporprié la rue et la joie. C'est pour moi un des grands acquis.
Dans son analyse du Hirak Benjamin Stira écrit :
" Et l'on peut se demander si l'unanimité de ce mouvement, sans vrai programme, ne constitue pas une façon commode qui dissimule les profondes fractures internes de l'Algérie. Qu'il s'agisse ndu rapport à l'économie de marché, du patriarcat et du code de la famille, des relations entre citoyenneté et religion....S'en tenir aux slogans dégagistes évite le devoir de se confronter à cette réalité complexe." (p. 142) et il conclut par cette formule que je partage entièrement : "Le simple fait pour une socièté, de sortir d'une domination par la peur, l'ouvre sur un processus de rreprise en main de son propre destin, sur lequel il sera bien difficile de revenir ( à moins d'une épreuve sanglante....).
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